Lévi-Strauss contre-révolutionnaire comme l'Action française!

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Quelques années après sa mort, on commence à redécouvrir certains aspects méconnus de la pensée du célèbre ethnologue français Claude Lévi-Strauss, auteur de Race et histoire, que les plus progressistes de ses disciples s'efforcent de cacher avec de plus en plus de mal. Ils traduisent de façon éloquente l'évolution contre-révolutionnaire de sa pensée à la fin de sa vie. Les profondes considérations sur la Révolution dite française qui suivent, écrites dans la perspective du bicentenaire de 1989, rejoignent tout à fait l'analyse que l'Action française Bordeaux fait de cette catastrophe nationale!

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

"La Révolution a mis en circulation des idées et des valeurs qui ont fasciné l'Europe puis le monde, et qui procurèrent à la France, pendant plus d'un siècle, un prestige et un rayonnement exceptionnels. On peut toutefois se demander si les catastrophes qui se sont abattues sur l'Occident n'ont pas aussi là leur origine.

"En quel sens ?

"Parce qu'on a mis dans la tête des gens que la société relevait de la pensée abstraite alors qu'elle est faite d'habitudes, d'usages, et qu'en broyant ceux-ci sous les meules de la raison, on pulvérise des genres de vie fondés sur une longue tradition, on réduit les individus à l'état d'atomes interchangeables et anonymes. La liberté véritable ne peut avoir qu'un contenu concret : elle est faite d'équilibres entre des petites appartenances, des menues solidarités : ce contre quoi les idées théoriques qu'on proclame rationnelles s'acharnent; quand elles sont parvenues à leurs fins, il ne leur reste plus qu'à s'entre-détruire. Nous observons aujourd'hui le résultat."

Claude Lévi-Strauss - De près et de loin (1988).

Voir les commentaires

Les impôts sous l'Ancien Régime et aujourd'hui: pour une Contre-Révolution fiscale avec l'Action française

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Alors que la dette atteignait 1.950.000.000.000 d'"euros" au 14 décembre dernier (chiffres officiels), il est de salut public pour l'Intelligence française de faire la comparaison entre la pression fiscale sous l'Ancien Régime et celle de la Démocratie triomphante. Là où il ne fallait au contribuable moyen que 18 jours pour payer ses impôts, il lui en faut aujourd'hui 208! Même si différentes tâches sociales, scolaires etc. étaient assumées par l'Eglise et par les corporations et communautés locales, le parallèle se passe de commentaires!

L'article qui suit, initialement paru dans le périodique libéral décomplexé, Laissons Faire, n° 5 d'octobre 2013 (pp. 18-22), a le mérite de ramener du mythe à la réalité. Puisse le lecteur comprendre la leçon qu'il contient: que la Contre-Révolution fiscale nécessaire n'est possible qu'avec une Contre-Révolution politique tout aussi indispensable!

A.F.-Bordeaux-& Basse-Guyenne

"On connaît tous l’abominable fiscalité de l’Ancien Régime, et l’image d’Épinal qui lui est associée : celle d’un paysan accablé sous le poids de l’impôt. En vérité, pourtant, le travailleur français moyen sous l’Ancien Régime payait l’équivalent de 18 jours de travail en impôts (gabelle, taille, vingtième, etc.). Aujourd’hui, il n’est quitte qu’après … 208 jours, soit dix fois plus. De quoi relativiser l’abomination de l’Ancien Régime, ou la supériorité de notre époque — ou les deux.

"La question fiscale n’a, semble-t-il, jamais cessée d’être actuelle. C’est elle qui remue les débats contemporains ; c’est elle aussi, qui les remuait par le passé. Au début du XVIIIe siècle, c’est en adressant cette problématique éminemment importante que l’économie politique française fut fondée et se développa. Un auteur comme le maréchal Vauban consacrait son œuvre à la réforme de l’impôt, et conseillait la création d’une dîme royale (qui est le titre de son livre), c’est-à-dire d’un impôt proportionnel sur le revenu des personnes (flat tax), en remplacement de l’imposante fiscalité de l’époque. Le grand Boisguilbert, à la même époque, proposa une réforme similaire.

"Écrivant un demi-siècle plus tard, les physiocrates, réunis autour de François Quesnay, eurent aussi en vue l’arbitraire fiscal de l’Ancien Régime. Ils publièrent leurs œuvres traitant du produit net et autres bizarreries, afin d’analyser les maux de la fiscalité du temps, et de dessiner les contours d’une réforme intelligente. "Ces écrits et ces hommes, si glorieux pour l’histoire de notre science, masquent cependant une réalité : que la fiscalité de l’Ancien Régime avait moins de défauts que la nôtre aujourd’hui. Ce sera le thème de notre article. Confrontant la fiscalité de l’Ancien Régime avec les mythes et les légendes dans lesquels les historiens, consciemment ou inconsciemment, l’ont trop longtemps enfermé, il tâchera de la mettre en balance avec celle de notre époque contemporaine, en prenant des critères d’évaluation les plus objectifs possibles.

"Disons d’abord que la complexité du paysage fiscal français n’est pas nouvelle, et elle était en effet une caractéristique de l’économie de l’Ancien Régime. Les économistes libéraux ont bien pointé du doigt ce fait, et même les partisans de l’intervention de l’État dans l’économie se sont bercés de peu d’illusions sous ce rapport. Necker, qui offre le double avantage d’avoir été confronté directement aux finances de la France en tant que ministre, et d’avoir plusieurs fois réclamé l’intervention étatique dans la vie économique, ne ménageait pas la fiscalité française, et écrivait : « Elle est tellement embrouillée qu’à peine un ou deux hommes par générations viennent à bout d’en posséder la science et qu’on ne peut rien réformer en partant des détails ; il n’y a, si possible, qu’à tout détruire. »

"Même habitués à l’arbitraire fiscal et à un montant considérable de prélèvements, nous ignorons souvent que pendant les siècles précédents, les impôts devaient systématiquement être légitimés, et expliqués, et qu’ils l’étaient en effet sous l’Ancien Régime. Chose étonnante pour nous, citoyens modernes, chaque nouvel impôt, durant l’Ancien Régime, était accompagné d’un édit royal qui en expliquait la finalité, souvent très précise (et souvent cette cause était une guerre).

"L’impôt de l’Ancien Régime se fondait donc sur la constatation objective d’un besoin de l’État. La mentalité associée était donc tout à fait particulière, et les révoltes anti-impôts, qui suivront bientôt, s’expliquaient en grande partie par cette disposition. « Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, écrivait bien l’historien François Hincker, a persisté l’opinion que seule la guerre légitime vraiment l’impôt. » Cette justification est fragile, on s’en doute. Elle sera rapidement balayée. Non pas que les guerres nouvelles aient vu les nouveaux impôts correspondants être attaqués ou refusés violemment par le peuple. Mais la progression du périmètre de l’Etat, et le creusement de ses déficits, aura pour conséquence de multiplier les occasions pour le Roi et les ministres de dire au peuple : Cet impôt, créé pour la guerre, restera valide en temps de paix. Et là naquirent les révoltes, qui fleurirent au XVIIe siècle, pour diminuer en nombre et en portée au cours du XVIIIe siècle.

"Voilà un autre point que nous négligeons souvent : les révoltes anti-fiscalité furent des événements assez rares au cours du XVIIIe siècle. Aussi étonnant que cela puisse nous paraître, il est même établi que les impôts liés au système féodal, celui qui nous paraît le plus repoussant, furent dans l’ensemble mieux considérés, et nettement moins l’objet de révoltes, que les impôts royaux. Cela ne peut pas s’expliquer par notre distinction fictive entre impôts locaux et impôts nationaux. Cela provient de la réalité intrinsèque du système féodal. Dans ce système, les percepteurs des impôts jouaient un rôle social important : ou ils assuraient la sécurité de tous, ou ils constituaient un filet de sécurité en cas de mauvaises récoltes et de disette, ou encore, par leurs activités, ils faisaient naître autour d’eux un certain ordre, une certaine stabilité rassurante. Pour cet ordre, pour ce filet de sécurité, pour cette stabilité, le paysan français du Moyen Âge et de l’Ancien Régime semblait assez enclin à payer. Peu fréquentes sont en effet les révoltes qui concernent les tributs à verser aux seigneurs et propriétaires terriens. "La fiscalité d’Ancien Régime avait tout de même, certainement, de nombreux défauts. Nous verrons ce qu’il en est de la pression fiscale par la suite. Com-ençons par étudier les modalités d’organisation du vote et de la perception.

"C’est un lieu commun que de dire que les impôts n’étaient pas levés, dans l’Ancien Régime, de façon démocratique : la main de l’Etat était implacable et la sévérité était insupportable. Cet énoncé est clairement excessif. D’abord, il y avait bel et bien des régions où l’impôt, ou du moins certains impôts, étaient votés, et non décidés d’en haut par les intendants et les ministres. La France de l’Ancien Régime se distinguait en effet entre « Pays d’état » et « Pays d’élection ». Comme le terme est très malhabile, précisons que les pays d’élection étaient les régions dans lesquelles l’impôt était décidé par en haut, par l’intendant (c’était le cas dans le Limousin de Turgot, ou dans l’Orléanais), et non par un parlement ou des instances régionales, comme c’était le cas dans les pays d’état (en Bretagne par exemple).

"En outre, les quelques intrusions de la « souplesse » tant vantée, ainsi que de l’individualisation de l’imposition, étaient dans l’Ancien Régime des sources infinies d’abus. La taille, notamment, rassemblait toutes les dérives et tous les défauts fondamentaux de ce principe de souplesse. 1 Cet impôt, qu’on nous présente parfois comme le moins pire des impôts de l’Ancien Régime (sans doute parce que notre très actuel Impôt sur le Revenu en est l’héritier direct), laissait beaucoup de place pour la « souplesse », et semble admiré pour cela. Et pourtant, combien peu glorieuse est cette souplesse ! Déterminé subjectivement, le montant à verser par chaque « taillable » motivait les comportements d’esquive. Il fallait se montrer malin, feindre continuellement une incapacité à payer, sans quoi la rigueur du fisc était implacable. L’historien de l’économie Marcel Marion a bien décrit ce fait : « Le collecteur de la taille était guidé par son sentiment de favoritisme, ou d’antipathie ou de crainte, ou de vengeance, ou plus souvent encore par la prévision de la difficulté plus ou moins grande qu’il trouverait à recouvrer chaque cote. Malheur au taillable dénué de protection, ayant ses biens à jour, ou ayant la déplorable réputation d’être un payeur exact ! C’est pour lui que la répartition de la taille réservait toutes ses rigueurs, alors qu’elle ménageait infiniment le plaideur endurci, le propriétaire influent, ou le contribuable forain. »

"Notre TVA, qu’on dit moderne, avait aussi un équivalent à l’époque de l’Ancien Régime, bien que l’on ne s’en souvienne pas, et que peu de livres d’histoire en fassent mention. La gabelle du sel, qu’on présente comme une taxe particulière, levée sur une denrée bien spécifique, avait en réalité un application bien plus large, à peu près comparable à notre TVA. Parce que le sel était utilisé pour la conservation des aliments, en plus de la salaison, les énormes besoins provoquaient des rentrées fiscales considérables. Nous ne serons pas surpris d’apprendre, dans ces conditions, que cet impôt qu’on présente comme limité, rapportait un dixième de toutes les rentrées fiscales juste avant la Révolution. 2 L’impact de cette fiscalité sur le prix du sel n’est pas non plus à sous-estimer. Si nous considérons d’un côté la Bretagne, qui était exempte de la gabelle sur le sel, et de l’autre les régions qui la payaient, la différence de prix, de 5 deniers à 12 sous la livre, est dans un multiple de 1 à 30.

"Lorsque nous considérons la fiscalité de l’Ancien Régime, nous sommes aussi obsédés, obnubilés par une disposition certes essentielle, mais qui provoqua très peu d’émeutes fiscales ou de réactions anti-impôt : je veux parler des privilèges, de ceux qui ne payaient pas d’impôts. Il n’est pas question de minimiser la portée des privilèges de la Noblesse ou du Clergé, mais il faut les mettre en perspective, afin d’expliquer pourquoi si peu de révoltes eurent comme motif précis ces inégalités flagrantes et majeures. L’une des réponses tient dans le fait que, compte tenu de l’organisation très lâche et multiforme de la fiscalité dans la France de l’Ancien Régime, le paysan breton, qui ne payait pas la gabelle sur le sel, paraissait tout autant si ce n’est davantage privilégié que le noble propriétaire de la terre, qu’on connaissait, qu’on fréquentait parfois, et qui nous avait peut-être aidé matériellement une fois ou deux.

"D’ailleurs, les privilèges n’étaient pas aussi inexcusables qu’on veut bien le croire — du moins ceux de la Noblesse, car ceux du Clergé sont plus difficilement défendables, et furent davantage l’objet de plaintes de la part des paysans. Nous l’avons dit, l’impôt était souvent levé pour des raisons de guerre. Il servait à financer les expéditions militaires. Or, dans ces opérations militaires, si le paysan payait par sa bourse, le noble payait par sa présence au combat, et ce n’était pas un argument si facilement écartable, ni à l’époque, ni même aujourd’hui.

"De ce dernier fait découle une caractéristique majeure du système fiscal de l’Ancien Régime, caractéristique que l’on retrouve malheureusement dans notre fiscalité contemporaine : la superposition de minuscules privilèges provoquait une paralysie complète du système, et l’empêchait de se réformer. Chacun ayant conscience d’être un peu privilégié par rapport aux autres sur un point particulier, il en oublie vite tous les autres domaines où il aurait beaucoup à gagner d’une réforme, et se met à refuser énergiquement toute évolution.

"Au fond, dirons-nous pour conclure, la fiscalité de l’Ancien Régime n’était pas si atroce qu’on le croit, et, à tout prendre, si nous le croyons, des comparaisons avec notre époque devraient nous faire frémir. Écoutons les mots de François Hinckler, qui nous aide à faire cette comparaison dans son livre sur l’impôt sous l’Ancien Régime : « Utilisons un étalon artificiel mais qui a l’avantage d’être parlant. Les 25 millions d’habitants que compte probablement la France ont donc à payer 470 millions d’impôts, soit chacun entre 18 ou 19 livres. À ce moment le salaire journalier d’un compagnon maçon à Paris se situe à un peu moins d’une livre. Ainsi un salarié moyen travaillerait un peu plus de sept jours pour payer tailles, capitation et vingtièmes, un peu plus de deux pour payer la gabelle, et un peu plus de neuf pour payer les autres impôts indirects. » Dix-huit jours de travail : c’était la contribution que la fiscalité française de l’Ancien Régime réclamait au travailleur. Qu’en est-il aujourd’hui ? Avec un taux moyen d’imposition de 56,9% (chiffre 2013), il faut pas moins de 208 jours de travail pour payer en moyenne ses impôts de l’année. De quoi se demander si la Révolution française a servi à améliorer notre condition, et s’il ne serait pas temps d’en produire une nouvelle."

1Son autre inconvénient, et non des moindres, est qu’elle était fixée ou répartie après constatation du montant des besoins de l’Etat : en d’autres termes, on commençait par décider combien on voulait prendre, puis on appliquait le taux d’impôt permettant d’obtenir la somme correspondante. S’il est bien un système qui, assurément, empêche l’Etat de se contenter de ses ressources, c’est bien celui-ci.

2Marcel Marion fournit, pour l’année 1715, les chiffres suivants : Recettes : 180 millions de livres, provenant pour 120 à 125 millions d’impôts irects, dont taille et capitation, et pour 55 à 60 millions d’impôts indirects comme la gabelle.

Source: http://www.institutcoppet.org/2013/11/14/larbitraire-fiscal-limpot-sous-lancien-regime-et-en-2013/

Voir les commentaires

Prochain cercle de formation d'Action française le 15 février 2014 à Bordeaux: Les leçons du 6-Février

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Année politique 2013-2014

Cycle « Petit cours d’Action française »

sous la direction de

M. Vincent Gaillère

Délégué régional de l’Action française dans le Grand Sud-Ouest

Dans ce nouveau cycle de formation aux idées de l’Action française ouvert à tous, jeunes gens réactionnaires, jeunes filles royalistes ou gens plus âgés désireux de se rendre utile à leur Pays, l’on se posera quelques questions simples sur les motivations et les buts d’un engagement militant au service de la Cause nationale et royale. Y répondre précisément, – et non par à-peu-près, – est indispensable pour éviter pièges et impasses, nombreux en temps de crise.

I. – Programme :

Samedi 15 Février 2014. – 80 ans après : les leçons du 6-Février, ou comment prendre pacifiquement le Pouvoir dans une Démocratie moderne

II. – Informations pratiques : Les cercles ont lieu à Bordeaux le 15 de chaque mois, ou, si ce jour est un dimanche, le samedi précédent. Pour les autres villes universitaires de la région (Toulouse, Pau, Bayonne), se renseigner par courriel auprès du secrétariat régional des cercles de formation, via la rubrique « Contact » des sites officiels de la fédération Grand Sud-Ouest de l’Action française : http://af-aquitaine.over-blog.com/ ou http://actionfrancaiseaquitaine.over-blog.com/ . Participation aux frais : 4 € ; inscription préalable obligatoire.

Voir les commentaires

Honneur et Patrie: l'Action française et la mémoire du 6-Février

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

Pour le quatre-vingtième anniversaire du 6-Février 1934, la section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française propose à ses fidèles lecteurs la pensée suivante de l'académicien Abel Bonnard, tirée de son livre Les Modérés; elle explique la mentalité et le courage des manifestants contre les pourris de l'époque "pour que la France vive dans l'honneur et la propreté".

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

« En vérité un homme d’honneur, quels que soient les devoirs qu’il se reconnaît envers sa société, en garde toujours envers soi. Il ne peut accepter des obligations où son âme s’aplatit et tandis qu’il semble ainsi ne penser qu’à sa personne, il remplit au contraire un devoir primordial envers la communauté dont il fait partie. » (Abel Bonnard)

Voir les commentaires

1914-2014 - Cent ans après: une victoire pour la mémoire du maréchal Pétain dont l'Action française se réjouit!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

En histoire et en matière mémorielle, il n' y a pas souvent pour l'Action française, défenseur acharné de la Vérité, de bonnes nouvelles: celle que nous révèle La Dépêche du Midi, grand journal radicalisant que l'on doit féliciter au passage pour cet acte de justice nationale, en est une vraie! Tous les Français, qui doivent au Maréchal de France Philippe Pétain la vie et la liberté de leur Pays, s'en réjouiront! On vient de retrouver le manuscrit qui devait constituer le corps du livre envisagé par le vainqueur de Verdun entre les deux Guerres sur le Soldat et la France - et dont son nègre, le commandant De Gaulle, devait publier dans La France et son Armée, sous son seul nom et sans l'accord de l'auteur la partie du travail d'état-major qui lui avait été commandée par la voie hiérarchique!

On croyait jusque-là que ce document avait été dérobé sans retour par de curieux "cambrioleurs", vraisemblablement résistancialistes, dans le coffre-fort du bureau du Maréchal aux Invalides en 1944-45... Le parcours curieux par lequel il s'est retrouvé entre les mains de la fille d'un maçon italien est donc intriguant, mais l'Action française ne peut, là aussi, que complimenter cette dame pour son patriotisme et son intelligence qui lui ont fait ramener au jour cet important texte. L'avis du graphologue-expert près la Cour d'appel de Toulouse, qu'on lira plus bas, est d'ailleurs formel: il est bien de la main même du Maréchal. Voilà qui fera taire à jamais ceux qui prétendaient que le Vainqueur de Verdun, homme d'action, n'avait jamais rien écrit de sa propre inspiration. On est obligé de constater que le plus grand chef de guerre de 1914-18 était aussi un puissant homme de pensée.

Le manuscrit, confié au service historique de l'Armée, à Vincennes est désormais proposé sans crainte à l'étude impartiale des historiens, qui ne pourront que souligner la simplicité, l'objectivité et la modestie de l'auteur de notre Victoire dans le récit de sa propre épopée. Voilà qui cadre mal avec l'image d'Epinal républicaine et gaulliste d'un vieillard assoiffé de Pouvoir et de tyrannie! Comme disait De Gaulle, qui s'y entendait en pléonasmes faussement profonds: l'avenir dure longtemps! Les mythes mal fondés finissent toujours par pâlir et les véritables gloires par réapparaître après l'éclipse! Peut-on suggérer que le manuscrit du Maréchal soit publié en intégralité à court terme pour le grand public?... il se vendrait comme des petits pains! Le produit de ces ventes effectué au profit du service historique de l'Armée constituerait un apport bienvenu et légitime aux finances de cette illustre institution en jachère!

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

1/ Les faits:

"On ne connaissait pas, à ce jour, de manuscrit du maréchal Pétain traitant de la Première guerre mondiale. Mais à l’occasion du Centenaire, Jean-Jacques Dumur, un habitant d’Aventignan, dans les Hautes-Pyrénées, révèle un document de 351 pages qui a été attribué à la main de Philippe Pétain après expertise et devrait intéresser plus d’un historien.

"Une reliure en cuir pour protéger 351 pages foliotées. Sur la tranche brune, au-dessus des dates 19141918, s’y lit en lettres dorées La Guerre Mondiale. Mais visiblement, ces feuillets manuscrits découpés en 47 chapitres et illustrés de 77 cartes, croquis et plans de bataille ne s’attendaient pas à être ainsi reliés. Difficile parfois de lire en bout de ligne… Ce document original présenté sur photos ? «Il reste désormais dans un coffre-fort, compte tenu de sa valeur historique», précise Jean-Jacques Dumur. Jamais publié et connu seulement d’un petit cercle de spécialistes, l’ouvrage a en effet été rédigé par l’ancien commandant en chef des forces françaises durant la Grande Guerre…

«Et il est écrit de la main même de Philippe Pétain», affirme Jean-Jacques Dumur, ancien officier et passionné d’histoire. "Pas d'apologie "Et de bien préciser les choses, alors : «en présentant aujourd’hui l’existence de ce manuscrit au grand public, il ne s’agit pas de faire l’apologie du maréchal Pétain mais bien de donner à connaître à l’occasion du Centenaire de la Première guerre mondiale un document unique, inédit, produit par l’un des principaux généraux français durant le conflit, resté dans l’histoire comme le vainqueur de Verdun, et dont, à ce jour, on avait longtemps pensé qu’il n’avait rien écrit sur le sujet

"Et pour cause… l’histoire de ce document n’étant rien moins qu’étonnante, telle qu’a pu la reconstituer Jean-Jacques Dumur. Pour commencer ? Eh bien l’on sait par les correspondances échangées en 1927 entre le colonel Laure, ancien chef d’état-major de Pétain en 1917 et De Gaulle, alors porte-plume de Pétain, que «le maréchal écrit aussi, mais en termes généraux : il s’agit d’une simple étude historique. » De quoi parle-t-on ?

"Admirateur de Philippe Pétain qui a été son colonel lorsqu’il était tout jeune lieutenant au 33e RI d’Arras, en août 1914, le jeune Charles De Gaulle est en effet rattaché à l’état-major du maréchal depuis 1926. Et sa mission est d’écrire une «Histoire du soldat à travers les âges» que signera le maréchal… car Pétain lorgne vers l’Académie française où son grand rival Foch siège déjà depuis novembre 1918. Or une querelle d’auteur survient et ce projet-là est mis au coffre. Mais l’autre, l’ouvrage que rédige Pétain et dont parle Laure ? «Entre 1928 et 1939, Pétain y fait référence dans plusieurs discours. Et au début de la guerre, il le dépose apparemment dans sa propriété de Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes», explique Jean-Jacques Dumur. Dans le même temps, arrive en France un maçon italien… Lequel travaillera durant le conflit sur la villa de Pétain. Comment entre-t-il en possession du manuscrit ? Mystère. Toujours est-il que «ce maçon le cache durant plus de dix ans», poursuit l’ancien officier. Jusqu’au jour où la fille de cet artisan le découvre, en 1956, avant d’en hériter en 1989. Or cette dame a elle-même épousé un passionné d’histoire et grand collectionneur, installé en Comminges. Une première fois, celui-ci tente en vain d’attirer l’attention sur l’ouvrage, non signé, et dont le nom de l’auteur présumé rebute. Rangé, le manuscrit est à nouveau oublié.

«En 2006, après la mort de son mari, elle m’a alors mandaté pour gérer leur fonds privé. En ouvrant une valise, l’objet a réapparu. Je l’ai fait expertiser et Mme Charbit-Lescat, expert assermenté en écriture à Toulouse, l’a déclaré authentique en 2009» résume Jean-Jacques Dumur. Premières présentations aux Archives nationales, puis au Service Historique de la Défense, en 2010… C’est là qu’une copie est désormais à disposition des historiens depuis février 2011.

«Et peut-être qu’avec le Centenaire, on le lira désormais de façon dépassionnée, d’autant plus que Pétain n’y dit rien de personnel. Restant dans sa peau d’ancien professeur à l’école de guerre, il l’a rédigé comme un cours magistral sur tous les théâtres d’opération de 14-18», conclut Jean-Jacques Dumur."

Pierre Challier

Source:http://www.ladepeche.fr/article/2014/02/01/1808443-14-18-on-a-retrouve-le-manuscrit-oublie-de-petain.html

2/ Le contenu du texte:

"Sur la table de Jacques Dumur, un pavé : le fac-similé sur lequel il travaille pour une prochaine conférence à propos du manuscrit de Philippe Pétain. Pages ouvertes sur des lignes tracées droites d’une écriture qui semble ignorer le doute… Voilà donc l’histoire de la Première Guerre mondiale telle que le général Pétain l’a vue ou perçue sur l’ensemble des théâtres d’opération, en France, mais aussi en Europe centrale ou en Afrique… «Et la première chose qui m’a frappé, c’est la précision et la qualité des dessins», souligne Jean-Jacques Dumur. L’autre ? Ce style totalement impersonnel qui était la marque de l’auteur, «surnommé aussi le style «cactus»», précise-t-il (lire ci-dessous).

"De fait, pas de grandes révélations, pas d’anecdotes, pas d’envolées lyriques à attendre lorsqu’on attaque la lecture de ces feuilles uniquement dédiées à la stratégie et la tactique. «En 351 pages, il ne parle de lui que sept fois et encore, pour évoquer «le général Pétain» comme il évoque les autres généraux» a comptabilisé Jean-Jacques Dumur.

"Et dès les premières lignes, c’est en effet une «leçon» qui se lit sur les origines du conflit, telle que la France d’alors les voit. Unique coupable : l’Allemagne et «les ambitions grandioses de son rêve d’hégémonie mondiale».

"La guerre ? Il l’ouvre alors par un croquis sur le front franco-belge puis en décrivant les plans de campagne allemand et français. Invasion de la Belgique, bataille des frontières débutant par l’offensive d’Alsace, rédigée au passé simple pour rappeler que «le 7 août, nous nous emparâmes sans coup férir de Thann et d’Altkirch et le 8 au soir, nous entrions dans Mulhouse»… Le cours au tableau noir se poursuit en Lorraine.

"Analyse

"Mais c’est bientôt le désastre sur les frontières pour les «pantalons rouges». Analyse de Pétain ? «Une défaite due aux causes suivantes : nature du terrain boisé et difficile, échelonnement en arrière et à droite de nos corps d’armée qui favorisa les attaques de flanc de l’adversaire, attaques téméraires lancées de très loin à la baïonnette sans préparation d’artillerie, supériorité de l’armement allemand en mitrailleuses et artillerie lourde, insuffisance de renseignements et positions allemandes organisées depuis une semaine avec tranchées bétonnées, réseau de fil de fer et mitrailleuses».

«Le feu tue» : c’était l’une des maximes du colonel et professeur Pétain, opposé dès avant la guerre aux offensives à outrance mal préparées. Il ne se prive donc pas de rappeler les lacunes de l’état-major en août 1914.

"Mais c’est plus loin qu’il révèle un trait particulier du futur maréchal pointant sous le général : certes, l’adversaire est allemand, mais l’ennemi est anglais, en substance. Pour preuve son commandement, selon lui. Auquel il taille des croupières à l’occasion du repli précédant la contre-offensive de la Marne. «Quant au maréchal French, il se disposait à continuer sa retraite vers le sud, derrière la Seine, à l’ouest de Paris. Il envisageait même sa base dans le voisinage de La Rochelle !» Et systématiquement par la suite, il rabaissera les Britanniques.

"De la Marne au 11 novembre

"Pétain le concis, dit «Précis le sec» ? En cinq lignes, il donne alors le plan de Joffre sur la Marne. «En résumé, le commandant en chef se proposait d’attirer l’ennemi dans une vaste poche s’ouvrant entre les camps retranchés de Paris et Verdun et dont le front s’appuierait au besoin à la Seine et à l’Aube».

"Course à la mer, 1915, 1916… Verdun, sa victoire, est là. «Verdun était la grande place forte opposée à Metz et qui, depuis des siècles, hantait les imaginations germaniques»…, l’endroit où «le général Pétain est appelé d’urgence pour la direction de la bataille» écrit-il. Conclusion : «à la suite de cette brillante victoire, le général Nivelle était appelé au remplacement du général Joffre», note-t-il, sans amertume visible.

"Mais 1917, à présent, et l’offensive Nivelle du Chemin des Dames. Revanche… «Dès le premier jour était apparu évident que les espoirs conçus étaient irréalisables […] Les attaques continuèrent cependant». Les mutineries qui en résultèrent ? «Le général Pétain, nommé le 17 mai au commandement en chef en remplacement du général Nivelle eut le mérite de conjurer ces crises passagères grâce à son souci d’améliorer les conditions matérielles et morales du soldat». Pas un mot sur les fusillés. Novembre 1918, enfin… Piégés, les Allemands sont en déroute, «mais l’ennemi n’attendra pas ce gigantesque Sedan et le 11 novembre, à 5 heures du matin, les plénipotentiaires allemands signèrent la capitulation qui leur avait été dictée.» Et le général Pétain se trouvera ainsi privé de «sa» victoire finale par Clemenceau."

Pierre Challier

Source: http://www.ladepeche.fr/article/2014/02/01/1808440-ce-que-petain-a-ecrit-sur-la-grande-guerre.html

3/ L'avis du graphologue:

"Marie-Pascale Charbit-Lescat est expert judiciaire assermenté en écritures manuscrites, inscrite sur la liste de la Cour d’appel de Toulouse. Elle a effectué la première expertise sérieuse du manuscrit. Pour elle, pas de doute. «Je suis persuadée que c’est un document authentique», confirme-t-elle, au téléphone.

"Et d’expliquer ses démarches et observations pour arriver à cette conclusion. «Lorsque M. Dumur m’a présenté de ce document, j’ai d’abord été un peu dubitative, très surprise de son épaisseur et de son contenu. Durant deux ans, j’ai ensuite fait un gros travail de recherches aux Archives Nationales et au château de Vincennes où sont conservées les archives militaires, un travail de vérification et de comparaison d’écriture entre ce manuscrit que je devais étudier et tous les écrits authentiques et originaux de Philippe Pétain. Il ne fallait pas se contenter de petits papiers signés, mais comparer aussi par rapport à sa correspondance, à ses cours de l’école de guerre, ses notes personnelles et ses croquis. Ceci est un point important, car j’ai aussi retrouvé des croquis de sa main, dressés pour sa maison de Villeneuve, lesquels confirmaient qu’il était un très bon dessinateur comme tous les officiers supérieurs de l’époque, ayant reçu une excellente formation en cartographie», détaille l’expert.

"Ce qu’elle constate alors, quant à ce manuscrit ? «Je me suis rendu compte que ce document était rédigé pratiquement comme une suite de cours. Ce n’était pas des mémoires à la première personne faisant état de ses affects et sentiments personnels sur la guerre, mais un récit de faits ponctuels et précis qui m’a fait penser à ses cours, lorsqu’il enseignait à l’école de guerre. Mise en page, soulignement, titres… C’est bien un document original, homogène qu’on peut attribuer à la même main pour l’écriture et pour les croquis, avec des similitudes massives aux pièces connues et authentiques. Je n’ai trouvé aucune dissemblance significative ni sur le fond, ni sur la forme. Pour moi, donc, l’auteur de ce document est bien Philippe Pétain et jusqu’à présent, à ma connaissance, il n’y a eu aucune contestation.» conclut Marie-Pascale Charbit-Lescat.

La Dépêche du Midi

Source: http://www.ladepeche.fr/article/2014/02/01/1808442-authentique-pour-l-expert-toulousain.html

Voir les commentaires