"Union civile" = piège à cons U.M.P.!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

Les premières dissentions commencent à apparaître dans le front contre le mariage pédérastique. Divisions entre "durs" et "mous", entre activistes partisans de la politique du pire et "spiritualistes" bien intentionnés, enfin entre des parlementaires roublards et des porte-voix amateurs, naïfs et ignorants, pleins de méfiance pour la politique démocratique dont ils ont été trop de fois les victimes.

 

Ce qui donne à ces divisions  leur gravité, c'est que depuis le pontificat de Benoît XVI, les catholiques affichent plus volontiers leur foi, parfois jusqu'au triomphalisme. Pour la première fois depuis les grandes manifestations contre l'école unique en 1984, ils reprennent conscience d'être une force agissante dans la Patrie.

 

Ce n'est pourtant pas suffisant pour vaincre l'hydre démocratique et ses projets de mort pour les institutions bienfaisantes qui structurent la Société traditionnelle. La force, le nombre, c'est bien, mais il faut savoir à quoi l'employer; il lui faut aussi une certaine formation politique. Une bonne politique ne s'improvise pas. Elle ne se contente pas de monitions et de mandements, de manifestations de masse sans lendemain ni suivi. Elle doit viser au but essentiel, pour ne pas rester vaine.

 

L'impasse dans laquelle sont acculés les catholiques est précisément ce que le Pouvoir socialiste cherchait et attendait fébrilement. En respectant la légalité républicaine, une fois la loi votée, ils se condamnent à une soumission ignoble; en la violant, ils deviennent des hors-la-loi. Cruel dilemne, que l'on aurait pu éviter en se plaçant sur le terrain de la Doctrine, doctrine religieuse et doctrine politique! Pour regrettable et déplaisante que soit cette situation, elle était malheureusement prévisible depuis plusieurs mois. Le refus de la majorité de l'épiscopat (sauf exception notable) de monter au créneau contre le Système démocratique, - le fait de sous-traiter la résistance catholique à une communicante, ancienne employée du R.P.R., - l'exclusion de certains manifestants au nom de la bien-pensance politique, - rien de tout cela ne laissait présager une résistance bien organisée pour vaincre!

 

Cela a donné lieu a bien des scènes qui seraient cocasses si elles ne se déroulaient en présence d'adversaires résolus à passer en force. Il faudrait un Balzac pour décrire ces spectacles. Par exemple, celui de ces élus de province se pressant autour de l'ancien ministre de de l'intérieur, le froid Guéant, que l'on ne savait pas catho, pour une photo-souvenir le 24 mars devant l'Arc de Triomphe, photo qui pourra servir dans leur journal de campagne aux prochaines législatives ou cantonales! Celui de Guaino, homme de Gauche passé à Droite, ancien commissaire au plan, mais qui ne sait pas servir du bouton-à-voter sur son pupitre à la Chambre! Ou encore, dans telle grande ville du Sud-Ouest aquitain, en janvier dernier, celui qui vit organisateurs de marches pro-life "ayant pignon sur rue" et activistes pseudo-royalistes, s'unir pour dénoncer à la police politique comme "perturbateurs" d'une réunion contre le mariage pédérastique (!?) de pacifiques vendeurs à la criée de L'Action Française 2000. Catholiques, ne méprisez donc pas la politique, c'est une science et un art, mais méfiez-vous plutôt des loups qui se glissent dans vos rangs et s'instituent vos juges et vos maîtres dans ce domaine délicat qui exige savoir, expérience et pratique!

 

Aussi, est-ce avec plaisir et un vif intérêt qu'on lira plus bas l'excellente analyse doctrinale, par un prêtre de la nouvelle communauté de l'Emmanuel, du piège à cons tendu par la Droite parlementaire aux catholiques, afin de les récupérer en vue des municipales de 2014 et des échéances nationales suivantes. Le projet d' "union civile" évoqué et les belles paroles des "durs" de l'U.M.P. ne sauraient faire illusion: la Droite, quelles que soient ses nuances, parlementaire ou extraparlementaire, conservatrice ou populiste, appartient au Système, elle est tenue d'aller dans le sens du "Progrès". Elle n'en quittera pas le chemin boueux et tortueux.

 

Si l'Action française dit "Politique d'abord!", cela veut dire que, même pour défendre des intérêts spirituels et sociaux, comme le mariage traditionnel, il faut une méthode réaliste, un mode d'emploi adapté. L'empirisme organisateur les fournit. Se battre contre les conséquences des maux du monde moderne est utile et juste, mais il faut aussi se battre contre la cause directe, politique de ces maux! En appeler à une vraie Démocratie est dès lors illusoire: on ne peut avoir d'autre démocratie que celle, maçonnico-policière, qui existe, sous diverses formes, depuis 1789! Il faut à la France un Pouvoir qui, dans son essence, soit l'anti-89; ce Pouvoir existe, c'est la Monarchie nationale de Mgr le Comte de Paris, Duc de France. Catholiques, allez donc au bout de votre démarche: pour défendre la vie, allez jusqu'au Roi!

 

Loin d'ailleurs de faire une opposition systématique au Pouvoir de Gauche, l'Action française lui reconnait au contraire un certain courage pour ramener nos soldats d'Afghanistan, pour réparer au Mali les errements de la politique extérieure atlantiste de Sarközy et pour restaurer le bon renom de la France auprès de nos amis africains et dans le Tiers-Monde. Elle lui reconnait aussi la velléité, à défaut de la volonté, de venir à bout de la dette qui paralyse notre avenir de Nation. Mais, faisant une politique constructive et sachant raison garder, elle l'avertit, dans son propre intérêt électoral, contre une dérive idéologique improductive, entamée sous la pression d'ultraminorités extrémistes. On ne va pas impunément contre la nature du mariage traditionnel, monogamique et hétérosexuel; les faits sont têtus!

 

En conclusion, la fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française et ses sections de Bordeaux & Basse-Guyenne, de Toulouse & Haut-Languedoc, de Pau & Pyrénées et de Bayonne & pays basque adjurent les opposants de rester unis dans un seul objectif: le rejet du projet mortifère de mariage pédérastique.

 

Elles suggèrent au président de la République la non-promulgation de la loi scélérate permettant aux pédérastes et lesbiennes de prétendre à la respectabilité bourgeoise. Compte tenu de l'ampleur de l'opposition, il devrait la soumettre au référendum et "renvoyer la balle au centre". Il y va de sa réélection en 2017.

 

Signé: Vincent Gaillère

Délégué régional de l'Action française dans le Grand Sud-Ouest

L’union civile, ou alliance civile, est présentée par certains opposants au projet de loi Taubira ouvrant le mariage et l’adoption aux personnes de même sexe comme une alternative sérieuse et raisonnable. PaCS amélioré ou mariage édulcoré, la formule reviendrait à institutionnaliser une pratique privée, élevée ainsi au rang de norme sociale. Au dépens du bien commun.

Beaucoup de questions restent ouvertes concernant le « mariage pour tous » et certains souhaitent trouver, légitimement, des solutions paisibles. Pourtant, il me semble que l’union civile ne peut en aucun cas être soutenue. Pourquoi ? Compréhension individualiste de l’union ou du mariage d’un côté, et institutionnalisation de l’homosexualité de l’autre, sont, à mon sens, les deux erreurs de cette idée.

La question du droit naturel revient régulièrement comme opposition au projet de loi sur le « mariage pour tous ». Or il y a plusieurs manières de voir cette loi naturelle et de creuser les enjeux d’aujourd’hui. Si le droit naturel semble remis en cause, il nous semble opportun de considérer que c’est en sa vision moderne (celle de 1789) que les choses ont basculé ; ce n’est pourtant pas une raison pour proposer des choses invraisemblables. Et disons-le tout de go : l’union civile proposée par certains nous entraînera de la même manière que le mariage pour tous.

Droit naturel objectif et droit naturel individualiste

La Déclaration de 1789 entendait bien proclamer (était-ce du volontarisme ou de la prétention ?) des droits de tous les temps et de tous les pays qu’elle définissait elle-même comme « naturels ». Pourtant, nous nous apercevons aujourd’hui que derrière ce mot de « nature » se cachait en fait un autre sens : ce droit naturel appelé « moderne » (par opposition à la compréhension classique thomiste de l’Église) consacre en fait et uniquement le droit de l’individu. Contrairement au droit naturel classique compris comme un droit objectif et indépendamment de la volonté de l’homme et de sa culture (ce droit naturel s’origine dans le Créateur), ce droit naturel dans son acception révolutionnaire est subjectif : il réduit la loi naturelle à la loi positive où l’homme décide ce qui est bon pour lui.
Les thèses qui les sous-tendent sont que la raison et la culture, dans la pensée des « Lumières », sont autosuffisantes, en renvoyant la transcendance et la foi à la sphère du privé. Ce droit naturel perd alors sa dimension sociale objective pour ne trouver qu’une dimension individuelle subjective : la naturalité de la loi n’est qu’à rechercher dans son individualité et sa soi-disant liberté : « Je dois pouvoir faire ce que je veux ; là est ma nature profonde. »

Hobbes se référait déjà à un état de nature qu’il définissait lui aussi comme le vouloir-vivre humain puisque selon lui, la véritable loi se trouvait uniquement dans l’existence, la volonté et le pouvoir de l’homme ; où la volonté prend alors la place de la nature. Et Rousseau l’envisageait lui-même puisque, selon lui, il n’y a plus à proprement parler de « droits de l’homme » découlant d’une éventuelle loi naturelle, mais seulement des droits « du citoyen » : « Dans l’état civil, tous les droits sont fixés par la loi [1]. »

C’est le passage d’un « droit naturel proprement dit » à un « droit naturel raisonné » [2]. Pour Rousseau, comme pour Hobbes, la nature n’est plus un ordre que la raison connaît, mais un instinct au cœur de la volonté. Ainsi, selon eux, la loi naturelle est la nature même comprise comme la liberté ; et même si le droit individuel doit rester soumis à l’ordre public, le volontarisme absolu du Contrat social engendre un volontarisme absolu dans la notion de loi : elle fait ce qu’elle veut.

Or, comme le disait très justement le cardinal Ratzinger : « Sans capacité morale, la liberté devient une caricature d’elle-même [3]. »

On pense aujourd’hui que si une chose peut être faite, elle doit être faite. S’il en est ainsi, la liberté est absolue et elle n’a plus de critères moraux, et si le pouvoir-faire devient un devoir-faire, on perd alors la dignité humaine. D’un droit naturel, qui dépasse et transcende l’homme, nous en arrivons à un droit individuel où l’homme, seul, décide de ce qui est bon pour lui : glissement individualiste par excellence. Et c’est dans cette mentalité que nous évoluons aujourd’hui : le législateur n’est plus d’abord compris comme le garant d’une nation et d’un bien commun, mais comme le garant de ces droits et devoirs individuels ; le garant de ma liberté individuelle. Mais plus profondément encore, liberté totale du législateur qui décide par lui-même ce qui est bon et bien.

Le mariage, acte du bien commun

Or, le mariage, dans sa conception traditionnelle, pour ne pas dire judéo-chrétienne, n’est pas seulement un acte individuel, mais un acte du bien commun ! Et c’est là tout le divorce d’avec les mentalités actuelles.

En s’émancipant de ces liens sacrés habituellement compris dans le mariage (comprenez « lien religieux », mais aussi lien étatique par symbolisme), l’individu laissé alors à son seul sentiment se retrouve face à une réalité qui ne contiendra plus aucune protection juridique. La loi devient totalement fictive en s’abandonnant à l’unique sentiment dont je dépends : le mien, bien évidemment, et celui de l’autre ! La triste découverte se fait ainsi : le mariage réduit à un sentiment amoureux entre deux personnes s’affranchit en fait de toutes protections sociales, laissant aux hommes la seule possibilité de « réglementer » le mariage.

C’est bel et bien ce même individualisme qui fonde cela : d’un acte du bien commun, nous avons réduit le mariage à un contrat privé, à cette individualité de la liberté : je dois pouvoir faire ce que je veux.

Alors que le mariage (civil) se concevait comme base de la société qui le protège et le garde, et comme (pour le religieux) le lieu d’une révélation de ce que Dieu dit à l’homme sur son être et son essence, il se conçoit aujourd’hui uniquement comme un acte individualiste et personnel s’enracinant dans la compréhension révolutionnaire des droits de l’homme.

Le « mariage pour tous » ne sera qu’un acte de plus dans cette « individualisation » de l’homme et du mariage, coupé de la société et de son histoire. Il ne sera en rien une évolution dans l’histoire matrimoniale, mais un repli de l’enjeu sociétal des époux.

Détruire les repères sociaux naturels

Mais ce n’est pas le mariage que veulent certains lobbies gay et autres associations libertaires. C’est la destruction de la famille et des repères naturels de la société. Des chrétiens, des catholiques, voire même certains membres de l’institution ecclésiale, peuvent être tentés, par « esprit d’ouverture », par peur, ou par inconscience tout simplement (c’est-à-dire par une conscience non suffisamment éclairée), de vouloir nuancer les enjeux et proposer une union civile, un contrat, ou encore un PaCS amélioré.

La question n’est pas la reconnaissance de droits individuels aux personnes homosexuelles ! S’il faut bel et bien combattre toute forme de discrimination (mais dans une compréhension juste et réelle de la différence) et de violence (l’homophobie doit être condamnée, tout comme les violences homophobes de certains pays ou mentalités extrémistes), il ne faut pas pour autant ouvrir la boîte de Pandore qui ne ferait que renforcer cette mentalité individualiste et orgueilleuse de la loi : « Je dois pouvoir faire ce que je veux ; là est ma nature profonde. »

Certains défendent « une union civile de droit privé, qu’on peut appeler “alliance pour le glamour”, avec des droits patrimoniaux, fiscaux et sociaux égaux, qui serait bien plus légitime que l’absurde “mariage pour tous”, [en trouvant] tout à fait normal que le conjoint homosexuel ait droit à un congé d’accueil après la naissance de l’enfant. Il suffit d’une loi pour instaurer ces mesures d’égalité qui ont trait à la vie privée [4] ». Nous avons là un très bel exemple. Sans véritable colonne vertébrale anthropologique, tout homme animé d’une sincère charité tombera dans le panneau !

L’exemple récent de l’Autriche condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme en est flagrant. Cet arrêt a établi le principe suivant lequel l’adoption des enfants du partenaire de même sexe doit être possible lorsqu’elle l’est au sein des couples de sexe différents. Si nous en venons à prôner une union civile, même sans la terminologie de mariage, comment tiendra-t-on devant la Cour européenne qu’il n’y a pas discrimination ? Alors que l’absence de loi et de statut est légitime (le législateur a le droit, reconnu par la CEDH de ne pas vouloir statuer sur la question et ce n’est pas discriminant !), le moindre arsenal juridique posant une différence de traitement dans la loi sera vu comme discriminant et impliquera l’évolution de la loi même !

Tous les soutiens à cette fausse bonne idée de l’union civile (comme certains députés), sous couvert d’ouverture, ont simplement oublié une chose essentielle : le bien commun. Il ne s’agit nullement de répondre à des demandes individualistes : la question est savoir si nous voulons donner un statut à l’homosexualité. Et répondre par ces artifices sera de toute manière ouvrir une porte que l’on ne refermera plus.

Dans l’histoire, « l’homosexualité » n’existait pas en tant que telle, mais des personnes avaient des pratiques homosexuelles. Là est toute la différence. Aucune société ne l’a institutionnalisé en lui donnant un « statut » de culture, de mentalité, ou de lobbying. Qu’il y ait des comportements personnels, c’est une chose (et du reste, beaucoup de personnes homosexuelles ne demandent rien si ce n’est à avoir la paix !) ; mais voulons-nous institutionnaliser l’homosexualité comme norme pour une société, c’est-à-dire une norme considérée comme possible, proposée et encouragée socialement (toute norme répondant au bien commun répond à ces critères) ? Là est le véritable enjeu.

Or que ce soit le mariage, un PaCS amélioré, une union civile, ou je ne sais quoi d’autre encore, tout ceci participera d’une manière ou d’une autre à cette institutionnalisation. Oui, cette question est politiquement incorrecte, mais doit être posée !

À vouloir une société qui se sape elle-même en ne se réduisant qu’à la somme des intérêts privés, alors le mariage disparaîtra, tout simplement parce que le « mariage pour tous » ne sera qu’un pas de plus dans cette mentalité individualiste.

À partir du moment où la loi n’est plus là pour sauvegarder le fondement d’une institution sociale, mais uniquement garantir des droits individuels, le mariage – ou l’union civile – se réduira immanquablement à un contrat privé où je devrai pouvoir mettre ce que je veux. Cette union civile, et ses arguments trompeurs, n’en sont que le reflet le plus immédiat, croyons-le.

Or le nivellement se fait toujours par le bas : sur le chemin de la destruction du mariage, l’union civile ne sera qu’une étape. Mais, pour les chrétiens, le choix doit être clair : cela ne passera pas par nous.

Père Cédric Burgun

« Ils interdiront le mariage »

Saint Paul l’avait dit à Timothée :

« Dans les derniers temps, certains renieront la foi, s’attacheront à des esprits séducteurs et à des doctrines inspirées par les démons, égarés qu’ils seront par l’hypocrisie des menteurs marqués au fer rouge dans leur conscience : ils interdiront le mariage » (1 Tm 4, 1-3).

Il paraît peut-être imprudent de discerner les temps dans lesquels nous sommes entrés. Il paraît peut-être encore plus imprudent de proclamer cette parole de Paul : « Ces gens-là interdiront le mariage. » Et en même temps, n’est-ce pas réellement en ce temps que nous sommes plongés ?

* * *

[1] Rousseau, Contrat Social, II, 6.
[2] Cf. Rousseau, Manuscrit de Genève, II, 4.
[3] Joseph Ratzinger, L’Europe, ses fondements, aujourd’hui et demain, éd. Saint-Augustin, 2005, p. 92.
[4] Voir par exemple le site d’information « Causeur »

http://www.cedric.burgun.eu/?p=589

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Assimilation ou association de l'Outre-mer français: l'avis de l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On relira avec profit une brève vieille de plusieurs années, mais qui résume à merveille la position raisonnée qu'un nationaliste français conscient de notre histoire mondiale doit avoir sur la nature pluricontinentale, pluriraciale, pluriculturelle et pluriconfessionnelle de la Nation française. Toute autre opinion désordonnée ne relève que d'un racisme d'origine germanique, en tout cas étranger à notre tradition latine et chrétienne.
 
A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne
 
3 couleurs 1 Nation
 
Assimilation ou association ?
Révisons nos fondamentaux.

"Avant hier le bruit courait d’une suppression du ministère qui fut celui des colonies avant de devenir celui de la France d’outre-mer, et enfin le ministère des DOM.
(……).
 
"Monsieur Lurel Président de la région Guadeloupe déclarait franchement son hostilité à cette éventuelle mesure, et sur RCI le journaliste Thierry Fundere y consacrait sa chronique quotidienne.
 
"Mardi soir 8  avril, RFO-Guadeloupe, toujours « indulgente » pour les séparatistes guadeloupéens, donnait la parole sans aucune contrepartie, sans aucune perspective critique aux perclus de l’indépendantisme guadeloupéens, anciens membres du Gong (Groupement des "owganisasions" nationalistes guadeloupéennes) dont les inconséquences aboutirent à la mort de trop de jeunes inconscients, ou de personnes qui se trouvèrent mêlées sans l’avoir voulu à l’émeute de mai 1967, et à sa répression.
 
"Il n’y a même pas 4 ans que plus de 75% de Guadeloupéens votèrent « non » à un projet, trouble et mal ficelé, de changement de statut politique pour la Guadeloupe. Nos « démocrates » révolutionnaires, nous l’avons constaté hier,  ne  renoncent pas à remettre en cause la décision populaire.
 
"En politique rien n’est jamais définitivement joué, et il importe pour les citoyens les plus conscients de rester vigilants et de réviser les fondamentaux de la politique, en particulier de la politique de nos départements d’outre mer.
 
"C’est dans cette perspective que je publie aujourd’hui ces textes de  Charles Maurras, publié en 1921 et 1922, encadrant un discours de 1921 du député de la Guadeloupe de l’époque Achille René-Boisneuf, au Parlement national, et son vif échange avec le ministre Albert Saraut.
 
"Pour comprendre ces textes comme il faut, il faut les situer à leur époque, il y a plus de quatre-vingts ans. Le vocabulaire porte la marque de ce temps. Il faut savoir aussi que Charles Maurras célèbre théoricien politique, et directeur d’un journal alors très influent, l’Action Française, était royaliste. Que l’on partage ou non ses idées politiques son analyse est intéressante, et montre que le débat politique, dans ces années là ne manquait pas de tenue.
 
Edouard Boulogne

 
Insigne Ligue 3
 
"Assimilés? ASSOCIES ?.— M. René Boisneuf, député colonial, demandait à M. Albert Saraut alors ministre   des Colonies,  qu'on assimilât  les  indigènes. M. Sarraut parlait, lui, d'associer.   «   Vis-à-vis   de   ces   frères  non pas inférieurs mais attardés, nous avons à remplir  un  devoir d'éducation  matérielle et morale afin  de nous les associer ».
 
"M. Albert Sarraut, cela résulte de la conclusion de son  discours,  tient à respecter l’âme des races indigènes, comme il eût fallu que la   Constituante,   la   Convention et le Consulat respectassent l'âme des provinces entre 1789 et 1799.   M. Albert Sarraut   est   un Girondin  décentralisateur. Il a parfaitement   expliqué   comment   les pouvoirs   locaux   dans   nos   colonies,   s'ils doivent être « fortement constitués », doivent jouir d'une autonomie, d'une autorité propre  extrêmement  étendue, et s'associer les autorités  et  les   hiérarchies  indigènes : Loin de disparaître,  celles-ci, au  contraire, doivent être utilisées autant que possible. Ce  n'est pas l'assimilation ! C'est même le contraire  de  l'assimilation.   Mais  l'assimilation est-elle possible dans tous les cas ? Des   nègres   venus   d'Afrique,   transportés aux Antilles, entrés dans les plantations des Blancs et devenus ainsi, peu à peu, par l'école, par l'Eglise, par la vie commune, membres d'une famille européenne, au sens large du mot, ont reçu aisément l'assimilation historique dont parle M. René-Boisneuf. Le même procédé est-il applicable quand une poignée de colons militaires et civils débarque dans un vaste pays comme Madagascar ou l'Indochine, pour ne pas citer l'Algérie et le Maroc? Est-ce que  l'assimilation y est seulement concevable ? Est-il sage de vouloir substituer de fond en comble notre civilisation à des états sociaux aussi avancés ou, si l'on veut, si  déterminés   que   ceux   de   l'Extrême Orient ou de l'Afrique du Nord ? Il y a des points du monde où de grandes races sont, quelque sorte, nouées. On peut y introduire certaines   institutions   et   coutumes occidentales ou superposer, au fond des sentiments et des idées, certaines  nouveautés d'utilité    indubitable,    d'usage    immédiat. Peut-on tenter autre chose que cette association discrète et féconde ? Je serais surpris  que  M.  René Boisneuf nous le démontrât et je n'en serais pas enchanté, car enfin où passerait la variété de notre pauvre monde et quelle affreuse monotonie submergerait tout! (1)" (Action française, 23 décembre 1922.).

( Voici maintenant, cité par L’Action Française du 21 décembre 1922, des extraits du discours à l’assemblée nationale d’Achille René-Boisneuf, tel qu’il figure au J.O., et entrecoupé de commentaires intéressants de Maurras).

"(1) UN ORATEUR COLONIAL. — C'était une singulière physionomie que celle de M. Boisneuf, député de la Guadeloupe. Il parlait avec vivacité, trouvait des images fortes et même poignantes, de ces éclats de voix soudains qui l'ont rêver. Il lançait : « Les vapeurs d'où sort la foudre sont formées par les larmes de l'innocence. » De plus, il savait. Il savait l'histoire coloniale. Il gardait un souvenir net et précis des procédés immémoriaux par lesquels la France s'est fait aimer, et les moissons d'amitié que l'on peut recueillir aujourd'hui ne le laissaient pas insensible aux conquêtes ni aux acquisitions du passé. Il ne paraissait même pas très convaincu de la supériorité des progrès dont il profitait sur les progrès dont ses aïeux ont profité. Les méthodes de colonisation de l'ancienne France lui semblaient au moins valoir celles de la France moderne. Il l'a dit, en 1921 (voir ci-après), dans un discours inoubliable à la gloire des généreux Français d'autrefois, fondateurs d'hôpitaux et d'écoles autant et plus que d'usines et de comptoirs : le beau lien qui va des premiers aux derniers ne lui était pas étranger. Il ne craignit pas d'affirmer :

"La véritable politique coloniale de la France est la politique d'assimilation... La politique coloniale française, dès son début au XVIIe siècle, fut une politique d'assimilation. C'est ainsi que l’édit de mars 1645, si cruel en certaines de ses dispositions, octroyait aux indigènes affranchis les mêmes droits dont jouissaient les personnes nées libres. Où en sommes-nous aujourd'hui, sous notre République égalitaire et démocratique, de l'application de ces principes ? Y a-t-il progrès ou recul ?
 
"Aux temps de la monarchie, tout ce qui intéressait l'organisation des colonies était délibéré par le roi en son conseil.
 
"M. LEON DAUDET. — Celte procédure n'était pas mauvaise. Elle était plus rapide que la procédure actuelle.
 
"M. BOISNEUF. — Aujourd'hui, le souverain, c'est le Parlement.

"Et ce Parlement, à la différence du Conseil du Roi, qui était compétent du fait de sa composition, n'entend pas grand'chose aux affaires coloniales dont il juge en dernier ressort. Contrôleur souverain, il ne dispose pour contrôler que d'une ignorance sans limite, pareille à sa souveraineté. Un contrôle aveugle, inopérant, inexistant ne peut qu'ajouter à l'irresponsabilité qui naît de la vitesse à laquelle se succèdent les gouvernements parlementaires. Ceux-ci envoient aux colonies des fonctionnaires qui sont incapables de diriger, de tenir, de punir : ces proconsuls, issus pour la plupart de la brigue ou de la faveur électorale de la métropole, restent pratiquement au-dessus des lois :

"M. BOISNEUF. — Une des plus grandes plaies de l'administration coloniale, c'est que le sort de 50 millions d'hommes est livré à des fonctionnaires naïfs et omnipotents, et que les rapports fournis sur ces fonctionnaires par les inspecteurs coloniaux sont régulièrement étouffés. Vous n’êtes même pas renseigné, monsieur le ministre, et, si vous l'êtes, pourquoi n'agissez-vous pas ?
 
"J'ai vu un rapport de 1919 ou de 1920 sur la Nouvelle-Calédonie...
 
"M.    LE   MINISTRE   DES    COLONIES.    ---   Je   n’étais pas là.
 
"M. BOISNEUF. — Bien entendu : il n'y a pas de solidarité entre les ministres successifs. Ce n'est pas vous, c'est le voisin".

"L'orateur noir, digne des Hurons de Voltaire, en vient à conclure par cette paraphrase des maximes d'un Prince de la Maison de France :

"Si l'irresponsabilité, le régime du démembrement de la souveraineté existent, c'est moins aux hommes qu'il faut s'en prendre qu'au système lui-même que je demande à la Chambre de réformer".

"Or, voici le point le plus curieux de cette longue et dure sortie : tout ce qui n'y a pas été imputé aux institutions retombait sur le dos du ministre actuel des Colonies, M. Albert Sarraut, que M. Boisneuf n'aime pas et qui ne l'aime guère. Ces antipathies d'homme à homme n'auraient point de sens raisonnable s'il ne fallait noter que l'article sur lequel le député colonial attaquait le ministre des Colonies était précisément celui sur lequel on eût cru celui-ci imbattable, savoir la philanthropie constitutionnelle, le respect, l'amour des races de couleur, l'humanité envers nos collaborateurs d'Asie, d'Afrique, d'Amérique et d'Océanie. Là, semblait-il, M. Sarraut était très fort : fort de la Charte des Droits de l'Homme, fort de la tradition des philanthropes jacobins, fort de toute la métaphysique juridique de la démocratie et de la République, fort même des critiques parfois âpres et vives, que nos colons, nos officiers, nos savants ont adressées à sa méthode trop strictement morale et juridique accordant trop aux sentiments, refusant trop aux justes garanties et aux sages précautions de la politique proprement dite... Eh bien ! c'est, dans ce fort que M. Boisneuf a défié, bravé, attaqué ou même enfoncé M. Albert Sarraut par le simple contraste relevé entre le libéralisme éthéré des doctrines et la réalité des violents abus impunis.
 
"Hypocrisie ? Je ne crois pas. Non. Le pur effet des mauvaises mœurs politiques nées de systèmes faux. Ce que l'on appelle l'idéal démocratique et républicain voudrait être appliqué par des saints et des anges, parce que cet « idéal » comporte un maximum d'obligation théorique et. un minimum de sanction pratique. En fait, les saints et les anges, envoyés en mission officielle aux colonies, sont, les trois quarts du temps, les laissés pour compte des partis au pouvoir, munis du solide « piston » de grands électeurs. De tels agents ne valent pas cher, et le pouvoir central ne peut rien ou pas grand'chose pour les corriger, ne pouvant même pas y toucher. Ch. M." (Action française, 21 décembre 1922.)

"LE DISCOURS DE M. BOISNEUF EN 1921. — « Le mal tient à ce que la République n'a pas de programme colonial d'ensemble ; seuls les régimes monarchiques se sont préoccupés de l'organisation coloniale, qui lient dans les ordonnances de la Restauration de 1825 et 1828, dans la belle loi du 24 avril 1833 et dans les sénatus-consultes du 3 mai 1854 et du 10 juillet 1856.
 
« Depuis la troisième République, on ne trouve aucune grande loi organique coloniale. »

"Ce n'est pas un discours très gai pour la France. Il ne nous montre pas des progrès. La philanthropie officielle de la démocratie ne paraît pas avoir réalisé de grands progrès moraux ni dans  le gouvernement de nos colonies, ni dans les administrations, ni dans l'affection que nous portons à leurs   habitants,   mais  le   ton  historique  de ces mêmes  discours en fait  tomber la lumière sur ce point évident qu'il   n'y  a   pas   à   charger la  patrie, mais son régime.
 
"Par  exemple, accuse-t-on les   gendarmes. (Il  paraît que la troisième République a fait dégénérer les gendarmes, même coloniaux.) Eh bien c'est dans les termes suivants que l'acte d’accusation se trouve rédigé :

"M. BOISNEUF. — "Et savez-vous à quoi ont servi les gendarmes ? Ce sont les agents indispensable de la fraude électorale."

"Notons que M. Boisneuf est républicain ; il le dit à chaque instant. Néanmoins, de tels griefs ainsi avoués prennent le régime électif en flagrant délit.
 
"Son instabilité fatale est saisie et condamnée avec la même clarté :

"Depuis   douze   ans,   la   Guadeloupe   a   presque chaque année changé, de  gouverneur,  tandis qu’à  l'île Dominique, toute voisine, qui est une possession   anglaise,   c'est   depuis   douze   ans   le  même gouverneur qui est en fonction.  Ce gouverneur a fait dernièrement un voyage en Angleterre.  Lorsqu’il est. revenu à la Dominique, la population l'a reçu  par des  acclamations  et,  après  avoir dételé sa   voiture,   l'a   triomphalement   conduit  jusqu'à sa   résidence."

"Parlementaire, admirateur du parlement, convaincu, semble-t-il, que le parlementarisme peut tout guérir,  mais constatant,  que les  interpellations sur les colonies viennent rarement, M. Boisneuf ne semble pas un fanatique de la démocratie à l'européenne, il croit à la nécessité de la tutelle de  l'entr'aide. Mais l'arme démocratique est-elle bien maniée; en Europe ? M. Boisneuf en revient aux bonnes coutûmes de la vieille France :

"Nous sommes aux colonies non pour consacrer les mauvaises habitudes des indigènes, mais pour les réformer, les améliorer. (Très bien ! très bien !) Ne vaudrait-il pas mieux accorder des subventions aux budgets coloniaux si, à ce prix, au lieu de peupler nos hôpitaux de travailleurs anémiés, on  permettait à des populations énergiques et valides de prolonger outre-mer celle de la France ? (Applaudissements.)
 
"Cette, politique, ce fut celle des anciens régimes ! (Interruptions.) Mais oui ! De 1830 à 1848, la France n'a-t-elle pas, elle aussi, préparé l'abolition de l'esclavage ? N'inscrivait-elle pas à son budget des crédits pour construire aux Antilles des églises, des chapelles, des écoles ? En ce temps-là, la France songeait, avant tout, à sa mission de nation civilisatrice ! (Applaudissements à droite.) Quelle est notre politique, à nous républicains ? Elle est tout entière dans l'article 18 du sénatus-consulte du 3 mai 1853 : « Les colonies sont régies par décrets de l'empereur! » (Applaudissements.)
 
"Ce n'est pas en investissant là-bas du pouvoir des parlementaires, si éminents soient-ils, ou  laissés pour compte de comités électoraux que vous résoudrez le problème colonial! (Applaudissements.)"

 

Source: http://www.lescrutateur.com/article-18606410.html

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Prochain cercle de formation d'Action française le 15 avril 2013 à Bordeaux: Jeanne d'Arc, Louis XIV, Napoléon

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Année politique 2012-2013

 

Cycle « J’apprends à lire et réfléchir avec Maurras »

 J'apprends à lire & réfléchir avec Maurras

sous la direction de

 

M. Vincent Gaillère

Délégué régional de l’Action française

dans le Grand Sud-Ouest

 

Dans ce cycle de formation aux idées de l’Action française, on effectuera une relecture critique des principales œuvres politiques de Charles Maurras, à l’occasion du soixantième anniversaire de sa mort. Leur connaissance exacte, –  et non par ouï-dire, –  est indispensable à tout Français qui désire se rendre utile à son Pays.

 

Prochain cercle de formation

à Bordeaux :

 

Lundi 15 avril 2013. – Jeanne d’Arc, Louis XIV, Napoléon, ou la vision de l’histoire par l’Action française

   

Informations pratiques :

 

Les cercles ont lieu à Bordeaux le 15 de chaque mois, ou, si ce jour est un dimanche, le samedi précédent. Pour les autres villes universitaires de la région (Toulouse, Pau, Bayonne), se renseigner par courriel auprès du secrétariat régional des cercles de formation, via la rubrique « Contact »  des sites officiels de la fédération Grand Sud-Ouest de l’Action française : http://af-aquitaine.over-blog.com/ ou http://actionfrancaiseaquitaine.over-blog.com/ . Participation aux frais : 4 € ; inscription préalable obligatoire en donnant ses nom, prénom, âge, études suivies ou profession exercée et numéro de téléphone.

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Proche-Orient: "donner un bonne baffe au Qatar", la solution?

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

« Une bonne baffe au Qatar et les autres pays arabes du Golfe comprendront… » Est-ce une voie pour la politique arabe de la France? On en jugera, - et d'abord de l'influence exagérée que les pétromonarchies du golfe persique exercent sur la Démocratie françise, - en lisant l’article ci-après. Il est signé par l’Américain Hugh Fitzgerald, rédacteur associé de la New English Review et membre du conseil d'administration du World Encounter Institute, à qui nous laissons l'entière responsabilité des appréciations qu'il contient. On ne peut en tout cas que constater, que, plus que jamais, comme l'ont toujours dit l'Action française et sa section de Bordeaux, "la République en France est le règne de l'Etranger"! La courageuse intervention du gouvernement français au Mali pour défendre l'Afrique occidentale de la contagion islamiste ouverte en Libye par Sarközy, implique sans doute un réajustement de nos rapports avec ces "Etats" ultramodernes en apparence et archifondamentalistes en réalité!
 
A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne 
 
"Le riche, le petit Qatar mène allègrement son propre djihad contre l’Occident, à grands coups de pognon, de tous ces milliards qu’il ne mérite pas (ils ne sont que le résultat du hasard qui a placé de gigantesques gisements de gaz naturel à sa portée). Sa principale arme, c’est la propagande de la chaine Al Jazeera, dans sa version arabe comme dans sa version anglaise légèrement édulcorée.
 
 
"Mais le Qatar contribue également au djihad par son appui et son secours à Youssef Al-Qaradawi, ce religieux sunnite pernicieux qui soutient, qui défend par tous les moyens tous ceux qui prennent part directement au djihad violent. Le Qatar envoie de l’argent et des armes aux pires de tous, c'est-à-dire aux musulmans les plus fanatiques parmi les rebelles de Libye. Car c’est bien ceux-là qu’il soutient, et aucun des rebelles « modernes ». Et maintenant il soutient les fanatiques musulmans qui se sont emparés du Nord Mali –en utilisant sans doute exactement les mêmes armes que les Qataris ont fournies en Lybie. Et ce faisant, le Qatar en vient à s’opposer directement à la France.
 


"La France est ce pays où les Qataris riches se sont payés appart sur appart dans tous les Champs Élysées, et aussi tous ces nombreux hôtels particuliers des 17ème et 18ème siècles qu’ils réaménagent à leur sauce - avec force salles de gym, ascenseurs pour leurs voitures, et autres - , en s’embarrassant le moins possible des considérations françaises pour la conservation de ce patrimoine national inestimable. Ces rustres se pavanent sur l’avenue Foch, l’avenue Montaigne, avec d’autres nababs arabes, comme ils le font à Belgravia et Mayfair, à Londres. Leur simple présence est corruption, elle corrompt. Et elle dérange même aujourd’hui ceux – banquiers, agents immobiliers, fournisseurs de luxe - qui en profitent tant.

"Mais, depuis 1973 et la tournée royale du cheikh Yamani [ministre du pétrole du roi saoudien] en France et en Angleterre, les riches arabes ont bien été fondés à croire qu’ils pouvaient se comporter comme cela leur plaisait, à faire ce qu’ils souhaitaient ; et bien fondés à croire que les capitales occidentales auraient trop peur de froncer les sourcils. Et c’est alors qu’ils ont adopté ce comportement scandaleux envers l’Occident, fait d’intimidation, de menaces, alors même qu’ils ne disposaient pas encore de réels moyens de nuire. Les milliers de milliards de l’OPEP commençaient tout juste de couler, et ils n’avaient pas encore acheté les armes et l’influence qu’ils leur ont procuré par la suite ; les musulmans n’étaient alors qu’un petit nombre en Occident, (...) devant leur constat et leur rejet de la supériorité occidentale, devant le refus de céder opposé par les infidèles, ils s’islamisent davantage, se séparent de plus en plus des non-musulmans, et se considèrent comme les héritiers de plein droit des territoires où ils sont - territoires dont ils pensent qu’ils finiront par leur revenir avec le temps et la loi du nombre.

"Alors merci aux gouvernants en Occident qui se sont dévoyés à protéger, à défendre les textes, la doctrine, l’esprit, les comportements de l’islam, à les soustraire à la réaction populaire. Et merci à certains occidentaux qui en veulent tant à l’argent des riches Arabes du Golfe qu’ils en sont prêts à s’humilier pour cela, et à en persuader d’autres de le faire avec eux.

"Mais avec ce qui se passe en Afrique, les choses sont claires dorénavant. Le Qatar soutient les musulmans fanatiques qui menacent la France et le reste de l’Occident. Et à côté de cela, les Français permettent toujours aux Qataris de faire de Paris leur terrain de jeux. Pourquoi diable continuer comme cela ? Pourquoi ne pas rompre les relations diplomatiques ? Et au-delà, pourquoi ne pas signifier clairement au Qatar qu’ils ne sont plus les bienvenus en France ? Et alors dans ce cas, qu’est-ce qu’ils pourraient bien faire ? La seule chose en leur pouvoir, ce serait de protester, mais si les Français restent fermes, et bien les Qataris pourraient certes rester de gros propriétaires dans les villes françaises, mais ils n’auraient alors plus la permission de s’y rendre, et donc, ils pourraient très bien décider de vendre, et de passer tout cela par pertes et profits. Et ils pourraient très bien décider aussi de vendre leurs participations dans les entreprises françaises. Et alors ? D’autres les rachèteraient, et si le Qatar doit subir des pertes à tout céder ainsi trop rapidement, et bien tant mieux.

"Il faut vraiment donner une bonne baffe à ce méchant petit pays d'à peine 200.000 citoyens où chacun a droit, tous les ans, à plus d’un demi-million de dollars, qu’il neige ou qu’il vente, comme chacun a droit de se servir comme il l’entend, comme esclave, d’une main d’œuvre étrangère sous-payée, huit fois plus nombreuse que la population qatarie elle-même.
 
 
"Il faut traiter le Qatar comme il le mérite. Les Français n’ont qu’à leur interdire de profiter de Paris. Et les Américains ? Eh bien, au lieu de se prosterner de gratitude devant le Qatar, qui, magnanime, permet à ces « esclaves blonds aux yeux bleus » (comme un prince saoudien avait ainsi décrit de façon notoire les Américains stationnés dans leurs bases aériennes d’Arabie saoudite) d’y disposer d’une base navale, les Américains n’ont qu’à retirer leur base et leurs navires. Les courbettes ne servent à rien. Et il ne sert à rien non plus de protéger le pétrole des Arabes du Golfe. Ils n’ont qu’à le protéger eux-mêmes, leur pétrole – le protéger de l’Iran, on imagine. Pardon ? Ils en sont incapables. Ok, et bien les Américains n’ont qu’à fixer un prix, disons 100 milliards de dollars par an, pour leur louer les forces navales nécessaires, et bien entendu, ils demanderont de la famille de l'émir Al-Thani qu’elle les supplie publiquement de garder une base au Qatar.

"Il faut renverser la perspective. Mettre le Qatar à sa juste place. Les dirigeants occidentaux n’arrivent pas à comprendre à quel point les Qataris sont totalement dépendants – dépendants pour leur sécurité, dépendants pour la production, le transport et la distribution de leur seule et unique source de richesse, qui n’est d’ailleurs que le résultat d’un hasard géologique, dépendants pour leurs soins médicaux (imaginez simplement que l’on refuse l’accès aux Arabes du Golfe à la médecine occidentale et aux hôpitaux occidentaux ...), et bien sûr, dépendants de ces charmants pays de l’Europe de l’Ouest, si différents de leurs Las Vegas du désert, de leurs boulevards en toc, où s'alignent sans fin les boutiques de bijoux du Gold Souk et les centres commerciaux.

"C’est faisable. Une bonne baffe pour le Qatar, et vous verrez que les autres Arabes du Golfe vont vite comprendre.
 
Source: Qatari Primitives With Money Enjoy Their Parisian Existence Which Could Be Denied Them, par Hugh Fitzgerald, NER, 26 janvier 2013. Traduction par "Olaf" pour "Poste de veille".

 

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