Le royalisme national, une solution d'avenir pour l'Action française?

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Dans un Midi rouge largement indifférent à la Contre-Révolution, la fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française et ses sections locales (Bordeaux & Basse-Guyenne, Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées et Bayonne & pays basque) doivent redoubler d'efforts et d'inventivité pour diffuser l'idée royaliste chez nos contemporains à un âge de dépolitisation généralisée. La pensée de l'abbé de Genoude, royaliste plébiscitaire de l'époque de la Restauration et de la Monarchie de Juillet, devrait les y aider, comme on le verra plus bas dans l'article de l'historien Michel Vivier, paru naguère dans Aspects de la France (l'actuelle Action Française 2000).

Bien que ses propositions audacieuses pour son temps n'aient pas été retenues par notre école, il faut reconnaître que, dans la contrefaçon de monarchie qu'est la Vème République, elles ont été mises en pratique d'une manière assez efficace et durable pour le Pouvoir. Notez bien qu'on ne parle pas ici de compromissions électoralistes avec tel parti d'extrême-Droite ou autre R.B.M. pour quelque strapontin, hein!

Et si l'alliance de la Monarchie héréditaire du Comte de Paris, Duc de France, et de son fils aîné François, Comte de Clermont, avec le suffrage universel et la démocratie représentative était la clé du relèvement de notre Pays? Et si de cette alliance du Peuple et du Roi pouvait naître un plus grand bien? Le Prince a l'air de le penser. Après tout, "Paris vaut bien une messe!", comme disait Henri IV! Ou un référendum! Nous, on dit ça, on dit rien... Aux contre-révolutionnaires de réfléchir... pour une fois!

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

"L’Abbé de Genoude, inspirateur de Lamartine et pamphlétaire royaliste

"Il y a cent soixante ans naissait à Montélimar celui qui allait devenir le fameux abbé de Genoude. Fameux sous Louis-Philippe, mais bien oublié aujourd’hui, les rues de nos villes n’ayant pas perpétué son souvenir comme celui d’un Ledru-Rollin et de tous les ancêtres grands ou petits de nos hommes en place… Pour sembler moins curieux que le cas de Laurentie - qui, né le 21 janvier 1793, lutta toute sa vie contre les conséquences de ce jour funeste en mettant sa plume au service du roi légitime - le cas de Genoude ne laisse pas de mériter l’attention. Cet homme nouveau, venu au monde l’an I de la République et élevé dans l’esprit du XVIIIe siècle, devait se faire un nom en répudiant avec éclat les idées que sa jeunesse avait reçues. Traducteur de la Bible - cette Bible que Voltaire avait tant moquée - il fut l’inspirateur du Lamartine chrétien. Mais c’est dans la presse qu’il s’illustra surtout : après comme avant la révolution de 1830, il anima de sa verve la très royaliste Gazette de France et son entrée tardive dans les ordres ne le détourna pas du combat politique. En ce mois de vacances, où l’actualité politique nous presse moins, j’aimerais rappeler à grands traits la vie exemplaire de ce vieux maître oublié.

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"Ses parent furent-ils cabaretiers, comme Larousse l’affirme ? Sortait-il d’une souche moins modeste et son anoblissement par Louis XVIII ne fera-t-il que consacrer l’ancienneté de sa maison ? Sur ses origines - comme sur celles de Rivarol - l’incertitude subsiste. Mais qu’importe ? Le jeune Eugène fut élevé comme les petits bourgeois d’alors. A Grenoble, où sa famille était venue s’installer, il apprit le latin et le grec - et chose plus rare : l’hébreu. Mais c’est Voltaire et les Encyclopédistes qui furent ses auteurs de chevet : ses professeurs ne juraient que par eux et leurs thèses avaient imprégné l’air du temps. Il l’écrira plus tard : « Je n’ai pas entendu un mot alors qui me donnât une idée des mystères et des preuves de la religion. La philosophie matérialiste du XVIIIe siècle régnait dans le gouvernement et dans les moeurs. Les hommes géométriques qui avaient alors la parole souriaient dédaigneusement quand ils prononçaient les mots : enthousiasme, religion... » Au temps de ses études de droit il s’éprend de Rousseau qui le libère partiellement de l’athéisme en lui révélant une certaine religiosité, vague et confuse encore. Lui aussi, promeneur solitaire, il parcourt à pied vallées et montagnes. Mais il ne se doute pas qu’il va trouver parmi les routes du Dauphiné son chemin de Damas. Un jour, s’arrêtant par hasard au presbytère de Saint-Ferjus, il s’entretient longuement avec le curé qui lui prête des livres : Bossuet, Fénelon, la Bible. Etranges nouveautés que ces « vieilleries » ! La lecture des livres saints l’illumine : « La Bible, dira-t-il, me mettait en communication avec Dieu lui-même. » L’année suivante il part pour Paris et c’est dans une chapelle de Saint-Sulpice qu’à l’âge de dix-neuf ans il communie pour la première fois. Jour inoubliable : « C’est de là que date pour moi le désir de vouer ma vie au Sauveur. »

"Nommé grâce à Fontanes professeur au lycée Bonaparte, il emploie ses loisirs à traduire Isaïe. Mais les versets contre le roi Assur inquiètent la censure impériale et la traduction est interdite. C’est pour Génoude une raison supplémentaire d’applaudir à la chute de l’Empire. Pendant les Cent Jours, il passe en Piémont où il devient le secrétaire de M. de Polignac. A son retour il prend possession de Grenoble au nom de Louis XVIII et réussit à empêcher les troupes étrangères d’entrer dans la ville. La Restauration le nomme maître des requêtes au Conseil d’Etat et il commence à fréquenter les salons royalistes où il rencontre M. de Bonald. Sa traduction d’Isaïe a paru en 1815. Job et les Psaumes paraissent en 1818. L’année suivante, il fait ses premières armes de journaliste au Conservateur de Chateaubriand, sans cesser de poursuivre sa traduction de la Bible. Celle-ci, achevée en 1825, va connaître le plus vif succès. A en croire Lamartine, « M. de Genoude est le premier qui ait fait passer dans la langue française la sublime poésie des Hébreux : grâce à lui, l’expression, la couleur, le mouvement, l’énergie (de la Bible) vivent aujourd’hui dans notre langue. »

"Cet hommage-là n’était que trop juste. Dans un remarquable article paru naguère aux Etudes, M. Claudius Grillet a rappelé tout ce que Lamartine devait à Genoude (1). Sans doute s’étaient-ils rencontrés dès le printemps 1817, chez Mme Charles, à l’Institut ou dans les salons du duc de Rohan. Ils se lièrent bientôt d’amitié et Lamartine évoquant plus tard ce jeune homme qui traduisait la Bible : « il arrivait chez moi le matin - écrit-il - les épreuves de sa traduction à la main et je lui en faisais lire des fragments qui me révélaient une région plus haute et plus merveilleuse de la poésie. » Cette révélation fut capitale pour le jeune poète. Aux accents profanes du Lac et du Golfe de Baïa vont succéder de plus hautes « harmonies ». Comme l’écrit M. Grillet, Lamartine troque la guitare pour la harpe. « Les contemporains, ajoute-t-il, s’attendaient sans doute à retrouver dans ses vers un simple écho des Parny, des Chénier, des Millevoye, ou les variations connues sur l’amour et la mort. Or voici l’œuvre inattendue. Inattendue. Job y aura collaboré très largement. »

"Inspirateur des Méditations, Genoude en fut aussi le parrain et le préfacier. C’est lui qui leur trouva un éditeur et qui contribua le plus à leur succès triomphal dans la presse et dans les salons. Plus tard, c’est lui encore que Lamartine chargera de faire éditer les Nouvelles Méditations et la Mort de Socrate. C’est lui qui veille aux intérêts moraux et matériels du poète et M. Grillet l’appelle fort bien son « intendant littéraire ». Il fut en tout cas le modèle des amis et l’on comprend mal la réserve de Lamartine écrivant plus tard : « Nous nous liâmes d’une certaine amitié », ou plutôt on la comprend fort bien si on évoque la carrière politique des deux amis et si on oppose à l’évolution républicaine de Lamartine la fidélité légitimiste de M. de Genoude.

"Après la Révolution de Juillet, deux journaux seulement restèrent fidèles à la dynastie vaincue : la Quotidienne de Michaud, où vont s’illustrer Nettement et Laurentie, où Balzac écrira - et la Gazette de France, qu’assisté de Lubis et Lourdoueix, dirige M. de Genoude. Dans les années suivantes, la presse légitimiste s’enrichira de nombreux titres parmi lesquels il faut au moins citer La Mode, le spirituel hebdomadaire d’Edouard Walsh. Mais les deux organes que j’ai dits furent les seuls quotidiens de Paris à mener la lutte dix-huit années durant contre la dynastie nouvelle et les ministres du « Juste-Milieu ». Ni les rigueurs du pouvoir, ni ses appâts n’eurent raison de son intransigeance. Amendes et prisons ne leur furent pourtant pas épargnées, et M. de Brian, gérant de la Quotidienne se trouvait moins souvent dans son bureau, rue Neuve-des-Bons-Enfants, qu’en villégiature à Sainte-Pélagie. Quant à M. de Genoude, il fut même inculpé de complot contre la sûreté de l’Etat.

"D’accord sur l’essentiel, les deux journaux sont pourtant séparés par des nuances importantes. Sous la Restauration déjà, ils ont incarné au sein du parti ultra deux tendances opposées. La Gazette a soutenu sans réserve la politique de Villèle, tandis que Michaud et ses amis, jugeant ce ministre trop modéré, ont appuyé contre lui Chateaubriand, puis inspiré cette opposition d’extrême-droite qu’on appelle « la défection » ; quand arrivèrent aux affaires MM. de Polignac et La Bourdonnaye, ils purent croire un temps leurs idées au pouvoir. Genoude, au contraire, n’appuya que mollement Polignac. Après 1830, la Quotidienne refusant de jouer le jeu constitutionnelle représente à l’intérieur du parti la faction militaire, celle qui place tous ses espoirs dans un 20 Mars monarchique. La Gazette, elle, ne croit pas aux complots et s’efforce de convertir à la bonne cause une partie de ceux qu’avaient séduits les idées libérales ou « nationales » de l’ancienne opposition. Hostile aux jésuites et aux gens de cour, ne craignant pas les innovations, parlant un langage démagogique, la Gazette s’efforce de rallier la Jeune France au jeune Roi. Aussi s’insurge-t-elle quand les rédacteurs de la France, inspirés par le duc de Duras, nient la validité des abdications de Rambouillet et affirment qu’avant Henri V doit régner Louis XIX (2). Malgré Nettement qui démissionne, la Quotidienne ne proteste pas et l’on voit dans Lucien Leuwen ses lecteurs de Nancy faire des voeux pour le retour de Louis XIX.

"Avec l’échec des complots qui amène le parti à ne plus faire fi des armes légales, avec l’effacement du duc d’Angoulème qui fait d’Henri V le seul prétendant légitime, ces querelles s’apaiseront. Mais d’autres vont surgir et même quand les deux journaux fraternisent, la Quatidienne met volontiers l’accent sur l’autorité et la hiérarchie, tandis que la Gazette, pour rallier les gens de gauche, affirme que les royalistes sont plus que les libéraux favorables à la liberté. Comme le dit Mme de Genoude, de ces deux journaux qui propagent « la vrai foi », l’un est « l’apôtre saint Pierre », l’autre « l’apôtre saint Paul ». Mais dans son effort pour convertir « les gentils », M. de Genoude ne se contentera pas de multiplier à travers le territoire les Gazettes provinciales et de publier sans trêve des ouvrages et brochures de propagande. Il va fonder lui-même, au prix d’énormes sacrifices, un journal de gauche, La Nation, qui se produit sous les auspices de MM. Arago, Laffitte et Chateaubriand. L’accord de La Gazette et de La Nation, écrit Hatin (3), devait donner une image de la réconciliation du principe de liberté avec le principe d’autorité, ce qui fit dire que M. de Genoude, pour tout finir, avait mis sa main gauche dans sa main droite. Mais La Nation n’eut qu’une existence éphémère. Et La Gazette seule continua à prôner l’alliance carlo-républicaine et à protester au nom des droits de tous contre le Parlement censitaire.

"Telle fut en effet la grande idée de Genoude, celle qui le fit appeler « le Lamennais du royalisme » et qui fit interdire son journal dans la plupart des royaumes d’Europe : l’union du suffrage universel et de la monarchie légitime. Déjà au temps de la Chambre introuvable, les ultras avaient demandé que le cens électoral fut abaissé à 25 francs, tandis que les libéraux voulaient le maintenir à 300. En 1830 - Bainville l’a remarqué - il est fort probable que Charles X eut conservé son trône s’il eut accordé à tous les Français le droit de suffrage : les masses paysannes restées loyalistes eussent alors submergé de leurs votes la minorité ouvrière et bourgeoise hostile au gouvernement... En 1840, on disait de Genoude : « vous croyez donc la République nécessaire à la restauration d’Henri V ? » Maurras estime que le calcul n’était pas si faux. En 1850 comme en 1871, le suffrage universel créa une sorte de « démocratie blanche » qui faillit bien restaurer le Roi légitime.

"Où Genoude avait tort, c’est quand il souhaitait que le suffrage universel se prononçât régulièrement sur les grandes affaires de l’Etat. Qu’ils soient d’origine populaire ou privilégiée, les parlements, en France, ont toujours une action néfaste. S’il est juste que tous les citoyens, y compris les plus pauvres, fassent entendre leur voix dans tous les domaines où ils sont compétents, la haute politique doit rester le domaine exclusif du Roi. Détail piquant, ce promoteur du suffrage universel que le collège censitaire de Toulouse avait, en 1846, envoyé à la Chambre, ne réussit pas, en 1848, à se faire élire représentant du peuple. Il mourait l’année suivante, assez tard pour avoir applaudi à la chute de Louis-Philippe, trop tôt pour déplorer l’échec de la Restauration et le coup du 2 Décembre. Dans les derniers mois de sa vie, il avait pris pour secrétaire un tout jeune homme qui s’appelait Gustave Janicot. Et cinquante ans plus tard, Janicot accueillait à la Gazette un jeune qui s’appelait Charles Maurras. Ainsi se noue la chaîne...

"Il ne convient certes pas de mettre l’abbé de Genoude au rang des maîtres de la contre-révolution, car sa lucidité ne le garde pas toujours des erreurs romantiques et libérales de son temps. Lui aussi avait mieux lu Chateaubriand que Bonald. Il me plaît pourtant de saluer avec un affectueux respect la mémoire de ce chrétien et de rappeler à tous ceux qui poursuivent son combat son exemple et de sa fidélité."

(1) « Genoude et Lamartine » par Claudius Grillet, dans Les Etudes du 5 avril 1936.

(2) Cf. Edmond Biré : Alfred Nettement et la Presse royaliste de 1830 à 1850.

(3) Hatin : Histoire de la Presse en France (tome VIII).

Aspects de la France, 1952

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La Saint-Valentin à l'Action française-Bordeaux

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Une évidence: notre prochain cercle de formation sur "81 ans après, les leçons du 6-Février" ( http://af-aquitaine.over-blog.com/2015/02/prochain-cercle-de-formation-d-action-francaise-le-15-fevrier-2014-a-bordeaux-comment-prendre-le-pouvoir-les-lecons-du-6-fevrier.htm ) aura lieu le jour de la Saint-Valentin, fête des amoureux.

Nous conseillons donc fortement aux jeunes gens réactionnaires qui y assisteront de suivre le sage conseil des vers de mirliton qui suivent, et d'adresser un poème aux Jeunes Filles royalistes de Bordeaux qui les retrouveront pour cette occasion mémorable de réflexion sur les moyens de prendre pacifiquement le Pouvoir dans une Démocratie moderne au XXIème siècle.

On pourra même organiser un concours après le cercle: le gagnant, désigné impartialement par le Délégué régional, remportera un abonnement d'essai à L'Action Française 2000! Voila qui devrait stimuler l'ardeur à l'étude des jeunes militants, les détourner de tout activisme stérile et atténuer l'aridité supposée du sujet. Après tout, Maurras n'a-t-il pas fait de même?

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

"Plus que les fleurs, quelques mots de ta main

Font ton amante assurément ravie :

Car les fleurs n’ont qu’un bref moment de vie

Et tes écrits, les vastes lendemains.

Ronsard, devant ce triomphe certain,

Tu sais garder ta douce modestie ;

Jamais ta foi n’avance travestie,

Ni ne s’abrite en de grands mots latins,

Mais en chansons qui font rêver les dames,

En madrigaux qui attisent leur flamme,

Sans nul besoin de les faire trop longs.

À celle qui te semble la plus belle,

Tu lui écris quelques strophes nouvelles

Que tu lui lis dans un ombreux vallon."

Source: http://heraldie.blogspot.fr/2014/12/sagesse-de-ronsard.html

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Prochain cercle de formation d'Action française le 14 février 2014 à Bordeaux: Comment prendre le Pouvoir: les leçons du 6-Février

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Année politique 2014-2015

Cycle « Petit cours d’Action française »

sous la direction de

M. Vincent Gaillère

Délégué régional de l’Action française dans le Grand Sud-Ouest

Dans ce cycle de formation aux idées de l’Action française, ouvert à tous, jeunes gens réactionnaires, jeunes filles royalistes ou gens plus âgés désireux de se rendre utile à leur Pays, l’on se posera quelques questions simples sur les motivations et les buts d’un engagement militant au service de la Cause nationale et royale. Y répondre précisément, – et non par à-peu-près, – est indispensable pour éviter pièges et impasses, nombreux en temps de crise.

I. – Programme :

Samedi 14 février 2015. – 81 ans après : les leçons du 6-Février, ou comment prendre pacifiquement le Pouvoir dans une Démocratie moderne

II. – Informations pratiques : Les cercles ont lieu à Bordeaux le 15 de chaque mois, ou, si ce jour est un dimanche, le samedi précédent. Pour les autres villes universitaires de la région (Toulouse, Pau, Bayonne), se renseigner par courriel auprès du secrétariat régional des cercles de formation, via la rubrique « Contact » des sites officiels de la fédération Grand Sud-Ouest de l’Action française : http://af-aquitaine.over-blog.com/ ou http://actionfrancaiseaquitaine.over-blog.com/ . Participation aux frais : 4 € ; inscription préalable obligatoire.

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Les deux Islam et la France, une réalité?

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Nous livrons ci-dessous à nos fidèles lecteurs trois analyses intéressantes à divers titres qui permettent de prendre avec du recul une vision exacte des évènements de Paris du mois dernier. Toutes trois font, en creux, le procès d'un Régime incapable d'assimiler, à l'intérieur, ses immigrés et, à l'extérieur, de conduire une politique servant les véritables intérêts de la France et fidèle à son histoire. Ne serait-il pas temps d'en établir un autre dont la philosophie ne sape ni les légitimes croyances (ou incroyances) de tous les Français, ni leur droit à vivre en paix? Cela suppose une légitimité que la République ne possède plus depuis belle lurette. Au lecteur de juger et d'agir.

Diagnostics pessimistes

La première analyse est celle d'un philosophe tunisien imprégné d'humanisme laïc et d'une sagesse toute orientale. Il dresse un bilan très noir, mais juste dans l'ensemble de l'intégration illusoire par la République de l'Islam à notre système jacobin de mise en tutelle des cultes, ce qui pose la question de la pérennité de ce Régime et finalement de la nocivité des Lumières elles-mêmes. L'échec de l'intégration mène à l'intégrisme. La politique extérieure de Gribouille que la Démocratie a fait au Proche-Orient et au Maghreb n'a évidemment pas aidé à résoudre l'équation. Au contraire, une Monarchie nationale aurait l'indépendance et l'assurance nécessaires pour protéger équitablement (et non administrer égalitairement) les diverses familles spirituelles de la France (Barrès), qui, chacune à sa mesure, peuvent contribuer à la paix civile, notre plus grand bien, au réveil des âmes endormies par les sirènes de la société de consommation et à la restauration de la grandeur de notre Pays.

Ceux de nos lecteurs qui connaitraient l'anglais liront avec profit plus bas une deuxième analyse, parue sur un site néo-conservateur américain, par un professeur d'université, qui met en relief la différence dans la pratique de l'Islam entre celle des générations précédentes, plus modérée, et celle, radicale, des certains jeunes musulmans français, ainsi que les raisons sociales, technologiques et de politique étrangère de cette mutation.

La conclusion peut paraître exagérément pessimiste (une nouvelle guerre de Cent Ans!), le rapprochement avec le Hamas, phénomène spécifiquement palestinien, hors de propos, il n'en demeure pas moins que la "radicalisation" n'est que le fait d'une infime minorité des musulmans désavouée, non seulement par leurs aînés, mais aussi en masse par leurs coreligionnaires. N'en déplaise aux politiciens professionnels du racisme de tous bords, l'Action française estime qu'il n'y a donc rien là qui puisse remettre en cause la politique souhaitable d'assimilation des populations d'origine étrangère et de confessions non-chrétiennes à la Nation pluricontinentale, pluriraciale, pluriculturelle et pluriconfessionnelle qu'est et que demeure la France éternelle. Comme le disait sagement l'autre jour le patriarche latin de Jérusalem: "Nous sommes aujourd'hui ce que nous sommes maintenant, - et non pas ce que nous étions il y a mille ans! Ce serait échapper aux difficultés d'aujourd'hui et se cacher dans le passé!"

La leçon politique des évènements de janvier 2015

La Démocratie prétend régenter toutes les religions en les faisant passer sous les fourches caudines de sa laïcité agressive. Si le Catholicisme et sa hiérarchie s'en accommodent servilement, cette conception est dépassée avec l'Islam. Les politiciens républicains ne savent que répondre de manière disproportionnée à ce défi, par la répression aveugle. Si l'on veut résoudre pacifiquement la question posée par l'Islam à notre dissociété sécularisée qui bannit de la sphère publique la foi et sa profession publique, pas besoin de domestiquer les cultes, ni de criminaliser leur expression, ni de favoriser une religion d'Etat toute théorique ("Je suis Charlie"!), laïciste, païenne ou chrétienne, il suffit du principe de transcendance et de continuité à travers les siècles qu'incarne théoriquement le Prince, Roi sacré et protecteur respectueux des consciences. La nécessité de la royauté de l'Intelligence politique française ne s'en ressent que davantage.

Dans la crise actuelle, tous les ingrédients d'une Contre-Révolution sont ainsi présents: désintérêt général pour le Régime et sa politique politicienne, besoin d'appartenance largement ressenti, solidarité populaire contre l'égoïsme des élites, regain de foi dans une partie de la population, faible adhésion aux mythes démocratiques de l'Urne et de l'Egalité. Seul manque en définitive l'instrument politique, le "parti des Politiques" que l'Action française a su constituer dans l'affaire Dreyfus. Malheureusement, - pour diverses raisons qui tiennent principalement à ce que la "mystique d'Action française" de Maurras, Bainville, Daudet et Pierre Pujo, parfaitement rationnelle, a dégénéré en une "politique d'Action française", vulgaire arrivisme "femmelin" courant après un plat de lentilles avariées (la "force" numérique et électorale prétendue - et passagère - des racisto-identitaires et du F.N.), - elle n'est plus en mesure de le faire aujourd'hui au plan national, et pour longtemps. On peut le regretter, c'est ainsi, et d'ailleurs, Maurras l'avait prévu après-Guerre. Pour sauver la France, devant la démission des élites et des intellectuels, on ne peut plus donc que compter sur le Peuple et son bon sens. Ce n'est pas absolument rien.

Ce dont témoignent surtout les récents attentats, ce n'est pas de la "nocivité" de l'Islam, c'est que ce n'est pas avec de l'anticléricalisme, de l'irréligion, de l'anarchisme, du libéralisme économique et sociétal et de l'antimilitarisme, tous ces visages de l'hypocrisie démocratique et bourgeoise, que l'on unit une Nation, c'est avec un même amour de la Patrie, une même volonté de la servir et des institutions adéquates pour encourager ces sentiments naturels. Devant ce nouveau témoignage de l'échec républicain, tous ceux qui veulent bien réfléchir comprendront que seule une Monarchie renouvelée, forte et sûre d'elle-même peut mener à bien une telle politique. En attendant que, d'une part, les Princes redeviennent des chefs politiques et militaires et pas des mondains invétérés, et qu'une autre Action française, de l'autre, naisse, il appartient aux citoyens conscients de promouvoir des idées vraies sur la France et sa politique.

Que faire, concrètement?

C'est justement ce que fait une troisième analyse, très claire, factuelle et bien informée, d'un homme politique souverainiste, Christophe Bugeau, qui tire les leçons d'un point de vue républicain traditionnel, cependant réaliste, et détaille les révisions déchirantes (et autoritaires) que ces évènements impliquent. Moyennant quelques réserves et divergences mineures, l'Action française peut y souscrire tant dans le fond que dans la forme. C'est cela, la véritable union nationale.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

1/ http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/01/09/31003-20150109ARTFIG00339-terrorisme-islamiste-cette-guerre-qui-commence-etait-helas-previsible.php

2/ http://nationalinterest.org/feature/different-perspective-understanding-the-charlie-hebdo-attack-12003

3/ http://www.christophebugeau.fr/journal-de-christophe-bugeau/pas-de-liberte-pour-les-ennemis-de-la-liberte-le-9-01-2015/

P.S. En bonus, nous livrons au lecture une quatrième analyse, qui corrobore celle de l'Action française-Bordeaux & Basse-Guyenne. La réflexion du philosophe libéral Pierre Manent, bien que jugée trop optimiste par son critique catho", ressuscite l'espérance maurrasienne dans le cadre national, et invite les non-musulmans à interroger la laïcité:

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/10/02/31003-20151002ARTFIG00332-islam-de-france-non-pierre-manent-n-est-pas-un-personnage-de-soumission.php

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Décadence du "mouvement national"?

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Lu dans Rivarol du 15 décembre dernier ce propos assassin de l'éditorialiste que nous livrons tel quel à nos lecteurs:

"Quand on pense qu’en un siècle le mouvement national est passé d’un Maurras à une Marine Le Pen, d’un Drumont à un Florian Philippot, d’un Léon Daudet à un Steeve Briois, d’un Jacques Bainville à un Louis Aliot, on mesure à quel degré de décrépitude intellectuelle, morale et spirituelle on est arrivé !"

Commentaire: Pour sa part, la section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française, tout comme les autres sections locales de la fédération Grand Sud-Ouest (Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées et Bayonne & pays basque) n'estime pas que son nationalisme intégral fait partie d'un quelconque "mouvement national", concept que Pierre Pujo a toujours récusé et dont les contours, pour le moins mal définis, sont purement négatifs.

Par conséquent, elle ne partage pas un tel pessimiste destructeur de l'action politique qui convient au ton polémique mais pas aux réalisations constructives. Qu'y aurait-il de commun en effet, entre des partis politiques faisant, par intérêt ou calcul, le jeu de la Démocratie et donc aggravant le mal dont souffre notre Pays, et un Mouvement ouvertement antidémocratique faisant appel aux forces de l'Intelligence française pour y remédier?

La Vérité politique démontrée depuis cent ans par l'Action française n'est aucunement altérée par la pauvreté du paysage politique à l'extrême-Droite, ni par l'activisme d'imbéciles ou par l'arrivisme d'autres.

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