Tous contre le mariage pédérastique!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On lira ci-après l'avis d'une trentaine de religieux, universitaires, hommes politiques et stars du show-biz sur le mariage pédérastique, contre lequel un million de Français (dont un bon nombre de nationalistes d'Action française du Grand Sud-Ouest), a défilé le 13 janvier dernier à Paris. La fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française, qui a activement soutenu cette manifestation, propose donc à ses fidèles lecteurs ces quelques citations de bon sens qui donneront, espérons-le, à réfléchir au Parlement.

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

Alix au pays des pédérastes

 

1/ Autorité religieuses

des diverses familles spirituelles

de la France :

Mgr Ginoux

Evêque de Montauban

la notion du mariage se comprend comme la reconnaissance devant la société de leur union. Le mariage est la garantie de la vie commune des époux, de leur statut de parents et de la filiation de leurs enfants. Cette institution immémoriale n’a jamais varié parce qu’elle permet d’assurer les bases de la société et, en particulier, celle de la filiation.

Mgr Herbreteau

Evêque d'Agen

On ne bâtit pas une institution comme le mariage uniquement à partir de sentiments. De même, lorsque l'on dit : D'autres pays d'Europe l'ont bien fait, pourquoi pas nous ? L’argument n’est pas vraiment juste. Peu de pays, en fait, ont élaboré le même type de projet. À travers cette institution, la société reconnaît et protège le libre engagement de l’homme et de la femme dans le respect mutuel, la fidélité et l'ouverture à la vie. 250000 mariages sont célébrés en France chaque année et c'est toujours un événement important pour ceux qui s'y engagent.

Mgr Jordan

Archevêque de Reims

Le mariage pour tous n'a jamais existé et ne peut pas exister. Le mariage, c'est un homme, une femme et, si possible des enfants. On ne peut pas sortir de cela, c'est notre nature, et aussi l'un des fondements de notre civilisation. La société elle-même a déjà placé des interdits immémoriaux : on ne peut pas, par exemple, épouser un proche parent, ou plusieurs personnes en même temps. Donc toute situation de couple n'est pas mariage. Il ne suffit pas de dire que, du moment qu'on s'aime, on peut se marier.

Mgr Joseph

Métropolite orthodoxe

Ouvrir le mariage à des personnes de même sexe consiste à supprimer le caractère référentiel de l’image biblique du couple de l’homme et de la femme, image qui renvoie à l’anthologie biblique mais aussi à la finalité structurelle de la constitution d’un tel couple, à savoir l’enfant et la perpétuation du genre humain.

UOIF

Union des organisations islamiques de France

La référence unique à la famille père-mère-enfants se trouve dépassée par l'évolution de la société, c'est un fait[...] Le mariage ne doit pas avoir pour unique objet la célébration de l’amour, parce qu’il est d’abord et avant tout un engagement, par un pacte civil incluant des droits et devoirs réciproques.

Gilles Bernheim

Grand rabbin de France

Ce que l’on oublie souvent de dire : L’amour ne suffit pas, même si la capacité des homosexuels à aimer n’est évidemment pas en cause. Aimer un enfant est une chose, aimer un enfant d’un amour structurant en est une autre.(...) le rôle des parents ne consiste pas uniquement dans l’amour qu’ils portent à leurs enfants. Résumer le lien parental aux facettes affectives et éducatives, c’est méconnaître que le lien de filiation est un vecteur psychique et qu’il est fondateur pour le sentiment d’identité de l’enfant.

 

2/ Universitaires:

Claude Lévi-Strauss

Anthropologue et ethnologue

Les règles de la parenté et du mariage ne sont pas rendues nécessaires par l'état de société. Elles sont l'état de société lui-même, remaniant les relations biologiques et les sentiments naturels.

Xavier Lacroix

Théologien et philosophe

Le mariage est aussi une institution et pas seulement un contrat. L'institution du mariage est définie par un corpus de droits et de devoirs des époux entre eux et envers les enfants. La société y intervient comme tiers, considérant qu'elle en a besoin pour l'intérêt général. La société a-t-elle besoin de l'amour homosexuel, de couples homosexuels solidaires. Peut-être, mais j'en doute. [...]

Monette Vacquin/JP Winter

Psychanalystes

Ce déni de la différence, une femme est un homme, Freud le nommait déni de la castration. Cela signifie, dans le jargon psychanalytique, que la castration n'existe pas, il suffit que je la nie mentalement pour que son existence réelle soit réfutée. Quand un licenciement devient plan social, on est mal à l'aise. Quand un ballon devient référent rebondissant, on se demande si on rêve. Quand le mariage devient une discrimination légale contre les citoyens fondée sur leur orientation sexuelle, on commence à avoir peur.

Sylviane Agacinski

Essayiste

Le mot-valise homoparentalité a été forgé pour instaurer le principe d'un couple parental homosexuel et promouvoir la possibilité juridique de donner à un enfant deux parents du même sexe. Or c'est bien l'institution d'un couple parental homosexuel qui fait question, dans la mesure où il abolirait la distinction homme/ femme au profit de la distinction entre homosexuels et hétérosexuels. Cette dernière division est-elle en l'occurrence pertinente ? […]le lien de filiation unissant un enfant à ses parents est universellement tenu pour bilatéral, et cette bilatéralité serait inintelligible si elle ne s'étayait directement sur la génération sexuée.

Laurent Bouvet

Politologue

Les socialistes continuent de fonctionner par slogans. Ils n’ont pas réfléchi en profondeur sur le sujet. Ils raisonnent par évidence, là où tout est subtilité. Ils imaginent que l’on peut aborder la question du mariage homosexuel sans penser la question de la filiation, qui est autrement plus complexe. Le gouvernement a ouvert une boîte de Pandore. L’élite socialiste n’imagine pas combien, sur ces questions, la société, les élus de province, ne sont pas en phase avec elle.

 

3/ Politiciens de tous bords :

Bernard Accoyer

Maire U.M.P. d'Annecy-le-Vieux

Je suis défavorable à cette réforme et je m’opposerai au vote de ce projet de loi s’il est effectivement débattu à l’Assemblée nationale comme le Gouvernement l’a annoncé. Ce projet vise à répondre à une revendication portée par des associations militantes qui aboutirait à remettre en cause un des fondements multiséculaires de la société : le mariage, institution destinée à réunir les meilleures conditions d’accueil, et d’épanouissement pour l’enfant.

Laurent Baumel

Député PS d'Indre-et-Loire

Ce n'est pas l'heure de mener des débats d'avant-garde qui ne recréent pas de la confiance avec les couches populaires qui ont le sentiment que la gauche ne s'occupe pas d'elles.

Patrice Carvalho

Député Front-de-gauche de l'Oise

Je voterai contre. J’ai voté le pacs et c’est suffisant. Le mariage, c’est un homme et une femme qui peuvent concevoir un enfant. La nature n’est pas faite autrement. Ce dossier, ce n’est pas la priorité des Français en ce moment, c’est de l’enfumage!

Jean-François Copé

Secrétaire général de l'U.M.P.

Pour ma part je suis opposé au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels. Je pense que le mariage est un cadre destiné à donner une protection aux enfants. Il est intrinsèquement lié à la famille et s’organise autour d’un modèle composé d’un père et d’une mère.

Philippe Cochet

Député U.M.P. du Rhône

J'estime en effet, qu'au delà de l'aspect moral et sociologique des conséquences d'un tel choix, celui-ci traduit une sérieuse remise en question des fondements de la famille et de la société.

Gérard Charasse

Député "socialiste, radical et citoyen" de l'Allier

Je suis opposé à cette proposition qui ne figurait pas dans mon programme de campagne qui reprenait, au niveau national, pourtant l’essentiel de celui de la majorité présidentielle. Je n’ai pas changé d’avis et, non pour des raisons de “nature”, mais pour des raisons politiques, je ne voterai pas cette proposition.

Jean-François Debat

Maire P.S. de Bourg en Bresse

[...] Pourquoi, alors, refuser le mariage pour tous ? Parce que du mariage découlent, automatiquement, les questions de filiation et de parentalité, et que c’est sur cet aspect que j’ai un désaccord de fond. En effet, pour moi, il n’y a pas de droit à l’enfant, mais des droits de l’enfant. Je comprends parfaitement l’aspiration de couples homosexuels stables à élever un enfant, et ne la traite ni avec ironie, ni avec suspicion. Cependant, à mes yeux l’enfant n’est pas un droit, ni pour un couple hétérosexuel, ni pour un couple homosexuel.

Georgina Dufoix

Ancien ministre P.S. de la santé 

Pour que deux personnes d'un même sexe puissent se marier il faudrait changer le code civil, et en faire disparaître tout ce qui traduit l'altérité entre un homme et une femme, et essentiellement les mots Père et Mère. Ne nous y trompons pas, derrière ce changement de mot, il y a, bien sûr, la volonté de faire plaisir à une communauté, la communauté homosexuelle (L.G.B.T.). Mais il y a surtout un présupposé fondateur qui est celui de la philosophie du Genre.

Daniel Fasquelle

Député U.M.P.

[...] la réponse ne peut cependant passer, pour de nombreux Français, par le mariage et ses conséquences en matière de filiation : adoption, procréation médicalement assistée et mère porteuse. [...]

Jean-Christophe Fromantin

Maire de Neuilly-sur-Seine

La famille, dans la complémentarité de sa composition, n’est pas cette cellule évolutive aux conséquences anthropologiques nouvelles que vous évoquez mais bel et bien le socle fondateur des civilisations et de leur équilibre. C’est la raison pour laquelle seul le mariage entre un homme et une femme justifie l’acte solennel institué par le Code civil. En bouleversant cette réalité vous allez déstabiliser le premier espace d’affection et de solidarité que constitue une famille composée d’un père, d’une mère, d’enfants et de grands parents.

Bruno Gilles

Sénateur U.M.P. des Bouches du Rhône

Le mariage est réservé aux couples, constitués d’un homme et d’une femme, avec pour perspective une descendance. Il s’agit d’une institution et non pas d’un contrat. Il a pour corollaire la venue d’enfants. Avec l’institution du mariage, la société entend à la fois protéger l’altérité homme-femme et l’enfant qui peut en être issu. Il ne peut y avoir d’égalité entre les couples hétérosexuels et les unions homosexuelles puisque ces dernières sont fondées sur la négation de l’altérité et par voie de conséquence sur l’impossible conception d’enfants.

Alain Gournac

Sénateur U.M.P. Yvelines.

Elle est le fondement sur lequel notre société à l’équilibre toujours précaire peut encore prendre appui. Personne n’a le droit d’y toucher. Tout le monde a le devoir de la défendre et de la consolider.

Elisabeth Guigou

Ancien ministre P.S. de la justice 

Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait-elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ne peut ni ignorer, ni abolir la différence entre les sexes. […] Je veux être parfaitement claire : je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant.

Bernadette Laclais

Député P.S. de Savoie

[...] Mais au nom de l'égalité des droits entre adultes, faut-il créer par la loi des inégalités entre enfants ? Certes ces inégalités existent déjà entre enfants de conditions différentes, mais elles sont le résultat de parcours de vie, de situations de fait. [...] Mais cela suffit-il à admettre que, par l'a priori de la loi, des enfants auront à grandir avec des parents de même sexe, et d'autres avec des parents de sexes différents ?

Jérôme Lambert

Député P.S. de Charente

Que celles et ceux qui choisissent de vivre une sexualité différente soient considérés et protégés en tant que personne humaine, mais que leur mode de vie n'impose pas des changements pour toute l'organisation sociétale.

Annick Lepetit

Député de Paris, porte parole du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale

Sur ces sujets de société, chacun se sent concerné. La famille, le couple, ce sont des cordes sensibles. On se sent en droit de s’exprimer. Pas besoin d’être expert en finances de la Sécurité sociale.

Bernard Mantienne

Maire U.M.P. de Verrières-le-Buisson

Permettez-moi de vous dire qu’une telle décision appuyée par une minorité constituerait, si elle se confirmait, une erreur et une faute. Erreur parce que depuis toujours la famille normale est le socle de la société, socle sur lequel se forge la personnalité de chaque être dans un cadre d’affection et d’équilibre pour les époux comme pour les enfants et cela quels que soient les embuches et échecs. Faute parce que cette atteinte à la loi naturelle ouvrirait la voie à toutes sortes de dérives.

Christine Meyer

Secrétaire générale du Mouvement républicain et citoyen (M.R.C., chevènementiste) 

[...] Si le mariage civil et républicain n’oblige pas à faire des enfants, d’une part il y est fortement lié, et surtout il règle l’importante question de la présomption de paternité. Si un enfant naît, il a automatiquement une mère et un père.

Thierry Robert

Député-maire MO.DEM de Saint-Leu

Ma conviction personnelle a toujours été que le mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme. La mise en place du mariage entre deux personnes du même sexe comporte des implications sociales et culturelles importantes pour les fondements de la société française et réunionnaise.

Ségolène Royal

Ancienne candidate P.S. à la présidence de la République

La famille c'est un père et une mère.

Bernard Poignant

Maire P.S. de Quimper

Seule compte l’idée que l’on se fait de l’accomplissement d’un enfant. A mes yeux et quoi qu’il arrive, il se construit dans l’altérité des genres, masculin et féminin, père et mère. Qu’ils soient présents ou absents, parfaits ou imparfaits. Un enfant doit toujours savoir qu’il a ou a eu un père et une mère. Personne ne peut discuter ce fait. [...] S’agit-il de permettre une reconnaissance sociale de l’amour ? La réponse est encore non. S’agit-il d’une question de filiation, donc des enfants ? La réponse est oui. Car le mariage entre deux personnes de sexe différent présuppose une filiation biologique, au moins quand elles sont en âge de procréer. Elles ignorent aussi si l’un des deux ou les deux sont stériles. Quand un enfant nait, le mari est présumé père et seulement présumé car l’enfant a pu être conçu avec un autre homme dans l’ignorance du mari. Quand le couple n’est pas marié, l’enfant est reconnu ou pas par le compagnon ou tout autre homme. Dans tous les cas de figure, il y a un père et une mère.

Michel Terrot

Député U.M.P. Rhône

le mariage, tradition pluriséculaire et institution républicaine, n’est pas une simple “niche” fiscale et sociale. Il n’est pas non plus une reconnaissance légale des sentiments que deux personnes peuvent se porter, aussi sincères soient-ils. Il est avant tout la reconnaissance juridique de la famille naturelle, c’est à dire de l’alliance entre un homme et une femme, et la prise en compte de l’apport spécifique de ce mode de vie à l’effort collectif.

Jean-Marc VEYRON

Maire de Chasselas

En tant que citoyen homosexuel, je ne me sens pas du tout représenté par les associations L.G.B.T. [...] J’ai ainsi acquis la conviction que l’idéal, pour un enfant, est d’être élevé dans une famille composée d’un père et d’une mère. On va me dire que les hétéros divorcent, se remarient, recomposent des familles. C’est une réalité qu’on ne peut pas nier. Mais la loi doit reconnaître ce qu’il y a de beau et de souhaitable, pas encourager les pratiques minoritaires. La loi doit protéger le plus faible, donc l’enfant.

 

4/ Show-biz et divers :

Dave

Chanteur

Je ne suis pas pour. Parce que je suis un beatnik et que je suis contre le mariage tout court. On n'a pas besoin de monsieur le maire pour vivre ensemble. Et puis, symboliquement, gardons le mariage pour les hétéros.

Jean-Pier Delaume-Myard

Auteur de documentaires

Nombreux sont les homosexuels qui n’ont aucune envie de se marier. Alors pour qui fait-on cette loi ? Pour les homosexuels ou pour les quelques centaines de gays qui vivent dans le Marais ? [...] Se pose la question bien évidemment de la signification du mot famille. [...] Cela sera quoi, les repères pour cet enfant, sa filiation… son non-rapport à la mère ou au père.

Karl Lagerfeld

Couturier et designer

[...] je suis violemment contre les mères porteuses, les ventres loués pour que ces messieurs jouent à la poupée. Ça, je déteste. Des enfants sans mère, j’en veux pas!

 

Catherine Lara

Violoniste, chanteuse, compositrice

J'ai un respect terrible pour les vieilles valeurs. J'ai eu la chance de vivre avec des parents amoureux qui se sont aimés... Pour moi le mariage c'est le papa, la maman et le fruit de cet amour-là qui donne des enfants. J'aime ça, j'aime cette rassurance. Et ce que je souhaite à tous les enfants du monde, c'est d'avoir un papa et une maman. [...] Mon goût profond va pour les vraies valeurs. Le mot mariage pour moi il est un peu sacré.

Bernard Tapie

Homme d’affaires

Mais est-ce que l’on peut fabriquer un enfant sans père ni mère sans prendre le risque qu’il en souffre ? Je ne le crois pas.

Hervé Villard

Auteur, compositeur et interprète français

Je trouve ça épouvantable. Je vous le dis très sincèrement. Je pense qu'un enfant doit avoir un père et une mère. Je trouve ça insupportable. On est mal barrés. [...] Je trouve ça sordide.

 

 

Source: http://www.catholiques-en-campagne.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=404:taubira-et-les-40-geneurs&catid=17&Itemid=44  

                                         

 

 

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Sortir de l'euro: c'est nécessaire!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On lira ci-dessous l'intéressant article, malgré des parti-pris idéologiques, du souverainiste Roland Hureaux, paru dans Marianne2 le 12 juin 2010 sous le titre "Pourquoi l’euro fort plombe la France et l’Europe". Les appréciations sévères de l'auteur sur la politique financière du président Salazar n'empêchent pas le Portugal nationaliste d'avoir traversé un demi-siècle tourmenté sans grande crise économique et avec une progression constante du niveau de vie. Les Portugais savent ce qu'il en coûte de négliger l'orthodoxie budgétaire. Les remarques de M. Hureaux doivent dans l'esprit de l'Action française être complétées par une protection corporative de l'économie nationale.
A.F.-Grand Sud-Ouest
Insigne de la Ligue d'Action française 

"La politique monétaire continue de véhiculer des idées reçues auxquelles l’auteur tord le cou avec jubilation et efficacité.

 

"Les vrais économistes le savent : parmi les facteurs qui dépendent de la puissance publique, aucun n’a un effet aussi déterminant sur l’économie que le taux de change de la monnaie. Un pays peut survivre à un grave déficit budgétaire, à une inflation excessive, à une politique sociale trop généreuse, à des nationalisations inopportunes mais une mauvaise politique monétaire peut avoir pour lui des effets catastrophiques.  

 

"par Roland Hureaux.

 

"Les erreurs monétaires ne pardonnent pas. Les exemples abondent : quand l’Angleterre, avant et après la Deuxième Guerre mondiale , a voulu défendre à toute force le cours de la livre, tant pour des raisons de prestige que pour éviter qu’on lui demande de rembourser les balances sterling (1), elle l’a payé d’un demi-siècle de croissance ralentie et d’un grave déclin ; elle n’en est sortie que quand cette hypothèque a été levée, au début des années quatre-vingt : plus qu’aux réformes libérales, le redressement de l’époque Thatcher est l’effet de l’affaiblissement délibéré de la livre (2).

 

"Le dogmatisme d’Antonio Salazar, professeur d’économie et dictateur qui prétendit faire de la monnaie portugaise, l’escudo, la monnaie la plus forte du monde, a contraint à l’émigration des centaines de milliers de travailleurs portugais victimes du chômage et de la faible croissance que cette politique absurde avait entraînés. L’extrême sensibilité de la variable économique s’observe encore aujourd’hui : la baisse du dollar intervenue depuis quelques années a déjà remis en équilibre la balance commerciale américaine. Comment en irait-il autrement ? Le taux de change n’est rien d’autre que le prix de vente moyen des produits d’un pays. Quel commerçant ignore combien son chiffre d’affaires est tributaire de ses prix de vente ? A condition de maîtriser l’inflation qui risque d’en résulter, un pays a donc toujours intérêt à tirer sa monnaie vers le bas, comme un commerçant à tirer ses prix. Il risque sinon de perdre sa substance économique. Si le Massif central avait eu autrefois son autonomie monétaire, nul doute qu’il eut pu garder son tissu industriel, comme l’a fait la Suisse. Mais prisonnier d’un étalon monétaire national peu adapté à ses handicaps, il a peu à peu perdu, comme on le sait, sa substance. Ce rôle décisif de la variable monétaire doit être gardé en perspective dans le débat actuel sur l’euro fort.

 

"Raisonner à la marge

 

"À tort, on dit que ce débat ne porte que sur une fourchette de dix à quinze pour cent alors que les salaires de nos concurrents asiatiques sont dix ou vingt fois plus faibles, et qu’une dévaluation de l’euro de 10 % n’apporterait donc pas de solution au problème que rencontrent nos industries en voie de « délocalisation ». Les questions monétaires, comme presque toutes les questions économiques, doivent faire l’objet d’une approche marginaliste : notre problème n’est pas de multiplier par dix ou vingt notre emploi : l’augmenter de seulement 5 % (ou empêcher qu’il s’affaiblisse de la même proportion) suffirait à rétablir le plein-emploi : une baisse de notre monnaie, même modeste, fait passer au-dessus du seuil de compétitivité un certain nombre d’entreprises qui sans cela seraient au-dessous. À quoi s’ajoute l’effet du « multiplicateur » qui à partir d’un certain nombre d’emplois directement tributaires de l’exportation démultiplie les emplois intérieurs créés.

 

"Une question de braquet

 

"Un autre mauvais argument consiste à déplacer la question sur un terrain qui n’est pas le sien, celui de la morale, à dire d’un air pincé : le taux actuel de l’euro convient aux Allemands, les Français doivent s’y adapter aussi, mais il faut pour cela qu’ils soient plus disciplinés, qu’ils acceptent des réformes, qu’ils fassent moins grève, qu’ils se serrent la ceinture etc. Raisonnement simpliste : un taux de change est comme le braquet avec lequel un cycliste monte un col au Tour de France (ou tout autre compétition). Selon son gabarit, le coureur utilisera pour arriver à la même performance que les autres un gros ou un petit braquet. Le coureur qui prend un braquet trop élevé pour son tempérament risque de s’effondrer alors qu’en le réduisant, il irait plus vite que son concurrent. La société allemande et la société française présentent des différences sociologiques et culturelles profondes. Ce qui convient à l’une ne convient pas forcément à l’autre. Rien de honteux à cela. De 1958 à 2000, le mark s’est réévalué d’environ un facteur trois par rapport à toutes les autres monnaies dont le franc. Dans cette histoire, c’est le mark qui a eu un comportement aberrant par rapport au courant dominant. Le franc a, lui, sur cinquante ans, avec des hauts et des bas, vogué de conserve avec le dollar, ce qui somme toute n’est pas si mal.

 

"Quand on est en difficulté à mi-pente, il est plus facile de changer de braquet que de jambes. C’est la monnaie que l’on ajuste d’abord, pas l’économie. L’ajustement d’une monnaie a des effets immédiats, l’ajustement d’une économie peut prendre des années et se trouver même lourdement entravé si le taux de change demeure artificiel.

 

"Si l’économie allemande tient, pour le moment, le choc d’un euro fort, c’est un peu parce que l’Allemagne a, sous le gouvernement Schröder, réduit ses salaires réels, c’est surtout parce qu’elle se trouve pour quelque temps encore en quasi-monopole mondial sur les machines-outils (2). Tant que la Chine qui lui en achète beaucoup n’aura pas entièrement assimilé sa technique, elle a donc plutôt intérêt à vendre cher. Nos productions phares (aéronautique, automobiles, agriculture) sont au contraire directement exposées à la concurrence de la zone dollar. Il y a toujours dans une zone monétaire des secteurs ou des régions qui tiennent mieux le choc que d’autres, mais si l’on veut employer toute la population active, il faut aussi protéger les plus faibles. Si l’Ile de France était indépendante, elle pourrait peut-être, comme l’Allemagne ou l’Irlande, s’accommoder d’un euro fort, mais la France ne se réduit pas à la seule région parisienne. Pas davantage l’Europe ne se réduit à la seule Allemagne. On aura compris que la zone euro recouvre des économies qui ne sauraient toutes rouler avec le même « braquet ». Alors pourquoi l‘euro, dira- t-on ?

 

"La création de l’euro aurait dû reposer sur un pacte implicite : le comportement de l’euro serait la moyenne du comportement des monnaies auxquelles il s’est substitué. Mais l’euro tel qu’il fonctionne aujourd’hui, c’est le mark élargi à tous. De graves tensions mettant en cause sa pérennité ne peuvent pas, dans ces conditions, ne pas apparaître. Ces considérations montrent ce qu’avait de déplacé la morgue du ministre des finances allemand qui, lors du dernier sommet de Bruxelles, répondait à son homologue français que pour sa part, le taux actuel de l’euro lui convenait très bien. La France critique le taux de l’euro – et par là la politique de M.Trichet – mais les autres pays en dehors de l’Allemagne souffrent au moins autant que nous, si ce n’est plus, quoique, subjugués, ils ne disent rien.

 

"Mme Christine Lagarde, notre ministre des finances a fait presque toute sa carrière aux Etats-Unis, mais il n’est pas sûr qu’elle sache qui est Robert Mundell. Dommage ! Si Mme Lagarde connaissait Robert Mundell, elle aurait pu clouer le bec à son homologue allemand. Mundell, professeur à l’Université de Columbia et prix Nobel d’économie est le théoricien des zones monétaires optimales, lesquelles selon lui supposent un minimum d’homogénéité économique et culturelle. L’Europe, au regard de cette théorie, se trouve à la limite de l’optimum, ce qui justifie une politique prudente de la Banque centrale européenne tenant compte des intérêts de tous. Avec M.Trichet qui se comporte comme s’il était aux ordres de l’Allemagne (3), nous sommes loin du compte. On a également tort de dire que le taux de l’euro n’affecte que la compétitivité extra-européenne de l’économie française puisque tous les pays d’Europe (hors le Royaume-Uni et les nordiques, bien entendu) sont logés à la même enseigne : avec le temps, les économies européennes ont divergé quant à la hausse des prix et des salaires, quant aux politiques de crédit et budgétaires. Ils se sentent plus ou moins à l’aise dans le corset commun. Là aussi, pour que l’enveloppe ne craque pas, il faut que tout le monde y trouve son compte.

 

"Le jeu des chaises musicales

 

"Mais comment, dira-t-on, définir le bon taux de change d’une monnaie ? Depuis que l’étalon or n’existe plus, les grandes monnaies du monde se définissent les unes par rapport aux autres. Si globalement chacun des grands blocs monétaires a intérêt à dévaluer sa monnaie pour trouver un avantage compétitif, comment éviter l’anarchie des dévaluations compétitives en cascade ?

 

"De fait un équilibre s’établit entre les grands blocs, mais il n’est pas également avantageux à tous. Pour le définir on utilisera une autre image : le jeu des chaises musicales. Pour que la majorité des joueurs soit avantagée, il faut qu’au moins un des partenaires soit, en termes relatifs, désavantagé. Comme dans le jeu où il n’y a que cinq sièges pour six joueurs, l’un des joueurs reste debout. Dans le monde actuel, le joueur debout, c’est manifestement l’Europe, qui, à ses dépens, laisse les autres grandes monnaies du monde se dévaluer par rapport à la sienne. Situation d’autant plus remarquable qu’avec M.Trichet à la tête de la Banque centrale européenne, elle est une victime consentante. Trichet tient, comme Salazar autrefois, que l’optimum économique est la monnaie la plus forte possible. En se tenant à cette optique davantage fondée sur l’idéologie que sur une véritable expertise économique, le grand argentier de Francfort facilite la tâche de ceux qui régissent les autres grandes monnaies, dollar en tête. L’Europe le paye d’un taux de croissance plus faible que le reste du monde : peu lui en chaut.

 

"Face au couple dollar-yuan

 

"Reste un dernier argument en faveur de l’euro fort auquel il nous faut faire un sort : la balance commerciale des Etats-Unis a été jusqu’à une date récente la plus déficitaire du monde, et sa balance des paiements l’est toujours alors que celle de la zone euro demeure (au moins jusqu’ici) excédentaire. On sait que les Etats-Unis peuvent s’offrir ce luxe en raison du privilège du dollar, monnaie internationale. Il reste que tout économiste orthodoxe contestera à juste titre que la monnaie d’un pays excédentaire puisse être tenue pour surévaluée par rapport à celle d’un pays déficitaire. Ce raisonnement tiendrait sans aucun doute si l’Europe avait pour seul partenaire les Etats-Unis, si l’euro n’avait en face de lui que le dollar stricto sensu. Mais derrière le dollar , se trouve toute la zone dollar, c’est-à-dire toutes les monnaies alignées en droit ou en fait sur le dollar par un taux de change fixe, la principale et de loin étant le yuan chinois. Ce que l’Europe a en face d’elle, ce ne sont donc pas les Etats-Unis seuls, mais le couple Etats-Unis–Chine (et quelques autres pays dans une situation analogue). Couple assurément fort dissymétrique, « sado-masochiste » diront certains. En accrochant le yuan au dollar à un taux très faible, les Chinois pratiquent un dumping monétaire aux effets dévastateurs pour les vieux pays industriels dont nous sommes (4). Au taux de 1,40 dollar pour 1 euro, si l’économie américaine n’est devenue que moyennement compétitive, celle de la Chine est, elle, ultra-compétitive. La Chine casse les prix, notamment dans toute une série de produits manufacturés que l’Europe fabriquait naguère en abondance. Entre la Chine et les Etats-Unis, la situation est certes très déséquilibrée : la première travaille dur et consomme peu, elle accumule des dollars qui ne lui servent à rien mais qui perdraient leur valeur si elle demandait à les changer brutalement. Les Etats-Unis produisent de moins en moins (en dehors du secteur de l’armement et des secteurs connexes) et accumulent des dettes qu’ils n’auront jamais à rembourser. Les produits manufacturés traversent le Pacifique d’Ouest en Est, le papier-monnaie (ou son équivalent) fait le chemin inverse. Combien de temps durera cette situation ? Il s’agit là d’un vrai problème, mais qui n’est pas directement le nôtre, à nous Européens : le fait est que par rapport au couple dollar-yuan, l’euro est bien surévalué et que notre continent se trouve durablement dans la position du joueur qui, au jeu des chaises musicales, s’est fait « couillonner ».

 

Notes:

 

1. Les balances sterling étaient les avoirs libellées en livres sterling détenus par un certain nombre de banques centrales, notamment du Commonwealth ou par des particuliers, reste de l’époque où la livre avait été une monnaie de réserve.

 

2. Il s’en faut de beaucoup que l’Allemagne ait cherché à partager sa compétence dans les domaines où elle était en tête alors que la France n’a pas été avare des siennes dans des domaines où elle surclassait l’Allemagne comme l’aéronautique ou l’espace.

 

3. M.Trichet dira qu’il ne fait que respecter les statuts de la banque centrale européenne qui lui assignent la mission prioritaire de lutter contre l’inflation. Cet accent unilatéral sur la stabilité fut une condition exigée par l’Allemagne pour entrer dans l’euro, dont, au départ, elle n’était pas demandeur.

 

4. On estime que le yuan est sous-évalué d’environ 50 %.

 

Source: http://www.marianne.net/Pourquoi-l-euro-fort-plombe-la-France-et-l-Europe_a78864.html

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L'Occident va-t-il détruire l'Iran comme la Syrie? Eléments de réponse avec l'Action française et Jean-Michel Vernochet

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Nous donnons ci-après, pour l'information de nos lecteurs, une récente interviouve que le journaliste et essayiste, spécialiste de géo-politique Jean-Michel Vernochet a donné au site Géopolintel sur la question iranienne. Nous rappelons plus bas que Jean-Michel Vernochet sera d'ailleurs l'invité de la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française du 25 au 27 janvier 2013 à Bordeaux, Toulouse, Pau et Bayonne. Un rendez-vous à ne pas manquer!
A.F.-Grand Sud-Ouest 
 Vernochet homme de culture
Iran, la destruction nécessaire

Entretien avec Jean-Michel Vernochet

jeudi 29 novembre 2012

 

L’Iran doit être « détruit » : en tant que théocratie nationalitaire il est voué à être « normalisé »... En tête des agendas politiques, l’inscription volontariste de l’Iran au rang des démocraties libérales est donc à l’ordre du jour... Car l’Iran est appelé, volen nolens, à se fondre dans le grand chaudron des sociétés éclatées dans lesquelles la segmentation du marchés atteint son paroxysme (minorités ethniques, confessionnelles, sectaires et sexuelles, femmes, jeunes, enfants, la publicité s’adressant à ces derniers dès l’âge de deux ans, l’âge de leur scolarisation précoce...) afin de pouvoir pleinement être intégré au marché unique, autrement dit le « système-monde ».

 

Francis Ros – L’armée hébreu vient de mettre fin précipitamment à ses bombardements de la bande de Gaza, quant au ministre de la Défense, Ehoud Barak, celui-ci vient de faire valoir ses droits à la retraite. N’est-ce pas le signe d’un net reflux des ambitions expansionnistes d’Israël et donc d’un renoncement implicite à toute agression contre l’Iran ?

 

J.-M.V. - Regardons les choses en face. Gaza a été pilonnée, l’aviation et les drones israéliens ont y semé la mort et la désolation. Certes, l’escalade s’est arrêtée assez vite, mais qui est nommément désigné comme le premier responsable de ces tragiques événements ? Téhéran ! M. Fabius, ci-devant ministre des Affaires étrangères ne s’est pas gêné pour accuser l’Iran, « ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal » [Les Animaux malades de la peste] de « porter une lourde responsabilité dans l’affaire de la bande de Gaza », ceci en ayant notamment fourni des « armes à longue portée au Hamas ». M. Fabius étant particulièrement déconnecté, comme la plupart des énarques, ne connaît apparemment pas le sens du couple de mots « longue portée »… mais l’expression fait « riche ». Ainsi s’est-il répandu le 22 novembre sur Radio Monte-Carlo et BFMTV où il a désigné la cible ultime : « L’Iran est indirectement impliqué dans plusieurs conflits graves dans cette région… les missiles à longue portée de 950 kg qui peuvent atteindre le centre d’Israël et les villes du sud du pays sont fournis par l’Iran ». Des missiles qui n’ont causé au demeurant aucune victime dans le centre d’Eretz Israël malgré leur supposée formidable létalité ! A contrario nombreux ont été à Gaza les morts et les blessés dus à des bombes réputées « intelligentes » ! Bref, l’arrêt de l’offensive sur Gaza, la démission (ou l’éviction) d’Ehoud Barak ne changent rien sur le fond. Certains vont même jusqu’à se demander si les « rats » ne se mettraient pas à quitter le navire, surpris qu’ils sont par une annonce intervenant cinq jours après la fin de l’opération « Colonne de nuées » autrement nommée en français « Pilier de Défense ». Certes l’actuel ministre israélien de la Défense, ancien premier ministre de 1999 à 2001, militaire le plus décoré du pays qui en janvier 2011 a tourné le dos au Parti travailliste pour rallier le cabinet de Benyamin Netanyahou, était considéré jusqu’à ce lundi 26 novembre comme le numéro 2 du gouvernement… âgé de soixante-dix ans il ne quittera cependant pas ses fonctions d’ici les élections législatives du 22 janvier 2013. Mais il est encore trop tôt pour savoir ce que cache ou dissimule ce départ impromptu… de graves désaccords au sommet de l’État hébreu à n’en pas douter et des révisions politiques – forcément « déchirantes » imposées de l’extérieur ou par l’effet d’un simple « retour au réel » ? La question se pose : Israël a-t-il trop présumé de ses forces ? Ses méfaits et son hybris ne sont-ils pas en train de le rattraper ? Désormais la coupe est-elle pleine ? Reste que nous pouvons compter sur le Likoud, génétiquement parlant, et sur ses épigones néoconservateurs de Washington, pour ne pas savoir ni ne vouloir s’arrêter à temps.

 

"Au cours de cette dernière crise, MM. Obama et Fabius n’ont au demeurant ni lâché ni désavoué Israël et son gouvernement, le Likoud. J’en déduis que cet arrêt du pilonnage aérien de Gaza, n’est en réalité qu’une sorte de « repli tactique » et que cela ne change en rien – au moins pour l’instant – quant à l’agenda occidentaliste visant à un remodelage en profondeur du Proche-Orient, Syrie, Liban, Iran… Même si nous nous plaçons dans la perspective encore lointaine d’une autosuffisance énergétique de l’Amérique du Nord grâce au gaz de schiste. Les enjeux énergétiques liés à la bataille de Syrie ou au littoral gazaoui – lequel jouxte la partie méridionale du « Léviathan », poche de gaz super géante dont Israël entend bien s’approprier la totalité – ne sont qu’une dimension du projet occidentaliste de reconfiguration de l’aire islamique. Un projet auquel l’Administration américaine n’est pas prête à renoncer, qu’elle soit « démocrate » ou « républicaine ». Trop d’efforts et de moyens ont été déjà consentis en ce sens, la guerre de Syrie est coûteuse en termes diplomatiques, le mouvement est amorcé, la coalition euratlantiste ne reviendra plus en arrière. Même si M. Obama, en raison de restrictions budgétaires, réduit la voilure le cap sera maintenu contre vents et marées.

 

"Syrie, Liban, Iran, ces trois pays constitutifs de l’arc chiite – l’Irak peinant durement à se reconstruire - doivent être et seront brisés sauf circonstances exceptionnelles. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe aucune dissension au sein des états-majors politiques et militaires à Washington et Tel-Aviv. Paris comptant pour du beurre, les états d’âme des exécutants n’entrant en effet pas en ligne de compte ! Désaccords, non pas sur les objectifs à atteindre - la nécessaire destruction d’un Iran souverain fait l’unanimité - mais sur les moyens d’y parvenir et le calendrier : la force brutale préconisée par le Likoud et les Néoconservateurs, ou encore l’usure et la ruse, les manœuvres indirectes, la guerre subversive ou les révolutions internes !

 

"Depuis des années, surtout ces derniers mois nous voyons les nuées monter sur l’horizon. Les orages ont rarement pour habitude de faire demi-tour… de même les machines infernales, une fois le mécanisme enclenché. L’Iran est voué à la destruction… sauf capitulation en rase campagne de ses élites dirigeantes. À ce titre il est vrai que des élections présidentielles auront lieu en Iran en juin 2013. Rien n’indique cependant que les nouveaux dirigeants pourraient réorienter - du tout au tout - l’actuelle politique de la République islamique, ni, que de l’autre côté M. Obama veuille se déjuger en acceptant de négocier directement avec la théocratie parlementaire iranienne.

 

Cible Iran 1 

 

F.R. - Mais pourquoi au final l’Occident est-il si acharné contre l’Iran ? Le nucléaire est-il la seule ou la vraie raison ?

 

J.-M.V. – Le nucléaire n’est de tout évidence qu’un prétexte. Une grosse ficelle du même genre que les « armes de destruction massive » qui ont servi à tétaniser les opinions publiques occidentales et à lancer la croisade pour la démocratie en et contre l’Irak. Le 14 novembre dernier « Le Parisien » nous expliquait doctement que « selon les experts internationaux, le programme iranien se poursuit lentement mais sûrement malgré les sanctions économiques qui étranglent le pays. C’est une question de mois pour que Téhéran parvienne à ses fins », analyse un diplomate français. « Chaque jour qui passe nous rapproche peut-être d’une issue dramatique ». Observons que nul ne sait précisément qui sont « les experts internationaux » ni qui est le « diplomate français » ici mentionné. Tout cela n’est pas sérieux, mais c’est à l’image de ce que nous serinent quotidiennement grands et petits médias : une menace croît à l’Est qui est en passe de se muer en danger imminent. Conclusion : l’intervention est inéluctable. Répété mois après moi, semaines après semaines, années après années ce type de discours apparaît comme une fatalité et plus encore, comme une nécessité. La raison désarme devant tant de constance et d’énergie dans le prêche du malheur… et parce que dans nos magnifiques démocraties le peuple – de toutes façons désinformé à mort - n’est jamais consulté pour ce qui engage son avenir, l’opinion subit et accepte, toujours et encore. Et que pourrait-elle faire d’autre puisqu’elle ne dispose d’aucun choix alternatif possible ? Chacun sait pourtant que la possession d’une ou plusieurs têtes nucléaires ne feraient pas de l’Iran un adversaire redoutable face aux deux ou trois cents vecteurs de mort atomique que déploie Israël. Au fond, tout cela serait risible si ce n’était atrocement tragique. N’est-ce pas M. Rocard, l’ancien Premier ministre, qui, transverbéré par un trait de lucidité - mais à moitié goguenard et satisfait de lui-même comme seuls savent l’être les « égrotants » - s’exprimait ce dernier printemps en ces termes [[Libération 2 mars 2012] : « Nous avons une stratégie américano-anglaise… de torpiller toute possibilité de discuter sérieusement avec les Iraniens. Et même de faire un peu de provoc de temps en temps. Comme s’il s’agissait de préparer une situation de tolérance rendant acceptable une frappe israélienne. Dans cette hypothèse, la guerre devient une guerre irano-syrienne soutenue par la Chine et la Russie, comme on le voit à l’Onu, contre en gros l’Occident et ses clients. Et l’Europe se tait. C’est une affaire à millions de morts, l’hypothèse étant que ça commence nucléaire. Je connais bien ces dossiers et je n’ai jamais eu aussi peur. Nos diplomates ont perdu l’habitude de traiter des situations de cette ampleur et tous nos politiques jouent à se faire plaisir avec des satisfactions de campagne électorale. Ce qui est nouveau, c’est l’intensité des dangers par rapport à un état d’esprit futile. Autre nouveauté, ces dangers sont extérieurs, résolument mondiaux. Il n’y a que l’Amérique latine et l’Australie pour avoir une chance d’y échapper. Aucun grand pays, même la Chine ou les États-Unis, n’y peut quelque chose à lui tout seul. Il n’y a de réponse que dans une consultation mondiale attentive dont tout le monde se moque… Ça me rend malade ». L’agneau de la fable - innocent ou pas, là n’est pas la question – face au loup dominateur et sûr de lui, est forcément perdant : le premier démuni pollue l’eau du maître des lieux, l’autre manie la rhétorique sans appel du dominant. Iran/État-Unis, toutes proportions gardées, le schéma est à l’identique avec à l’arrivée, sans doute, le même résultat.

 

Carte des sites nucleaires 

Les principales installations nucléaires de l'Iran (Photo D.R.)

 

F.R. - Mais quels intérêts l’Iran menace-t-il concrètement ?

 

J.-M.V. - L’Iran ne menace personne mais barre le passage à une foultitude d’intérêts. Comme déjà dit, il ne faut pas réduire comme cela a été fait pour l’Irak, la question à sa seule dimension géoénergétique. Pour faire court disons qu’un processus d’unification global du Marché est en court et que l’Iran y fait obstacle. Après tout, il s’agit d’un pays où les prêts financiers taux usuraires sont interdits cela seul constitue un casus belli pour les potentats de la Finance mais pour tout le système. Où l’Iran se soumet, accepte sa conversion aux dogmes du Monothéisme du Marché, ou bien doit se résoudre à se voir effacé de la Carte du Temps. À prendre ou à laisser. Sauf miracle, révolutions, effondrement des nations occidentales sous l’effet de la crise systémique…

 

Organigramme de la republique islamique de l'Iran

 

L'équilibre des pouvoirs

dans une théocratie traditionaliste musulmane:

le principal personnage de l'Etat demeure le Guide,

le président élu au suffrage universel n'étant qu'une facade.

(Photo D.R.)

 

F.R. - Quelles sont, à votre avis, les issues possibles ? La guerre est-elle inéluctable ou encore évitable?

 

J.-M.V. - Obama veut ou voudrait temporiser. Sa préférence va aux stratégies indirectes, entre autres la subversion, l’étranglement par les sanctions, les révoltes populaires encouragées et soutenues de l’extérieur. Et cela marche. Les sanctions commencent à mettre l’Iran à genoux. Le peuple souffre. Les gens du Département d’État et les adeptes du smart power – le gros bâton subtil - comptent à ce titre sur un soulèvement de la population. De ce point de vue, pour le Département d’État, le président Ahmadinejad est devenu un personnage « contingent ». Il n’est plus le paramètre central. Les prochaines élections présidentielles pourraient en effet conduire à la tête des personnalités plus dures voire plus intransigeantes que l’actuel président. En tout cas, les stratèges de la terreur veulent d’abord priver l’Iran de ses bases avancées : celles du Liban, c’est-à-dire le Hezbollah ; de Syrie contre laquelle les coups de boutoirs se multiplient. En un mot, il s’agirait de ne pas aller trop vite en besogne, d’assurer les arrières, de déblayer le terrain et de faire le ménage avant de s’attaquer au sanctuaire iranien. Les autres, les faucons, veulent fondre sur la proie sûrs qu’ils sont de l’écraser sous leurs bombes en raison de leur infernale supériorité ; à savoir une maîtrise absolu des mers, de l’air et de l’espace… des espaces devrait-on dire puisqu’outre l’espace extra atmosphérique il est désormais question de guerre à outrance dans le cyberespace. Or les Occidentalistes sont déjà allés top loin. Ils n’ont d’ailleurs pas pour habitude de reculer. La Syrie mise à feu et à sang est un bon exemple de la détermination du camp israélo-américain, de leurs alliés, commensaux et satellites. Ils iront donc jusqu’au bout. Sauf que nul n’est vraiment assuré du résultat. Une victoire militaire coûtera de toutes façons cher, même si ce n’est pas à court terme. Car nul ne peut impunément et indéfiniment défier voire mépriser une communauté internationale en pleine mutation… Communauté des nations à présent traversée par les courants invisibles d’une information non filtrée véhiculée par la Toile. Dans l’actuel contexte de crise systémique, personne ne peut exclure non plus des révoltes en Europe et aux États-Unis. Une hypothèse qui devient chaque jour de moins en moins absurde pour ne pas dire de moins en moins « improbable ». L’hybris des maîtres du monde est telle qu’ils croient encore pouvoir contenir ou canaliser des mouvements populaires de grande ampleur. L’histoire certes se répète souvent, mais c’est refuser de tenir un compte exact des transformations sociétales en cours ou déjà accomplies. L’intelligence et la culture des dirigeants occidentaux promus par le cirque médiatique et le bastingue démocratique, ne sont plus à la hauteur des défis actuels. Sur ce point nous sommes entièrement d’accord avec Michel Rocard. Mais pas pour les mêmes raisons. En vérité, sauf miracle, nous irons à l’abîme parce que ces gens veulent y aller et ont décidé de nous y emmener avec eux, assurés qu’ils sont de n’avoir pas à payer le prix du sang versé. Le sang des autres, bien entendu."

 

(Entretien conduit pour Geopolintel par Francis Ros)

 

 

 

Jean-Michel Vernochet, Iran, la destruction nécessaire - Persia delenda est !, 128 p., éd. Xénia, novembre 2012,15 €.

 

Source:  http://www.geopolintel.fr/article563.html

 

4 Piliers Fédération

 

Nous rappelons aux amis de l'Action française, lecteurs de L'Action Française 2000, adhérents et sympathisants que

 

Jean-Michel Vernochet

 journaliste et essayiste,

spécialiste de géopolitique 

 

sera l'invité

de la

fédération Grand Sud-Ouest

de l'Action française

 

du 25 au 27 janvier 2013

 

sur le thème:

 

Iran, destruction programmée?

 

 

 

Les conférences auront lieu: 

 Armoiries fastueuses Bx 

 

- à Bordeaux, vendredi 25 janvier 2013, à 18 h 30, au restaurant Le Xaintrailles (proche de la caserne du même nom): 114, boulevard du Maréchal-LECLERC;

 

 Toulouse, blason avec couronne murale 

 

- à Toulouse, samedi 26 janvier 2013, à 11 h 15: avenue de Grande-Gretagne;

 

 Armes Pau 2 

 

- à Pau, samedi 26 janvier 2013, à 15 h 30, à l'hôtel Quality Pau-Centre (ex-Kyriad): 80, rue Emile-Garet (proche du Musée des Beaux-Arts et du centre commercial Bosquet);

 

Armoiries pays basque fs 

 

- à Bayonne, dimanche 27 janvier 2013, à 15 h, quartier Saint-Léon.

 

Participation aux frais: 8 € par personne (à Bordeaux: 13  €). Règlement par chèque à l'ordre de: C.A.E.C. - C.C.P. 15 503 63 W BOR. Prière de s'incrire avant le 23 janvier 2013 auprès de:

 

C.A.E.C.

B.P. 80093

33035 BORDEAUX CEDEX.

 

Attention: Pour Toulouse et Bayonne, l'adresse exacte ne sera communiquée qu'après enregistrement de l'inscription.

 

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Le journaliste Jean-Michel Vernochet parle de l'Iran à Bordeaux, Toulouse, Pau et Bayonne en janvier 2013

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

4 Piliers Fédération

 

Nous rappelons aux amis de l'Action française, lecteurs de L'Action Française 2000, adhérents et sympathisants que

 

Jean-Michel Vernochet

 journaliste et essayiste,

spécialiste de géopolitique

 

Vernochet homme de culture

 

sera l'invité

de la

fédération Grand Sud-Ouest

de l'Action française

 

du 25 au 27 janvier 2013

 

Cible Iran 1

 

sur le thème:

 

Iran, destruction programmée?

 

Vernochet Iran

 

Les conférences auront lieu: 

 Armoiries fastueuses Bx

 

- à Bordeaux, vendredi 25 janvier 2013, à 18 h 30 - P.A.F.: 13 €;

 

 Toulouse, blason avec couronne murale

 

- à Toulouse, samedi 26 janvier 2013, à 11 h 15 - P.A.F.: 8 €;

 

 Armes Pau 2

 

- à Pau, samedi 26 janvier 2013, à 15 h 30 - P.A.F.: 8 €;

 

Armoiries pays basque fs

 

- à Bayonne, dimanche 27 janvier 2013, à 15 h - P.A.F.: 8 €.

 

Informations pratiques:

 

Participation aux frais: 8 € par personne (à Bordeaux: 13 €). Règlement par chèque à l'ordre de: C.A.E.C. - C.C.P. 15 503 63 W BOR. Prière de s'incrire avant le 23 janvier 2013 auprès de:

 

C.A.E.C.

B.P. 80093

33035 BORDEAUX CEDEX.

 

Attention: l'adresse exacte ne sera communiquée qu'après enregistrement de l'inscription.

 

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Mais qui est donc Jean-Michel Vernochet?

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Vernochet, le roman d’une vie

 

Cible Iran 1

 

Des origines familiales

parisiennes et populaires

 

Jean-Michel Vernochet est un écrivain, essayiste, journaliste et géopolitiste français, né le 6 septembre 1947 à Paris, sur les hauteurs de Belleville. Il est le petit-fils de Léon Gustave Vernochet, l’un des membres fondateurs du parti communiste dit français au congrès de Tours en décembre 1920, engagement idéaliste auquel il renoncera après plusieurs séjours en Union soviétique dont il découvrira vite l’envers du décor. Il est aussi le petit-fils du Dr Paul Camus, médecin des pauvres exerçant rue de la République aux Lilas.

 

« Conservateur de progrès » au sens de Montesquieu, il a été candidat malheureux aux élections législatives de juin 2012 dans la circonscription d’Amérique du Nord des Français de l’étranger pour le compte du Rassemblement pour l’initiative citoyenne (R.I.C.), un mouvement en faveur du référendum d’initiative populaire.

 

Des études poussées

 

La seule énumération de ses titres universitaires et de ses activités de recherche témoigne du calibre intellectuel de Jean-Michel Vernochet :

 

  • Maîtrise spécialisée d’ethnographie (Paris IV-Sorbonne) ;
  • Maîtrise de droit international du développement ;
  • D.E.A. « Droit du développement » (Paris V-René-Descartes) ;
  • D.E.A. « Ethnologie » (Paris VII-Jussieu) ;
  • D.E.A. « Philosophie » (Paris IV-Sorbonne) ;
  • Ancien élève de l’école nationale des langues orientales vivantes (E.N.L.O.V., Langues O’) et de l’école des hautes études en sciences sociales (E.H.E.S.S.) ;
  • Vacations de recherche au laboratoire d’anthropologie sociale du collège de France.

 Vernochet homme de culture

Jean-Michel Vernochet, homme de culture (Photo D.R.)

 

Une carrière administrative

riche et diversifiée

 

En 1977, Jean-Michel Vernochet fonde à Paris l’association humanitaire Terre future à travers laquelle il milite pour la cause environnementale et animale.

 

De 1976 à 1985, il effectue une mission au Libéria pour le compte du Bureau pour le développement de la production agricole.  Il est ensuite sous contrat à la division « Organisation, méthodes et informatique » du ministère de la santé et des affaires sociales, puis mis à la disposition du commissariat au plan de la République tunisienne pour la réforme du système de santé en Tunisie centrale (gouvernorat de Kasserine). Enfin, il est chargé de la planification en milieu rural à la direction générale de la santé.

 

A partir de 1985 et jusqu’en 1995, parallèlement à une importante activité d’information et de communication (dans la Presse écrite à partir de 1979), il a été chargé de mission au secrétariat général du Gouvernement (S.G.G., services du premier ministre). Il a été par la suite, successivement, responsable des affaires francophones et des relations internationales au commissariat général de la langue française dirigé par Philippe de Saint-Robert, puis responsable de la communication à l’institut international d’administration publique (I.I.A.P., l’ex-école coloniale), enfin directeur des publications du centre des hautes études sur l’Afrique et l’Asie modernes (C.H.E.A.M., ex-centre des hautes études administratives musulmanes).

 

A la même période, Jean-Michel Vernochet enseigne à l’école supérieure de journalisme (E.S.J.) de la rue du Louvre à Paris : ses cours portent sur les manipulations de l’information et le détournement des grands médias dans le cadre de politiques étatiques de « désinformation », un enseignement qui, à l’époque, à la charnière des années 1990, apparaît comme particulièrement original dans les écoles de journalisme. Il anime aussi, sous le pseudonyme de « Denys Rousselot », une émission radiophonique hebdomadaire « Le libre journal de Denys Rousselot » qui connut un vif succès sur Radio-Courtoisie entre 1988 et 1993.

 

Après 1995, il est journaliste rédacteur au Figaro-Magazine, et collabore à de nombreux supports, parmi lesquels Le Courrier et L’Echo-Magazine (Genève), ou encore la revue Géostatégiques.

 

Depuis 2008, il a mis son expérience des affaires internationales au service du site indépendant toulousain Géopolintel, auquel il contribue régulièrement.

 

Une œuvre écrite et filmée originale

 

Jean-Michel Vernochet est l’auteur d’une œuvre de journaliste, d’essayiste et de moraliste français non négligeable :

 

I/ Livres

 

1/ Sous le pseudonyme

de « Denys Rousselot » :

 

  • La Mémoire de l’oubli, recueil d’aphorismes, éditions Lettres du monde, 1990 ;
  • Solstice : Fragments II, recueil d’aphorismes, éditions Lettres du monde, 1990.

 

2/ Sous son nom propre :

 

  • L’Islam révolutionnaire : Analyses géopolitiques, entretien avec Illich Ramirez Sanchez, éd. du Rocher, 2002 ;
  • Europe : Chronique d’une mort annoncée, éd. de l’Infini, 2009 ;
  • Iran : Destruction nécessaire, éd. Xénia, 2012.

Vernochet Iran

 

3/ En collaboration avec d’autres auteurs :

 

  • Vivre au Soudan aujourd’hui, éd. Le temps des cerises, 2005 ;
  • Le Chemin de Damas, éd. Le temps des cerises, 2007 ;
  • Manifeste pour une Europe des peuples, éd. du Rouvres, 2007 ;
  • Crise, krach, collapsus, tomes 2 et 3, éd. de l’Infini, 2010.

 

II/ Documentaire :

 

Auteur-réalisateur d’Afghanistan, mon amour, prod. Eric Ellena, Yadé-Films, 2001.

 

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Mandela, l'Action française et la Révolution

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

On lira ci-après avec le plus grand intérêt l'analyse bien documentée d'un Français vivant sur place, parue récemment sur un site libéral, de la manière révolutionnaire dont Nelson Mandela et l'A.N.C. s'y sont pris pour déstabiliser et renverser le pouvoir sud-africain. Une lecture opportune à l'heure de la canonisation médiatique de ce curieux politicien... L'Action française-Bordeaux estime toutefois utile de le compléter en précisant que la tuerie de Sharpeville, sur laquelle Mandela s'est fondé pour justifier ses procédés criminels de guerre révolutionnaire, était en réalité un acte de légitime défense de policiers sud-africains contre une foule fanatisée supérieure en nombre. Il faisait suite à celle de Cato Manor, où trois d'entre eux s'étaient vu massacrer dans les mêmes conditions...

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

"Une opinion divergente : Nelson Mandela et la guerre révolutionnaire En complément des multiples commentaires hagiographiques de ces huit derniers jours, notre ami Olivier Braun (qui réside en Afrique du sud) nous rappelle un certain nombre de faits que la mémoire collective est en train d'oblitérer. A cette occasion, il revient sur la grande question philosophique que soulève la biographie même de Mandela : dans quelles conditions peut-on approuver la guerre révolutionnaire (dont il nous rappelle les stratégies de base) ? Nelson Mandela s'était montré bien plus sage que les auteurs des réactions proprement hagiographiques qu'on peut lire à l'occasion de son décès le 5 décembre 2013, à 95 ans. Dans ses mémoires il dit son déplaisir à être considéré comme un saint. Mandela a consacré sa vie à lutter contre le régime raciste de l'apartheid. Après un emprisonnement de 27 ans, suivi d'une période d'âpres négociations suite à sa libération en 1990, il fut largement élu à la présidence de la République d'Afrique du Sud, en avril 1994. Devant un parterre rassemblant presque tous les dirigeants du monde venus pour son inauguration, il étonna par son absence d'amertume en déclarant1 que :

Le temps de panser les plaies est venu. Le moment de poser un pont au-dessus des fossés qui nous séparent est venu. Le temps de construire est arrivé. (…) Nous avons triomphé dans nos efforts pour implanter l'espoir dans les cœurs de millions de gens de notre peuple. Nous entrons dans un pacte pour construire une société au sein de laquelle tous les Sud-africains, aussi bien Noirs que Blancs, pourront marcher haut, parler sans peur dans leur cœur, assurés qu'ils seront de leur droit inaliénable à la dignité humaine – une Nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde.

Conformément à cette promesse, il consacra son mandat à travailler à la réconciliation et promut le Comité pour la Vérité et la Réconciliation, chargé de faire la lumière sur les crimes commis de part et d'autre, avec pouvoir d'accorder l'amnistie à ceux qui diraient toute la vérité. Car des crimes, il y en eut. Les crimes du régime sont connus, qu'il s'agisse de répressions policières violentes, à partir du massacre de Sharpeville, où plus de soixante manifestants furent tués, ou des enlèvements d'activistes, de leur torture et assassinat. La tuerie de Sharpeville fut l'événement qui, selon Mandela, acheva de le convaincre de la nécessité de la lutte armée.

(...) Jacques Leclercq résume les conditions de la résistan,ce10 : celle-ci doit être nécessaire, utile, et être proportionnée. La nécessité implique d'abord que les moyens légaux ne soient d'aucun secours pour redresser une injustice. L'Afrique du Sud était alors formellement une démocratie parlementaire avec une opposition, et un Etat de droit ? Une démocratie raciale certes, avec le droit de vote réservé à la seule minorité blanche, et s'enfonçant toujours davantage vers le totalitarisme. Il était concevable que l'opposition parlementaire, ou l'opinion publique blanche puisse être convaincue de l'illégitimité de l'apartheid. Si les premières lois raciales furent adoptées par le colonisateur britannique, puis, dans les années 1920 et 1930 sous la pression violente des syndicats ouvriers blancs et du parti travailliste, ce n'est qu'en 1948 que le Parti National afrikaner gagna de peu les élections sur le programme d'apartheid. D'élections en élections la majorité grandissait et débordait l'électorat Afrikaner, mais la radicalisation de l'opposition à l'apartheid a pu contribuer à la radicalisation de l'électorat blanc. Strictement, si l'on ne peut pas dire que les moyens légaux étaient impossibles, l'on peut raisonnablement estimer que les chances du succès étaient faibles, compte tenu de l'enjeu. Mais pour que la nécessité justifie la résistance, encore faut-il justifier l'exercice de certains moyens. Si, au-delà des moyens légaux, des solutions non-violentes sont possibles, qu'il s'agisse de grèves, de boycotts, de renforcement de la conscience politique des Noirs, la doctrine catholique n'admet pas le recours à la violence. Il est particulièrement difficile pour un observateur extérieur de décider si la non-violence pouvait réussir. Mandela et l'ANC après Sharpeville estimèrent que non. La majorité des leaders d'opinion Noirs pensait au contraire que la voie pacifique était toujours ouverte. Kaizer Matanzima par exemple, voyait dans les bantoustans la possibilité de libérer les Noirs.11 Il était un neveu de Mandela, issu de la famille Thembu, et devint premier ministre du bantoustan du Transkei. De même, le chef zoulou Mangosuthu Buthelesi, à la tête de l'Inkatha Freedom Party qu'il fonda en 1975, se sera toujours opposé à la violence. L'utilité s'entend comme étant une chance raisonnable de succès, ou la capacité des rebelles à rétablir un ordre juste là où le pouvoir, en violant la justice, créait du désordre. Cela signifie surtout que des conditions pires ne doivent pas remplacer l'injustice présente. « Les actes révolutionnaires deviennent illégitimes lorsqu'ils se font avec tant de désordre qu'ils entraînent pour le pays plus de dommages que la tyrannie elle-même ».12 Les conditions physiques de l'Afrique du Sud, de l'aveu des partisans de l'ANC, interdisaient tout succès militaire lors d'un soulèvement face à l'armée. C'est la raison pour laquelle une autre stratégie a été adoptée, stratégie qui reposait sur le chaos et l'ingouvernabilité du pays. Enfin, la proportionnalité consiste à maintenir une proportion entre la gravité du désordre et l'importance des moyens employés. … et la guerre révolutionnaire A la suite d'autres mouvements nationalistes, et après la tuerie de Sharpeville, surmontant d'importantes divisions au sein de l'ANC, Mandela sut convaincre l'organisation de se lancer dans la lutte armée, d'organiser des campagnes de sabotage et de poser des bombes dans des endroits symbolisant le pouvoir. Umkhonto we Sizwe fut alors formée, entreprise commune entre l'ANC et le parti communiste sud-africain, le SACP. Mais l'ANC avait été interdite par le pouvoir suite à son rôle dans la manifestation de Sharpeville, et la police a eu finalement raison du « mouton noir » (« Black Pimpernel », surnom inspiré du « Scarlett Pimpernel » de la baronne Orkzy), Mandela, qui fut capturé, jugé et emprisonné d'abord pour des actes mineurs comme d'avoir quitté sans autorisation le territoire. Après la découverte du complot de Rivonia, Mandela fut rejugé et cette fois condamné à la prison à vie. L'on ne peut qu'admirer les derniers mots que prononça le condamné, regardant ses juges après avoir lu plus de cinq heures durant un discours condamnant le régime en place13 : "Ma vie durant je me suis consacré à cette lutte du peuple africain. J'ai combattu la domination blanche, et j'ai combattu la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société démocratique et libre, dans laquelle toutes les personnes peuvent vivre en harmonie et avec des opportunités égales. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et que j'espère réaliser. Mais s'il le faut, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir". Influencé par le communisme et l'expérience de Fidel Castro à Cuba, Mandela et ses amis pensaient pouvoir abattre facilement le régime. Il n'en fut rien et en peu d'années, l'ANC avait quasiment disparu de l'opinion africaine. L'Occident refusait de soutenir ce mouvement communiste et prônant la violence, mais l'Union soviétique, en plus des affinités idéologiques, désirait renverser un régime allié à l'Ouest, contrôlant de vastes ressources minières et des routes maritimes. L'ANC était surtout présente à l'étranger, en exil, et bénéficiait, outre l'aide de l'URSS, de camps d'entraînement au sein desquels, d'ailleurs, les violations des droits, tortures et exécutions sommaires contre les recrues contestant la ligne ou se plaignant des conditions, étaient monnaie courante - surtout après l'afflux d'étudiants de la mouvance Black Consciousness ayant dû fuir le pays. En Afrique du Sud cependant elle était devenue largement absente de la scène depuis 1963 et les succès policiers. Les mouvements tout différents du Black Consciousness de Steven Biko, inspiré de la théologie de la libération version « noire » développée aux USA, et le mouvement Inkatha de Buthelezi, dominaient largement la scène. Malgré le développement du militantisme auprès des jeunes, le gouvernement persista dans l'imposition de l'Afrikans comme langue d'enseignement. La révolte inspirée par le mouvement de Biko, à Soweto, en 1976, prit le gouvernement et l'ANC au dépourvu. Le gouvernement intensifia la répression dans l'année, mais l'ANC comprit qu'une révolte d'ampleur était possible et, profitant d'une masse de jeunes devant fuir la police, intensifia sa politique de recrutement, notamment pour sa branche armée Umkhonto we Sizwe. Un voyage d'études au Vietnam Dans la seconde moitié des années 1970 fut donc décidée une nouvelle stratégie, inspirée de la toute récente guerre du Vietnam : la « guerre révolutionnaire » ou encore, « guerre populaire », « guerre du peuple ».14 L'URSS de son côté amplifia ses livraisons d'armes dès décembre 1976 et l'ANC se concentra sur les relations internationales pour se faire reconnaître, par l'Internationale socialiste d'abord, en 1977, puis en 1978 par la Finlande, l'Irlande, la Norvège et la Suède, comme « seule représentant authentique » du peuple sud-africain. Pourtant, même au sommet de sa popularité en 1978, Mandela, avec 24 % de soutiens auprès des Africains de Soweto, Durban et Pretoria, était loin derrière Buthelezi qui recueillait 43 % des soutiens. Les cadres de l'ANC, dont Thabo Mbeki, futur premier vice-président sous Mandela, puis son successeur, firent le voyage du Vietnam pour apprendre d'Ho-Chi-Min et du général Giap les principes de la guerre révolutionnaire. Mandela était emprisonné à cette époque mais lui-même aurait bénéficié, au début des années 1960, d'un entraînement, certainement moins systématique, en Ethiopie puis en Algérie auprès de l'Armée de Libération Nationale. Ce dernier souvenir lui aurait fait dire lors d'une visite à Alger deux mois après sa libération : « C'est l'Algérie qui a fait de moi un homme. »15 Les méthodes du FLN algérien n'étaient pas éloignées des méthodes du FLN vietnamien. La guerre du peuple n'est pas un combat militaire classique, ni même une simple action de guérilla, mais un effort d'organisation et d'opérations de communication, décidément non conventionnelles : le peuple y devient l'instrument principal. Ses deux aspects sont la « lutte politique » et « le programme de violence » qui doivent prendre en étaux les adversaires, et où la distinction entre civils et militaire n'existe plus. Toute personne pouvant servir la cause est une ressource utilisable, pouvant être sacrifiée, dépensée, qu'il s'agisse d'adultes ou d'enfants. Les enfants particulièrement étaient utiles car, utilisés comme agents ils pouvaient plus facilement déjouer la surveillance et prenaient davantage de risques, et en tant que victimes, avaient une grande valeur pour la propagande et la mobilisation. La version vietnamienne distinguait deux phases de préparation et trois phases de combat. La préparation consistait d'abord en une guerre psychologique pour laquelle l'agitation devait permettre d'engranger des soutiens et de créer une base, en mettant l'accent sur les injustices bien trop réelles. Ensuite, il s'agissait d'organiser des unités propres à se lancer dans la « propagande armée », dans un réseau de cellules clandestines. Cette propagande armée devait, par la visibilité des attaques, donner une meilleure publicité au mouvement et gagner des adhérents. Les trois phases de combat comprennent une phase dite « défensive », une phase de guérilla (mobile warfare) ou de guerre de mouvement, suivi de l'assaut final ou, de l'acceptation d'une négociation d'un règlement. La phase « défensive » est également liée au renforcement de l'organisation, mais par la création de mouvements légaux ou le noyautage de mouvements existant, afin de multiplier les « mouvements de libérations » liés au sein d'une organisation plus large, un front uni. Il s'agit également de prendre le contrôle de « lieux libérés » au sein desquels l'organisation révolutionnaire installe ses institutions facilitant l'intimidation et le recrutement. La guerre de mouvement se fera par la multiplication des attaques, visant à porter à bout les capacités de déploiement des adversaires. Ces attaques, bien planifiées, relèvent de la terreur, avec des assassinats ciblés, visant les notables, les hommes modérés et chefs traditionnels, mais également les rivaux. Il s'agit de créer un climat d'insécurité, de préparer des guets-apens contre les forces de l'ordre en les obligeant à intervenir pour protéger les civils innocents afin de les piéger. La phase finale peut être l'assaut général, ou l'acceptation d'une négociation pour la création d'un gouvernement de coalition au sein duquel on se sera assuré des conditions les plus favorables, propres à permettre, par la suite, de prendre une position hégémonique. C'est cette ligne, apprise au Vietnam, qui sera codifiée avec les adaptations nécessaires à la situation sud-africaine, par l'ANC/SACP, « l'alliance révolutionnaire » dans un « livre vert », dont le titre devait rappeler un ouvrage récent publié par le colonel Kadhafi en Libye. L'application de la guerre révolutionnaire en Afrique du Sud Les mots « lutte armée » sont des euphémismes. Les éléments de la guerre révolutionnaire furent mis en œuvre et l'ANC consacra les années 1980 à 1983 à sa préparation, renforçant ses cellules clandestines, créant et noyautant de multiples organisations légales, dont des organisations étudiantes, syndicales, politiques, comme l'United Democratic Front (UDF) créé en 1983. La « propagande armée » débuta par des séries d'attaques spectaculaires à la bombe, dont une attaque contre la centrale nucléaire près du Cap (qui réussit à retarder d'une année sa mise en service). La plupart des attaques à la bombe eurent cependant lieu au Natal, fief de l'Inkatha. Il fallait populariser l'ANC. Deux vecteurs furent choisis. L'ANC avait, 25 ans plus tôt, rédigé une Charte des libertés, document largement oublié et prônant le vote égal pour tous, la fin des discriminations et la redistribution des terres. Aussi, même si l'organisation avait radicalement changé, l'ANC décréta l'année 1980 « année de la Charte », mobilisa ses membres, et diffusa massivement le document. Comme bien des mouvements de libérations en Afrique, les slogans furent largement utilisés pour l'embrigadement des masses et des militants. Toujours afin de souligner l'ancienneté de l'engagement de l'ANC dans la lutte contre l'apartheid, des comités de libération de Nelson Mandela, alors emprisonné depuis 18 ans, furent formés, et permirent de mettre en avant son nom et son sacrifice pour la cause. Des campagnes furent menées et des pétitions soumises au gouvernement qui, se bornant à rappeler que la condamnation avait été décidée selon les règles de la justice, pu être dénoncé comme intransigeant. Cette campagne eu un échos international, avec notamment l'aide active de l'URSS et, sur ce terrain, l'ANC chercha à obtenir des sanctions contre l'Afrique du Sud, contre l'avis majoritaire de la population noire et de leaders comme Buthelesi, ou d'opposants blancs comme le romancier Alan Paton16. Vers le milieu des années 1980, grâce à ses donateurs internationaux qui, outre l'URSS incluaient les pays scandinaves et certaines organisations internationales, des organisations non gouvernementales comme Oxfam, l'ANC avait un budget annuel de 100 millions de dollars pour ses actions. Les détails de la campagne de terreur qui suivit, après son démarrage en 1984 et son accélération à partir de 1985, sont trop nombreux et trop longs à décrire ; seules quelques grandes lignes et illustrations, pour mieux faire comprendre la réalité de l'horreur, seront données ci-après. La conférence ANC/SACP de Kabwe, en Zambie, en réalité préparée par une conférence antérieure à Moscou, décida de l'intensification de la guerre populaire, et officialisa la fin de la distinction entre cibles civiles et militaires et recommanda l'utilisation de « toutes formes et méthodes de lutte ». L'objectif défini était de « rendre l'Afrique du Sud ingouvernable », expression dont la paternité est attribuée à Thabo Mbeki, membre du comité central. On y trouve des boycotts scolaires, privant deux générations de toute scolarité (en comprenant les enfants nés de la première génération active ou contrainte), la création de zones libérées, l'élimination des rivaux - dont les membres du parti de la mouvance Black Consciousness, Azapo, pourtant idéologiquement proche-, et surtout des sympathisants de l'Inkatha, tués par milliers. On comptera vers 1994, l'assassinat, dans de véritables embuscades, de plus de 420 cadres du mouvement. Devant l'indifférence face à ces crimes, Buthelesi ne pouvait que se lamenter de l'indifférence des médias en donnant à la presse une liste de nom des cadres tués, en avril 1993 : « Je me sens amer, très amer maintenant, du fait qu'alors que tant de membres de notre peuple ont été tués, cela est sans conséquence. »17 Mais ce sont les méthodes d'une brutalité inouïe qu'il faut évoquer. L'une des cibles, outre les policiers noirs et leur famille, étaient les conseillers municipaux des townships. Ceux-ci étaient intimés de démissionner, et en cas de refus, attaqués, leurs maisons brûlées avec des cocktails Molotov, les membres des familles tués avec les conseillers. Un exemple illustre l'horreur de cette guerre18 : Kinikini était le seul conseiller de KwaNobuhle à ne pas avoir démissionné comme ordonné. Sa maison fut alors attaquée par une foule à coup de cocktails Molotov. Il se trouvait avec ses deux enfants, Silumko et Kwala ainsi que deux neveux. Silumko et ses cousins tentèrent de s'enfuir mais furent pris par la foule, hachés à demi-morts, arrosés d'essence et brûlés vifs. Voulant éviter à son second fils, alors âgé de 12 ans, Kwala, de connaître le même sort que son frère, Kinikini prit une arme et le tua, avant d'être pris à son tour, tailladé puis brûlé vif. Ces violences étaient alors justifiés par un leader de l'UDF qui expliquait que ces conseillers noirs pratiquent une forme subtile de violence contre leur peuple et sont en réalité des « petits Vorsters et Bothas à la peau noire ». Il ne s'agissait pas, loin de là, d'un acte isolé, mais d'une action systématique, et les enfants n'étaient pas épargnés. De même, pour assurer le succès des boycotts ou des grèves, lorsqu'un mot d'ordre était lancé par une organisation de l'ANC, les bus étaient contrôlés aux arrêts, les travailleurs qui descendaient passés à tabac, les commerces ouverts incendiés. Des professeurs ou directeurs d'écoles furent lapidés. Des tueries étaient faites au hasard, des grenades artisanales lancées dans les cafés par exemple, pour assurer un climat de terreur. Des guets-apens étaient aussi montés pour attaquer la police, dorénavant équipée de fusils à balles réelles : des barricades préparées, des fossés pour y faire tomber les véhicules (les casspirs), et alors, pour attirer les forces de l'ordre, des attaques étaient organisées dans les townships. La police était ainsi forcée d'intervenir pour tenter de protéger la vie et les biens des civils noirs, victimes innocentes. Mais la police était alors accusée de provocation, du seul fait de sa présence dans les citées noires. Les assassinats par inflammation de pneus arrosés d'essence et placés autours des victimes étaient courants, les victimes étant accusés d'être des collaborateurs pour justifier ces monstruosités. Ce sont souvent les jeunes, adolescents et jeunes adultes, qui furent utilisés pour perpétrer ces violences. La propagande les célébrait comme les « young lions ». Une tentative de la part des adultes, des anciens, de refréner leur violence, échoua misérablement. Les journalistes africains dans les townships, s'ils ne sympathisaient pas, se voyaient contraint de se taire pour protéger leur vie. Les jeunes membres de ces gangs qu'on envoyait étaient si crains qu'il leur suffisait parfois de montrer une boîte d'allumette pour s'assurer du suivi d'un mot d'ordre. Ce n'est pas sans raison que les Etats-Unis inscrivirent l'ANC parmi les organisations terroristes, sous la présidence de Ronald Reagan19 avant d'en être retirée, en 2008, sous la présidence de George W. Bush. Il fallait rendre ingouvernable l'Afrique du Sud, créer un climat de terreur et faire comprendre à la population noire qu'il était de son intérêt de se ranger derrière le vainqueur, qui ne saurait être autre que l'ANC. L'état de siège décrété alors par les autorités, les opérations de police, voire de l'armée, ont permis de circonscrire les émeutes dans les banlieues noires du Cap, du Natal et du Rand.20

La libération de Nelson Mandela

Dès 1985 le président Pieter W. Botha entrepris de démanteler, petit à petit, l'apartheid, jugeant que les Blancs devaient « s'adapter ou mourir ». Mais il voulait imposer son rythme et obtenir les meilleures garanties pour la minorité blanche. La même année il proposa à Nelson Mandela sa libération sous la condition qu'il appelle publiquement à l'arrêt de la violence avant de renoncer définitivement à la politique. La presse a abondamment souligné le refus héroïque de Mandela, préférant rester fidèle à son combat que de recouvrer la liberté ainsi proposée. Deux aspects méritent pourtant d'être soulignés : il s'agissait d'une décision collective de l'ANC et de Mandela : un Mandela en prison, martyr pour la cause, avait davantage de prix pour l'ANC qu'un Mandela libre. Aussi, Mandela ne voulait pas renoncer à la violence. Un plan proposé par Margaret Thatcher prévoyait la libération de Mandela, la légalisation de l'ANC, l'arrêt des violence et des négociation entre tous les acteurs. Une tournée de Thatcher en Afrique du Sud permit d'engranger le soutien des principaux dirigeants. L'ANC cependant refusa, voulant, conformément aux enseignements vietnamiens, faire des négociations un train de lutte additionnel devant servir la cause révolutionnaire, et voulant être en position d'en dicter les termes. Peu après le changement à la présidence du pays, consécutivement à la constatation de l'incapacité pour cause de santé de P. W. Botha en 1989, Frederik De Klerk rencontra Mandela et le fit libérer sans condition, le 11 février 1990. Le discours que Mandela prononça à cette occasion, lors d'un rassemblement à Cap Town, fut une profonde déception. Il dit entre autre21:

"Je salue le Parti communiste sud-africain pour sa contribution toujours excellente à la lutte pour la démocratie. Vous avez survécu 40 ans d'une persécution sans répit (…) Je salue son Secrétaire général Joe Slovo, l'un de nos plus grands patriotes. Nous sommes encouragés par le fait que notre alliance avec le Parti demeure aussi forte qu'elle l'a toujours été. (…) Le recours à la lutte armée en 1960, avec la formation de l'aile militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, était une action purement défensive contre la violence de l'apartheid. Les facteurs ayant nécessité la lutte armée existent toujours encore aujourd'hui. Nous n'avons d'autre choix que de continuer. Nous exprimons l'espoir qu'un climat propre à conduire à un accord négocié pourra être créé prochainement afin qu'il n'y ait plus besoin de la lutte armée". "Je suis un membre loyal et discipliné du Congrès National Africain. Je suis par conséquent en total accord avec ses objectifs, stratégies et tactiques".

L'année 1990 fut l'occasion d'un « nouvel élan »22 pour la guerre populaire. Parmi les objectifs il fallait écarter les rivaux, notamment les partisans d'un fédéralisme qui s'étaient alliés de l'Inkatha aux gouvernements des bantoustans autonomes ou indépendants. L'ANC voulait négocier seule avec De Klerk, et la négociation pour le Congrès signifiait former un gouvernement transitoire et faire élire une assemblée constituante par tous les citoyens selon le principe one man one vote. Il fallait donc faire monter la pression et durant cette période de transition et de négociation, les affrontements, attaques et assassinats continuèrent. A chaque fois l'ANC sut faire porter le blâme sur le gouvernement ou sur l'Inkatha accusée du travailler pour lui et de vouloir semer le trouble. L'Inkatha a cependant toujours été opposée à la guerre révolutionnaire et était victime des campagnes de terreur de l'ANC, mais ces Zoulous non seulement se défendaient mais se lançaient dans des attaques punitives. La presse anglophone sud-africaine et la presse internationale relayaient promptement les accusations de l'ANC, sans esprit critique, malgré les enquêtes de différentes commissions. Des propos tels ceux de Tokyo Sexwale, l'un des plus importants dirigeants de l'ANC, tenus en mai 1993 devant une foule enthousiaste de 9.000 personnes n'attira guère l'attention et aucune condamnation23 : "Nous continuerons de tuer ceux que nous voulons tuer, qu'ils soient de l'Inkatha ou de la police importe peu". L'une des nombreuses tueries qui fit la une fut l’œuvre des forces de police du Ciskei, le massacre de Bisho24. Les Bantoustans étaient une cible politique de l'alliance révolutionnaire ANC/SACP et une clef pour les négociations, afin d'empêcher toute solution fédérale. Le 7 septembre 1992 une troupe forte de 50.000 manifestants fut rassemblée près de la ville et débuta sa marche, aiguillonnée par les slogans traitant le chef du Ciskei, le général Gqozo, entre autres de chien. La foule fut conduite vers Bisho malgré l'interdiction et les avertissements préalables selon lesquels la police ouvrirait le feu. Sur place, guidée par un véhicule transportant des officiels de l'ANC, elle trouva une voie par le stade sportif pour entrer dans la capitale contournant les barricades et barbelés. Une force de police locale de 50 hommes ouvrit le feu à balles réelles et sans sommation, tuant 29 personnes et en blessant 300 autres. L'ANC, et Mandela en particulier, blâmèrent de Klerk. Il s'avéra cependant que la confrontation était recherchée et prémédité25, et que la police n'ouvrit le feu qu'après la mort de l'un des leurs. Le juge Pickard, chargé de l'enquête, critiqua sévèrement la réaction disproportionnée de la police mais estima que les premiers tirs étaient justifiés, et surtout, que la foule, ignorant les risques, avait délibérément été lancée par la direction de l'ANC. Cette tactique entre parfaitement dans le cadre de la « guerre du peuple », celui-ci étant une arme d'attaque et de propagande peut être sacrifié. La commission Goldstone conclut de façon similaire. Le rôle de Mande Il est difficile d'apprécier justement le rôle de Mandela. Emprisonné depuis 1963 il n'a pas pu participer à la planification des attaques et à l'élaboration de la stratégie monstrueuse de la guerre populaire. Il était d'abord en isolement. Mais pouvait-il ignorer la situation ? Qu'en pensait-il ? Le début réel de cette guerre date de 1985, année où on lui proposa sa libération. C'est l'une de ses filles qui annonça au monde son refus. Mandela se vante d'avoir pu déjouer la surveillance et avoir des contacts avec ses compagnons de lutte. Afin de renforcer les structures à l'intérieur du pays, et surtout les communications, l'opération Vulindlela, ou Vula, fut montée et activée en 1988. La partie communication reposait sur des technologies sophistiquées de codage, entre Tambo et Slovo à l'étranger et Maharaj en Afrique du Sud. Ce dernier était en contact avec Mandela emprisonné, transmettant des messages et recevant ses réponses grâce à des livres possédant des compartiments secrets. Mandela était ainsi en communication avec les chefs en exil.26 De plus, à partir de décembre Mandela fut transféré près de Paarl et disposa d'un cottage où il pouvait recevoir librement des visites et conférer avec les chefs politiques de l'UDF ou autres en Afrique du Sud. On peut imaginer, ou espérer, que, alors en prison, il comprit petit à petit les limites de la violence, comprit la peur des Blancs face à un pouvoir noir et fut, une fois libéré, un artisan essentiel auprès de son parti pour l'abandon de la violence, officialisé par l'accord dit du Pretoria Minute du 6 août 1990. Mais il menaça De Klerk de cesser les pourparlers et d'envisager « d'autres options » si les négociations n'aboutissaient pas à la solution d'un gouvernement intérimaire27. Les violences n'ont d'ailleurs pas cessé, ni les livraisons d'armes à l'ANC, comme le démontra plus tard, à la stupéfaction de De Klerk, la découverte de l'opération Vula. Ce sentiment de trahison ou de double-jeu peut expliquer la visible acrimonie entre De Klerk et Mandela, lors de la remise de prix Nobel de la paix, à Oslo en 1993.28 Les principaux ministres du gouvernement reconnaissaient être médusés par le double langage de Mandela, si différent en privé et en public. Magnus Malan s'exclama29 : "M. Mandela est en effet un homme à plusieurs langues, et il est temps pour lui de parler un seul langage et qu'il dise ce qu'il pense réellement". Comme le souligne Anthea Jeffery, l'ANC avait au fil des ans développé un réseau au sein de la société civile, dans la presse locale et internationale, et de nombreuses sympathie dans bien des ambassades étrangères et organisations internationales. Avec l'aura de Mandela, il y avait peu de risque qu'elle fut pointée du doigt pour les violences, et que sa réputation fut mise en cause.30 L'ANC profita ainsi du discrédit et de l'élimination de toute opposition, et su imposer la plupart de ses volontés au gouvernement et gouverne maintenant sans partage, sûre, selon les mots du président actuel, Jacob Zuma, ancien chef des renseignements de l'ANC en exil à Maputo, de rester au pouvoir jusqu'au nouvel avènement de Jésus Christ. Mandela n'est pas celui qui a mis fin à l'apartheid31 comme on peut l'entendre souvent, même si la situation insurrectionnelle avait fini par faire douter le gouvernement sur les réponses à apporter. La transition, fut loin d'être pacifique. Plus de 15.000 personnes furent tuées depuis février 1990, dont plus de 1.500 assassinats politiques durant les premiers mois de 1994.32 Certes, Mandela lutta contre ce régime, donna 27 ans de sa vie pour la cause. Dès 1985 le président Botha entreprit de démanteler, de façon contrôlée, l'apartheid, e,t, sous la pression accéléra les contacts, négocia secrètement avec Mandela en Afrique du Sud et Mbeki en Angleterre. Profitant de la situation géopolitique avec la Glasnost en Union soviétique et de l'ouverture de De Klerk, Margaret Thatcher proposa, au printemps 1989, un plan prévoyant la libération de Mandela, la légalisation de l'ANC, l'arrêt des violence et des négociation entre tous les acteurs y incluant Buthelesi. L'objectif était de négocier une nouvelle constitution avec droit de vote universel mais aussi garanties des droits et procédure permettant aux minorité une participation. Une tournée de Thatcher en Afrique du Sud au mois d'avril, permit d'engranger des soutiens des principaux dirigeants. L'ANC cependant refusa, voulant, conformément aux enseignements vietnamiens, faire des négociations un train de lutte additionnel devant servir la cause révolutionnaire, et voulant être en position d'en dicter les termes. De Klerk, élu chef du Parti National après la démission de Botha pour raisons de santé, s'engagea résolument en faveur du démantèlement de l'apartheid. Mais surtout, en 1989, un événement géopolitique bouleversa le monde : le communisme s'écroula presque partout, le mur de Berlin fut abattu, et seuls quelques bastions allaient rester dans l'orbite totalitaire, Cuba et la Corée du Nord. En URSS, sous Gorbatchev, la Glasnost avait déjà été entreprise. Les enjeux pour le pouvoir et la population blanche changeaient et le risque jusqu'alors réel d'une Afrique du Sud connaissant un sort voisin de la Rhodésie s'éloigna. De Klerk, devenu président, entreprit une révision complète des perspectives d'avenir33 et s'engagea alors totalement vers la libéralisation, avec l'appui, donné par un « oui » au référendum du 17 mars 1992, de l'électorat blanc, véritable vote de confiance.34 La présidence de Mandela Elu au poste suprême en avril 1994, Mandela prononça à l'occasion de son investiture un discours de réconciliation et d'harmonie et su donner confiance à la majorité des Blancs qui avaient, deux ans plus tôt, décidé, par référendum, la fin de l'apartheid. Il consacra son unique mandat à la réconciliation et créa la commission Vérité et Réconciliation visant à établir la lumière sur les crimes commis dans le passé avec possibilité d'une amnistie pour ceux qui dévoileraient la complète vérité sur leur rôle. En 1980, au nord de l'Afrique du Sud, dans l'ancienne Rhodésie devenue le Zimbabwe, Robert Mugabe devenu premier ministre prononça la veille de la proclamation de l'indépendance de son pays ces mots s'adressant aux Blancs35 : "Si je vous combattais hier en ennemis, aujourd'hui vous êtes devenus des amis et des alliés avec le même intérêt national, loyauté, droits et devoirs que moi-même. (…) Les fautes du passé doivent maintenant être pardonnées et oubliées. Si jamais nos regardons le passé, faisons-le pour voir la leçon qu'il nous aura appris, c'est à dire que l'oppression et le racisme sont des inégalités qui ne doivent plus jamais trouver de place dans notre système politique. Le fait que les Blancs nous ont oppressés hier alors qu'ils avaient le pouvoir ne sera jamais une justification correcte pour une oppression du fait des Noirs maintenant au pouvoir. Le mal demeure le mal, qu'il soit pratiqué par un Blanc envers un Noir ou un Noir contre un Blanc". Trente-trois ans plus tard, Mugabe est toujours au pouvoir, les dignitaires de son parti plus riches que jamais, plus de 200.000 Blancs partis, plus de 4 millions de Noirs vivent hors du pays pour pouvoir survivre, et le pays est plus pauvre que jamais. Le taux de chômage est de 80 % et l'espérance de vie a chuté à 38 ans l'année des 83 ans du dictateur. Nelson Mandela n'a voulu faire qu'un mandat36. Son renoncement peut être salué et Mandela sut s'élever et œuvrer pour le Bien une fois élu. Mais il est difficile de voir en lui une « conscience morale », ni un apôtre de la non-violence à la Gandhi comme on peut le lire trop souvent. Certaines déclarations qu'il a faites depuis sa libération nous montrent un Mandela toujours amis des tyrans pourvu que ceux-ci aient été un soutien de l'ANC, faisant l'éloge37 de Fidel Castro, de Khadafi ou encore d'Arafat, sans condamner les violations massives des droits de l'homme dans ces pays. Ironiquement, compte tenu de sa position en faveur de sanctions économiques contre l'Afrique du Sud, lors d'un voyage en Libye, Mandela dit qu'il était de son devoir de soutenir son « frère dirigeant », surtout pour la levée des sanctions affectant les masses ordinaires du peuple : « Nous ne pouvons pas ne pas être émus de la souffrance de nos frères et sœurs africains ».38 Durant sa présidence il continua de rechercher à développer des liens avec les régimes cubain et libyen, au grand dam pour l'investissement occidental en Afrique du Sud.39 Robert Mugabe, en revanche, ne bénéficia pas de la même sympathie et Mandela, à plusieurs reprise, critiqua l'absence de leadership dans ce pays, ou invita le dictateur à se retirer. D'autres déclarations ne sont pas très dignes d'une « conscience morale » et sont tout simplement mesquines, comme d'accuser George W. Bush de racisme à cause de sa volonté d'agir en Irak sans l'aval de l'ONU, ou de traiter Tony Blair de ministre des affaires étrangères des Etats-Unis.40 Mandela est mort à l'âge de 95 ans, après avoir consacré sa vie à la lutte contre l'apartheid. Le lecteur pourra se faire un début d'opinion sur le fait de savoir si le droit à la révolte était justifié, surtout tel qu'il fut pratiqué, et si c'est la révolte qui a obtenu le renversement de ce régime. Mais, après son élection à la présidence d'une nouvelle Afrique du Sud, Mandela a incontestablement consacré ses forces à la réconciliation. Si l'on croit en la rédemption, et s'il regrette les crimes commis par son organisation, admirons Mandela d'avoir su s'élever, mais restons aussi lucide que lui sur sa personne. Il n'est donc pas exactement celui qui, comme l'a dit Barack Obama lors de la cérémonie du 10 décembre en sa mémoire, « a libéré le prisonnier », mais cette réserve posée, les mots41 du président américains touchent la vérité : "Il a fallu un homme tel que Madiba pour libérer non seulement le prisonnier, mais également le geôlier, pour montrer qu'il faut faire confiance en l'autre pour qu'il puisse vous faire confiance ; pour enseigner que la réconciliation n'est pas ignorer le passé, mais un moyen de le confronter en y ajoutant générosité et vérité. Il a changé les lois, il a aussi changé les cœurs".

Olivier Braun

NOTES

1 Texte en anglais disponible sur le site de l'ANC : The time for the healing of the wounds has come. The moment to bridge the chasms that divide us has come. The time to build is upon us. (…) We have triumphed in the effort to implant hope in the breasts of the millions of our people. We enter into a covenant that we shall build the society in which all South Africans, both black and white, will be able to walk tall, without any fear in their hearts, assured of their inalienable right to human dignity - a rainbow nation at peace with itself and the world. http://www.anc.org.za/show.php?id=3132

2 La réalité est cependant bien différente. Selon Thucydide, Harmadios et Aristogiton étaient deux amants, et après avoir été repoussé par Harmadios, Hipparque humilie délibérément la sœur de ce dernier, qui se vengera.

3 Epître aux Romains, XIII, 1-4. Souligné par moi.

4 Mgr Parisis, La démocratie devant l'enseignement catholique, 2ème édition 1849, page 9.

5 En introduction à son Traité de droit constitutionnel, il pose la question « Comment comprendre qu'une volonté individuelle puisse être supérieure à d'autres volontés individuelles ? », page 2, dans la 3ème édition, tome 1, 1927. On trouve également p. 572, ces phrases : « C'est aux théologiens du moyen-âge que revient le mérite d'avoir posé la question et d'avoir essayé de la résoudre méthodiquement. La théologie au XIIè et au XIIIè siècles est l'asile de la pensée ; c'est elle qui se dresse contre la force et vient lui demander quel titre elle a pour s'imposer aux hommes. » En plus des développements de l'abbé J. Leclercq (Cf. note 5), voir aussi Duguit, à partir de la page 572.

6 Sur l'origine du pouvoir, voir Jacques Leclercq, Leçons de droit naturel, Tome II, L'Etat ou la politique, 2ème édition 1934,chapitre 3, p. 124 et s., et surtout p. 171 et s.

7 Anthony de Jasay, Against Politics, Routeledge, 1997, page 1. De Jasay tentera de montrer qu'un gouvernement n'est pas indispensable.

8 Voir notamment les thèses développées par Bellarmin et Suarez, contre Jacques Ier d'Angleterre. Bien des idées ont été développées à l'occasion de controverses et dans des circonstances particulières. Cette idée de pouvoir médiat ne signifie pas forcément que seule la démocratie soit légitime. Comme l'écrivait Saint-Marc Girardin, « Bossuet aimait tous les régimes ».

9 Somme IIa IIae, q.69 art.4, cité pat Jacques Leclercq, Leçons de droit naturel, Tome II, L'Etat ou la politique, 2ème édition 1934, page 189.

10 Voir surtout n°55 « Le droit de résistance », p. 190 et s.

11 Voir à ce sujet les deux livres de Paul Giniewski, Une autre Afrique du Sud, Berger-Levrault, 1962, et chez le même éditeur, en 1975, L'an prochain à Umtata. Sur la politique dite du « grand apartheid » par opposition au « petit apartheid » et tâchant de comprendre le point de vue du gouvernement nationaliste, le lecteur courageux pourra consulter le livre du philosophe d'origine hongroise, Thomas Molnar, L'Afrique du Sud, publié en 1962.

12 Leclercq, paraphrasant St-Thomas, Leçons, p. 193.

13 Cité par Martin Meredith, The Fate of Africa, PublicAffairs, 1995, page 127.

14 People's War, en anglais. Voir, pour ce qui suit, les recherches très fouillées et les conclusions d'Anthea Jeffery, People's War, publié en Afrique du Sud, Jonathan Balls Publishers, 2009, par le South African Institute of Race Relations, une ancienne organisation opposée à l'apartheid.

15 Si l'on en croit Wikipedia qui cite cet article d'El Watan qui met la phrase en titre.

16 Patrick J. Buchanan, cite Paton dans un article récent paru dans The American Conservative. « I am totally opposed to disinvestment … primarily for a moral reason. Those who will pay most grievously for disinvestment will be the black workers of South Africa. I take very seriously the teachings of the Gospels, in particular the parables about giving drink to the thirsty and the food to the hungry. I will not help to cause any such suffering to any black person. » Anne Paton, la veuve de l'écrivain, a fui en 1998 la nouvelle Afrique du Sud, devant l'explosion de la criminalité et donna au Sunday Times un texte émouvant, où elle dit être heureuse que son mari, opposant de toujours à l'apartheid, ne soit plus là pour voir ce qui se passe maintenant dans son pays bien-aimé.

17 Cité (en anglais) par Jeffery, page 388. Le jour où il tint ces propos, le nombre de cadre tués s'élevait à 275. 18 Jeffery, p. 90.

19 Reagan décrivait ainsi les pratiques de l'ANC : « In this barbaric way of reprisal, a tire is filled with kerosene and gasoline, placed around the neck of an alleged collaborator and ignited. The victim may be a black policeman, a teacher, a soldier, a civil servant — it makes no difference, the atrocity is designed to terrorize blacks into ending all racial cooperation and to polarize South Africa as a prelude to a final climactic struggle for power. » Cité par Patrick Buchanan, qui travailla avec lui sur la question du véto présidentiel à une loi imposant des sanctions économiques dans The American Conservative. Le texte de la déclaration de véto est disponible ici. Margaret Thatcher fut l'un des rares dirigeant à s'opposer également aux sanctions qu'elle jugeait improductive et qui sut percer l'hypocrisie de bien des gouvernements qui s'en firent les avocats. Charles Crawford analyse cette lettre secrète de Thatcher à Botha, qu'il qualifie de « of the finest pieces of statecraft ever written », dans son article Margareth Thatcher and apartheid : a study in diplomacy.

20 Lugan, p. 426.

21 « I salute the South African Communist Party for its sterling contribution to the struggle for democracy. You have survived 40 years of unrelenting persecution. The memory of great communists like Moses Kotane, Yusuf Dadoo, Bram Fischer and Moses Mabhida will be cherished for generations to come. « I salute General Secretary Joe Slovo, one of our finest patriots. We are heartened by the fact that the alliance between ourselves and the Party remains as strong as it always was (…) Our resort to the armed struggle in 1960 with the formation of the military wing of the ANC, Umkhonto we Sizwe, was a purely defensive action against the violence of apartheid. The factors which necessitated the armed struggle still exist today. We have no option but to continue. We express the hope that a climate conducive to a negotiated settlement will be created soon so that there may no longer be the need for the armed struggle. « I am a loyal and disciplined member of the African National Congress. I am therefore in full agreement with all of its objectives, strategies and tactics. » Voir le texte complet sur le site de l'ANC : http://www.anc.org.za/show.php?id=4520

22 Selon l'expression de Jeffery, « fresh impetus », titre du chapitre 10, page 235 et s.

23 Voir Jeffery, page 393, pour la citation et la couverture unilatéralement favorable à l'ANC de la part des médias.

24 Jeffery, page 338-344. Voir aussi Bernard Lugan, Histoire de l'Afrique du Sud, Ellipses, 2010, encadré consacré à l'événement, pages 443-444.

25 Ce qu'admit l'un des leaders de l'opération, Kasrils, dans la presse. D'ailleurs une carte du stade par lequel la foule avait été conduite a été retrouvée, de même que l'arme ayant servi à tuer le policier.

26 Jeffery, p ; 191, citant la biographie Shades of difference, Mac Maharaj and the struggle for South Africa, écrite par Padraig O'Malley, publiée par Viking Penguin à New-York en 2007.

27 Selon le Los Angeles Times, article de 1991.

28 Voir Meredith, p. 438.

29 Cité (en anglais) par Jeffery, p. 260.

30 Jeffery, page 363, au sujet de la recherche des responsables de la tuerie du train dite Denver, mi-septembre 1990. L'attaque de ce train, à Johannesburg, entre les stations Jeppe et Denver, en véritable opération commando armés de machettes et armes à feu, causa la mort de 26 personnes et plus de cent blessés. L'origine de l'attaque est incertaine.

31Outre Jeffery, voir sur la transition, Lugan, chapitre 10, p. 439 et s.

32 Chiffres donnés par Jeffery, People's War, page 473-474. Voir aussi l'intéressant article Why is Mandela so Revered, de l'ancien diplomate britannique Charles Crawford, qui se demande comment l'opinion mondiale aurait réagi si la révolte de Solidarité en Pologne avait été si violente.

33 Voir aussi dans Meredith, The Fate of Africa, chapitre 24, « A Time of Triumph », p. 423 et s. p. 434-435.

34 « Chèque en blanc » disaient les Conservateurs qui voulaient des consultations ou contrôles pas à pas.

35 Voir le texte en anglais dans Meredith, The Fate of Africa, page 328. Il s'agissait de la deuxième indépendance, « légale » après une première déclaration unilatérale d'indépendance proclamée le 11 novembre 1965 par le gouvernement de Ian Smith.

36 voir cet article, sur Contrepoints, de l'économiste George Ayittey qui compare Mandela aux dirigeants africains.

37 Voir cet article du L.A. Times en 1991. La Maison Blanche était bien embarrassée, Mandela devant continuer sa tournée en visitant les USA et y rencontrer George H. Bush.

38 "We cannot be unmoved by the plight of our African brothers and sisters", cité par le LA Times en 1997. Voir aussi RT.com. Avec d'autres citations douteuses. 39 Meredith, p. 663.

40 "Is it because the secretary-general of the United Nations is now a black man? They never did that when secretary-generals were white," dit-il concernant Bush, et, pour Bair, "He is the foreign minister of the United States. He is no longer prime minister of Britain." Voir http://www.cbsnews.com/news/mandela-slams-bush-on-iraq/ Mandela s'opposait à l'invasion de l'Irak sans l'aval de l'ONU mais disait cependant y être favorable si le Conseil de sécurité en prenait la décision.

41 Texte du discours disponible sur le site de Wall Street Journal. (lien pas forcément permanent). Extrait original : « It took a man like Madiba to free not just the prisoner, but the jailer as well — (applause) — to show that you must trust others so that they may trust you; to teach that reconciliation is not a matter of ignoring a cruel past, but a means of confronting it with inclusion and generosity and truth. He changed laws, but he also changed hearts. »

Source: http://blog.turgot.org/index.php?post/Braun-Mandela

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Comprendre avec l'Action française la situation en Irak: Où l'on regrette Saddam Hussein

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Nous publions ci-après un récent article d'un penseur irakien, qui évalue, dix ans après la pseudo-libération de son pays par les Yankees, sa situation politique désastreuse et la dictature occidentaliste du premier ministre Nouri Al-Mâlikî. L'hommage honnête rendu, au passage, à l'oeuvre unificatrice de la monarchie hachémite jusqu'en 1958 est à remarquer. On peut différer, ici ou là, sur certaines appréciations hâtives sur la Syrie, le Liban et l'Iran: la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française contribuera, pour sa part, à les rectifier, lors des importantes conférences du journalistes spécialiste de géopolitique Jean-Michel Vernochet sur "Iran destruction programmée?", qu'elle organise à Bordeaux le 25 janvier, à Toulouse et à Pau le 26, et à Bayonne le 27. Il n'en demeure pas moins que le regret d'un Pouvoir juste et fort de Saddam Hussein est partagé par la plupart des Irakiens et par leurs amis dans le monde...

 

A.F.-Grand Sud-Ouest  

 

 

 

S.E. Saddam Hussein

 

 

 

Saddam Hussein: un chef regretté par son peuple,

une figure de légende du monde arabe 

 (Photo D.R.)

 

 

 

"L’Irak a plus besoin d’un pouvoir que d’un dirigeant. Il a besoin d’un arbitre qui soit capable de calmer les ambitions de ses hommes politiques et d’apaiser communautés et ethnies, comme avait su le faire en 1921 feu le roi Fayçal Ier, le fondateur de l’Irak contemporain. Al-Mâlikî n’a pas été capable de jouer ce même rôle en raison de son animosité patente (même s’il s’efforce vainement de la dissimuler) à l’encontre des sunnites, qui ont fondé, cela dès la conquête musulmane, l’Irak historique, cet Irak arabe qui a constitué de tout temps la muraille orientale protégeant la Nation arabe.

 

"Al-Mâlikî a refusé d’intégrer les forces du « Renouveau » sunnite tant dans l’armée que dans la police irakiennes, alors même que celles-ci ont joué un rôle essentiel dans la neutralisation de l’Islam jihâdiste (à savoir Al-Qâ‘ida). De même, il a refusé d’intégrer la couche des technocrates et des bureaucrates sunnites dans l’administration de l’Etat après que le parti d’Al-Da‘wah eut apporté la démonstration de son incapacité à gérer celle-ci d’une manière honnête et transparente.
 
"La domination d’Al-Mâlikî sur les services de sécurité et sur l’armée n’ont apporté à son régime ni la paix ni la stabilité. Les attentats ont opéré leur retour, terrorisant les villes irakiennes du Nord au Sud du pays, et cela montre que ces appareils dit « de sécurité » sont vérolés. Cela l’a contraint – comme l’on dit – à refaire appel à l’aide d’officiers retraités de l’armée irakienne, cette armée qu’une décision américaine catastrophique a dissoute.
 
"L’échec d’Al-Mâlikî à gouverner un Irak sûr et politiquement stable n’a d’égal que son échec à jouer un rôle régional influent, un rôle auquel pourtant il aspirait personnellement. Cet échec est dû au fait qu’il a mis les sunnites irakiens à l’écart du pouvoir et de la prise de décision politique. Les pays arabes ont fermé les yeux sur cette prise de position négative d’Al-Mâlikî : ils lui ont donné moult occasions politiques de jouer un rôle arabe équilibrant dans la région. Ainsi, un sommet arabe a été tenu à Bagdad et certains ambassadeurs arabes sont revenus dans la capitale irakienne. Mais Al-Mâlikî n’a pas su tirer profit de ces opportunités.
 
"Etant donné que le régime Mâlikî accumule tous ces échecs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Irak, comment a-t-il pu diriger ce pays depuis 2006 ? La réponse à cette question réside dans le fait qu’il a établi une relation privilégiée avec l’Iran sans en perdre pour autant – chose ô combien étrange et surprenante – sa relation étroite avec, successivement, l’administration de George Bush et l’administration de Barak Obama !
 
"Il est de fait que les dirigeants shiites qui ont réussi à impliquer l’administration Bush dans l’invasion de leur pays grâce aux relations qu’ils avaient établies avec une petite bande d’hommes politiques juifs américains fidèles à la droite israélienne qui entourait Donald Rumsfeld, le ministre américain de la Défense, à l’époque, ces dirigeants shiites, donc, sont toujours capables, en permanence, de convaincre l’administration Obama du fait que la relation étroite qui lie l’Irak à l’Iran ne représenterait aucun danger pour le prestige et pour l’influence des Etats-Unis dans la région arabe !
 
"Il est étrange de constater que Joseph Biden, l’adjoint d’Obama chargé du dossier irakien, mise encore sur Al-Mâlikî, qui joue à l’occasion le rôle de porte-parole de l’Iran. Les documents « Wikileaks » ont dénoncé ce rôle. Christopher Hail, un ancien ambassadeur américain en Irak, indique ainsi dans l’un de ses télégrammes envoyés à Washington : « Al-Mâlikî m’a fait savoir que l’Iran use de son influence et de son argent pour contrôler le parlement irakien : ce pays est prêt à fournir des armes aux milices shiites (irakiennes) ». Dans un autre message, cet ambassadeur indique que l’Iran consacre annuellement de cent millions à deux-cents millions de dollars à l’achat de l’allégeance des courants shiites qui s’entr’égorgent en Irak.
 
"Grâce à cette imbécillité américaine, l’Iran a réussi à contrôler l’Irak et à priver Al-Mâlikî de tout rôle arabe et régional susceptible de lui faire concurrence. Le scandale du pont aérien et terrestre iranien servant à fournir quotidiennement au régime syrien à travers l’Irak d’Al-Mâlikî plusieurs tonnes d’armes, de munitions et d’hommes, montre que l’Irak est désormais enrôlé dans le nébuleux « front de la résistance et du refus » mis sur pied par l’Iran pour enrôler l’ensemble de l’Orient arabe au service des ses objectifs propres.
 
"L’Iran a profité de la vague de violences qui s’est déchaînée dans le monde musulman en protestation contre un film américain obscène et hostile à l’Islam pour surfer sur cette vague et couvrir l’éclat de la révolte contre le régime de son homme de paille damascène Bashâr (al-’Assad). Après quoi, il a extrait le mollah Hasan [Nasrallah, ndt] du Hezbollah de sa tanière pour que celui-ci puisse nous déclarer que le film antimusulman est « plus important que la révolution syrienne », tandis que ‘Adnân Mançûr, le soi-disant « ministre des Affaires étrangères » du Hezb au sein du gouvernement (libanais) de Najîb Mîqâtî exigeait du conseil présidé par Nabîl al-Arabî (de la Ligue arabe) qu’il se réunisse dans l’urgence afin d’apporter son appui aux protestations populaires dirigées contre l’administration Obama.
 
"Malheureusement pour Nûrî al-Mâlikî, le « front du refus » auquel il s’est joint a d’ores et déjà commencé à connaître de graves revers : une révolte généralisée contre Assad, l’allié de l’Iran, qui a perdu toute légitimité et toute capacité à se maintenir au pouvoir, ainsi que le départ du Hamâs de ce prétendu front.
 
"Mardi de la semaine passée, j’ai évoqué la faute commise par le Président égyptien, le shaykh Muhammad Mursî, lorsque celui-ci a invité l’Iran à participer à la prise de décision arabe et ce, y compris en ce qui concerne le cœur-même des causes relatives à la sécurité nationale arabe au motif d’une tentative de trouver une solution en Syrie. Il avait été décidé de tenir à New York, en marge de l’assemblée générale de l’Onu, une réunion du groupe de contact quadripartite (qui réunit l’Egypte, l’Arabie saoudite, l’Iran et la Turquie). Mais cette réunion ne s’est pas réellement tenue. L’Arabie saoudite était absente, Erdoğan n’est pas venu. Seul y a assisté Mahmud Ahmadî Nejâd, de passage à New York, si bien que Mursî a été dans l’obligation d’annuler cette réunion et qu’il n’a fixé aucun rendez-vous pour une réunion future, appelant par ailleurs plusieurs pays arabes à constituer une force arabe chargée d’intervenir en Syrie.
 
"Le rejet par les pays arabes de cette invitation lancée à l’Iran (par Muhammad Mursî) de participer à la prise de décision arabe a été unanime."

 

 

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Prochain cercle de formation d'Action française le 15 janvier 2013 à Bordeaux: Kiel et Tanger

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Année politique 2012-2013

 

Cycle « J’apprends à lire et réfléchir avec Maurras »

 J'apprends à lire & réfléchir avec Maurras

sous la direction de

 

M. Vincent Gaillère

Délégué régional de l’Action française

dans le Grand Sud-Ouest

 

Dans ce cycle de formation aux idées de l’Action française, on effectuera une relecture critique des principales œuvres politiques de Charles Maurras, à l’occasion du soixantième anniversaire de sa mort. Leur connaissance exacte, –  et non par ouï-dire, –  est indispensable à tout Français qui désire se rendre utile à son Pays.

 

Prochain cercle de formation

à Bordeaux :

 

Mardi 15 janvier 2013. – Kiel et Tanger, ou la politique extérieure de l’Action française

    

Informations pratiques :

 

Les cercles ont lieu à Bordeaux le 15 de chaque mois, ou, si ce jour est un dimanche, le samedi précédent. Pour les autres villes universitaires de la région (Toulouse, Pau, Bayonne), se renseigner par courriel auprès du secrétariat régional des cercles de formation, via la rubrique « Contact »  des sites officiels de la fédération Grand Sud-Ouest de l’Action française : http://af-aquitaine.over-blog.com/ ou http://actionfrancaiseaquitaine.over-blog.com/ . Participation aux frais : 4 € ; inscription préalable obligatoire en donnant ses nom, prénom, âge, études suivies ou profession exercée et numéro de téléphone.

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L'Action française et le mariage pédérastique: contre le libéralisme sexuel dans la famille!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On verra dans l'interviouve qui suit d'une militante du Mouvement républicain et citoyen (M.R.C.) de Jean-Pierre Chevènement, parue récemment dans Le Figaro, que des gens de gauche doutent de l'opportunité et de la pertinence du projet gouvernemental de mariage pédérastique. Bien que nous ne soyons pas d'accord avec la position de Madame Meyer sur la question de l'adoption par les pédérastes, il s'agit dans l'ensemble d'un intéressant élément de réflexion à apporter à nos amis. Nombre de ses arguments de bon sens peuvent être repris par tous les Français réalistes.

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

Haddock se fâche!

Le capitaine Haddock,

qui n'est pas un pédéraste,

vient d'apprendre

le projet du gouvernement Hollande.

(Photo D.R.)

 

Q. - Vous êtes opposée au mariage homosexuel. Dans quel état d'esprit êtes-vous au juste vis-à-vis de ce projet?

 

Christine MEYER. - Je suis sceptique. Je n'ai aucun engagement religieux, mais je m'interroge sur le sens de cette revendication en faveur du mariage homosexuel.

 

Q. - Qu'est ce qui vous gêne dans le projet de loi?

 

R. - Il faut d'abord être au clair sur ce qu'est le mariage. Il s'agit d'une institution destinée à assurer la filiation, à partir d'une procréation entre deux sexes. On peut bien entendu critiquer cette institution. Ce qui est d'ailleurs le cas depuis des siècles. Mais on ne peut pas demander à ­cette institution d'être ce qu'elle n'est pas, à savoir un contrat entre deux individus, contrat fondé sur l'amour ou l'inclination sexuelle. Même si ces affirmations peuvent paraître un peu dures, elles permettent d'éclairer le débat. On voudrait que le mariage devienne la reconnaissance par l'État d'un lien affectif entre deux individus, quel que soit leur sexe. À ce titre, pourquoi s'en tenir à une relation entre deux individus? Après tout, un individu peut sincèrement et authentiquement aimer deux ou trois personnes de sexe identique ou différent. Pourquoi alors ne pas les marier aussi? Selon moi, l'État n'a pas à valider ou non une relation privée. Cela reviendrait à considérer les désirs comme des droits individuels que les institutions doivent satisfaire. Or, en tant que femme de gauche, je fais un lien entre le libéralisme économique qui vise à supprimer toute norme ou règle faisant obstacle à la circulation généralisée des marchandises et la libération infinie des désirs qui elle aussi refuse toute norme ou obstacle.

 

Q. - La «libération infinie des désirs», est-ce aussi permettre à des couples de même sexe d'avoir des enfants par la PMA?

 

R. - C'est une des conséquences possibles. Nous voyons d'ores et déjà apparaître cette revendication. J'y suis catégoriquement opposée. Avec la procréation médicalement assistée, on entre dans une conception totalement prométhéenne de l'homme - «maître et possesseur de la nature» -, qui produit des enfants selon ses désirs, à partir des pouvoirs de la technique. De ce point de vue, je m'étonne que les courants écologistes, si respectueux de la nature, soient le fer de lance d'une revendication qui renvoie à une figure de l'homme qu'ils ne cessent de dénoncer.

 

Q. - Et l'adoption par les couples homosexuels?

 

R. - J'y serais plutôt favorable, parce que je dénonce à la fois l'hypocrisie actuelle et la rupture du principe d'égalité républicaine. Si les célibataires ont la possibilité d'adopter, pourquoi alors les célibataires homosexuels vivant en couple ne pourraient-ils pas le faire?

 

Q. - Ces positions sont-elles difficiles à tenir dans votre parti?

 

R. - Que les choses soient claires: si je m'exprime sur ce sujet, c'est à titre personnel. Pour le moment, le M.R.C. n'a pas pris de position. Il le fera en janvier. Les avis sont partagés au sein du mouvement. Mais je m'honore que mon parti ait engagé la réflexion, un débat sans tabou, et qu'il laisse s'exprimer les différents points de vue.

 

Q. - Les débats ont-ils été suffisants sur le sujet?

 

R. - Franchement, non. J'aimerais que la parole soit plus libre et que l'on ne s'enferme pas dans le clivage réactionnaires/progressistes. Il y a, chez nos concitoyens, une véritable attente d'argumentation non passionnelle.

 

Source: http://www.lefigaro.fr/politique/2012/12/25/01002-20121225ARTFIG00098-meyer-mrc-non-a-la-liberation-infinie-des-desirs.php

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Alix au pays des pédérastes: "Ils sont fous ces Gaulois!"

Publié le par Lamidaeff

Parce qu'un peu d'humour ne fait pas de mal en ces temps de crise de la Famille, et avant que l'inversion de l'instinct sexuel ne soit gravée dans le marbre de la Loi, un petit visuel d'anticipation de la situation  de la France en 2023, après dix ans d'application du "mariage pour tous": bien entendu, il s'agit de pure science-fiction, toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé n'est que pure coïncidence!  

 

 

Alix_au_pays_des-pederastes.jpg

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Iran destruction programmée? Conférences d'Action française à Bordeaux, Toulouse, Pau et Bayonne en janvier 2013

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Cible Iran 1

 

On lira plus bas une intelligente critique récente, par une universitaire, du dernier livre sur la destruction programmée de l'Iran du journaliste et essayiste, spécialiste de géopolitique, Jean-Michel Vernochet qui sera l'invité de la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française du 25 au 27 janvier 2013:

 

 Armoiries fastueuses Bx 

 

- à Bordeaux, vendredi 25 janvier 2013, à 18 h 30, au restaurant Le Xaintrailles (proche de la caserne du même nom): 114, boulevard du Maréchal-LECLERC - P.A.F.: 13 €;

 

 Toulouse, blason avec couronne murale 

 

- à Toulouse, samedi 26 janvier 2013, à 11 h 15: avenue de Grande-Gretagne - P.A.F.: 8 €;

 

 Armes Pau 2 

 

- à Pau, samedi 26 janvier 2013, à 15 h 30, à l'hôtel Quality Pau-Centre (ex-Kyriad): 80, rue Emile-Garet (près du Musée des Beaux-Arts et du centre commercial Bosquet) - P.A.F.: 8 €;

 

Armoiries pays basque fs 

 

- à Bayonne, dimanche 27 janvier 2013, à 15 h, quartier Saint-Léon - P.A.F.: 8 €.

 

Participation aux frais: 8 € par personne (à Bordeaux: 13 €). Règlement par chèque à l'ordre de: C.A.E.C. - C.C.P. 15 503 63 W BOR. Prière de s'incrire avant le 23 janvier 2013 auprès de:

 

C.A.E.C.

B.P. 80093

33035 BORDEAUX CEDEX.

 

Attention: Pour Toulouse et Bayonne, l'adresse exacte ne sera communiquée qu'après enregistrement de l'inscription.

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

4 Piliers Fédération

 

"Jean-Michel Vernochet, journaliste expérimenté, sait trouver des titres équivoques qui sont autant de titres choc. Son livre de 2003, « L’islam révolutionnaire », mise en forme de la pensée de « Carlos » Ilich Ramirez

"Sanchez, a ainsi trouvé ses lecteurs, non seulement du côté des musulmans passionnés de politique et de révolution, mais aussi chez d’autres, terrifiés par l’idée que l’islam porte effectivement un projet révolutionnaire dévastateur pour les sociétés européennes telles qu’elles fonctionnaient avant la grande vague d’immigration musulmane.

"Ce nouveau livre à tonalité apocalyptique passionnera tant ceux qui souhaitent la destruction de l’Iran, que ceux qui la redoutent. Riche d’informations relevant de la géopolitique, des tendances enracinées dans l’espace et l’histoire diplomatique, il établit la centralité de l’Iran dans la conjoncture actuelle, mais ne traite nullement du potentiel idéologique subversif qu’il était censé abriter jusqu’à une date récente. C’est là la première surprise, reflet d’une mise à jour radicale.

"Effectivement, depuis ces dernières années, l’islam sunnite est le cadre de reprises en main de nombreux pays, mais bien souvent sans plus contester le système économique néo-libéral, et dialogue avec les représentants de l’ex « grand Satan » occidental dans des termes qui vont de la courtoisie à la collaboration, tandis que l’islam chiite, son concurrent, ne semble nullement soucieux de convertir l’Occident à sa foi. L’Iran réaliste cherche à se faire des alliés sur la base des intérêts économiques mutuels, et ne brandit plus guère dans sa rhétorique qu’une question passionnelle, la condamnation d’Israël comme haut lieu de mensonge, de terrorisme d’Etat et de vol des terres palestiniennes; ce bilan de l’Etat juif étant désormais partagé par toute la planète, comme vient de le montrer le vote à l’ONU en faveur de la reconnaissance de l’Etat palestinien, l’antisionisme iranien ne constitue plus un fer de lance contre l’Occident, mais un lieu commun pouvant servir de base de travail.

"Pourtant, Hollywood relance la propagande contre l’Iran avec le film Argo, sorti en novembre 2012, montrant les Iraniens révolutionnaires animés par la foi de l’iman Khomeiny comme des gens soudés par une férocité à toute épreuve. Il s’agit d’un film conçu directement par le Pentagone comme outil de brouillage de la sensibilité populaire aux questions de politique internationale, préalable indispensable à une agression militaire, qui devrait, pour réussir, passer comme une lettre à la poste dans l’opinion publique du monde entier. Et la sortie mondiale du film a été programmée pour accompagner l’entrée en vigueur de la nouvelle présidence US, et un nouvel élan guerrier. La riposte de J. M. Vernochet vise les profondeurs cachées de l’enjeu, et son livre, mémoire pédagogique, clair, précis et ordonné, établit l’existence de blocs de réalité sourds à toute idéologie, mais pour cela même, infiniment plus déterminants que tous nos divers souhaits, et concourant vers la catastrophe.
 

Vernochet_homme_de_culture.jpg

Le journaliste et essayiste
Jean-Michel Vernochet: un homme de culture 
(Photo D.R.)
 
"Se situant dans une avant guerre inéluctable, l’auteur conclut: « au demeurant l’issue de la crise iranienne se jouera au final sur une partie de poker tricontinentale. L’Amérique abattant ses cartes avec le revolver sur la table, la Russie et la Chine s’interrogeant avec anxiété » sur la part de bluff que les gens de Washington et de Tel Aviv font intervenir dans ce jeu délétère, se demandant quant à eux jusqu’où ne pas aller trop loin. » Si c’est bien là une représentation dessillée des forces en présence, le pronostic ne fait guère de doute…

"Radicalement pessimiste, toute l’analyse des facteurs financiers, énergétiques, géopolitiques et diplomatiques débouche sur le pari que l’Iran va tout perdre, dans très peu de temps: sa souveraineté, son intégrité territoriale, sa capacité à se doter d’installations nucléaires civiles, la maîtrise de ses hydrocarbures, et sa fierté nationale bâtie sur une longue histoire de résistance aux impérialismes occidentaux. C’est ce qui est arrivé à l’Irak, à l’Afghanistan, à la Libye, c’est ce qui est prévu en Syrie, la porte d’accès à l’Iran.

"Les références appuyant ce raisonnement sont détaillées, vont à la source, et font découvrir des auteurs peu connus. Comme c’est souvent le cas, on les trouve dans les notes de bas de page qui ont pour but d’étayer le discours principal, en haut de page, mais qui introduisent de fait une diversification des points de vue, contrastant avec l’homogénéité de la thèse principale, selon laquelle nous sommes, dans le monde entier, prisonniers d’un système unique, « l’Amérique-monde »: « de la même façon que la tectonique des plaques rend compte des mouvements de l’écorce terrestre des séismes subséquents, la rencontre du bloc est-asiatique Russie-Chine et de la puissance océanique, l’Amérique du Nord et son satellite européen, est régie par une logique tri-dimensionnelle dont le développement est autonome, indépendant de la volonté des hommes auxquelles elle impose ses nécessités intangibles. »

"Si nous prolongeons l’esprit des notes, où voisinent, comme références, le marquis de Sade, Max Stirner, Ayn Rand, David Friedman, Marcela Yacub, Francis Caballero, Jean Danet, Frederic Grimm, James Burnham, la sphère des idées reprend de sa vigueur, tout d’abord avec la foi quelque peu dogmatique de l’auteur dans la cohérence du système-monde.

"Il y a des forces qui nous écrasent et poussent inexorablement à la destruction de l’Iran, certes, mais la première contradiction qu’apporte le livre à sa propre lucidité fataliste, c’est la colère de l’auteur.

"Son livre intensément subjectif, porté par l’indignation contre ceux qui veulent l’anéantissement de l’Iran, c’est un excellent outil de mobilisation. Il faut protéger l’Iran, car c’est la condition de notre survie comme nation, et c’est l’indépendance de l’Europe qui est en jeu, contre USA et Israël, voilà le message que le titre maquille.

"L’avenir que « le système » réserve à l’Iran, c’est le sort de l’Allemagne, dont la ruine, l’impuissance et le morcellement ont été planifiés et mis en œuvre par les Britanniques et les Américains dès le XIXème siècle, et prolongée bien après 1945. Pourtant, l’Allemagne a retrouvé son unité, sa richesse, et sa capacité d’initiative. Le nationalisme est-il la grande idée qui porte la résilience allemande ? Fait-il toujours la force de la résistance iranienne ? Est-ce ce qui peut nous ressusciter ? Le besoin de justice sociale est tout aussi fort, pour soulever les peuples, que la fascination pour leur propre identité.

"Dans le contexte de crise financière faisant redécouvrir la misère aux anciens pays qui vivaient des rentes de l’impérialisme, la poussée révolutionnaire chez les sacrifiés et chez leurs penseurs est réelle. Comme dans toute résistance à une agression étrangère, c’est dans la synchronisation entre nationalisme et revendications à la base de la société que se cache la clé de la victoire. Vernochet n’aime pas les communistes, et il insiste lourdement sur les faits qui confortent son idée que le bloc soviétique a été soutenu, entretenu, maintenu en vie par les vivres que lui fournissaient de grands exportateurs américains.

"Mais il faudrait ajouter que le monde capitaliste a été en retour obligé par le modèle soviétique d’instaurer des systèmes de protection sociale qu’il abomine et ruine chaque fois qu’il le peut. Obama a affronté, combattu et vaincu l’Amérique wasp en implantant un minimum de sécurité sociale dans son pays, au moment où celui de l’Europe subit les coups de boutoir du rouleau compresseur de l’anarcho-capitalisme. C’est un retournement de situation au cœur du système. Il ne peut qu’être porteur d’autres surprises d’envergure.

"La guerre contre l’Iran est déjà en cours, les sanctions assassinent l’économie iranienne et déstabilisent le gouvernement, après avoir plombé le potentiel idéologique libérateur du chiisme dans l’opinion publique occidentale. Dans les facteurs concourant pourtant à une victoire de l’Iran, il faudrait développer la relative autonomie de l’Afrique du Sud, de l’Angola, du Venezuela, de l’Argentine, capables de surprendre et de consolider le groupe de ceux qui ont choisi de signer des accords de coopération en complète opposition avec les projets US: Brésil, Inde, Turquie. Comme la Turquie, les autres voisins de l’Iran ont des intérêts contradictoires, mais la Syrie et l’Irak sont d’ores et déjà ses alliés, outre la Russie et la Chine, et les atouts de l’Iran mériteraient un autre livre complémentaire. Certains dans la classe politique israélienne, envisageraient même l’alliance avec l’Iran, contre les USA, tandis qu’aux USA, il en est d’autres qui souhaitent la consolidation nucléaire de l’Iran pour parer à la folie expansionniste d’Israël ! Une chatte persane saura-t-elle y retrouver ses petits ?

"L’auteur appelle de ses vœux un miracle, qu’il se manifeste sous forme d’homme providentiel ou d’une colossale défaillance inattendue dans le camp des présumés vainqueurs. Nous parions sur l’accumulation de petits miracles, dont ce livre fait d’ores et déjà partie. Si l’Iran réchappe du plan de destruction inclus dans la logique prédatrice de l’anarcho-capitalisme hégémonique, ce sera entre autres grâce au travail de réinformation des journalistes sérieux."

 
Maria Poumier

 

Vernochet_Iran.jpg
 
 
L'ouvrage de Jean-Michel Vernochet, Iran, la destruction nécessaire, peut-être directement commandé chez l’éditeur Xénia <http://www.editions-xenia.com/livres/page123/index.html>. Il sera disponible sur les tables de presse de nos sections de Bordeaux & Basse-Guyenne, Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées et Bayonne & pays basque. Prix: 15 €.
  

 

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L'Etat doit-il créer de la monnaie? Réflexions de l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Pour fêter dignement le quarantième anniversaire de la loi relative à la Banque de France du 3 janvier 1973, chargée de tous les maux par les complotistes, nous publions plus bas la proposition faite récemment par un économiste démocrate de redonner concrètement à l'Etat français les moyens de son indépendance. Le combat des quinze dernières années de l'Action française, sous la direction de Pierre Pujo, n'a pas été vain, puisque la nécessité pour la France de recouvrer sa souveraineté sous toutes ses formes, est aujourd'hui largement partagée. Où l'on constate que la Contre-Révolution se précise...
A.F.-Grand Sud-Ouest
  4 Piliers Fédération
Transférer le bénéfice de la création monétaire
à la puissance publique
par Alain Grandjean

Après quelques brefs rappels sur la monnaie et la création monétaire, nous montrons les avantages considérables d’un transfert partiel à la puissance publique du bénéfice de la création monétaire. Nous proposons ensuite un schéma qui le rend négociable dans le contexte européen actuel. Nous répondons ensuite aux principales objections.

 

1/ Monnaie et création monétaire

 

Nous emploierons dans la suite le terme monnaie pour désigner un actif qui éteint toute dette, sans pouvoir être refusé. En pratique il s’agit dans la zone Euro des pièces de monnaie (que nous négligerons ici), billets et des passifs bancaires limités aux Dépôts à Vue. Si les agents économiques considèrent comme très liquides des comptes rémunérés ou des SICAV de trésorerie ce n’est pas avec ces actifs (inclus dans la quasi-monnaie) qu’ils éteignent une dette2. La quantité de monnaie en circulation est mesurée statistiquement par l’agrégat M1. Sa croissance constante depuis des décennies prouve à l’évidence que de la monnaie est créée. Les billets le sont par la Banque Centrale. Les dépôts à vue le sont par les banques de second rang à l’occasion de plusieurs opérations :

 

- le prêt3

- le change (un client de la banque qui dépose une devise voit son compte augmenter de l’équivalent en euro)

- plus généralement la banque monétise toutes ses charges (le paiement du salaire d’un salarié de la banque qui a son compte dans la banque se fait par création monétaire sur le compte de ce salarié4)

 

A l’inverse la banque détruit de la monnaie à chaque opération inverse de la précédente (remboursement de prêts, achat de devises, génération de produits bancaires). La monnaie créée par une banque est donc temporaire. Par ailleurs cette création de monnaie génère en général retraits en billets, la création de situations débitrices vis-à-vis d’autres banques et la constitution de réserves obligatoires à la banque centrale. Enfin la banque pour améliorer ses ratios de gestion (et augmenter sa capacité à faire des crédits, toutes choses égales par ailleurs) doit collecter le plus de dépôts possibles qui constituent en l’occurrence de simples transferts.

 

Déterminer si au total l’ensemble des opérations de toutes les banques de la zone Euro a créé de la monnaie ne peut donc que s’apprécier statistiquement. C’est l’intérêt de l’agrégat M1. La création de moyens de paiement obéit au besoin de liquidité des agents. Le choix du niveau souhaité d’encaisse (billets ou DAV) dépend des habitudes, des facilités techniques (la carte de paiement est très développée en France et limite l’usage des billets), des contraintes juridiques (l’interdiction du paiement des salaires en billets par exemple) et des taux d’intérêt relatifs des divers moyens de placement liquides ou quasi-liquides. Mais dans un contexte donné, ce besoin est globalement proportionnel aux échanges marchands. Leur croissance crée un besoin de monnaie, toutes choses égales par ailleurs. Dans la dernière décennie, cette croissance a été accrue par la multiplication des opérations à effet de levier : les prêts bancaires ont alimenté les institutions financières et les propres filiales des banques (on ou off-shore…)5.

 

La plupart des économistes estiment que ce besoin de liquidité est satisfait par le système bancaire de manière automatique : la croissance nécessitant de l’endettement, la monnaie est injectée à ce moment-là comme vu plus haut. Le besoin de billets, une forme spécifique de monnaie, est satisfait par la banque centrale : l’agent demande des billets à sa banque, cette demande est répercutée par la banque de second rang à la banque centrale qui le satisfait en contrepartie du dépôt ou d’une mise en pension d’un actif bancaire. En résumé, la monnaie est endogène.

 

Dans cette représentation, la création monétaire par la banque secondaire n’appelle pas de commentaires : certes la banque de second rang a le droit de battre monnaie, mais cela ne lui permet rien d’autre que d’exercer son métier de prêteur (on ne parlera pas ici des autres métiers, tant de services bancaires que d’activité de marché). Elle encaisse des intérêts qui sont le prix du risque de contrepartie et constate des pertes sur ces créances non-remboursées. Mais cette représentation conventionnelle nous semble passer à côté d’un problème essentiel comme nous allons le voir maintenant.

 

2/ Rendre à la puissance publique

le bénéfice de la création monétaire :

quels enjeux ?

 

L’économie a besoin de monnaie pour fonctionner et le besoin de monnaie doit en gros croître avec la croissance des échanges. Pourquoi, en théorie, serait-il nécessaire qu’un agent s’endette pour que cette monnaie supplémentaire soit injectée dans l’économie ? Pourquoi privilégier, si ce n’est par habitude, un mécanisme de monnaie temporaire qui endette l’économie ? Nous ne développerons pas ici les conséquences de ce mécanisme dont nous avons montré6 notamment qu’il est procyclique (en bas de cycle les agents se désendettent ce qui détruit de la monnaie, ce qui creuse le cycle et inversement en haut de cycle les agents s’endettent ce qui augmente la création monétaire). Réaffirmons simplement que si la monnaie nouvelle est créée par endettement d’un agent, il est inévitable que la croissance économique s’accompagne d’un endettement croissant, éventuellement plus rapidement que le taux de croissance de l’économie si les taux d’ intérêt sont supérieurs au taux de croissance (tout étant calculé hors inflation).

 

En théorie7, on pourrait donc décorréler les opérations de prêts des opérations de création monétaire, et redonner à la puissance publique le bénéfice de la création monétaire en en faisant l’agent émetteur principal soit directement soit indirectement via la banque centrale. La création monétaire serait alors exogène et « libre » (de dette). Via la banque centrale, cela revient à ce qu’elle monétise un actif permanent (une dette publique perpétuelle par exemple). Directement cela reviendrait à faire pour les dépôts à vue ce que l’Etat faisait quand il « battait monnaie ». Il l’injectait au moment de ses dépenses. En comptabilité moderne, la création monétaire par l’Etat8 se ferait exactement comme par une banque quand elle paie ses charges. Au total il monétiserait exactement ses déficits. A priori, le secteur bancaire de second rang ne financerait que les besoins de l’économie, pas l’Etat. Nous allons supposer dans la suite que la possibilité de création monétaire de l’Etat est limitée au besoin de création monétaire suscité par la croissance de l’économie (qui dans certaines configurations est inférieure au déficit public). Si la croissance n’est que de 2% alors que le déficit public est de 3%, on supposera que la « planche à billets publique » est limitée à 2%. Ceci afin de pouvoir comparer le pouvoir de création monétaire de l’Etat à celui du secteur bancaire de second rang.

 

Indépendamment des questions de gouvernance et de l’incompatibilité avec le traité de Maastricht sur lesquelles nous reviendrons plus loin, voyons d’abord ce que cela changerait ou aurait changé si ce transfert avait été opéré9.

 

1) Quel que soit le mécanisme retenu (injection directe par l’Etat ou via la Banque Centrale) lEtat naurait pas à payer dintérêts pour financer son déficit, pour la part de ce déficit qui est inférieure au besoin de monnaie de l’économie (2% dans l’exemple précédent). `

Les conséquences sur le niveau de dette publique sont considérables comme le montre le graphique suivant10 qui fait un calcul rétroactif.

 

graphique Pucci Tinel

Sur la période 1979-2009, si l’Etat et les administrations publiques n’avaient pas eu à payer d’intérêts, la dette publique se calculerait comme (Dette observée en fin de période – Somme des intérêts sur la période, courbe grasse sur le graphique11) et se serait maintenue à environ 20% du PIB. Le cumul des déficits primaires additionné à la dette de début de période conduit à une dette de fin de période qui a cru en ordre de grandeur sur la période comme le PIB. Ce calcul montre que la croissance de la dette publique est donc due, au premier ordre, à la capitalisation des intérêts sur la période. On peut s’assurer que sur cette période la masse monétaire a cru plutôt plus vite que le PIB et même que les déficits primaires ont été en moyenne inférieurs à la croissance de la masse monétaire. Si l’Etat avait monétisé son déficit (et limité la création monétaire publique à ce montant) il aurait donc créé moins de monnaie que ce qui a été fait par le système bancaire.

 

2) LEtat naurait pas eu à faire appel aux marchés financiers.

 

Il n’est pas utile de développer longuement les conséquences d’une telle indépendance. En résumé, si l’Etat retrouve le bénéfice de la création monétaire il redevient un acteur majeur dans le financement de l’économie, il retrouve sa liberté d’action dans le domaine de la politique économique et il peut imposer des contraintes et des règles ce qu’il ne peut plus faire aujourd’hui sous peine de sanctions immédiates sur le taux d’intérêt qui lui est imposé par les marchés.

 

3) Enfin l’Etat n’ayant pas à payer d’intérêts, le service de la dette serait beaucoup plus faible. Le citoyen n’aurait pas eu, dans notre exercice rétroactif, à payer le service de la dette qui s’assimile de fait à une rente pour les épargnants.

 

3/ Comment procéder dans le

contexte juridique et doctrinal actuel ?

 

Le traité de Maastricht a créé l’Euro en contrepartie de l’interdiction de la monétisation par la banque centrale et a fortiori par l’Etat du déficit public. Il n’est donc pas possible à court terme (c’est-à-dire avant une révision fondamentale du Traité de l’Union Européenne) d’envisager le recours au schéma théorique présenté ci-dessus.

 

Au plan doctrinal, il semble possible de convaincre de la nécessité d’un programme d’investissements d’avenir pour réussir la transition sociale et écologique, dans un contexte de crise systémique. Il semble vain en revanche de proposer un mécanisme de financement monétaire du déficit courant. L’idée d’un financement monétaire d’un programme d’investissements d ‘avenir est semble-t-il le meilleur compromis. D’autant que la BCE a ouvert la porte aux politiques non-conventionnelles en achetant de la dette publique12, en acceptant de prêter des sommes considérables à taux très bas13 aux banques à 3 ans, donc pas uniquement dans le cadre des opérations de refinancement, et en acceptant des « collatéraux » de qualité dégradée par rapport à ses exigences antérieures ; elle a même ouvert ce guichet à des entreprises industrielles. Elle a ainsi provisoirement calmé les ardeurs spéculatives et permis aux taux d’intérêt demandés sur les dettes souveraines de se détendre provisoirement.

 

On pourrait donc imaginer que la Banque Centrale accepte comme collatéraux des « obligations de projet » finançant exclusivement des projets d’avenir, dans le cadre d’une gouvernance ad hoc à définir précisément. Ces obligations pourraient au niveau européen être émises ou rachetées (si elles sont émises par des agences publiques de projet) par la BEI14 dont la mission est de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union Européenne en accordant des financements à long terme pour des investissements viables, avec des missions prioritaires en matière de cohésion économique et sociale et de protection et amélioration de l’environnement notamment. La BEI a d’ailleurs bénéficié en 2008 d’un accès aux liquidités de la BCE dans le cadre du plan de relance de l’économie européenne qui a été avalisé par le Conseil ECOFIN du 2 décembre 200815.

 

Il reste cependant un obstacle à lever. La BCE donne accès à des liquidités, mais n’a pas vocation à faire des financements longs. Elle vient de faire des prêts à échéance de 3 ans, en outrepassant déjà considérablement sa mission (dans le cadre orthodoxe rappelé ci-dessus, où elle fournit simplement de la liquidité aux banques ou aux agents économiques), qui devront donc être remboursés. Elle parie en quelque sorte sur la remise à flot à cet horizon des bilans des banques et plus généralement de l’économie. Ce que nous proposons, ce sont des échéances beaucoup plus longues, les investissements d’avenir pouvant nécessiter des durées d’emprunt de plusieurs décennies.

 

Remarquons d’abord que cela répond à l’argument de ceux qui pensent qu’il n’y a plus de place dans le bilan de la BCE (les banques ont pris la place des investissements d’avenir). Les tombées de prêts bancaires pourront être remplacées par des « prêts pour investissement d’avenir ».

 

Plus profondément, que la Banque Centrale dispose en collatéral d’engagements longs ne devrait pas, bien au contraire, poser de problèmes. Quand elle émet des billets, elle le fait en contrepartie d’actifs « revolving » : il n’a jamais été question que la Banque Centrale demande le remboursement des billets émis. Remplacer une partie des actifs revolving par des actifs longs suppose simplement qu’on parie sur la continuité et la pérennité des Etats de la zone Euro. Ce pari est-il plus osé que celui qui a consisté à accepter des actifs bancaires de qualité médiocre ? Toute la question est donc bien celle de la qualité de ces titres d’obligation, donc pour finir celle des projets financés. La priorité doit être donné à des projets qui réduisent la facture énergétique de l’Europe16 et plus généralement réduise sa dépendance en ressources énergétiques ou naturelles et qui s’appuie sur ses compétences scientifiques, techniques et industrielles.

 

Est-il osé de dire que de tels projets ciblés, étudiés par des professionnels, (les banques publiques de projet et les entreprises concernées) peuvent être de bons projets ? Et dans tous les cas de nature à favoriser davantage la viabilité de la zone Euro que la poursuite d’un modèle économique dans l’impasse et dévastateur (la généralisation des politiques d’austérité qui, malgré la baisse programmée des conditions de vie ne parviendront pas à réduire le poids de l’endettement) ?

 

4/ Réponses aux objections

 

Nous nous limiterons ici aux objections techniques. Il est clair en effet que les obstacles principaux sont d’ordres politique et idéologique : politiquement les plans d’austérité mis en œuvre dans la continuité des plans d’ajustement structurels du FMI, ne seront politiquement pas facilement remplacés par un plan de croissance verte. Evoquons juste un argument17 : l’Allemagne doit aussi faire face à une transition énergétique dont le besoin de financement (des opérations de maîtrise de la demande énergétique notamment) pourrait faire évoluer les esprits.

 

Quant à la question de savoir jusqu’où la BCE peut continuer à outrepasser la mission que lui donne le traité de l’Union Européenne, elle semble largement indécidable. Si la solution proposée ici est de nature à contribuer à l’Europe de sortir de l’impasse actuelle, tout en étant techniquement proche des pratiques actuelles de la BCE on peut penser que les juges auront quelques difficultés à l’invalider.

 

Au plan technique, la première question qui se pose est celle de l’ajustement entre une offre de monnaie exogène et une demande éminemment variable.

 

Le mécanisme proposé ici permet d’y répondre simplement et …souplement. La puissance publique émet au plus la monnaie nécessitée par le financement public des projets (qui peut être inférieur au besoins de financement des dits projets si le secteur privé participe à son financement) et ce montant doit être plafonné (par le moyen juridique adapté, une loi organique probablement) au montant attendu pour la création publique de la masse monétaire en tenant compte de la contraction attendue de l’activité de prêts bancaires. M1 étant aujourd’hui de l’ordre de 30 à 50 %18 du PIB européen (lui même de l’ordre de 9000 milliards d’euros) on voit qu’un ordre de grandeur au niveau européen de 2,5% du PIB soit 5% à 7,5 % de M1 n’est en rien déraisonnable. Mais le premier plafond qu’atteindra ce mécanisme dans un premier temps est celui de l’effectivité des projets (la monnaie n’est injectée dans l’économie qu’à mesure que les projets à financer ont besoin de trésorerie).

 

Si l’économie a besoin de monnaie supplémentaire, le système bancaire peut la créer comme aujourd’hui, la création monétaire étant en quelque sorte partagée entre la puissance publique et les banques. Dans ce dispositif le crédit n’est pas nationalisé et la création monétaire privée toujours possible. Mais le système bancaire au sens large doit être plus fortement régulé pour éviter une trop forte création monétaire. L’expérience montre que le vrai problème est celui des activités de shadow banking, sujet sur lequel aucune avancée sérieuse ne sera vraiment possible tant que les Etats seront financés majoritairement par les marchés. Le risque de rétorsion, celui d’une nouvelle attaque sur les taux d’intérêt et pour finir celui d’un assèchement du financement, est trop élevé. Mais dans le schéma que nous imaginons la question pourra alors être réglée plus facilement, les Etats retrouvant de la puissance de frappe monétaire donc financière.

 

Deuxième question, ce dispositif est-il inflationniste ? Nous n’entrerons pas ici dans le débat sur les mécanismes de l’inflation mais limiterons la réponse à un argument de bon sens. Nous venons de voir que le mécanisme proposé n’injecte des liquidités qu’en fonction des besoins. Au « premier tour » et compte-tenu de la situation de sous-emploi des facteurs de production, à commencer par le travail, il n’y a pas à craindre de poussée inflationniste. Ce d’autant moins que la concurrence internationale est toujours vive d’une part et que d’autre part nous sommes probablement toujours dans une situation de trappe à liquidités19. Nous avons beaucoup plus à craindre aujourd’hui d’une situation de credit crunch et de déflation que l’inverse. Un plan massif de transition pourrait sortir l’économie de cette impasse. Au deuxième tour (au moment où l’argent injecté se replace en épargne) on pourrait en effet craindre la création de bulle financière, comme on peut le craindre avec les injections massives actuelles de la BCE. C’est pourquoi il importe dans tous les cas de retrouver la possibilité de réguler les banques20 et le « shadow banking » pour éviter les excès de la création monétaire privée.

 

La troisième question qui se pose est celle de la gouvernance de ces projets et des critères d’éligibilité. Quand la monnaie est endogène les critères de prêts sont décidés par les banques privées ou publiques. En théorie, ils permettent à la fois de maîtriser raisonnablement le risque spécifique du prêt et de limiter l’exposition globale de la banque. La crise des subprimes a montré ce que cette vision avait de théorique, les banques ayant créé un marché des titres de créances précisément pour ne plus avoir à gérer finement le risque du crédit individuel, mais ayant , du coup, engendré un risque systémique bien supérieur.

 

Dans notre proposition, la puissance publique doit opérer les choix d’investissement avec des critères financiers et extra-financiers, qui doivent être adaptés à la nature des opérations financées21. Plus généralement, c’est par une définition précise de ces projets et une gouvernance ultérieure solide que ce mécanisme échappe à la critique de risque de laxisme qui est évoquée à chaque fois que l’on propose un retour à l’Etat de la création monétaire.

 

Dernière question dans le cadre de cette courte note, les investissements réalisés comportant par nature un risque, leur financement devrait comporter une prime de risque, or le financement prévu est à taux quasi nul. Qui paiera les défauts de remboursement ? Plus globalement le mécanisme proposé n’est-il pas intrinsèquement incitatif au non-remboursement ?

 

La Banque Centrale dans le schéma proposé n’administre pas les prêts aux acteurs économiques qui restent soumis aux mécanismes classiques de gestion par les opérateurs en charge. Il faudra certainement prévoir un mécanisme de garantie ou d’assurance dont le coût sera à prendre sur les enveloppes envisagées. Notons cependant que la Banque Centrale n’a pas demandé de primes de risques dans ses opérations de prêts à 1% aux banques.
_______________________________

1 Membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation Nicolas Hulot et du Conseil
Economique pour le Développement Durable auprès du ministre en charge de l’écologie.
Cette note reprend certains des arguments de l’article « Faut-il redonner le bénéfice de la
cr
éation monétaire à la puissance publique ? » à paraître dans la revue Projets.

2 Certes les entreprises font parfois de l’échange-marchandise (du troc en fait) et les
particuliers paient parfois leur dette en nature. Mais il ne s’agit pas de phénomènes
significatifs au plan statistique.

3 Pour une banque donnée, il n’est pas vraiment possible de savoir si un prêt est issu
d’épargne préalable (ce qui est toujours le cas pour une institution financière non bancaire).
Pour l’ensemble du système bancaire, en situation de croissance économique, la masse des
crédits accordés est supérieure à l’épargne disponible. L’écart est la création monétaire.

4 Pour s’en convaincre il suffit d’étudier les écritures comptables qui sont passées dans ce
cas. Voir par exemple Jean-Marie Gelain, La comptabilité bancaire, La Revue Banque
Editeur, 1992

5 En ordre de grandeur M1/PIB est passé pour la zone Euro de 25 à 45 % de 2000 à 2010. Voir BCE (http://www.ecb.int/ecb/html/index.fr.html) et Eurostat (http://www.global-rates.com/economic-indicators/inflation/1991.aspx)

6 Voir Gabriel Galand et Alain Grandjean, La monnaie dévoilée, L’harmattan, 1997.

7 Quand la monnaie était constituée de pièces métalliques «émises » par le souverain, cette
décorrélation était un fait. En contrepartie, l’économie pouvait manquer de monnaie pour ses
échanges et son développement.

8 Cela revient à ce que l’Etat se comporte comme une banque ; c’est ce qu’il faisait pendant
l’heureux temps (antérieur à la loi de 1973) où le Trésor était une banque.

9 Les effets rétroactifs sont évidemment toujours discutables, car il suppose un raisonnement
« toutes choses égales par ailleurs » invérifiable. Ils facilitent cependant la visualisation des
phénomènes.

10 Voir Muriel Pucci, CES, Paris 1 et CNAF et Bruno Tinel, CES, Paris 1, Réductions
d
impôts et dette publique : un lien à ne pas occulter, Journées d’étude de l’OFCE, Jeudi 27

et Vendredi 28 mai 2010, Les finances publiques après la crise.

11 Les auteurs font également un calcul qui corrige la dette de l’effet boule de neige (en la recalculant rétroactivement avec un taux d’intérêt toujours plafonné au taux de croissance). C’est la deuxième courbe.

12 Elle en a acheté plus de 200 milliards de mai 2010 à la fin de l’année 2011

13 Pour un montant de 1000 milliards d’euros environ en deux tranches (en décembre 2011
et février 2012) à un taux de 1%.

14 On peut aussi utiliser ce dispositif BCE pour la part nationale des projets à financer via
des obligations portées ou émises par des banques publiques nationales

15 Voir http://www.eib.org/about/news/statement-on-eib-access-to-ecb-liquidity.htm?lang=fr

16 Comme le proposer la Fondation Nicolas Hulot dans son plan d’investissement
européen d’environ 2000 milliards d’euros sur 10 ans dans la zone euro. Voir
www.financerlavenir.fnh.org. Cette idée est présentée également dans le livre « 20
Propositions pour r
éformer le capitalisme », Gaël Giraud et Cécile Renouard dir.,

Flammarion, 2012.

17 Introduit dans un article paru dans le Monde.fr :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/12/une-solution-a-la-crise-negociable-avec-l-allemagne_1616114_3232.html

18 On peut s’attendre à sa baisse en pourcentage du PIB du fait de la phase actuelle de
« deleveredging ». Cette situation renforce la nécessité de l’intervention publique que nous
proposons.

19 Voir l’analyse de Gaël Giraud dans http://financerlavenir.fnh.org/billet-invite/leurope-dans-
la-trappe-a-liquidites-billet-invite/

20 Voir par exemple Gaël Giraud et Cécile Renouard, Op. cité, pour des propositions précises
de mesures à prendre

21 Pour plus de détails voir Marion Cohen, et Alain Grandjean, Mettre la création monétaire
au service de la transition écologique, économique et sociale, L’économie politique, n°52

 

Source: http://forumdemocratique.fr/2012/10/30/transferer-le-benefice-de-la-creation-monetaire-a-la-puissance-publique-par-alain-grandjean/

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Comment travaille la nouvelle police politique; rappel des consignes pour le militantisme

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Parce que le "service d'investigation transversale" (S.I.T., un sigle à retenir), une nouvelle police politique, a été récemment impliqué dans la persécution de manifestants pacifiques en faveur de la famille traditionnelle, et qu'il n'est pas inutile de profiter de l'expérience des militants d'extrême-gauche en matière de répression, on lira avec intérêt, ci-dessous, le récit d'une affaire banale de dégradations s'étant déroulée récemment à Paris. Les précautions prises par le Pouvoir républicain montrent à quel point il est peu assuré du lendemain pour craindre la moindre opposition, fut-elle la plus futile. Mais il faut bien reconnaître que passer trois jours en prison et être fiché par la police politique, uniquement pour s'être donné le frisson de quelques graffitis aussitôt effacés, est stupide.

 

A ce propos, il ne sera pas superflu de rappeler aux amateurs isolés de militantisme solitaire les consignes permanentes de la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française en matière d'affichage, en vigueur depuis le 29-Mai 2005 et valables dans toutes la grande région: 1° Les collages d'affiches ou d'affichettes autorisés par la Fédération sont actuellement suspendus. - 2° Aucun collage d'affiches ou d'affichettes ne doit avoir lieu en dehors des emplacements autorisés (panneaux municipaux de "libre expression"). - 3° Tous les graffitis sont interdits. - Ces consignes s'expliquent à la fois par la priorité donnée à la formation politique des militants (elle a lieu à travers notre cycle de conférences "J'apprends à lire et à réfléchir avec Maurras": http://af-aquitaine.over-blog.com/article-programme-du-cycle-de-formation-j-apprends-a-lire-et-reflechir-avec-maurras-de-l-action-fran-aise-111413141.html) sur l'activisme désordonné, et surtout par la vanité d'une activité qui, on le voit, peut conduire tout droit en prison et dont le rendement est infime (une affiche ou affichette n'est vue que par celui qui la colle, un tract sur 10.000 porte...). Au total, le jeu, s'il permet à d'inconséquents romantiques de se faire plaisir à bon compte, n'en vaut pas la chandelle. La politique n'est pas affaire de coups d'éclat, mais de persévérance au long cours. 

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

c.r.s. = s.s.

 

"Il est autour de 1h du matin ce vendredi 16 novembre 2012 quand une voiture de la police de proximité s’arrête au niveau du 150 avenue Daumesnil (Paris 12ème). Nous sommes alors deux sur le trottoir juste devant la permanence du Parti Socialiste. Et sur les murs de celle-ci, quelques inscriptions au marqueur et une série d’affiches sont apposées là pour soutenir la lutte contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Trois flics débarqués du véhicule entreprennent de nous interpeller et font un inventaire (avec photographies) des « dégradations », avant de crachoter dans leur talkie-walkie : Delta, Oscar, Mike...

 

"On nous embarque. Motif invoqué : « Outrage à personne dépositaire de l’autorité publique » (Article 433-5 du Code Pénal). Il semblerait que l’inscription « Ayrault-porc, nous serons ta Bérézina » relevée sur la façade soit à l’origine de l’inculpation. Et il semblerait même que les policiers nous ont pris en flagrant délit de l’avoir fait. Pourtant, personne n’écrivait sur ce mur lorsqu’ils sont arrivés. Et nous nous trouvions juste là, en pleine contemplation de l’œuvre.

 

"Alors que je suis déjà menotté dans la voiture, la radio de celle-ci annonce que nous allons être transférés dans les locaux du Service d’Investigation Transversale, situés rue Riquet dans le 19ème. Ça me rappelle quelque chose : http://paris.indymedia.org/spip.php...

 

"Et voilà que les deux voitures de police qui nous emmènent sont lancées à toute blinde sur les avenues de Paris, manquant à chaque intersection de tuer un cycliste pour être certains de ne pas dépasser les délais légaux imposés par la procédure. Précisons qu’arrivés à mi parcours, les flics de la première voiture se rendent compte qu’ils ont oublié les marqueurs sur le rebord de fenêtre de la permanence socialiste. Retour – très - rapide avenue Daumesnil : ce serait bête d’oublier les pièces à conviction...

 

"Arrestation + 30 minutes :

transfert au SSIT (Paris 19ème)

 

"1h15, on est placés en garde-à-vue. Un flic présent dans le hall m’écrabouille la mâchoire parce que j’ai osé ne pas me taire quand il m’a demandé de la boucler. Mise en condition. On nous place bientôt en cellule : retrouvailles avec les clapiers qui puent la pisse. D’autres gars sont déjà là, accusés de cambriolage. Forcément, c’est aussi une des spécialités du SIT d’enquêter sur ce type d’affaires, en plus des violences urbaines, des phénomènes de bandes, du racolage et de certaines affaires sensibles incombant à la Direction de la Police Urbaine de Proximité (DPUP).

 

"Bientôt, nous retrouvons l’OPJ sorti d’un vieux film anglais qui sévit toujours à cette adresse. Nous avons chacun une avocate qui nous assiste pendant l’audience. Nous n’avons rien à déclarer, l’OPJ s’ennuie. Mais il reste flegmatique, placide, pose ses questions de routine et imprime son PV qu’il nous demande de signer. Pas envie de signer, on retourne en cellule. Plus tard, on nous demande aimablement si nous souhaitons donner notre ADN. Que dalle, on refuse. Un nouveau chef d’inculpation apparaît dans notre procédure : « refus de se soumettre à un prélèvement biologique » (Article 706 du Code Pénal).

 

"Arrestation + 11 heures :

transfert au 27 boulevard Bourdon (Paris 4ème)

 

"Alors qu’on est enroulés dans les couvertures dégueulasses de la taule Riquet pour résister au froid, quatre flics en civil viennent nous tirer de nos cellules pour nous emmener dans les autres locaux du SIT près de Bastille. Dans la voiture, la flique assise entre nous deux, Alison, écrit des sms à son collègue Olivier concernant des clés de bagnole, tandis que ses collègues nous demandent la raison de notre interpellation. Un autre nous précède en moto.

 

"Toujours menottés, on nous sort de la voiture et on nous fait entrer par la petite porte arrière du commissariat située rue de l’Arsenal, puis on nous colle dans deux cellules juxtaposées du poste de police. Un flic d’accueil nous explique gentiment comment utiliser le robinet et le wc turc qu’il y a dans chaque cellule. En tout cas les cellules sont plus propres et moins glauques qu’à Riquet. Mais une taule reste une taule.

 

"Quelques temps après, entretien avec nos avocates respectives et nouvelle audition, cette fois-ci avec Alison et en présence des avocats encore une fois. Elle nous demande d’expliquer notre version des faits, à savoir quand et comment nous nous sommes trouvés devant la permanence du PS et si oui et de quelle manière nous en avons gribouillé les murs. Autant dire qu’on n’a pas grand chose à déclarer. Elle nous interroge aussi sur nos raisons de refuser de tourner le coton-tige dans notre bouche. Elle nous sort l’argument classique du « si c’était ta fille qui s’était faite violer, tu serais contente qu’on retrouve le violeur avec son ADN ». Que dire ? Évoquer la question du totalitarisme, du contrôle total de la population au nom de la prévention du crime ? Je me tais, c’est mieux. Mais à la rigueur on s’en fout, c’est la suite qui est croustillante. Et j’y viens.

 

"Dans l’après-midi, coup d’éclat. On nous notifie une supplétive de garde-à-vue : dix nouveaux chefs d’inculpation s’ajoutent à ceux d’outrage et de refus d’ADN. Quelqu’un quelque part a suggéré aux braves agents du SIT de nous interroger sur dix autres faits de dégradations commis à l’encontre de différents locaux du Parti Socialiste entre le 28 octobre et le 10 novembre ! Que de faits d’armes à notre actif !

 

"Arrestation + 17 heures :

prolongation de la GAV de 24 heures

 

"L’enquête a pris soudainement une autre dimension. Mon camarade de galère est emmené à son domicile pour une perquisition. Et après 19 heures, alors qu’il a été ramené en cellule et que le procureur a décidé du prolongement de notre garde-à-vue, le SIT prend congé de nous pour une longue nuit de silence. Toutes les cellules sont occupées et la nuit apporte de nouveaux voisins, certains interpellés pour bagarre, d’autres pour état d’ivresse. Les loquets des autres cellules claquent, des gens passent et repassent dans le couloir, puis finalement le sommeil finit par venir.

 

"Arrestation + 32 heures :

seconde perquisition

 

"Je suis réveillé vers 9 heures du matin par Nicolas, Grégoire, Jerome et Ken, quatre flics du SIT qui viennent m’emmener en perquisition à mon domicile. Pas de mandat, puisqu’on est dans le cadre d’une enquête de flagrance. « Flagrance », ça veut dire que la police fait ce qu’elle veut dans un délais de 7 jours suivant l’arrestation en flagrant délit. Ils ont trouvé ma vraie adresse (que je ne leur avais pas donné) et foncent à travers la capitale ensommeillée pour aller fouiller mon appart. En cours de route, je leur fait remarquer qu’il font le boulot d’une police politique et leur demande ce qui peut bien motiver une perquisition si ce n’est la recherche d’éléments sur mon appartenance politique, éléments qui intéresseraient bien la DCRI ou la SDIG, mais n’ont pas grand chose à faire dans une enquête sur des « dégradations légères ». Ils me répondent qu’ils sont à la recherche « d’éléments préparatoires » (en gros, d’indices permettant d’attester que les inscriptions auraient été préparées chez moi). Quand je leur demande quels types d’éléments peuvent être pris en considération, le silence me répond, éloquent. Mais au demeurant, l’équipe de flics qui m’accompagne est bien sympa. Trop à mon goût.

 

"Ils sonnent, réveillent ma copine qui ne s’y attendait pas trop (elle dormait). Ils font intrusion dans notre appart avec leurs grosses godasses et commencent à fouiller le salon après m’avoir permis de faire un brin de toilette. Tout les intéresse. Ils ouvrent toutes les boites, portes, tiroirs, s’étonnant du rangement. L’un d’eux s’arrête sur le bouquin « La force de l’ordre » de Didier Fassin, tandis qu’un autre prend des photos d’affiches politiques sur mes murs. Autant dire qu’ils sont satisfaits de trouver sur la table des tracts et affiches en rapport avec la ZAD : sans doute les éléments préparatoires qu’ils cherchaient. Ils en profitent pour prendre des documents personnels permettant de retracer mon parcours politique et l’ensemble de mon matériel informatique (trois pc contenant 4 disques durs, plus 2 disques durs externes, plusieurs clés USB, un camescope...). Puis, alors que je crois la perquisition terminée, ils partent fouiller le véhicule d’une copine dont j’avais emprunté la clé et qui avait été localisée par l’un de leur collègue la veille (si ça ce n’est pas de l’espionnage digne d’une police politique !). Dans le coffre, ils trouvent deux bombes de peinture blanche et jaune et un flacon de peinture rouge : d’autres « éléments préparatoires ». Ils prennent la voiture en photo et on s’en retourne boulevard Bourdon. Autant dire que la gardienne de l’immeuble n’était pas du tout étonnée de me voir passer menotté et entouré de quatre flics.

 

"Arrestation + 38 heures :

avec les flics informaticiens

de la BEFTI

 

"Après la pause de midi et alors qu’on s’assoupit dans les cellules, on me fait monter au troisième étage du commissariat, où deux flics de la Brigade d’Enquête sur les Fraudes aux Technologie de l’Information (BEFTI) sont venus en renfort du SIT. Là, tout le matériel informatique saisi dans nos appartement est passé au crible à l’aide du logiciel EnCase Forensic for Law Enforcementet d’appareils de blocage en écriture. Tous les fichiers, y compris préalablement supprimés, sont extraits et analysés à partir de mots clés en rapport avec les faits de dégradation : « parti socialiste », « zad »... Toutes nos photographies et documents personnels passent sous les yeux des techniciens-flics, qui démontent et analysent nos ordinateurs pendant plusieurs heures. Ce qui les intéresse est gravé sur un CD rom et ajouté aux scellés.

 

"Arrestation + 40 heures :

ultime audition

 

"La dernière audition porte sur les faits commis à l’encontre des différents locaux du PS au cours du dernier mois. On nous demande de commenter. On n’a évidemment rien à dire, puisqu’on n’y était pas. Et puis Jérôme, le flic qui m’interroge et fait preuve d’une évidente sympathie pour nous (mais sert quand même le pouvoir), tente d’en savoir plus sur mes idées politiques, feignant la discussion informelle « hors audition ». Il tente quelques incises, parlant d’acratie (absence de pouvoir), d’anomie (absence de règles), d’anarchisme de droite, citant Kropotkine et un poète anarchiste, attendant de moi que je donne mon avis. Mais hélas pour lui, le contexte n’invite pas à la discussion. Je n’ai rien à déclarer. Derrière le gars sympa (et semblant sincère) se cache un flic, ne jamais l’oublier.

 

"Arrestation + 44 heures :

fin de la GAV et transfert

au dépôt du Palais de Justice

 

"Vers 20 heures on nous notifie la fin de notre garde-à-vue et notre transfert dans les quatre heures vers le dépôt du Palais de Justice de la Cité. On nous dit que notre matériel informatique nous sera rendu dans les trois jours, excepté les peintures, quelques documents et nos portables, qui restent sous scellé (un service spécialisé sera chargé de déterminer où étaient nos portables les soirs des 28 et 31 octobre, 1er, 4, 7 et 10 novembre).

 

"Alors que nous dormons, vers 1 heure du matin une équipe de flics de la police de proximité vient nous chercher pour nous amener à Cité. Dans le fourgon, l’une des flique fait par à sa collègue de sa déception d’être avec nous au lieu d’intervenir sur une bagarre, exprimant son envie de « cogner sur quelqu’un » : la finesse des équipes de nuit...

 

"Peu après, nous sommes placés en cellule dans le dépôt du Palais de Justice, une grosse prison avec plus d’une soixantaine de cellules alignées sur deux étages, avec des coursives comme à Fresnes. Tout est clean depuis que le dépôt a été rénové en 2010 et après que le Conseil de l’Ordre des avocats avait dénoncé son insalubrité en 2009. Mais l’endroit reste affreusement glauque.

 

"Arrestation + 57 heures :

transfert vers la cage des déférés

 

"Après avoir été réveillé dans la nuit pour une nouvelle tentative de prélèvement biologique, nous sommes réveillé vers 9 heures du matin pour être emmenés un par un avec un quinzaine d’autres personnes à travers la « souricière » (couloirs souterrains ressemblant à la ligne Maginot) jusqu’au Palais de Justice, menottés et accompagnés chacun d’un gendarme. Placés ensuite dans une cage collective sous la bonne garde d’un groupe de gendarmes, nous attendons un entretien avec l’assistance sociale censée établir nos garanties de représentation (si nous sommes socialement intégrés), puis avec notre avocat et enfin avec le procureur qui doit décider de notre sort.

 

"Arrestation + 62 heures :

passage devant le procureur

et remise en liberté

 

"Peu avant quinze heures, on passe devant ledit procureur après avoir poireauté près de cinq heures dans la cage des déférés (autant dire qu’on a eu le temps de faire connaissance avec tous nos compagnons d’infortune : escrocs, bagarreur/euses, utilisateur/trices de faux papiers). L’entrevue avec le procureur dure cinq minutes, juste le temps de se voir remettre une convocation en justice pour le 16 janvier 2013 à 9h00 devant la 24ème chambre du TGI et une fiche de sortie du dépôt.

 

"Retour au dépôt, remise de nos fouilles. On peut enfin sortir, après 62 heures enfermés pour des dégradations légères !! Précisons qu’entre temps l’inculpation pour outrage a disparu des chefs d’inculpation et que le tribunal ne semble pas retenir (pour l’instant) les faits commis sur les autres permanence PS au cours du mois passé. Heureux de savoir que l’ensemble de mes données personnelles sont passées entre les mains des flics...pour rien !

 

"Que cherchaient vraiment les flics du SIT ? En quoi l’accumulation d’éléments relatifs à nos appartenances politiques et une perquisition à notre domicile permettent-elles de déterminer notre participation à des dégradations ?

 

"Ça suinte le procès de mauvaises intentions..."

 

Source: http://zad.nadir.org/spip.php?article638

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Parution d'un livre-évènement sur l'Iran, par le journaliste Jean-Michel Vernochet!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

"L’Iran doit être détruit. Malgré sa série d’échecs militaires, l’alliance occidentale doit mener cette campagne peut-être suicidaire. Pour quelles raisons ?

 

Cible_Iran.jpg

 


"Non seulement parce que l’Iran remettrait en cause le monopole du feu nucléaire détenu au Proche-Orient par l’État hébreu. Ni en raison de la lutte acharnée que se livrent les grandes puissances pour s’approprier les gisements d’énergies fossiles, notamment le gaz iranien. Et ne parlons pas des arguments émotionnels liés aux droits de l’homme et au statut de la femme.

"Aucune de ces raisons n’est suffisante, mais toutes ensemble elles participent d’une logique d’ensemble, systémique, qui les englobe. Et qui ne peut souffrir la présence d’une puissance iranienne échappant au nivellement libéral-démocratique du monde. La cible est donc déjà verrouillée sur les écrans de guidage des centres d’opérations américains. Intégrant le contexte global et l’enseignement des décennies qui précèdent, sans s’aveugler sur le régime iranien, Jean-Michel Vernochet livre une réflexion géopolitique de haut vol sur « notre » prochaine guerre. Peut-être la guerre de trop ?"

 

Jean-Michel Vernochet, Iran, la destruction nécessaire, Xénia, 15  €. Disponible à nos bureaux.

 

Vernochet Iran

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