Comment un anarchiste devient un notable républicain

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Certains royalistes et autres bien-pensants s'imaginent, à l'approche des élections municipales, qu'ils vont conquérir, sans le soutien d'une doctrine politique claire, et pratiquement sans coup férir, de petites villes et, ainsi, ramener, qui le Roi, qui l'homme providentiel! Hélas! l'histoire de la conquête, il y a vingt-cinq ans, d'une ville de banlieue bordelaise par le journaliste anarchiste de télévision Noël Mamère, montre que, pour faire de la politique, il faut des dispositions spéciales, - qu'ils n'ont pas, - entre autres de la tête, du sang-froid et de l'estomac. Avis aux amateurs!

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

 

"LEUR PREMIÈRE CAMPAGNE - En 1989, le journaliste vedette de la télévision a défié le PCF, en ravissant la mairie de Bègles, fief communiste de la banlieue de Bordeaux.

"Il est né un 25 décembre. Il s'appellera donc Noël. Après une longue carrière de journaliste, à Bordeaux puis à Paris, Noël Mamère est saisi par le virus de la politique. Il a 40 ans quand Gilbert Mitterrand, le fils cadet du chef de l'État, lui demande d'être son suppléant aux législatives de 1988, en Gironde, par l'intermédiaire d'un compagnon de route de François Mitterrand. Le hasard fait bien les choses: sa seconde épouse, Françoise, dite Fanchon, passait ses vacances d'été à Hossegor, près de la famille Mitterrand.

 

"Pendant la campagne législative, «j'ai découvert le plaisir de prendre la parole en public, d'aller à la rencontre des gens», raconte Noël Mamère. Mais ce n'est qu'un hors-d'œuvre. La véritable épreuve du feu, pour le fils de Roger et Marthe Mamère, cordonniers et marchands de chaussures, ce sont les élections municipales de 1989 à ­Bègles, ville de tradition ouvrière voisine de Bordeaux, qui borde la Garonne. Fief communiste depuis 1969, cette «ville d'odeurs», selon la formule pudique de Noël Ma­mère, est imprégnée à la fois des fumets industriels de l'usine de papier, des 32 sécheries de morue et de la fabrication du savon La Perdrix. Noël Mamère est fier de cette ville.

"«J'ai fait l'objet de menaces physiques»

"Au cours de la campagne législative de 1988, on lui dit que Bègles, la «ville rouge», est gagnable. Mais on cherche une personne connue pour conduire la liste contre le Parti communiste auquel l'omnipré­sence des cheminots assure un électorat fidèle. L'ancien présentateur du JT d'Antenne 2 Midi, qui a animé les émissions «C'est la vie» puis «Résistances», fait figure d'homme idoine.

 

Je ne pouvais plus revenir en arrière. J'étais foutu dans mon métier de journaliste. J'ai dit oui, sans savoir l'ampleur du combat que j'allais conduire», raconte-t-il. Aujourd'hui encore, Noël Mamère se souvient d'une «campagne terrible. Les familles étaient déchirées. Le PCF était particulièrement violent. J'ai fait l'objet de menaces physiques». Il prend alors conscience de «la nécessité de gagner, pas seulement pour lui, mais pour les autres». Il dirige une liste de la «majorité présidentielle», contre le maire communiste, Bernard Moncla, apparatchik du PCF, qui, en cours de mandat, a remplacé Simone Rossignol, une grande figure du communisme béglais. Pour Noël Mamère, la ligne de crête est étroite. D'autant que les instances départementales du PS soutiennent le candidat communiste.

 

"Le soir du premier tour, en bas du perron de la mairie, une centaine de militants communistes sont là, avec leurs enfants dans les bras, qui l'injurient. «Je me suis dit: Il faut que je les batte. Ils n'ont pas le droit d'introduire le poison de la ­haine dans la tête de leurs enfants.» Son métier de journaliste le rattrape. À l'époque dirigeant du maga­zine Globe, Georges-Marc Benamou lui propose de faire la promotion de son livre, La Dictature de l'audimat (1988) en posant en photo en imperméable, revêtu d'une cravate et d'un caleçon, avec un écran de télévision en guise de cache-sexe. «Ce n'était pas la photo que je voulais qu'on publie. Les communistes l'ont distribuée allègrement à la sortie des écoles», se rappelle-t-il. Entre les deux tours des municipales, l'ambiance est électrique. «J'ai subi les intimidations, traqué les faux électeurs», près de mille au total. Sa liste finit par l'emporter. Un vrai séisme local. «J'ai eu beaucoup de chance, car j'ai été trempé tout habillé dans l'eau du bain», ironise-t-il. Durant les deux premières années, des cars de policiers viennent protéger les locaux de la mairie, notamment pendant les séances du conseil municipal.

 

"Écologiste dans l'âme depuis 1969, il doit cette vocation au sociologue bordelais et théologien protestant Jacques Ellul, et au philosophe écologiste Bernard Charbonneau, deux amis intimes qui enseignent à la fac de Bordeaux. Il devient un militant de la cause avant d'en être un acteur. Jacques Ellul préconise des rapports sociaux aussi horizontaux que possible, du «penser global, agir local», qui deviendra l'un des slogans des Verts. Baigné dans cette idéologie, Noël Mamère participera à des manifestations d'une association écologiste fondée pour contrer les actions de la Miaca (Mission d'aménagement de la côte Aquitaine): projets d'autoroute, «bétonnage» de la côte basque, création d'une station de ski dans une zone non sécurisée dans les Pyrénées…

"Création de Génération Écologie

"Un an après son élection à la mairie de Bègles, Noël Mamère crée en 1990 Génération Écologie avec Brice Lalonde, alors ministre de François Mitterrand, le centriste Jean-Louis Borloo et le volcano­logue Haroun Tazieff. À l'époque, Mitterrand veut casser un possible succès des Verts aux régionales de 1992. Ce sera finalement un raz-de-marée en faveur de la droite, qui enlève 20 régions métropoli­taines sur 22.

 

"Noël Mamère devient le vice-président et le porte-parole de Génération Écologie avant de se séparer de Brice Lalonde, quand ce dernier se rapproche de la droite. Mamère crée alors un éphémère mouvement, Convergence, Écologie, Solidarité. Après deux tenta­tives infructueuses, le maire de Bègles est enfin élu en 1997 député de la 3e circonscription de la Gironde, avec le soutien des Verts européens au premier tour, des Verts français au second tour. Cette fois, c'est la consécration pour l'élu de la République dont le snobisme revendiqué est de traverser Paris à vélo."

 

Sophie Huet

 

Source: Le Figaro, 16 août 2012, 

http://www.lefigaro.fr/politique/2012/08/16/01002-20120816ARTFIG00419-noel-mamere-a-la-conquete-de-la-ville-rouge.php

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Prochain cercle de formation d'Action française le 15 mars 2014 à Bordeaux: Entre mondialisation, utopies et protectionnisme, nos choix économiques

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action français

Année politique 2013-2014

Cycle « Petit cours d’Action française »

sous la direction de

M. Vincent Gaillère

Délégué régional de l’Action française dans le Grand Sud-Ouest

Dans ce cycle de formation aux idées de l’Action française ouvert à tous, jeunes gens réactionnaires, jeunes filles royalistes ou gens plus âgés désireux de se rendre utile à leur Pays, l’on se posera quelques questions simples sur les motivations et les buts d’un engagement militant au service de la Cause nationale et royale. Y répondre précisément, – et non par à-peu-près, – est indispensable pour éviter pièges et impasses, nombreux en temps de crise.

I. – Programme :

Samedi 15 Mars 2014. – Entre mondialisation capitaliste, utopies décroissantes et protectionnisme national : nos choix économiques, ou le réalisme intégral de l’Action française

II. – Informations pratiques : Les cercles ont lieu à Bordeaux le 15 de chaque mois, ou, si ce jour est un dimanche, le samedi précédent. Pour les autres villes universitaires de la région (Toulouse, Pau, Bayonne), se renseigner par courriel auprès du secrétariat régional des cercles de formation, via la rubrique « Contact » des sites officiels de la fédération Grand Sud-Ouest de l’Action française : http://af-aquitaine.over-blog.com/ ou http://actionfrancaiseaquitaine.over-blog.com/ . Participation aux frais : 4 € ; inscription préalable obligatoire.

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Sois belle et bats-toi: l'Action française, la théorie du genre et le féminisme

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-guyenne de l'Action française

On lira avec fruit, en cette journée des femmes, les réflexions d'un philosophe féministe, - mais néanmoins consciente des impasses dans lesquelles la femme contemporaine se retrouve, - sur les tenants et les aboutissants de la dictature de la beauté en Occident aujourd'hui. Après quarante ans, il est certain que les féministes des années 1960-70, en prétendant "libérer" les femmes de leurs obligations naturelles (mariage et maternité), ne les ont pas rendues heureuses pour autant! Le seul nombre de divorces en atteste: plus d'un mariage sur trois est voué à l'échec.

Toutefois, la démonstration du philosophe est d'un optimisme qui confine à la naïveté. Pour lui, entre les diktats de la mode et des médias, la femme aurait un large éventail de choix, entre lesquels elle ferait son marché. Et ainsi, elle se construirait. Mais dans quel autre cadre esthétique et social, que celui qui lui est imposé et qu'elle tente, plus ou moins adroitement, de transformer à son avantage? Voilà les limites de l'horizon conceptuel de la femme contemporaine, qu'elle ne peut transgresser sous peine d'ostracisme. Comment l'auteur ne voit-il pas que cela se résume à la marchandisation de la femme elle-même, devenue un consommateur comme les autres, et un produit au rayon de la vie, semblable aux cosmétiques qu'elle utilise? Etre un produit souvent bas de gamme, jetable et réutilisable à volonté, ne nous semble pas être une ambition digne de la femme française. Loin d'être un accroissement de son "moi", la prison dorée, dans laquelle le Système capitalistique la place, ne se traduit pour elle que par un appauvrissement spirituel et psychique.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

"Le corps des femmes se livre chaque jour à tous les regards, dans un dévoilement qui l'offre à la concupiscence comme à la vindicte, et dans des proportions qui font qu'il est devenu impossible de ne pas le considérer. Contemplé, apprécié, vénéré, le corps féminin est aussi examiné, jugé, critiqué, selon un curieux mouvement qui voit la dimension corporelle de l'existence revêtir une importance inouïe pour les femmes d'aujourd'hui (pour les hommes aussi, mais ce n'est pas mon propos ici) tout en faisant l'objet d'une dénonciation quasi unanime en tant que vecteur d'assujettissement.

"Pour comprendre les raisons de cet opprobre, il faut remonter à la révolution des mentalités qu'il s'est agi d'opérer dans le moment du féminisme de la seconde vague. Après que la femme a été réduite à son sexe, il fallait la redéfinir comme non sexuée pour fonder sa prétention à investir le monde. C'est ce qu'ont fait les études sur le genre (Gender Studies) qui se sont appliquées à refuser que l'on distingue les hommes et les femmes en fonction de caractéristiques jugées immuables parce qu'enracinées dans la biologie. Selon la perspective genrée, un individu devient femme ou homme au gré d'un processus par lequel il intériorise jusqu'à les envisager comme naturels les comportements et les modes de pensée prétendument inhérents à son sexe de naissance.

"Or, parmi les mécanismes les plus décriés pour leur participation à la construction des genres, se trouvent tous ceux qui regardent le corps féminin. C'est que celui-ci est bien le point commun aux anciennes assignations liées à la condition domestique : le corps des épouses qui se mettent au service du bien-être quotidien de leurs maris, le corps des mères qui portent et nourrissent leur progéniture, le corps des amantes qui se font objets du désir des hommes. Voilà pourquoi le combat contre la relégation au foyer et l'exclusion sociale des femmes s'est souvent accompagné d'une dévaluation de tout ce qui avait trait à la corporéité féminine, comme si la prison dont il fallait les extirper, c'était celle de leur enveloppe corporelle.

"Dans la période récente, la charge qui fait du corps féminin le lieu par excellence de la domination masculine s'est concentrée sur la préoccupation esthétique. Il s'agit de tordre le cou aux stéréotypes qui enferment les femmes dans la tyrannie de l'apparence, de la petite fille affichant un goût immodéré pour le rose et les jupes "qui tournent", à la femme d'âge mûr obsédée par l'idée d'effacer les traces que le temps laisse sur son visage, en passant par la jeune fille trop précocément soucieuse de répondre aux canons d'une beauté médiatiquement prescrite. En un mot, tout ce qui ramène les femmes à leur image est assimilé à une entreprise avilissante qui les rabaisse au rang d'objet et les prive de la possibilité d'une vie libre.

"C'est la position que synthétise Mona Chollet dans son dernier ouvrage, Beauté fatale. Les nouveaux visages d'une aliénation féminine (Editions Zones, 2012). Soumises aux diktats du complexe mode-beauté les enjoignant à assumer une "féminité consumériste et sexy", les femmes seraient réduites à n'être que des créatures décoratives privées de toute singularité. Au-delà de la diatribe contre les modalités de cette "aliénation participative" (Internet y joue un rôle central), c'est l'assimilation établie entre quête de la beauté et perte de la liberté qui m'interroge : le corps féminin serait le lieu du "refus de leur accession au statut de sujet à part entière". Une telle interprétation du souci esthétique comme aliénation véhicule un paradoxe de taille : les femmes seraient par un côté absolument libres en tant qu'individus de droits et totalement soumises comme êtres féminins. Elles auraient obtenu la reconnaissance de leur légitimité sociale et professionnelle tout en continuant d'être appréhendées comme des êtres de subordination dans le registre personnel de la relation à soi. Incapables de distance critique vis-à-vis de leur propre image et asservies par les mécanismes de la prescription médiatique et commerciale, elles n'auraient en quelque sorte pas d'autre relation au corps que contrainte et déterminée.

"Ce prisme interprétatif ne me semble pas rendre compte de la réalité des existences féminines à l'âge de l'émancipation. Je crois que la liberté conquise est tout aussi structurante dans la sphère intime que dans la sphère sociale : si l'on excepte les cas de violence subie et de contrainte abusive, les femmes ont prise sur leur corps comme sur leur vie affective. Cela n'exclut pas qu'il y ait là quelque chose d'immédiatement problématique, l'application à soi d'une vraie liberté, c'est-à-dire d'une liberté consciente de ses déterminations et de ses limites, ne se fait pas sans difficultés. C'est même un véritable défi, constitutif me semble-t-il de la condition féminine contemporaine : comment vivre sereinement dans son corps féminin quand on est prise en tenailles entre la dévaluation féministe des signes extérieurs de féminité et les injonctions toujours plus nombreuses à une forme idéalisée et inatteignable de beauté féminine ?

"Quand on est une femme, s'affirmer comme un sujet implique de réfléchir sa féminité, dans les deux sens d'une projection hors de soi de son image et d'une réflexion sur cette image. Très prosaïquement, chaque femme fait l'expérience, chaque matin, de cette mise en abîme devant son miroir : se regarder, considérer son reflet et le modifier, se regarder à nouveau en intégrant le point de vue de l'autre (homme ou femme peu importe), pour enfin s'approprier cette image dans une version qui soit en adéquation avec son intériorité. C'est ce que recouvre selon moi le souci esthétique, la recherche d'une présentation de soi conforme non pas tant aux canons du beau tel qu'il est socialement prescrit (et qui n'est qu'un étalon avec tout ce que cela implique d'infinie distance) qu'aux critères personnels par lesquels l'image de soi corporelle entre en consonance avec l'image de soi subjective.

"Voilà pourquoi l'analyse que propose Nancy Huston dans son dernier livre, Reflets dans un œil d'homme (Actes Sud, 2012), me paraît dépassée : si les femmes se font belles, écrit-elle, c'est qu'elles souhaitent attirer sur elles le regard des hommes. La maternité ayant été socialement dévalorisée (une totale contre-intuition selon moi), la séduction aurait remplacé la reproduction, les femmes se trouvant enjointes à incarner une beauté stérile motivée par le seul désir masculin. A rebours de cette position objectivante, je pense que si le corps féminin fait l'objet d'un investissement spécifique et que la perspective de le présenter sous le meilleur jour est quotidienne, c'est qu'il existe un lien étroit et positif entre existence féminine et apparence. Dans la neutralité de son statut de sujet, la femme choisit de se présenter comme femme, un peu, beaucoup ou... pas du tout.

"Car l'éventail des choix de féminité est très largement ouvert, de la minoration frôlant la masculinisation à l'ultra-féminisation touchant à la caricature, chaque femme choisit en quelque sorte le degré de féminité qu'elle désire assumer socialement, celui qui lui permettra d'exprimer sa singularité. Que cela prenne parfois des tournures excessives, voire outrancières, et que le système médiatico-commercial y soit pour beaucoup, n'enlève rien à cette dimension identitaire du souci esthétique. L'obsession de l'apparence révèle un malaise, celui de toutes celles qui ne savent plus comment attester de leur être féminin maintenant qu'elles vivent et se pensent comme des sujets sans disposer d'autres modèles de sujet que masculins. Ce constat ne nous empêche pas je crois de tenter une réévaluation positive de la quête de la beauté en postulant que, loin de faire des femmes des objets façonnés par le regard des hommes et les diktats du marché, celle-ci participe de la construction du sujet féminin.

"De cela, j'ai trouvé quelques arguments dans l'analyse que propose Jacques Dewitte de l'ornement en architecture (La manifestation de soi, La Découverte, 2010). Le philosophe belge nous apprend que, dans l'ornement, c'est la relation à la chose à orner qui est première : au sein de cette relation, et l'ornement et ce qui est orné s'enrichissent mutuellement, chacun se trouvant modifié par l'autre. Plus encore, précise Dewitte, c'est dans la façon dont elle se montre et se présente que la chose ornée advient à elle-même, obtenant un "accroissement d'être". Ce que l'ornement révèle ainsi, c'est l'existence d'une relation entre être et représentation : "il y a déjà de l'être, et qui plus est, de l'être doué d'une dignité, d'un rang particulier (d'une forme d'excellence) ; mais cet être fini doit aussi «se représenter» pour trouver son accomplissement". Voilà pourquoi l'ornement n'est pas simple adjonction de détail ou raffinement de forme, c'est un geste "gratuit et nécessaire" qui permet l'accès à soi de la chose ornée.

"Appliquée librement à notre sujet, la chose peut se dire ainsi : par le travail quotidien sur son apparence, une femme entre dans un processus d'enrichissement de son être qui passe par le choix qu'elle fait d'une représentation d'elle-même. Loin de l'assimiler au statut d'objet, cette représentation la pose comme sujet : derrière le paraître, elle dit quelque chose de son être. Le souci de son apparence renvoie non seulement à une recherche de l'adéquation à soi par laquelle une femme deviendra ce qu'elle est, mais elle témoigne aussi de la valeur qu'elle se confère en tant qu'être digne d'être orné. Comprise en ces termes, la démarche d'embellissement obéit à une logique proprement inverse de celle de l'aliénation, elle témoigne d'une libre appropriation de soi qui est aussi augmentation de soi. Si le corps des femmes a longtemps été synonyme d'entraves et de soumission, il me paraît temps désormais de le réinvestir de façon positive, comme le vecteur incontournable de leur rapport au monde et aux autres.

"J'ai développé ces arguments dans un article qui paraît ce mois-ci dans l'excellente revue Le Philosophoire dont le dernier numéro est consacré à la beauté ("La beauté féminine, un projet de coïncidence à soi", Le Philosophoire, n° 38, automne 2012)."

Camille Froidevaux-Metterie

Source: http://www.philomag.com/blogs/feminin-singulier/sois-belle-et-sois-toi

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Maurras, l'Action française, le suffrage universel et les municipales 2014

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

A l'occasion des prochaines élections municipales 2014, qui donnent lieu à un festival de démagogie, et pour mieux faire comprendre à nos lecteurs l'inanité intrinsèque du vote, nous donnons le texte suivant, tiré du recueil tardif Mes Idées politiques, où Maurras en démonte une fois pour toutes les rouages ineptes.

La fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française et ses sections de Bordeaux & Basse-Guyenne, de Toulouse & Haut-Languedoc, de Pau & Pyrénées et de Bayonne & pays basque appellent tous leurs amis à faire oeuvre de salubrité publique en participant à ce scrutin, qui est le seul sur lequel la vox populi peut réellement et utilement peser et à faire barrage aux candidats antinationaux de Gauche comme de Droite.

L'argument, périodiquement utilisé par la Droite parlementaire, selon laquelle il faudrait "battre la Gauche" ou "faire gagner la Droite" n'est qu'un attrape-couillons: il n'y a que de minimes différences de forme, de style et de taux d'imposition entre les uns et les autres. La piquette est la même, seule l'étiquette change! Le vote doit être utilisé de façon stratégique, suivant les circonstances de temps et de lieu. Dans le cas d'une petite ville bien gérée par un maire "de Gauche", on ne doit pas hésiter à lui donner son appui; au contraire, dans le cas d'une grande ville médiocrement dirigée par un homme politique "de Droite" dont les ambitions sont au niveau national, et qui la ruine, cet homme doit être battu à tout prix! En bref, le vote, c'est comme la chasse: au premier comme au second tour, on élimine les nuisibles!

"Est-ce clair?" comme disait Maurras!

Action française-Grand Sud-Ouest

*

Voici maintenant le texte de Maurras où tout est dit en quelques phrases:

« Nous n'avons jamais songé à supprimer le suffrage universel. On peut dire que le suffrage universel doit élire une représentation et non un gouvernement, sans vouloir supprimer ce suffrage, et en voulant tout le contraire. Car ce suffrage, entre bien des vertus ou bien des vices, possède une propriété fondamentale, inhérente à son être même : Le suffrage universel est conservateur. Les théoriciens plébiscitaires n'ont pas tort de comparer le suffrage universel à la « masse » des physiciens. Il est à peu près aussi « inerte » qu'elle. Leur tort est de mal appliquer cette vérité, et de considérer un suffrage inerte soit comme le moyen de créer le Souverain, soit comme un ressort d'opposition et de révolution. Leur erreur sur le premier point est évidente. Sur le second, il suffit de songer qu'il faut un prestige bien fort, une popularité bien puissante pour émouvoir, pour ébranler un pesant amas de volontés qui ne concordent que dans l'idée d'un profond repos. L'appel au peuple peut être un utile et puissant levier dans les périodes de trouble, quand le gouvernement hésite et incline de lui-même à la mort. Il ne vaut pas grand-chose dans les autres cas. Il ne vaut rien contre un parti bien constitué, fort, uni, résolu à exploiter la nation jusqu'à l'os. [...] La foule acquiesce, suit, approuve ce qui s'est fait en haut et par-dessus sa tête. Il faut des mécontentements inouïs pour briser son murmure d'approbation. La foule ressemble à la masse : inerte comme elle. Ses violences des jours d'émeute sont encore des phénomènes d'inertie; elle suit la ligne du moindre effort; il est moins dur de suivre des penchants honteux ou féroces que de leur résister par réflexion et volonté. La faculté de réagir, très inégalement distribué, n'arrive à sa plénitude que dans un petit nombre d'êtres choisis, seuls capables de concevoir et d'accomplir autre chose que ce qui est. Le nombre dit amen, le suffrage universel est conservateur. »

Charles Maurras, Mes idées politiques, Fayard, 1937

P.S. (post-scriptum): Nous remercions vivement le site de l'Assemblée nationale pour nous avoir remis ce texte puissamment antidémocratique en mémoire (http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/suffrage_universel/suffrage-questions.asp#Action ).

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