Pour comprendre la question basque avec l'Action française

Publié le par Section de Bayonne & pays basque

Pays basque d'A.F. 3
La question basque revient périodiquement à l'ordre du jour. Devant l'impossibilité du Régime démocratique centralisateur à faire droit aux légitimes revendications des provinces basques françaises, on comprend tout naturellement au pays basque l'avantage que présenterait une Monarchie décentralisée, telle que l'Action française la défend, dont le Roi serait le protecteur de toutes les provinces françaises, chacune avec sa personnalité, ses libertés et son autonomie propres dans le cadre de la Communauté nationale.
A.F.-Bayonne & pays basque
Armoiries pays basque fs
Le Pays basque.
Articulation entre territoire et identité

par Barbara Loyer*

 

"Le terme « identité » renvoie à une réalité à la fois subjective et sociale que les sociologues définissent en expliquant qu’elle englobe les éléments partagés par un sujet avec les membres d’un groupe d’appartenance et permettant de l’identifier de l’extérieur. Ils rappellent son caractère prescrit : on ne naît pas avec une identité essentielle, on l’acquiert. En géopolitique, l’ « identité » est un concept qui empêche de penser l’objet de l’analyse, à savoir les rivalités de pouvoir sur des territoires. Ce terme traduit en effet un sentiment subjectif sur lequel l’analyse géopolitique n’a pas à s’interroger. Il apparaît en revanche comme une représentation géopolitique dès lors qu’il est employé dans un discours collectif et entre dans un argumentaire politique, en devenant dès lors un élément de stratégie politique.

"Identité

"L’identité fait l’objet de dures rivalités au Pays basque : quelle identité avaient les victimes bascophones de l’ETA (Euskadi ta Askatasuna, soit Pays basque et liberté) ? Les victimes dont les noms de famille révélaient qu’elles étaient basques aux quatre quartiers ? Celles qui étaient nées dans cette région et n’avaient pas d’autre horizon affectif ? Des députes du groupe parlementaire du Parti populaire(1) au sein du Parlement de la Communauté autonome basque d’Espagne portent des noms de famille à consonance basque. À quelle identité rattacher ces députés ? Si on les considère comme Espagnols parce qu’ils sont membres du Parti populaire, c’est bien que l’identité est un objet politique avant tout. On le voit, par exemple, à propos des choix en faveur de la promotion de la langue basque, l’euskara. Les polémiques actuelles opposent le Parti nationaliste basque (PNV, au pouvoir de 1980 à 2008 dans la Communauté autonome basque), au Parti socialiste, qui a remporté les élections autonomes en 2009. Le premier accuse le second d’avoir réduit les montants alloués au développement de l’euskara. Il est vrai que le Parti socialiste tente de faire évoluer les représentations dominantes dans les milieux politiques, scolaires et médiatiques, afin que l’espagnol n’apparaisse plus comme une langue « étrangère ». C’est en effet ainsi que nombre de nationalistes basques considèrent l’espagnol – même s’ils ne parlent que celle-là – dont l’usage majoritaire au Pays basque est dans une certaine mesure illégitime parce qu’elle serait à l’origine de la marginalisation de l’euskara. La réalité est pourtant plus complexe : au XIXe siècle, au moment où la région de Bilbao connaissait un rapide essor industriel, ce sont les Basques citadins qui ont délaissé l’euskara, langue non écrite hormis par les auteurs de catéchismes, au profit de l’espagnol, qui apparaissait alors comme la langue de la modernité. La répression franquiste contre toute expression de nationalisme périphérique est intervenue plus tardivement, mais c’est elle, dans les années 1960, qui a généré l’association entre militantisme linguistique et résistance.

 

"Des éléments extérieurs ont également contribué à l’instauration du lien implicite entre langue et identité : des linguistes comme Guillaume de Humboldt (1767-1835) ou des romanciers comme Victor Hugo ont créé l’image du mystère de la culture basque sertie dans son écrin linguistique. Rappelons qu’on ignore l’origine de cette langue tant elle est ancienne. La notion de « peuple basque » s’enracine également dans une homonymie en langue basque puisque le mot euskaldun désigne à la fois celui « qui parle basque » et la personne qui est Basque. Cela permet un glissement de sens vers le politique : le « peuple basque » désigne un groupe partageant la même langue, mais il se rapporte aussi à l’ensemble souverain des citoyens.

 

"L’identité basque n’est donc pas une donnée simple. Elle fait au contraire l’objet d’une lutte entre citoyens de la Communauté autonome basque, mais aussi de France ou de Navarre, pour imposer des représentations (nationalistes basques, mixtes basco-espagnoles, mixtes basco-françaises, ou seulement espagnoles et seulement françaises). Les rivalités politiques et les élections révèlent des divergences quant à la définition de l’identité basque.

 

"Différentes représentations territoriales

englobant le Pays basque français

 

 

Carte

 

Légende de la carte

 

« Zazpiak Bat » (« Les sept [provinces font] une ») : il s’agit des sept territoires que revendiquent les nationalistes basques. Cette représentation date du début du XXe siècle.
 

Région Bayonne-Santander : représentation géopolitique transfrontalière émise par les Verts au début des années 2000, sans que cela se soit concrétisé depuis.
 

Région des 3B : représentation géopolitique d’une région rassemblant un département Pays basque/Adour, un département Béarn et un département Bigorre. Idée émise en 1994, sans suite depuis.
 

Département de l’Adour : revendication, émise en 1836, d’un département dont Bayonne serait préfecture et qui serait séparé du Béarn (préfecture Pau) par le démantèlement du département des Pyrénées-Atlantiques (à l’époque appelé Basses-Pyrénées).
 

Département du Pays basque : revendication, émise en 1975, d’un département dont Bayonne serait préfecture et qui serait séparé du Béarn (préfecture Pau) par la division en deux du département des Pyrénées-Atlantiques. Il diffère du département de l’Adour en n’incluant pas la partie landaise au nord. De facto, cette représentation converge avec celle du « Zazpiak Bat ». Ce département n’existe pas mais cette partie occidentale des Pyrénées-Atlantiques a été reconnue comme « pays » (loi Pasqua de 1995) en janvier 1997 sous le nom de « Pays basque » et est devenue le cadre de projets spécifiques d’aménagement de ce territoire.

"Territoire

"Le pays dont les nationalistes basques voudraient faire un nouvel État comprend la Communauté autonome basque, la Communauté autonome de Navarre et la moitié du département français des Pyrénées-Atlantiques. Ces nationalistes(2) recueillent environ la moitié des voix dans la Communauté autonome basque et 15 % en Navarre, moins de 10 % en France. La majorité de la population de ce territoire ne croit donc pas que ce dernier soit celui d’une nation à construire.

 

"Les représentations territoriales se différencient à des détails d’importance : par exemple, lorsque les socialistes ont pris la présidence de la Communauté autonome basque en 2009, après 25 ans de pouvoir exercé par les nationalistes basques (PNV), ils ont changé la présentation télévisuelle de la carte météo :  jusque-là, les sept territoires du projet national basque – trois provinces de la Communauté autonome basque (Alava, Biscaye et Guipuscoa), la province de Navarre, trois territoires existant en tant que tels sous l’Ancien Régime en France (Labourd, Basse-Navarre et Soule) – étaient montrés comme une île, hors contexte et sans frontière internationale ; la nouvelle administration a inséré la carte dans son environnement espagnol en faisant apposer les noms des régions voisines.

 

"Faut-il, dès lors, faire une différence entre la nation basque, qui serait le projet politique, et le Pays basque, qui serait la réalité ? Et comment, alors, délimiter cette « réalité » ? L’ensemble spatial anthropologique ancien (architecture des maisons, folklore, etc.) correspond à peu près à celui de l’aire linguistique bascophone. Mais cette limite linguistique est mouvante, surtout depuis que l’euskara est co-officiel du côté espagnol (statut d’autonomie de 1981) et qu’elle est enseignée en France (le pourcentage d’enfants suivant un enseignement bilingue et/ou immersif en primaire est passé de 24,5 % en 2004/2005 à 31 % en 2008/2009 et de 30,4 % à 39,4 % pour les effectifs de maternelle)(3). Ce territoire est également l’objet de rivalités : on débat pour savoir où ouvrir des écoles ou pour quels emplois rendre la langue basque obligatoire. Bayonne, dont les archives montrent qu’elle fut par le passé une ville de langue béarnaise, est investie par les militants pro-euskara (nombreuses écoles) et par les nationalistes basques (sièges des partis), alors qu’elle ne l’est pas par des mouvements comparables de promotion de la langue béarnaise (pas d’école en béarnais en 2010). La limite linguistique qui évolue actuellement déplace avec elle l’enjeu politique identitaire sur des territoires qui ne sont pas ceux du passé.

 

"La toponymie suscite, elle aussi, des polémiques, car il est important pour les nationalistes basques de prouver l’antériorité de la présence de bascophones sur tout le territoire, même dans les zones où l’euskara ne fut peut-être jamais parlé. De même, il est important pour leurs adversaires de s’opposer à cette stratégie. Qu’il y ait stratégie de conquête ou de résistance fait de l’argument identitaire un enjeu géopolitique.

"La frontière, un territoire mouvant

"La frontière pyrénéenne séparant l’Espagne et la France est l’exemple type de ce que l’on a coutume d’appeler une frontière « naturelle », la montagne constituant une barrière entre les deux royaumes. Avec l’harmonisation du droit et la suppression des douanes fixes, le projet européen tend vers un effacement des frontières. Les nationalistes basques souhaitent, pour leur part, la création d’une nouvelle limite, celle d’un Etat autonome respectueux des règles européennes mais libéré des normes espagnoles et françaises, et qui rassemblerait « les Basques ». Une frontière est en effet non seulement une ligne de front mais aussi une enveloppe pour les gens qui vivent sous les mêmes lois du territoire ainsi délimité. Celle que les nationalistes basques appellent de leurs vœux serait donc, de leur point de vue, une bonne limite puisqu’elle réunirait des gens « identiques » (on a vu, pourtant, que les Basques ne sont pas tous politiquement identiques). Les nationalistes basques appuient aussi leur plaidoyer sur le fait que les Pyrénées ne sont pas, dans cette zone, une barrière infranchissable, dans la mesure où le massif est parcouru de vallées perpendiculaires à la ligne de crête. Il est ainsi plus aisé de le traverser du nord au sud – sauf au centre, où il est très large – que de s’y déplacer d’est en ouest. Au cours de l’histoire, les populations pyrénéennes, regroupées dans les vallées, ont établi des conventions que l’on trouve également en dehors des Pyrénées basques, appelées Lies et Passeries et qui réglementaient l’usage des bois, des eaux et des pâturages. Elles sont célébrées depuis les années 1990 comme la preuve que les harmonisations européennes ne font que revenir à des pratiques du passé, et ces relations entre montagnards sont, au passage, mises au crédit de l’identité commune. Pourtant, le fait que des villages concluent des accords entre eux ne signifie pas forcément qu’ils soient de même culture.

 

"La frontière entre les deux royaumes de France et d’Espagne a été établie en 1659 sur le massif (traité des Pyrénées), mais il a fallu attendre la fin du XIXe siècle pour qu’elle devienne une véritable ligne, bornée, séparant les systèmes juridiques français et espagnol de part et d’autre de ce tracé. Pendant presque trois siècles, la frontière n’a pas bousculé les us et coutumes locaux, et elle est progressivement devenue une réalité concrète. Cela explique peut-être qu’elle ait été acceptée sans difficulté notable.

 

La borne n° 15

La borne n° 15. - En arrière-plan, la Rhune, montagne à cheval sur la frontière franco-espagnole et qui culmine à 905 mètres. © Xemartin Laborde – septembre 2010

 

 

"Depuis les années 1990, l’Union européenne offre de nouvelles possibilités de dépassement des schémas juridiques nationaux. En 1991, la signature des accords de Schengen par l’Espagne a entraîné la disparition des postes fixes de douanes entre la France et l’Espagne. Ce fut une étape difficile sur le plan économique pour les communes directement concernées. La frontière fait système, elle fixe des activités spécifiques ; plus de 20 % des emplois furent détruits à Hendaye et Irun(4). En mars 1995, le traité de Bayonne eut pour objet de faciliter et de promouvoir la coopération transfrontalière en permettant aux collectivités territoriales françaises et espagnoles de mettre en place et de gérer des équipements ou des services publics. Ces activités se développent progressivement et à différents niveaux : des fonds de coopération transfrontaliers interrégionaux ont été constitués au profit de l’Aquitaine et des trois communautés autonomes frontalières (Aragon, Navarre, Euskadi). En 1998, les villes d’Hendaye, Irun et Fontarabie ont formé le consortium nommé Bidasoa-Txingudi(5). Le département des Pyrénées-Atlantiques a signé des conventions avec le gouvernement provincial  du Guipuscoa et les gouvernements régionaux de Navarre et d’Aragon. Le conseil de développement du Pays basque, fondé en 1994, travaille avec la Navarre et Euskadi. En 2007, la Communauté autonome d’Euskadi, le Guipuscoa, le département des Pyrénées-Atlantiques, la région Aquitaine ont institué une conférence euro-régionale avec pour mission d’organiser la concertation des autorités sur un certain nombre de politiques publiques (transports, recherche et  innovation, télécommunications, concurrence, promotion des langues, culture, etc.)(6).

 

"Ainsi, on se trouve sur une frontière dont les fonctions ont évolué au cours du temps, dans des contextes géopolitiques qui ont permis que les changements apparaissent comme légitimes. Il n’y a pas eu de conflits au sujet de la frontière elle-même. Le conflit est lié à l’incompatibilité de deux projets nationaux sur le même territoire.

"Identité, territoire, terrorisme

"L’ETA, organisation terroriste créée en 1959, n’a pas attendu la disparition des contrôles douaniers entre les deux États pour développer ses activités de part et d’autres de la frontière. De nombreuses caches très sophistiquées ont été installées au Pays basque français. Leur localisation n’est pas seulement un fait de culture ou de solidarité atavique entre Basques.  Elle dépend aussi de l’organisation de la répression. Jusqu’au début des années 1980, le sanctuaire a été le Pays basque français où se retrouvaient tous les etarras, sans entraves ni précautions parce que le gouvernement français ne voyait pas l’intérêt d’empêcher ces regroupements. Avec l’apparition du GAL (Groupe antiterroriste de libération)(7) en 1982, les expulsions et la découverte du « secrétariat » de l’ETA à Saint-Pée-sur-Nivelle le 30 septembre 1987, les clandestins ont trouvé refuge auprès de comités de soutien dont les plus actifs se trouvaient en Bretagne (solidarités nationalistes) et du côté de Poitiers, où les assignations à résidence les avaient affectés. Depuis le démantèlement de ces réseaux d’hébergement, au milieu des années 1990, les etarras louent les lieux où ils se cachent. « Les gendarmes font d’ailleurs le tour des gîtes dans le centre, l’est et le sud-est de la France pour prévenir les propriétaires »(8).

 

La baie de Txingudi

La baie de Txingudi. Tout en haut, la baie de Saint-Jean-de-Luz puis, en descendant, les villes bordant la baie : Hendaye, avec sa plage, son port de plaisance, son quartier industriel (les Joncaux) et un habitat largement individuel ; en bas, Fontarabie (Hondarribia en basque, Fuenterrabía en espagnol) avec sa cité historique, son port, son aéroport (aeropuerto de San Sebastian) et un habitat beaucoup plus collectif. © Xemartin Laborde – septembre 2010

 

"L’apparition du terrorisme au Pays basque est liée à l’inaction des élites du PNV face à la répression franquiste. Aussi puissant et porteur de cohésion que fût le projet indépendantiste basque, après le chaos des années 1930 et de la guerre civile, la bourgeoisie basque s’était accommodée d’un régime catholique conservateur. Quelques uns de ses enfants décidèrent de prendre les armes contre le dictateur, au nom d’une idéologie marxiste. Les guerres de libération nationale dans le Tiers-Monde, notamment en Algérie, jouèrent un rôle décisif dans l’apparition et la consolidation de l’ETA. L’organisation se fit vraiment connaître lors du retentissant procès de Burgos, entamé en décembre 1970 contre ses militants : il provoqua de grandes manifestations de soutien au Pays basque et la mobilisation d’intellectuels européens. En 1973, l’assassinat de l’amiral Carrero Blanco, pressenti par Franco pour prendre sa succession, eut également une énorme répercussion nationale et internationale et mit l’ETA en orbite dans la constellation des mouvements révolutionnaires célèbres et célébrés. L’ETA sortit du franquisme avec une aura de légitimité résistante qui mettra plus de vingt ans à s’effriter. Si l’ETA et le PNV divergent sur les moyens d’agir, ils partagent en revanche les mêmes objectifs. Le PNV n’a jamais réellement combattu le terrorisme, en dehors de quelques dénonciations formelles. Les témoignages sur l’inaction de la police autonome basque sont légion, de même que ceux révélant l’absence d’empathie des élus du PNV envers leurs collègues assassinés. Dans le même temps, de l’argent public était versé aux familles des prisonniers de l’ETA pour qu’elles puissent leur rendre visite dans des prisons éloignées. Enfin, les nationalistes indépendantistes de gauche et l’ETA ont mis sur pied un système extrêmement efficace qui leur permet d’occuper les espaces publics grâce à la mobilisation des partisans, à des affiches, à des tags, à des manifestations, à des banderoles, etc. Il a fallu attendre les années 1990 pour que s’organise(9) une contre-offensive visant à légitimer l’opinion des citoyens non nationalistes basques dans la Communauté autonome, l’action de la police et la figure des victimes. Les personnes assassinées par l’ETA ont alors été placées au centre des débats alors que, dans les années 1980, leurs familles avaient honte de faire état de leur peine et de se faire connaître. Les associations non nationalistes basques ou de familles de victimes ont joué un rôle considérable dans l’évolution des représentations sur l’identité basque, le peuple et la démocratie(10).

 

"Aujourd’hui, l’ETA est sur le point d’abandonner la lutte armée qui devient de plus en plus difficile face aux forces de police espagnoles, françaises et autonomes basques, et aux actions de la justice menées contre ses sources de financement et les partis qui lui sont liés. Les politiques mises en œuvre, notamment la Loi des partis, votée en 2002, qui permet d’interdire une formation politique soutenant la lutte armée ou toute forme de coercition politique, ont aussi porté leurs fruits. Depuis 2003, le parti Batasuna (Unité), lié à l’ETA, a le plus grand mal à se présenter aux élections. Il lui faut imaginer de nouveaux sigles pour échapper à l’interdiction et trouver des candidats recevables. La Cour européenne des droits de l’homme a confirmé en 2009 la légalité de cette interdiction et reconnu en 2010 celle de l’invalidation de 133 candidats d’un parti avatar de Batasuna présent aux élections municipales de 2007. Cela entraîne une diminution des ressources financières de ce mouvement indépendantiste, la perte de plateformes de communication essentielles, telles que les assemblées municipales, provinciales et le Parlement autonome, ainsi qu’un affaiblissement de sa légitimité avec pour conséquence le renforcement de l’hégémonie du PNV dans l’électorat nationaliste. Les dirigeants de la mouvance indépendantiste révolutionnaire déclarent aujourd’hui publiquement qu’ils veulent faire de la politique sans armes et attendent que l’ETA procède à sa dissolution.

 

"Au Pays basque, le conflit masque la difficulté de définir une identité et révèle combien l’enjeu territorial est important pour mobiliser des militants qui peuvent ainsi lutter pour un objectif clairement identifié sur la carte. Ceux qui ont essayé de faire de la politique en cherchant à concilier les deux identités politiques, basque et espagnole, ont pour l’instant échoué. Depuis sa victoire électorale de 2009, le Parti socialiste tente de faire émerger cet espace à la fois basque, dans ses revendications d’autonomie politique, et espagnol. Mais la haine semée par l’ETA depuis quarante ans risque d’être à la source, pendant encore de longues années, de conflits violents, même si l’organisation armée abandonne son combat.

C’est la conjonction d’événements se déroulant à différentes échelles, locale, régionale, internationale, qui enclenche des processus de violence. Cette violence n’oppose pas seulement des Basques et des Espagnols ou des Français, mais aussi et surtout des Basques entre eux. La violence armée est une forme de contrôle sur la communauté que l’on dit représenter pour lui imposer une identité politique unique, donc totalitaire."

 

"Notes

 


1) Le Parti populaire (PP) est l’un des grands partis politiques d’Espagne, avec le Parti socialiste.

(2) Regroupés dans les partis PNV, EA (Eusko Alkartasuna, Solidarité basque), Aralar, Batasuna (Unité), Abertzaleen Batasuna (Unité des patriotes basques).

(3) Office public de la langue basque, http://www.mintzaira.fr/fr/actualite/article/31-des-eleves-du-primaire-scolarises-en-basque.html . Au baccalauréat 2010, le basque pouvait être choisi comme langue vivante dans cinq établissements (deux à Saint-Jean-de-Luz, un à Bayonne, un à Saint-Jean-Pied-de-Port et un à Ustaritz). Sud-Ouest, 12 juin 2010.

(4) Michel Casteigts, « Transactions interculturelles et intégration territoriale. Le cas du Pays Basque », Pensée plurielle, n° 21, 2009/2, pp. 179-193.

(5) Voir Céline Bayou, « L’Eurocité basque. Le rêve d’une métropole de rang européen », Grande Europe, n° 1, octobre 2008, http://www.ladocumentationfrancaise.fr/revues/grande-europe/dossiers/01/grande-europe-no1.shtml.

(6) http://crdp.ac-bordeaux.fr/epb/documents/conventioncooptransfront.pdf.

(7) GAL : mercenaires payés par le gouvernement espagnol pour assassiner des réfugiés de l’ETA en France.

(8) Christian Aguerre, Barbara Loyer, « Terrorisme et démocratie : les exemples basque et catalan », Hérodote, n° 130, 2008.

(9) Dans le contexte du gouvernement de José María Aznar (Parti populaire), qui détient la majorité absolue au Parlement entre 1996 et 2000 et la majorité relative entre 2000 et 2004.

(10) Ces associations sont nombreuses. La plus médiatique fut le mouvement ¡Basta ya !, fondé en 1999, prix Sakharov du Parlement européen en 2000. Deux ripostes armées ont été organisées contre l’ETA. Le Batallon vasco-espagnol (BVE) a fait une trentaine de victimes entre 1975 et 1981 et le Groupe antiterroriste de libération (GAL) a tué aussi une trentaine de personnes entre 1983 et 1987, ce qui a conduit un ministre en prison. Depuis cette époque, la résistance organisée contre le terrorisme nationaliste basque est pacifique et légale. Entre 1988 et mars 2010, l’ETA a tué 260 personnes (Rogelio Alonso, Vidas Rotas: Historia de los hombres, mujeres y niños victimas de ETA, Espasa, Madrid, 2010, 1310 p. et Le Monde, 18 mars 2010).

 

* Professeur, Institut français de géopolitique (IFG), Université Paris 8

 

 

Source: Barbara Loyer, « Le Pays basque. Articulation entre territoire et identité », Grande Europe n° 28, janvier 2011 – La Documentation française © DILA

 

Ikurrina A.F.

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Proche-Orient: Vers une partition sans la France? une solution de politique-fiction complotiste

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Nous reproduisons ici, pour l'amusement et l'édification de nos lecteurs, des extraits d'un article publié il y a peu par le complotiste anticlérical Thierry Meyssan. On sait que Meyssan, qui se pique de géopolitique, après avoir séjourné en Libye sous Kadhafi agonisant, vit actuellement à Damas, où il "enseigne", sous la protection russe. Sans doute ce démocrate ennemi des rois aime-t-il les potentats... 

 

Le fait que cet article soit originellement paru dans la Presse gouvernementale russe entache quelque peu son caractère d'objectivité journalistique pure. Il convient de le lire surtout comme une opération d'intoxication de l'opinion publique occidentale au profit des ambitions russes, visant à retourner la politique étrangère américaine. Dans cette perspective, l'auteur apparait comme un agent d'influence du Kremlin singulièrement naïf et inefficace. 

 

Contrairement aux espoirs de beaucoup, la guerre froide est loin d'être terminée, la Russie restant le danger militaire principal pour le continent européen. Fondamentalement, Yalta continue. Seule, une France forte de ses institutions monarchiques et nationales pourrait endiguer cette marée de barbarie asiatique, complémentaire de celle, libérale, des Etats-Unis, - et tout aussi destructrice de la Civilisation gréco-latine. Sans haine contre quiconque, la France, selon l'Action française, doit offrir aux nations européennes qui le désirent un pôle d'autonomie de mouvement et de pensée et une protection sûre, non une tutelle économico-stratégique étroite, comme les deux "Grands" avec leurs "boucliers antimissiles" et leur monnaie unique. L'ère de la souveraineté limitée, à l'Est comme à l'Ouest, est révolue. C'est là un avantage politique à utiliser, unique depuis le traité de Westphalie. Il ne s'agit donc pas de poursuivre l'intégration européenne, mais de restaurer la Nation. 

 

Comme dans tout article de ce genre où le F.S.B. (ex-K.G.B.) est passé maître, le vrai côtoie le faux, le possible ou le rêvé. Les idées de partition du Proche-Orient qui y sont exprimées sont hautement fantaisistes; mais pas moins que celles qu'un porte-parole de l'état-major yankee publiait en 2006 dans l'Armed Forces Journal. Il n'y manque plus que la carte! Elles font fi de l'existence d'Etats anciens et solides (le Liban, la Jordanie, l'Irak) et de la cohésion de la nation arabe. De façon inavouée, ces rêveries à haute voix visent en réalité à dissocier les Etats-Unis de la défense de l'Europe, à laquelle ils sont historiquement et culturellement liés, en les renvoyant vers l'Extrême-Orient où ils ont déjà laissé tant de plumes. L'Action française dénonce leur caractère pyromaniaque. La politique extérieure de la Monarchie française garantirait autrement plus sûrement l'équilibre des Puissances au Proche-Orient et la paix et la prspérité des peuples que cette prétendue resucée des accords Sykes-Picot. Nationalistes français authentiques, travaillons donc à la Restauration nécessaire, plutôt que pour le roi de Prusse... ou le tsar de Moscou!

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

Carte du monde selon le 1984 de George Orwell

 

Avant et après George Orwell et 1984, beaucoup de romanciers et de "spécialistes de géopolitique" ont voulu remodeler selon leur fantaisie la planète... mais les faits, comme les Etats, sont têtus! (Photo D.R.)

 

 

 

"Le président Obama s’apprête à changer complètement de stratégie internationale, malgré l’opposition que son projet a suscité dans sa propre administration.

 

"Le constat est simple. Les États-Unis sont en passe de devenir indépendants au plan énergétique grâce à l’exploitation rapide des gaz de schistes et du pétrole des sables bitumineux. Par conséquent la doctrine Carter (1980) selon laquelle la sécurisation de l’accès au pétrole du Golfe est un impératif de sécurité nationale est morte. De même d’ailleurs que l’Accord du Quincy (1945) selon lequel Washington s’engage à protéger la dynastie des Séoud si ceux-ci leur garantissent l’accès au pétrole de la péninsule arabique. Le temps est venu d’un retrait massif qui permettra de transférer les GI’s vers l’Extrême-Orient afin de contenir l’influence chinoise.

 

"D’autre part, tout doit être fait pour empêcher une alliance militaire sino-russe. Il convient donc d’offrir des débouchés à la Russie qui la détournent de l’Extrême-Orient.

 

"Enfin, Washington étouffe de sa relation trop étroite avec Israël. Celle-ci est extrêmement onéreuse, injustifiable au plan international, et dresse contre les États-Unis l’ensemble des populations musulmanes. En outre, il convient de sanctionner clairement Tel-Aviv qui s’est ingéré de manière ahurissante dans la campagne électorale présidentielle US, qui plus est en misant contre le candidat qui a gagné.

 

 

Carte-de-l-Europe-de-la-S.S.jpg

 

Ainsi, le projet boche de 1943 de disparition des Etats-Nation et de création de micro-unités ethnolinguistiques ne faisant pas d'ombre au Reich, projet aujourd'hui repris par les racisto-identaires... (Photo D.R.)

 

 

"C’est trois éléments ont conduit Barack Obama et ses conseillers à proposer un pacte à Vladimir Poutine : Washington, qui reconnaît implicitement avoir échoué en Syrie, est prêt à laisser la Russie s’installer au Proche-Orient sans contrepartie, et à partager avec elle le contrôle de cette région.

 

"C’est dans cet état d’esprit qu’a été rédigé par Kofi Annan le Communiqué de Genève du 30 juin 2012. À l’époque, il s’agissait juste de trouver une issue à la question syrienne. Mais cet accord a été immédiatement saboté par des éléments internes de l’administration Obama. Ils ont laissé fuiter à la presse européenne divers éléments sur la guerre secrète en Syrie, y compris l’existence d’un Presidential Executive Order enjoignant la CIA de déployer ses hommes et des mercenaires sur le terrain. Pris en tenaille, Kofi Annan avait démissionné de ses fonctions de médiateur. De son côté, la Maison-Blanche avait fait profil bas pour ne pas exposer ses divisions en pleine campagne pour la réélection de Barack Obama.

 

L'Europe verte.jpg

...et qui inspire les écologistes d'extrême-gauche du "parlement européen" (Photo D.R.)

 

"Dans l’ombre trois groupes s’opposaient au communiqué de Genève :
• Les agents impliqués dans la guerre secrète ;
• Les unités militaires chargées de contrer la Russie
• Les relais d’Israël.

 

"Au lendemain de son élection, Barack Obama a débuté la grande purge. La première victime fut le général David Petraeus, concepteur de la guerre secrète en Syrie. Tombé dans un piège sexuel tendu par une agente du Renseignement militaire, le directeur de la CIA fut contraint à la démission. Puis, une douzaine de hauts gradés furent mis sous enquête pour corruption. Parmi eux, le suprême commandeur de l’OTAN (amiral James G. Stravidis) et son successeur désigné (le général John R. Allen), ainsi que le commandant de la Missile Défense Agency —c’est-à-dire du « Bouclier anti-missiles »— ¬(général Patrick J. O’Reilly). Enfin, Susan Rice et Hillary Clinton faisaient l’objet de vives attaques pour avoir caché au Congrès des éléments sur la mort de l’ambassadeur Chris Stevens, assassiné à Benghazi par un groupe islamiste probablement commandité par le Mossad.

 

"Ses différentes oppositions internes étant pulvérisées ou paralysées, Barack Obama a annoncé un renouvellement en profondeur de son équipe. D’abord, John Kerry au département d’État. L’homme est partisan déclaré d’une collaboration avec Moscou sur les sujets d’intérêt commun. Il est aussi un ami personnel de Bachar el-Assad. Puis, Chuck Hagel au département de la Défense. C’est un des piliers de l’OTAN, mais un réaliste. Il a toujours dénoncé la mégalomanie des néo-conservateurs et leur rêve d’impérialisme global. C’est un nostalgique de la Guerre froide, ce temps béni où Washington et Moscou se partageaient le monde à moindres frais. Avec son ami Kerry, Hagel avait organisé en 2008 une tentative de négociation pour la restitution par Israël du plateau du Golan à la Syrie. Enfin John Brennan à la CIA. Ce tueur de sang-froid est convaincu que la première faiblesse des États-Unis, c’est d’avoir créé et développé le jihadisme international. Son obsession est d’éliminer le salafisme et l’Arabie saoudite, ce qui en définitive soulagerait la Russie au Nord-Caucasse.

 

"Simultanément, la Maison-Blanche a poursuivi ses tractations avec le Kremlin. Ce qui devait être une simple solution pour la Syrie est devenu un projet bien plus vaste de réorganisation et de partage du Proche-Orient.

 

"On se souvient qu’en 1916, à l’issue de 8 mois de négociations, le Royaume-Uni et la France se partagèrent en secret le Proche-Orient (Accords Sykes-Picot). Le contenu de ces accords avait été révélé au monde par les Bolcheviks dès leur arrivée au pouvoir. Il s’est poursuivi durant près d’un siècle. Ce que l’administration Obama envisage, c’est un remodelage du Proche-Orient pour le XXIe siècle, sous l’égide des USA et de la Russie.

Aux États-Unis, bien qu’Obama se succède à lui-même, il ne peut dans la période actuelle qu’expédier les affaires courantes. Il ne reprendra ses attributions complètes que lors de sa prestation de serment, le 21 janvier. Dans les jours qui suivront, le Sénat auditionnera Hillary Clinton sur le mystère de l’assassinat de l’ambassadeur en Libye (23 janvier), puis il auditionnera John Kerry pour confirmer sa nomination (24 janvier). Immédiatement après, les 5 membres permanents du Conseil de sécurité se réuniront à New York pour examiner les propositions Lavrov-Burns sur la Syrie.

 

"Celles-ci prévoient la condamnation de toute ingérence extérieure, le déploiement d’observateurs et d’une force de paix des Nations Unies, un appel aux différents protagonistes pour qu’ils forment un gouvernement d’union nationale et planifient des élections. La France devrait s’y opposer sans pour autant menacer d’utiliser son veto contre son suzerain US.

 

"L’originalité du plan, c’est que la force des Nations Unies serait principalement composée par des soldats de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC). Le président Bachar el-Assad resterait au pouvoir. Il négocierait rapidement une Charte nationale avec des leaders de l’opposition non-armée sélectionnés avec l’approbation de Moscou et Washington, et ferait valider cette charte par référendum sous contrôle des observateurs.

 

"Ce coup de théâtre a été préparé de longue date par les généraux Hassan Tourekmani (assassiné le 18 juillet 2012) et Nikolay Bordyuzha. Une position commune des ministres des Affaires étrangères de l’OTSC a été conclue le 28 septembre et un Protocole a été signé entre le département onusien de maintien de la paix et l’OTSC. Celle-ci dispose maintenant des mêmes prérogatives que l’OTAN. Des manœuvres communes ONU/OTSC de simulation ont été organisées au Kazakhstan sous le titre « Fraternité inviolable » (8 au 17 octobre). Enfin, un plan de déploiement de « chapkas bleues » a été discuté au sein du Comité militaire de l’ONU (8 décembre).

 

"Une fois la Syrie stabilisée, une conférence internationale devrait se tenir à Moscou pour une paix globale entre Israël et ses voisins. Les États-Unis considèrent qu’il n’est pas possible de négocier une paix séparée entre Israël et la Syrie, car les Syriens exigent d’abord une solution pour la Palestine au nom de l’arabisme. Mais il n’est pas possible non plus de négocier une paix avec les Palestiniens, car ceux-ci sont extrêmement divisés, à moins que la Syrie ne soit chargée de les contraindre à respecter un accord majoritaire. Par conséquent, toute négociation doit être globale sur le modèle de la conférence de Madrid (1991). Dans cette hypothèse, Israël se retirerait autant que faire se peut sur ses frontières de 1967. Les Territoires palestiniens et la Jordanie fusionneraient pour former l’État palestinien définitif. Son gouvernement serait confié aux Frères musulmans ce qui rendrait la solution acceptable aux yeux des gouvernements arabes actuels. Puis, le plateau du Golan serait restitué aux Syriens en échange de l’abandon du lac de Tibériade, selon le schéma envisagé jadis aux négociations de Shepherdstown (1999). La Syrie deviendrait garante du respect des traités par la partie jordano-palestinienne.

 

Proche-Orient selon l'A.F.J., juin 06

 

Le fameux projet

de l'état-major américain de 2006,

révélé par l'essayiste Pierre Hillard 

(photo D.R.)

 

"Comme dans un jeu de domino, on en viendrait alors à la question kurde. L’Irak serait démantelé pour donner naissance à un Kurdistan indépendant et la Turquie serait appelée à devenir un État fédéral accordant une autonomie à sa région kurde.

 

"Côté US, on souhaiterait prolonger le remodelage jusqu’à sacrifier l’Arabie saoudite devenue inutile. Le pays serait divisé en trois, tandis que certaines provinces seraient rattachées soit à la fédération jordano-palestinienne, soit à l’Irak chiite, conformément à un vieux plan du Pentagone ("Taking Saudi out of Arabia", 10 juillet 2002). Cette option permettrait à Washington de laisser un vaste champ d’influence à Moscou sans avoir à sacrifier une partie de sa propre influence. Le même comportement avait été observé au FMI lorsque Washington a accepté d’augmenter le droit de vote des BRICS. Les États-Unis n’ont rien cédé de leur pouvoir et ont contraint les Européens à renoncer à une partie de leurs votes pour faire de la place aux BRICS.

 

"Cet accord politico-militaire se double d’un accord économico-énergétique, le véritable enjeu de la guerre contre la Syrie étant pour la plupart des protagonistes la conquête de ses réserves de gaz. De vastes gisements ont en effet été découverts au Sud de la Méditerranée et en Syrie. En positionnant ses troupes dans le pays, Moscou s’assurerait un plus large contrôle sur le marché du gaz dans les années à venir.

 

"Le cadeau de la nouvelle administration Obama à Vladimir Poutine se double de plusieurs calculs. Non seulement détourner la Russie de l’Extrême-Orient, mais aussi l’utiliser pour neutraliser Israël. Si un million d’Israéliens ont la double nationalité états-unienne, un autre million est russophone. Installées en Syrie, les troupes russes dissuaderaient les Israéliens d’attaquer les Arabes et les Arabes d’attaquer Israël. Par conséquent, les États-Unis ne seraient plus obligés de dépenser des sommes phénoménales pour la sécurité de la colonie juive.

La nouvelle donne obligerait les États-Unis à reconnaître enfin le rôle régional de l’Iran. Cependant Washington souhaiterait obtenir des garanties que Téhéran se retire d’Amérique latine où il a tissé de nombreux liens, notamment avec le Venezuela. On ignore la réaction iranienne à cet aspect du dispositif, mais Mahmoud Ahmadinejad s’est d’ores et déjà empressé de faire savoir à Barack Obama qu’il ferait tout ce qui est en son possible pour l’aider à prendre ses distances avec Tel-Aviv.

 

"Ce projet a des perdants. D’abord la France et le Royaume-Uni dont l’influence s’efface. Puis Israël, privé de son influence aux États-Unis et ramené à sa juste proportion de petit État. Enfin L’Irak, démantelé. Et peut-être l’Arabie saoudite qui se débat depuis quelques semaines pour se réconcilier avec les uns et les autres afin d’échapper au sort qui lui est promis. Il a aussi ses gagnants. D’abord Bachar el-Assad, hier traité de criminel contre l’humanité par les Occidentaux, et demain glorifié comme vainqueur des islamistes. Et surtout Vladimir Poutine qui, par sa ténacité tout au long du conflit, parvient à faire sortir la Russie de son « containment », à lui rouvrir la Méditerranée et le Proche-Orient et à faire reconnaître sa prééminence sur le marché du gaz."

 

Thierry Meyssan

 

Sources: Réseau Voltaire ( http://www.voltairenet.org/article177546.html ), d'après Odnako (hebdomadaire pro-Poutine d'informations générales). 

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Le catholicisme se porte plutôt bien, merci pour lui!

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Alors que les cardinaux s'assemblent à Rome pour élire le successeur de pape démissionnaire Benoît XVI, on pouvait lire un intéressant article du chroniqueur religieux du Figaro, Jean-Marie Guénois, sur l'état du catholicisme en Europe, que nous reproduisons plus bas avec nos intertitres. Contrairement aux vues alarmistes sur la prétendue "déchristianisation" du continent en général et de la France en particulier, il dresse un diagnostic raisonnablement rassurant, fondé sur des statistiques vérifiables, que partage entièrement l'Action française-Bordeaux & Basse-Guyenne! Le catholicisme a de beaux jours d'apostolat devant lui!

A.F.

Armoiries fastueuses Bx

 

"Malgré toutes les crises, le continent européen maintient un noyau de catholicisme actif et profond, plus ou moins important selon les pays, mais relativement stable.

Une relative stabilité
dans les pays de vieille chrétienté 
 

"Le catholicisme européen, pour usé qu'il soit, connaît plutôt une stabilité dans les populations liée à son statut historique, spirituel et culturel. Mais elle est associée à une lente décroissance, dont le vieillissement du clergé est le symptôme. La crise de confiance provoquée par la révélation des scandales de prêtres pédophiles, en Irlande et en Alle­magne notamment, affecte la situation mais de façon passagère, comme l'ont démontré les États-Unis, qui l'ont connu beaucoup plus tôt et qui voient aujourd'hui un retour à la normale. Ce qui indique pour l'avenir que, malgré toutes les crises, le continent européen, de très ancienne chrétienté, maintient un noyau de catholicisme actif et profond, plus ou moins important selon les pays, mais relativement stable.

 

"Ainsi les chiffres des baptêmes sont-ils très révélateurs. Parue cette semaine, une étude américaine de l'institut Pew Forum sur quatre pays de tradition catholique (Italie, France, Allemagne, Espagne) démontre qu'entre 1975 et 2010 il y a une stabilité des baptêmes en France et en Italie, une progression en Espagne et une légère baisse en Allemagne. Cette tendance longue démontre l'inscription du catholicisme dans une part non négligeable de la population, même si ces baptisés ne sont pas forcément pratiquants.

La Pologne, bon élève de la classe

"Quant aux relativement bons chiffres des ordinations de prêtres européens, ils ne sont dus qu'à la Po­logne. Ce bastion du catholicisme fournit en effet près d'un tiers (29 %) des ordinations de prêtres européens. De plus, l'érosion toute relative constatée depuis les années 2000 dans le pays natal de Jean-Paul II - encore 500 ordinations par an depuis dix ans tout de même, six fois plus qu'en France - ne doit pas cacher un dynamisme stupéfiant: il y a autant d'entrées, chaque année, au séminaire en Pologne (2300 environ) que dans tous les séminaires réunis des États-Unis et du Canada!

 

Petites armes du Siège apostolique

 

"Plus inquiétante est l'Italie. Bien après la France, qui a connu une ­crise des vocations dans les années 1970, et après l'Espagne, où cette décroissance frappa dans les années 1980, c'est au tour des évêques et cardinaux italiens de se faire du souci. Ils ne regardent plus avec la condescendance qui les caractérisait leurs confrères européens aux prises depuis longtemps avec ce phénomène, car ils en sont aujourd'hui les vic­times. L'Église italienne reste toutefois la deuxième en Europe après la Po­logne, même si elle est passée, en dix ans, d'une moyenne de 500 à 400 ordinations par an. La chute se confirme. Elle s'explique aussi par la situation démographique drama­tique de ce pays, symbole par excellence du catholicisme.

 

"En tout état de cause, les catho­liques européens ne peuvent pas se plaindre. Au Vatican, une statis­tique est très révélatrice. Elle me­sure le «taux d'encadrement», pourrait-on dire, des fidèles catholiques. C'est ainsi qu'il y a un prêtre pour environ 7000 catholiques en Amérique du Sud, un prêtre pour 1500 catholiques en Amérique du Nord, un pour 4800 catho­liques en Afrique. Et un prêtre pour 1500 catholiques en Europe.

 

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/03/08/01016-20130308ARTFIG00551-catholicisme-lente-decroissance-en-europe.php 

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Prochain cercle de formation d'Action française le 15 mars 2013 à Bordeaux: La Démocratie religieuse

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Année politique 2012-2013

 

Cycle « J’apprends à lire et réfléchir avec Maurras »

 J'apprends à lire & réfléchir avec Maurras

sous la direction de

 

M. Vincent Gaillère

Délégué régional de l’Action française

dans le Grand Sud-Ouest

 

Dans ce cycle de formation aux idées de l’Action française, on effectuera une relecture critique des principales œuvres politiques de Charles Maurras, à l’occasion du soixantième anniversaire de sa mort. Leur connaissance exacte, –  et non par ouï-dire, –  est indispensable à tout Français qui désire se rendre utile à son Pays.

 

Prochain cercle de formation

à Bordeaux :

 

Vendredi 15 mars 2013. – La Démocratie religieuse, ou la politique religieuse de l’Action française

     

Informations pratiques :

 

Les cercles ont lieu à Bordeaux le 15 de chaque mois, ou, si ce jour est un dimanche, le samedi précédent. Pour les autres villes universitaires de la région (Toulouse, Pau, Bayonne), se renseigner par courriel auprès du secrétariat régional des cercles de formation, via la rubrique « Contact »  des sites officiels de la fédération Grand Sud-Ouest de l’Action française : http://af-aquitaine.over-blog.com/ ou http://actionfrancaiseaquitaine.over-blog.com/ . Participation aux frais : 4 € ; inscription préalable obligatoire en donnant ses nom, prénom, âge, études suivies ou profession exercée et numéro de téléphone.

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Un royaliste landais: André de Laborde-Lassale

Publié le par Section de Bayonne & pays basque

"Avec l'accord de la famille Laborde-Lassale de Saint-Sever, la maison d'édition Princi Negue de Cressé (Charente-Maritime) vient de rééditer le livre « En Chalosse » écrit en 1907 par André de Laborde-Lassale. L'auteur (1846-1924), originaire du Cap de Gascogne, est descendant d'une vieille famille, remontant au XVIe siècle. Après de brillantes études et une orientation vers la magistrature, il s'est tourné vers l'administration où il a été conseiller à la préfecture d'Auch, sous-préfet à Jonzac, puis à Montbrison, et secrétaire général de la Somme.

 

"En désaccord avec la politique gouvernementale, il préféra démissionner et se retira à Eyres-Moncube où il fut maire pendant 33 ans. Rédacteur en chef de « la Nouvelle Chalosse » journal créé en 1876 et qui existera durant 32 ans, il représenta la presse monarchique et catholique.

"En 1884, il écrit un premier ouvrage « Monarchie » dans lequel il développe ses idées politiques. Il présida le comité royaliste de Saint-Sever et fut nommé par le duc d'Orléans, en 1912, président du Comité royaliste des Landes. Très attaché à l'histoire locale et à celle de sa famille, il publia sur ce sujet deux ouvrages : « Une famille de la Chalosse » et « En Chalosse », notes historiques, où l'histoire d'Eyres-Moncube sert de prétexte à une étude plus générale sur la Chalosse (de Saint-Sever, Montgaillard, Coudures, Montaut, Cauna, Hagetmau, etc.)

 
"14 chapitres passionnants

 

"Dans un volume de 243 pages, scindé en 14 chapitres, André de Laborde-Lassale livre un captivant récit, allant de l'époque de la conquête de l'Aquitaine par les légions romaines de Marcus Licinius Crassus, qui établirent un camp retranché, sur un promontoire d'Eyres, « Le Castérot de la salle », où elles pouvaient surveiller la vallée encaissée. Puis tour à tour, le lecteur suit l'arrivée du christianisme, le Moyen Âge, la domination anglaise, les guerres de religion, la fronde, la gabelle, la Révolution française, le XIXe siècle. Au fil des pages, il découvre des personnages qui ont plus ou moins marqué l'histoire des Landes : Guillaume Sanche, Blaise de Monluc, Mongomery, le capitaine d'Estoupignan, Balthazar, l'intendant Claude Pellot et son ennemi Daudijos de Coudures, le vicomte de Poudenx, le marquis de Poyanne, la belle Corisande, le maréchal de Grammont, le général Lamarque…

Le livre est également parsemé d'anecdotes, parfois peu connues mais toujours intéressantantes. Un livre qui doit séduire tous les curieux et passionnés de l'histoire locale.

 

"« En Chalosse », écrits historiques, en vente à la Maison de la presse, place Léon-Dufour."

 

Source:  http://www.sudouest.fr/2011/01/15/des-romains-au-xixe-siecle-290624-3333.php

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