L'Action française l'avait dit: L'Allemagne, voilà l'ennemi!

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Alors que le pays légal fêtait il y a quelque jours l'anniversaire du traité d'amitié franco-allemande signé à l'Elysée par De Gaulle et Adenauer, c'est avec intérêt que l'on lira plus bas un article récent et très roboratif sur la duperie de ces relations diplomatiques entretenues à grands frais par la Démocratie française au seul profit du Reich allemand.

 

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

 

Traîtres

 

Cette poignée de mains entre le chancelier du Reich triomphant et le président de la République dans son palais de Berlin ne vous rappelle rien? Ici, pas de vainqueur de Verdun pour sauver la situation, juste un Juppé... (Photo D.R.)

 

"Dans un entretien publié, hier, par l'hebdomadaire Marianne, le politologue et démographe Emmanuel Todd décrit avec sa virulence habituelle les enjeux de la crise européenne actuelle. Sans dénoncer Hollande, après 6 mois d'exercice du pouvoir, il affirme : « La France est au bord du gouffre. La vérité d'Hollande, c'est que dans cinq ans il sera soit un géant, soit un nain. L'un ou l'autre, pas de destin moyen possible. » Dans ce long entretien, Todd aborde plusieurs sujets et abat les lieux communs de la pensée économique dominante, suivons-le dans ce réquisitoire éclaircissant.

  

"L'échec des politiques de relance, pratiquées aux Etats-Unis et dans quelques pays d'Europe, notamment la France, après 2008. Ces politiques de quantitive easing ou de relance ne peuvent pas fonctionner en économie ouverte, elles n'ont fait qu'augmenter le déficit et la dette des Etats sans relancer la demande interne. Les banques et les prêteurs se sont engraissés. Et seuls la Chine, l'Allemagne et d'autres pays exportateurs qui ont comprimé leur demande nationale, ont bénéficié de cette relance absurde. Stiglitz et Krugman les principaux défenseurs de cette relance sont étrillés par Todd, selon lui, les deux économistes officiels de la gauche libérale décrivent l'insuffisance tendancielle de la demande mondiale mais oublient la conversion de Keynes au protectionnisme. Ainsi ceux qui réclament la relance pour la relance ne sont pas plus crédibles que les partisans de l'austérité aveugle.

 

"L'échec de l'Euro. En accord avec les économistes anglo-saxons, Todd ne croit pas en l'avenir de l'Euro, porteur de dysfonctions et d'aberrations : les taux d'intérêt montent dans les pays faibles alors qu'il y a une surabondance d'épargne. « La déroute de l’industrie française, notre entrée en déficit commercial massif sont le produit de l'Euro, comment penser une politique industrielle si l'activité principale des gouvernements européens est de sauver une monnaie qui ne marche pas. L'euro ne marchera jamais, il faut être lâche, corrompu ou schizophrène pour ne pas l'admettre, la priorité c'est la fin de l'euro. Il y a deux conditions pour que la présidence socialiste ne soit pas un désastre : sortir de l’Euro et déclarer que des secteurs d’avenir technologiques, comme les énergies renouvelables, doivent être protégés comme des biens culturels. »
 

"- L'euro, instrument de la prédominance allemande en Europe. Renonçant à ses conceptions protectionnistes européennes permettant de protéger et de rassembler l’Europe, Emmanuel Todd estime que l’Allemagne est le problème de l’Europe : « Tout le monde n'a pas compris que l'euro, qui était censé mettre l'Allemagne en tutelle, est devenu l'instrument de son hégémonique et que l'euro transforme le système européen de nations libres et égales en un monstre hiérarchique. » Todd dénonce un lieu commun : l'Union fait la force, l’Europe serait plus puissante pour se défendre qu'un pays isolé. « C'est faux, la globalisation conduit à l'affrontement entre voisins : quand les allemands mènent une politique de compression salariale, pour abaisser le cout du travail, l'impact est nul sur l'économie chinoise, mais considérable pour ses partenaires de la zone. Quand la Chine manipule le yuan, c'est contre la Thaïlande, l'Indonésie ou le Brésil ses concurrents en main d'œuvre à bas coût. Ce que nous constatons c'est une tendance des émergents à se battre entre eux et des développés à s'exterminer industriellement entre eux. Ce mécanisme a fait de la zone euro un piège, avec l'Allemagne dont l'économie est la plus puissante, en renard dans le poulailler. »
 

"- "L'amitié franco-allemande", l'autre nom de la névrose franco-allemande des classes supérieures françaises. « Dès que l'on commence à parler de l'Allemagne sur un mode pragmatique, en termes de rapports de force, on est accusé d'anti germanisme. On a le droit de critiquer les Anglais, les Grecs, ou les Italiens – nos proches culturels et nos vrais amis. Mais on ne pourrait plus rien dire des Allemands considérant qu'ils pourraient en souffrir compte tenu de leur pénible histoire. En somme l'Allemagne ayant massacré 6 millions de juifs, on ne peut plus la critiquer, elle a été sacralisée par la Shoah. C'est absurde, traitons l'Allemagne comme n'importe quel pays, elle se moque de nous. »
 

"- La stratégie nationale de l'Allemagne contre l'Europe : « elle mène une politique strictement nationale, profite de l'Euro qui nous interdit de dévaluer et de faire baisser notre coût du travail, elle renonce au prix d'un partenariat énergétique avec la Russie à l'énergie nucléaire, en attendant une entente commerciale avec la Chine, le tout sans jamais consulter ses partenaires européens. Avec un allié économique comme l'Allemagne, nous n'avons plus besoin d'ennemi. On peut même se demander si sa stratégie ne consiste pas à faire perdurer l'euro encore cinq ans, en espérant qu'en 2017 il n'y aura plus d'industrie française. » Décrivant les faiblesses démographiques de l'Allemagne, les délocalisations de chaines de production en Europe de l'Est pour éviter une immigration de masse, Todd se demande pour quelles raisons l'Allemagne s'obstine à exiger de ses partenaires une rigueur qui va se retourner contre elle. « S'agit-il d'une priorité donnée à sa domination politique ? Ou de ce manque de souplesse, de ce rapport distant à la réalité qui est le style même de l'histoire allemande. »

 

Jacques Bainville

 

Jacques Bainville, de L'Action Française

l'observateur perspicace

des relations franco-allemandes

dans l'Entre-deux-Guerres: 

il ne fut pas prophète en son Pays, hélas! 

(Photo D.R.)

 

"En lisant cet entretien, nous retrouvons presque le Bainville des années 20 et 30, un des seuls à avoir estimé à sa juste valeur la menace allemande. Il ne s'agit pas ici de comparer les périodes, mais de préciser qu'il y a des permanences dans l'histoire et qu’il peut exister des ressemblances troublantes. Il y a près de 90 ans, dans un article publié dans l'Action Française le 25 novembre 1926, intitulé Les deux politiques, Bainville écrit : « L’Allemagne est demanderesse, ce qui est une position favorable [affranchissement du traité de Versailles et évacuation de la Ruhr en 1925]. L’Allemagne dispose d’un plan très clair, mené par M. Stresemann avec le maximum de souplesse dont peut disposer un allemand. [Face à cette politique discrète mais efficace], les conceptions du gouvernement français sont confuses et trahissent une certaine faiblesse, il n’est pas difficile de voir ou est la supériorité ni sur quel tableau doivent s’additionner les gains.» En 2012, ces avertissements ne doivent pas être oubliés.

Rémy Berthonneau
 

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Connaître le libéralisme pour mieux le combattre avec l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On lira plus bas une intéressante analyse du libéralisme philosophique, effectuée par un catholique traditionaliste,  - et parue naguère sur le site internet de la province de France de la fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, - analyse à laquelle l'Action française, qui a été le seul mouvement politique contre-révolutionnaire moderne à dénoncer logiquement ce facteur de dissolution nationale, souscrit volontiers. On se souvient que l'opuscule Libéralisme et libertés (1905) de Charles Maurras, disponible aux bureaux de la fédération Grand Sud-Ouest,  a fondé cette critique de la théorie abusive de l'individu-roi. Le génie de Maurras est de montrer que le libéralisme est un tout, en politique, en religion, dans la Société. Le cardinal Billot l'avait bien compris, lui qui citait le Maître de Martigues en appui de cette thèse, dans son irremplaçable Tractatus de Ecclesia Christi. Pourquoi ses disciples d'aujourd'hui ne le comprennent-ils plus, ou pourquoi ne le proclament-ils pas?

 

Un catholique et un patriote français se trouvera donc en désaccord radical avec la position personnelle de l'auteur, si honnête soit-il, qui prétend ne combattre le libéralisme que "là où il (serait) le plus faible", soit sur les valeurs morales, et pas sur le plan politique (ce qui supposerait la Monarchie traditionnelle et nationale et la mort de la Démocratie) ni sur le plan économique (ce qui supposerait le corporatisme anticapitaliste et organisateur et la fin du monopole d'une économie anarchique). Une telle position étonne chez un contre-révolutionnaire! Comment vouloir ne combattre qu'une partie des causes d'un mal? C'est un peu comme si les Vendéens n'avaient voulu combattre que la levée en masse des conscrits, et pas la constitution civile du clergé, ou l'avènement de la Démocratie-Moloch!

 

Le vrai médecin du corps humain, comme celui du corps social, le politique, traite l'homme entier. Il est vrai que la résolution de l'antiphysie libérale dépend, en grande partie, sur le plan matériel, de l'action du Pouvoir politique et donc échappe par nature à celle du clergé. Serait-ce là la raison secrète d'un cléricalisme déplacé, qui ferait obéir les traditionalistes, plutôt qu'à la saine logique, à des consignes vaticanes de Ralliement aux institutions républicaines pour mieux en changer, plus tard, la législation? Mais, d'une part, elles ont échoué toujours et partout (qu'on se souvienne, par exemple, de l'Action catholique et de ses nombreuses succursales, de la fédération Castelnau ou de la "Cité catholique" d'Ousset); de l'autre, c'est amputer la politique de son objet propre et créer un monstrueux totalitarisme...

 

Rappelons aux catholiques la profonde parole du général de Charette, ancien commandant des zouaves pontificaux, qui fut aussi bon catholique que fidèle royaliste et grand Français: "Quand le pape parle de foi, de dogme, de morale, je l'écoute à genoux; quand il parle de littérature, de sciences, de beaux-arts, je l'écoute debout; quand il parle de politique, et de politique française, je l'écoute assis." Puissent-ils goûter cette liberté d'esprit vraiment française, et en tirer les conséquences qui s'imposent: pour mieux combattre les ravages du libéralisme, il faut prendre, en politique, les moyens naturels qui sont les plus pratiques pour aboutir, soit la voie nationale et royale.

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

4 Piliers Fédération

 

"I - Les "avantages" comparatifs

du libéralisme dans l'histoire

des idéologies dominantes du XX° siècle

 

"Premièrement, accordons au libéralisme un certain nombre d'avantages comparatifs, par rapport aux idéologies dites de droite ou celles réputées de gauche qui ont sévi au XX ° siècle, qu'il s'agisse du fascisme et du nazisme, d'une part, ou du communisme et du socialisme, d'autre part.

 

"Si le libéralisme est le seul courant de pensée et d'action individuelles et collectives à avoir traversé le XX ° siècle, au point de lui avoir survécu, en tout cas pour l'instant, c'est qu'il porte en lui, incontestablement, quelques qualités spécifiques, qu'il convient de bien connaître, ne serait-ce que pour mieux comprendre en quoi il constitue aujourd'hui une impasse, non seulement pour l'Eglise catholique, mais aussi, et, en un sens, surtout, pour le monde entier.

 

"Voici quelles sont ses principales qualités :

"A. Son enracinement philosophique, avéré et constaté, ou prétendu et supposé, dans l'humanisme européen occidental, que celui-ci soit pré-chrétien ou post-médiéval : on lira sur ce sujet avec profit les deux ouvrages constitutifs de la monumentale Histoire des idées politiques qu'a écrite Monsieur Philippe NEMO (1), et qui ont été publiés aux PUF.

"B. Son efficacité économique, là aussi, avérée et constatée, ou prétendue et supposée(1), à travers l'histoire économique, industrielle, scientifique et technologique, de l'Europe, puis du monde, à compter, à peu près, du XVII° siècle, avec le décollage de la Grande Bretagne et des Pays Bas, deux siècles avant celui des Etats Unis.

"C. Sa spécificité anthropologique et civilisationnelle : le libéralisme n'est pas une idéologie comme les autres : il ne fonctionne ni à l'adhésion, ni à la contrainte, ni à la conviction qu'il emporterait ou susciterait, ni à la douleur qu'il infligerait, ni à la terreur qu'il inspirerait, s'il était une idéologie explicitement agressive et répressive.

                               "1. Il fonctionne à l'agrément et à l'intérêt, au désir, au loisir et au plaisir, au bien - avoir et au bien - être, mais pas, en tout cas pas explicitement, à un bien-agir qui s'opposerait frontalement à un mal-agir. 

                              "2. C'est précisément pour cette raison qu'il n'y a pas, à proprement parler, de martyrs chrétiens, victimes du libéralisme, alors qu'il y a eu des chrétiens qui ont été martyrisés où persécutés, en tant que tels, ou du fait de leur opposition aux persécutions infligées à des non chrétiens, sous le fascisme,  le nazisme, le communisme et le socialisme.

                                "3. Le libéralisme contemporain ne martyrise pas, ne persécute pas, au sens fort du terme ; il n'agresse pas : il marginalise ou ridiculise, et il ne réprime pas. Il ringardise ou stigmatise ; d'où la difficulté de le combattre, en prenant qui que ce soit à témoin, au vu de son principe et de ses pratiques, sauf depuis quelques années, depuis que le libéralisme lui-même n'a plus d'ennemis radicaux, pas même, en un sens, au sein de l'Eglise, mais aussi depuis qu'il apparaît comme une impasse planétaire.

 

                                "4. Entendu ainsi ( a ), le libéralisme est apparemment libérateur, pour l'animalité de l'homme dans son rapport à lui-même, aux autres, et au monde : avec le libéralisme, on ne le dira jamais assez, nous sommes en présence
 

"- d'un pragmatisme sans dogmatique, d'une praxéologie sans axiologie,

 
"- d'une praxis immanentiste, relativiste et subjectiviste, sans éthos normatif, objectif, transcendant,

  
"- d'un ensemble de pratiques, "efficaces" et "opportunes", sans un ensemble de principes contraignants et directifs, qui aurait été fixés, et qui seraient situés, en amont, et en surplomb, des aspirations à l'autonomie des individus.

                             "5. Entendu ainsi ( b ), le libéralisme ne se révèle pas, de prime abord, comme extrêmement asservissant, pour la spiritualité de l'homme, dans son rapport au Créateur, à la création, aux créatures, et au Rédempteur.

 

                             "6. Mais il l'est, néanmoins, puisque le libéralisme tend à transformer chaque individu en son propre créateur, d'une manière démiurgique, sinon diabolique, ce qui aboutit immanquablement au mépris ou à l'oubli, momentané ou définitif, de notre dépendance, vis-à-vis du Seigneur.

                               "7. Dans cette optique, le libéralisme est à la fois permissif et répressif, permissif au temporel, et répressif au spirituel :
 

"- il encourage l'individu à s'approprier toutes ses capacités d'initiative, y compris ses capacités illusoires, provisoires, imaginaires, dans le cadre de ce qu'on appellera ici "l'économie du bien-avoir et du bien-être".

 

"- il dissuade l'individu de s'efforcer, avec la Grâce de Dieu, de s'approprier toutes ses obligations, originaires, de responsabilité de créature, immergée dans la création, ordonnée par le Créateur, et rachetée par le Rédempteur, dans le cadre de ce que l'on appelle communément l'Economie du Salut.

                                "8. Dans cet ordre d'idées, on rappellera pour mémoire qu'à chaque fois que des philosophes libéraux, à travers toute l'histoire des idées, ont évoqué les exigences de la loi naturelle, la référence à la loi naturelle, ils l'ont fait
 

"- en amputant celle-ci de son autorité absolument impérative sur les individus,
 

"- en la privant, en d'autres termes, de son fondement transcendant, de son origine divine.

 

"C’est ce que l’on a vu, en France, sous la III ° République, quant il s'est agi de mettre en avant, dans les écoles publiques, l'équivalent du Décalogue, mais sans ses trois premiers articles... 

 

"II - Les conséquences suicidaires

de l'instillation généralisée du libéralisme

 

"Deuxièmement, quelles sont les conséquences contemporaines du déversement du libéralisme, idéologie caractérisée par une très grande liquidité, par une très grande capacité d’écoulement, de ruissellement, d'imprégnation, d'infiltration, dans ce qui devrait ou ce qui pourrait s'opposer à elle, en matière de religion, de politique, et de morale, c'est-à-dire, précisément, dans le domaine des normes, des principes, des valeurs susceptibles de s'imposer aux «  aspirations à l'autonomie «  des individus ?

 

"Voici quelles sont ces principales conséquences :

"A. La dégradation des religions, du rang des convictions publiques, au rang des opinions privées, avec les répercussions que l'on sait :
 

"- ordonnancement des individus, non plus au "recevoir pour transmettre" des raisons de vivre, mais bien au "produire pour consommer" des moyens de vivre,
 

"- soumission des consciences à une atmosphère spirituelle les faisant passer, sans qu'ils en aient toujours conscience, de la curiosité à l'incrédulité, de l'enthousiasme, voire l'idolâtrie, à l'agnosticisme, voire au scepticisme,
 

"- exposition des croyants à la tentation de bricoler, de fabriquer eux mêmes leur propre religion, leur propre système de croyances, comme s'il était possible, dans ce domaine, de remplir son caddie, en le faisant rouler de rayons en rayons, de changer de magasin, voire de changer de produit, sans que cela laisse des traces, durables et profondes, au coeur de l'agir et de l'être.

"B. La relégation de la politique,
 

"-  du rang d'activité juridico-politique, au service du plus grand nombre possible de citoyens-électeurs, de contribuable -usagers,
 

"- au rang d'agitation médiatico-politicienne, au profit du plus petit nombre possible de manipulateurs et de récupérateurs  d'émotions, d'intérêts, de catégories, de comportements, de clientèles, de corporations(2).


"C. La conjugaison de la morale, parallèlement et simultanément, au pluriel et au singulier :
 

                      "1. Il peut y avoir désormais coexistence, diversité, pluralité, encouragée par « l’Eglise cathodique », des morales particulières, purement conjoncturelles, contextuelles, indicatives et individuelles.
 

                       "2. Mais il doit y avoir néanmoins unicité du point de vue sur la morale, exercice d'un monopole intellectuel,
 

"- spontanément favorable à cette coexistence, à cette diversité, à cette pluralité des morales,
 

"- immédiatement diabolisateur, stigmatisateur, de tout point de vue alternatif, prônant, lui, une morale universelle, qui serait tout à fait impérative, et qui serait située à la fois en amont et en surplomb de toute appréciation, conjoncturelle / individuelle, d’inspiration relativiste et subjectiviste.

 

"III - Le libéralisme : une impasse universelle !

 

"Troisièmement, en quoi le libéralisme contemporain, philosophique, économique, et surtout moral, est-il aujourd'hui une impasse, non seulement pour l'Eglise, mais aussi et surtout pour le monde entier ?

 

"A. Le libéralisme philosophique porte en lui une ambivalence croissante, depuis la mort des idéologies, ouvertement autoritaires ou totalitaires, de droite et de gauche, mais aussi et surtout depuis la concrétisation de la mondialisation, à partir du dernier quart du xx° siècle, la mondialisation étant synonyme de déshumanisation du monde, par l’homme lui–même.

 

                "1. Dans la conjoncture contemporaine, il y a une prise de conscience croissante du fait que les adeptes du libéralisme philosophique que sont les ultra-libéraux, d'une part, les socio - démocrates, d'autre part, sont remarquablement impuissants et silencieux, face à l'accélération et face à l'amplification du mépris ou de l'oubli des origines humanistes du libéralisme, de par la "progression," régressive et transgressive, du genre humain, en direction d'un horizon hédoniste, c’est-à-dire sensualiste et techniciste.

 

                "2. Certes, cet horizon hédoniste n'a plus de libéral que le nom, car il est en réalité bien plus libertaire que libéral, mais il est néanmoins un descendant indirect du libéralisme.

                "3. En ce sens ( a ), l'hédonitarisme humanitariste, qui constitue le dernier avatar du libéralisme philosophique, porte bien son nom : l’hyper-médiatisation de la gestion humanitariste des conséquences de l’abandon des origines humanistes du libéralisme, au profit de l’horizon hédoniste du libertarisme, interdit aux personnes de "remonter" jusqu'aux raisons pour lesquelles cet abandon s'est produit.(3)

 

                "4. En ce sens ( b ), l'esprit de Mai 1968 est bien plus anti-bourgeois, post-industriel, post-libéral et post-moderne, qu'anti-libéral au sens strict du terme, parce qu'il est néo-individualiste, et non anti-individualiste, dans son essence comme dans son devenir.

 

"En témoigne l'insensibilité des « bourgeois bohèmes » (par ailleurs prêts à s'enflammer pour toute "cause" médiatisable ou médiatisée), pour une réponse spécifique à la question sociale, pour un traitement spécifique de la question sociale, compte tenu de tout ce que cette question véhicule de collectif, pour ne pas dire de bassement ouvriériste et populaire.

"B. En économie, les auteurs et les acteurs libéraux avaient tout prévu, sauf... la raréfaction, pour ne pas dire la disparition, des ressources naturelles, à la suite de leur sur - exploitation , abusive et intensive !

 

"C'est  face à cette perspective angoissante et menaçante, celle d'une pollution de la planète, dans son ensemble, celle d'un genre humain menacé par un monde qu'il aura agressé, épuisé, en bon disciple du libéralisme économique, qu'une véritable écologie catholique, qu'une véritable écologie du salut, peut et doit prendre ou trouver toute sa place dans le débat public, d'autant plus que l'écologie libérale, elle, en bonne praxéologie sans axiologie, en bonne praxis sans éthos, se gardera bien, elle, de dire clairement, aux hommes de ce temps, que leur salut passe par une conversion des créatures que sont les hommes, en direction de leur Créateur et Rédempteur.

"C. En morale, les adeptes et les apôtres du libéralisme peuvent constater ou contempler, non les excès imprévisibles, mais les effets bien prévisibles, de la mise en oeuvre du libéralisme au coeur de l'esprit public et au sein du corps social.

                       "1. A quoi assistons-nous en effet, sinon à la mise à mal, pour ne pas dire la mise à mort, de l'idée, typiquement libérale, selon laquelle l'individualisme constitue le meilleur rempart contre le totalitarisme ?

"Qui ne voit en effet qu'il n'y a aucune contradiction fondamentale
 

"- entre le néo-individualisme hédoniste libertaire, anarchique et anomique, cette barbarie urbaine, sensualiste et techniciste, agressive et permissive, régressive et transgressive, qui caractérise ce début de millénaire,
 

"- et une certaine forme, une certaine sorte de néo-totalitarisme, dans le cadre duquel chacune subit une injonction audio-visuelle, une prescription télévisuelle,
 

"- non pour affirmer, puis affermir, grâce à Dieu, une authentique dignité, une véritable liberté, en soumettant son animalité à sa spiritualité,

 

"- mais pour affranchir son animalité de toute exigence de spiritualité, de toute référence à sa spiritualité, au point de soumettre tout son agir et tout son être, tout son esprit et toute sa vie, aux instincts, aux pulsions qui lui sont imposés et inspirés par le " système " ?

 

                   "2. A partir de là, on peut se demander si Jean-Paul II lui – même n’a pas pris conscience du fait que le relatif ralliement de l’Eglise catholique, à travers l’évolution de son magistère, au libéralisme économique, notamment dans la Lettre encyclique Centesimus Annus (**), ne devait pas être « équilibré, »  par une explicitation de la spécificité des fondements du jugement de l’Eglise porté sur, et contre, le libéralisme axiologique, comme il l’a fait dans sa Lettre encyclique suivante, Veritatis Splendor (***).

 

"Malheureusement, celle-ci, au sein même de l’Eglise, a subi une véritable conspiration du silence, avec l’absence habituelle de pédagogie de proximité, qui caractérise les diocèses et les paroisses de France… 

 

"IV - Conclusion  :

Quelle doit-être

la position intellectuelle et morale

de l'Eglise ?

 

"Que peut donc être, que doit donc être la position intellectuelle et morale de l’Eglise, en tant qu’institution, des catholiques, en tant que membres de cette institution, face à la transmutation contemporaine du libéralisme en libertarisme, en d’autres termes, face à sa liquéfaction ?

 

"C’est ici, au terme de cette tentative de contribution à un débat central et crucial, que je plaide, à titre personnel, pour l’enracinement de cette position au plus profond d’un terreau doctrinal d’inspiration, en quelque sorte, non néo–augustiniste, mais néo–augustinienne.

 

"Je m’explique : l’unique alternative radicale au libertarisme contemporain réside dans la mise en avant d’une réhabilitation, à l’attention de tous, de la distinction entre l’ordre de la Grâce et l’ordre du péché, alors que le libertarisme contemporain porte en lui un mépris, un oubli souverains, du sens de la Grâce et du sens du péché.

 

"Après et avec Saint Augustin, redisons, à la face du monde, que deux amours ont fait deux cités, et que l’un de ces deux amours est en train de finir de défaire la cité, de mettre à mal, de menacer de mort, l’éthos et le cosmos, parce que cet amour  est hostile au seul Logos vraiment libérateur, au Verbe incarné.

 

"Il ne s’agit pas de prôner un catholicisme de combat, mais un catholicisme de sursaut, au service de l’humanité, au meilleur sens du terme, puisqu’il s’agit d’inciter fermement celle-ci à s’élever au dessus d’elle-même, pour son salut, à commencer par son salut terrestre.

 

"Ici, l’on voit à quel point le ralliement de l’Eglise catholique au libéralisme philosophique, tel qu’il s’est produit, au moment du Concile, en ce qui concerne les religions non chrétiennes et la liberté religieuse, s’est avéré, pour ainsi dire « contra–cyclique », puisqu’il a privé l’Eglise d’une grande partie de la substance de la radicalité et de la spécificité du discours qu’elle a vocation à tenir aujourd’hui.

 

"Il ne faut, en effet, pas se leurrer : la mise en œuvre de ce catholicisme de sursaut, de cette axiologie et de cette écologie du salut, sur et contre le libertarisme contemporain, restera condamnée à l’inaudibilité, tant qu’il n’y aura pas eu de mise en forme, au préalable, d’une réaffirmation officielle et solennelle, philosophique et théologique, de la spécificité, sous le signe de la supériorité, pour ne pas dire de l’exclusivité, de la religion révélée, par rapport aux religions erronées.

 

"En apparence, ceci n’a rien à voir avec cela ; en réalité, si l’Eglise, par la voix du souverain pontife, veut à nouveau préciser ou rappeler, à l’ensemble et dans l’intérêt de l’humanité, un niveau d’exigences axiologiques ou écologiques élevé, elle le fera d’autant plus en toute liberté qu’elle aura, au préalable, précisé ou rappelé en quoi et pour quoi son message, sa parole, sont d’une nature irréductiblement spécifiques et supérieurs. 

 

"François Lemoine

"25 mars 2007"

 

Notes de l'auteur

  

(1) Mais pourquoi donc : avéré(e) et constaté(e), ou prétendu(e) et supposé(e) ? Pour la raison suivante : en philosophie comme en économie, le libéralisme compte des opposants et des partisans ; ce qui est symptômatique de l'hégémonie intellectuelle du libéralisme, c'est qu'il amène même ses adversaires à s'opposer à lui, régulièrement, sur l'un ou l'autre de ces deux terrains, celui de son enracinement philosophique ou celui de son efficacité économique, ce qui les amène ainsi à le combattre sur les terrains sur lesquels il est le plus solide, aux yeux de ses propagandistes ou de ses propagateurs. Or, toute mon analyse tend à montrer que s'il faut combattre le libéralisme, il convient de le faire là où il est le plus faible,
 

- non sur le terrain des valeurs philosophiques, telles qu'elles sont pensées par les auteurs,
 

- non sur le terrain des valeurs économiques, telles qu'elles sont produites, distribuées, achetées, consommées, par les acteurs, 
 

- mais sur le terrain des valeurs axiologiques, telles qu'elles ont vocation à être pensées et vécues par les êtres concrets.

 

(2) Faute de temps,  je ne développe pas l'examen, l'exposé, de cette répercussion : il n'est que de suivre l’actualité du moment...

 

(3) Sous l’angle chronologique, il s’est vraisemblablement produit dans les dix à vingt années qui ont précédé 1968, à peu près au moment où a commencé, dans l'Ecole comme dans l'Eglise, "la crise de la transmission".

 

Note de la rédaction du blogue

 

(*) Philippe Némo est un historien des idées particulièrement libéral et, tout comme une Anne Coffinier, partisan du libéralisme anarchique appliqué au système scolaire, c'est-à-dire, en fait, de la désorganisation, du dépérissement et de la mort de l'enseignement des enfants du peuple.

 

(**) 1991.

 

(***) 1993.

 

Lexique

 

Axiologie : science des valeurs morales. Valeurs axiologiques : valeurs morales, contraignantes et directives pour l'individu, indépendantes, dans leur formalisation, de ses intentions, de ses intérêts, et, dans leur réalisation, de ses conditions et de ses conduites de vie, par exemple le Décalogue.

 

Ethos : C'est le caractère, l'état d'âme, la disposition psychique. La praxis libérale, qui ne découle pas d'une axiologie, s'oppose ici à l'éthos chrétien, qui dépend bien d'une axiologie.

 

Libertarisme : c'est le dernier avatar du libéralisme, l'extrêmisation contemporaine de la part de relativisme et de subjectivisme qui est présente dans le libéralisme ; d'une certaine manière, l'année 1968 est l'année de naissance du libertarisme.

 

Praxis : une praxis est ici un ensemble de pratiques sans principes normatifs et objectifs ; le libéralisme, en tant qu'ensemble d'actions concrètes, est une praxis.

 

Praxéologie : une praxéologie est ici une systématisation d'une praxis ; le libéralisme, en tant qu'ensemble d'idées théoriques, est une praxéologie, dont l'unique principe est un principe d'adaptation, d'évolution, face aux caractères et aux circonstances.

 

Source: http://www.laportelatine.org/vatican/disputatio/liberalismelemoine/lemoine.php

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Prochain cercle de formation d'Action française le 15 février 2013 à Bordeaux: Quand les Français ne s'aimaient pas

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Année politique 2012-2013

 

Cycle « J’apprends à lire et réfléchir avec Maurras »

 J'apprends à lire & réfléchir avec Maurras

sous la direction de

 

M. Vincent Gaillère

Délégué régional de l’Action française

dans le Grand Sud-Ouest

 

Dans ce cycle de formation aux idées de l’Action française, on effectuera une relecture critique des principales œuvres politiques de Charles Maurras, à l’occasion du soixantième anniversaire de sa mort. Leur connaissance exacte, –  et non par ouï-dire, –  est indispensable à tout Français qui désire se rendre utile à son Pays.

 

Prochain cercle de formation

à Bordeaux :

 

Vendredi 15 février 2013. – Quand les Français ne s’aimaient pas, ou la résistance intellectuelle aux forces de dissolution nationale

   

Informations pratiques :

 

Les cercles ont lieu à Bordeaux le 15 de chaque mois, ou, si ce jour est un dimanche, le samedi précédent. Pour les autres villes universitaires de la région (Toulouse, Pau, Bayonne), se renseigner par courriel auprès du secrétariat régional des cercles de formation, via la rubrique « Contact »  des sites officiels de la fédération Grand Sud-Ouest de l’Action française : http://af-aquitaine.over-blog.com/ ou http://actionfrancaiseaquitaine.over-blog.com/ . Participation aux frais : 4 € ; inscription préalable obligatoire en donnant ses nom, prénom, âge, études suivies ou profession exercée et numéro de téléphone.

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De Sainte-Eulalie à sainte Thérèse, un abîme?

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

"Qu'est ce qui peut bien rattacher Thérèse Martin à Bordeaux ? Dans son autobiographie « Histoire d'une âme » elle nous apprend que son père Louis-Stanislas Martin y est né le 22 août 1823 et baptisé le 28 octobre de la même année à l'église Sainte-Eulalie, sa famille demeurant alors dans la paroisse, 13 rue Servandoni. Louis-Stanislas sera militaire, élevé dans le souvenir Napoléonien par son père Pierre-François, lui-même capitaine sous la Restauration après avoir rallié l'armée royaliste durant les Cent-Jours. Mais si Thérèse Martin n'évoque pour vous personne de particulier peut être la connaissez vous mieux sous son nom de religion Sœur Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face mais plus encore sous l'appellation de Sainte-Thérèse-de-Lisieux ou de Sainte-Thérèse-de-l'enfant-Jésus « la plus grande sainte des temps modernes » (Pape Pie X).

 
"Église Sainte-Eulalie

 

"Elle grandit dans une famille d'une grande piété, son père avant d'embrasser la carrière militaire avait postulé au Monastère du Grand Saint-Bernard (Suisse) où il fut refusé car il méconnaissait trop le latin, sa mère Zélie le fut également par les Sœurs de l'Hôtel-Dieu d'Alençon ! Ils se marieront en formant le vœu de vivre comme frère et sœur. Leur confesseur les en ayant dissuadés, ils auront neuf enfants dont cinq survécurent, cinq filles qui seront toutes religieuses. Thérèse, à 15 ans, surmonte de multiples obstacles pour entrer au Carmel. Dans l'église Sainte-Eulalie un vitrail, réalisé par verrier bordelais G.P Dagrant, la représente, à Rome, accompagnée de son père, se jetant aux pieds du pape Léon XIII afin de lui demander, compte tenu de son jeune âge, une dérogation pour entrer au Carmel.

"D'autres souvenirs sont pieusement conservés dans cette église comme, par exemple, une précieuse relique « ex-carne » (de la chair) de Thérèse que les quatre sœurs survivantes de Sainte-Thérèse envoyèrent de Lisieux, le 10 mars 1935, à Monsieur Lacroix, curé de Sainte-Eulalie.

 
"Cousinage avec Piaf

 

"À voir encore dans cette même église appuyé à un pilier de la colonnade méridionale un petit autel dévoué à la sainte devant la statue de laquelle chaque jour des fidèles viennent apporter des fleurs et prier. Un détail généalogique de la sainte est toujours resté dans l'ombre. Alors qu'Édith Giovana Gassion était enfant elle perdit la vue à la suite d'une maladie. Sa grand-mère décida d'aller prier sur la tombe de la sainte, à laquelle elle portait une dévotion particulière, formulant le souhait qu'Édith fut guérie. Miracle, huit jours après, la petite recouvra la vue. Il faut dire qu'Édith, qui fit carrière au music-hall sous le pseudonyme de Piaf, et Thérèse Martin étaient cousines, il est vrai qu'au 14e degré, mais cousines quand même ! Toute sa vie elle porta en reconnaissance autour du cou une médaille représentant la Sainte."

 

Source: http://www.sudouest.fr/2011/01/25/aux-racines-de-sainte-therese-299444-2780.php

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Mariage pédérastique: le député Azerot fait son devoir; et les 576 autres?

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Alors que se poursuit l'examen du projet de loi gouvernemental de mariage pédérastique, on lira ci-après avec un vif intérêt le discours fort prononcé le 29 janvier par le député de la Martinique Bruno-Nestor Azerot, maire et conseiller général de Sainte-Marie. La parole se libère à Gauche! Malgré une connaissance superficielle de l'histoire des colonies françaises, - que l'on ne saurait lui reprocher, mais mettre sur le compte de la propagande antifrançaise d'extrême-gauche largement véhiculée par l'éducation dite nationale, - le député Azerot rappelle au bon sens et aux réalités sociologiques et économiques une Assemblée anesthésiée par le politiquement correct.

 

Il démontre que la seule chose que la Gauche fera jamais pour le peuple est de lui donner, non du travail, mais de l'anticléricalisme et de l'inversion sexuelle! L'urgence de l'heure est sans doute apprendre à l'ouvrier français qu'il est pédéraste! On voit d'ici le visage que devait prendre le ministre de la justice, la démagogue guyanaise Taubira, devant de tels propos réactionnaires! Quant à elle, la section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française ne peut qu'approuver totalement leur fond et leur ton. Avec de tels hommes, l'Outre-mer français n'a rien à craindre pour ses libertés! Malheureusement, ce n'est que sous une Monarchie populaire, où le Roi est le père du peuple, qu'ils pourront donner toute leur mesure! Puissent-ils le comprendre bientôt!

 

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

 

Alix au pays des pédérastes

 

 

"Madame la Garde des Sceaux,

"Madame la Ministre,

"Monsieur le Président,

"Chers Collègues,

 

"J’ai soutenu jusqu’à maintenant tous les projets et engagements de la Gauche, mais il y a aujourd’hui une profonde confusion qui m’interpelle. La liberté de conscience et de vote qui existe au sein de mon groupe parlementaire, le GDR, me permet d’exprimer une voix qui est celle d’un homme d’Outre-mer libre et j’en remercie mes collègues du groupe dont les avis sont divers et très partagés sur ce texte.

 

"Outre-mer, en revanche, la quasi-totalité de notre population est opposée à ce projet qui bouscule toutes les coutumes, toutes les valeurs sur lesquelles reposent nos sociétés ultramarines. Cette voix doit être entendue et comprise. Et nous devons exprimer cette opinion de notre population qui ne comprend pas ce qui se passe ici et maintenant. Le risque est en effet grand d’un profond désenchantement vis-à-vis de la politique du Gouvernement, voire d’une « cassure morale » irrémédiable… Car ce texte ne donne pas une liberté supplémentaire, il fragilise le délicat édifice sur lequel se sont construites nos sociétés antillaises et guyanaise après l’abolition de l’esclavage. Il y a même à mon sens risque de rupture du Pacte républicain qui nous lie depuis deux siècles à la France…

 

"Cette question du mariage homosexuel appelle en effet de ma part des réflexions de fond. Il est nécessaire de distinguer la question de l’homosexualité de celle du mariage gay. Et la confondre comme l’ont fait certains orateurs n’est pas honnête. L’homosexualité est une pratique qui relève de la sphère privée, c’est une réalité qu’il faut prendre en compte et appelle des droits et une protection de vie privée pour ceux qui pratiquent. Le mariage gay et l’adoption pour les couples homosexuels relèvent eux de la sphère publique en ce qu’ils bouleversent la norme en vigueur en établissant une nouvelle norme en matière de famille, de filiation, et de transmission patrimoniale.

 

"Sur ce chemin-là, précisément nous ne pouvons suivre. Peut-on parler en effet de progrès et de nouvelle liberté ?

 

"A l’origine, en établissant le mariage comme institution, la société a donné un cadre juridique à une donnée naturelle : l’union d’un homme et d’une femme en vue de procréation d’un enfant. Peut-il en être de même avec le mariage gay ? A l’évidence non… Certes aujourd’hui le mariage est plus un « mariage-sentiment », qu’un « mariage-procréation » comme il était autrefois. L’enfant n’est plus la finalité du mariage ; et des personnes hors du mariage peuvent au contraire avoir envie d’enfant. Ou des couples stériles…

 

"La question qui se pose est donc de savoir plutôt si le sentiment doit devenir le sens nouveau et unique du mariage, ouvert à tous les hommes et les femmes, fussent-ils hétérosexuels ou homosexuels ?

 

"Doit-on révolutionner ainsi le mariage en France et en Outre-mer au risque de perdre nos valeurs fondamentales ?

 

"Allons-nous vers cette société où l’individualisme hédoniste remplacera nos vieilles doctrines personnalistes et socialistes fondées sur la solidarité, la liberté, l’égalité ?

La famille, pivot de notre société depuis les Constituants et la Révolution Française, depuis l’émancipation de 1848, va-t-elle exploser ? Au sens littéral du terme…

 

"Notre responsabilité est grande devant l’histoire.

 

"Moi, homme issu d’un peuple opprimé, réduit en esclavage, où le système social était un système qui refusait à un homme et à une femme de pouvoir avoir un enfant et de se marier légitimement, où le mariage était interdit et fut une conquête de la liberté, j’affirme le droit à l’égalité dans la différence et non dans le même, le semblable, l’unique ! Car enfin, au nom de l’égalité, du refus des discriminations, peut-on établir une équivalence entre tous les couples ?

 

"Je crois au contraire que l’on ne peut mettre fondamentalement sur le même plan hétérosexualité et homosexualité. Un homme et une femme, ce n’est pas pareil que deux hommes ou deux femmes ensemble. Etablir une équivalence, une nouvelle égalité, une nouvelle norme, c’est nier la réalité ; c’est rétablir une oppression en confondant genre, sexe, et pratique.

 

"C’est un diktat de la pensée contre l’humanité vitale… et les Droits de l’Homme,… et de la femme. Refuser cette différence naturelle, c’est refuser la différence sexuée. C’est déjà revenir sur l’oppression de la femme et de ses droits émancipés. C’est instaurer une nouvelle contrainte ! Oui, car il sera interdit de faire la différence désormais entre un homme et une femme, au risque d’être discriminatoire….

 

"Et l’enfant ! puisque deux hommes ou deux femmes ne peuvent procréer, que va t-on faire ? Car pour procréer, il faut bien un homme et une femme.

 

Couple moderne

 

Le couple normal, avec un homme et une femme:

bientôt une idée révolutionnaire?

La résistance s'impose!

(Photo D.R.)

 

"Donc, inéluctablement, il y aura recours à la procréation médicale assistée car ce désir d’enfants est légitime. Mais ce n’est pas le Droit qui refuse aux homosexuels d’avoir un enfant : c’est la Nature. Alors, pour pallier ce problème de stérilité et d’incompatibilité, on aura recours à la PMA… Où est donc le progrès social ? Où est la liberté nouvelle ? Comment voulez-vous qu’un homme dont les ancêtres ont été vendus et « chosifiés » ne soit pas inquiété par cela ?

 

"La Gauche a le pouvoir dans cette assemblée. Je suis un homme de Gauche. Mais parce que je suis de Gauche, je préfère l’humain et l’humanisme à ce que sous-tend ce texte. Alors qu’un tiers des hommes et des femmes d’outre-mer est sous le seuil de pauvreté, que notre PIB est d’un quart inférieur à celui de l’Hexagone et que 60% des jeunes de moins de 25 ans sont toujours au chômage, n’y avait-il pas d’autres priorités ?

 

Guadeloupe française

 

Plus que jamais, l'Outre-mer français

nous montre le chemin du progrès social

et de l'Unité nationale (Photo D.R.)

  

 

"Que dirai-je à ce jeune Martiniquais qui, entré dans la délinquance, est sans travail, dont les parents sont aussi sans emploi, est sans logement, et n’a pas de quoi se nourrir, qui n’a pour seule alternative que de récidiver pour pouvoir être reconduit en prison pour avoir enfin un toit et à manger ? Que lui dirai-je demain ? Que je lui ai offert en tant que législateur une grande liberté… non pas du travail, non pas un logement, non pas un avenir décent et un espoir de vie… mais le mariage pour tous !

 

"A mon grand regret, mais avec ma conviction d’homme engagé et libre de Gauche, je ne voterai pas ce projet qui est attentatoire aux libertés et ne répond pas aux aspirations profondes du peuple. En particulier d'Outre-mer…

 

"Je vous remercie."

 

 

 

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