le b.a.-ba de l'action francaise

L'Action française Grand Sud-Ouest dénonce une usurpation de la "Nouvelle Droite": la "Nouvelle librairie nationale" de 2018!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

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"Faux et usage de faux": Mise au point de l’Action française Toulousain et rappel de ses activités

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

La section de Toulouse & Haut-Languedoc de l'Action française communique:

Une dissidence faiblarde

Contrairement à certaines allégations virtuelles, l'Action française Toulousain n’organisera pas de "réunion de rentrée" cette année, ni à Toulouse, ni à Bordeaux, Pau ou Bayonne. Cela lui est inutile: en contact permanent avec ses adhérents, militants, sympathisants et lecteurs du Journal, elle n'a nul besoin de se présenter pour se faire reconnaître comme le seul organe légitime et vivant du nationalisme intégral dans la grande région couvrant une vingtaine de départements du Midi-Pyrénées et de l'Aquitaine.

Nous mettons donc fermement en garde contre une poignée de jeunes activistes dispersés sur trois-quatre localités, inconnus au bataillon de la Vérité politique ou réputés racisto-identitaires, dotés de "chefs" parachutés de Paris (la personne se mettant en avant comme responsable de ce "coup" est l'une de celles à qui Pierre Pujo refusait l'accès aux colonnes du Journal, en raison de son hétérodoxie doctrinale!) qui prétendent faire reluire le miroir aux alouettes en criant qu'"avec eux, on va voir ce qu'on va voir"! La politique sérieuse est affaire de lenteur plus que d'agitation stérile sans lendemain. L’Action française Toulousain, forte de son expérience politique des coups tordus, est donc sereine: cette "dissidence", on en reparlera dans deux ans!

Notre légitimité d'Action française se fonde sur les faits

Cette mise au point faite, l'occasion nous permet de rappeler l'histoire de la section de Toulouse et la logique durable de ses activités. Notre section enracinée, active depuis 2008, a été refondée dans la ligne de Pierre Pujo et d'Henri Gept par la fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest, à la demande de nos amis toulousains. A l'époque trouble qui suit, encore aujourd'hui, la disparition de notre Chef incontesté, c'est seuls, - contre même certains "responsables" parisianistes qui, "maurrassiens" de salon et staliniens en pratique, ne veulent voir qu'une seule tête, vide de préférence mais alignée sur leur médiocrité, - que nous avons maintenu le flambeau de l’Action française dans le Midi. Voici, à titre d'exemple pour ceux qui en ignoreraient tout, quelques unes de nos activités de fond qui en témoignent:

2008: relance de la section par le Délégué régional Gaillère après le décès d'Henri Gept; expulsion d'un inverti interlope et d'un ex-attaché de groupe au conseil régional prétendant en accaparer la mémoire; conférences très appréciées de Philippe Prévost, historien bien connu de nos amis sur "Les origines de la tragédie palestinienne" et sur "La Condamnation de l'Action française: mythes et réalité", ainsi que, celle, très vivante, de Marguerite Puget, agrégée de lettres classiques (pas modernes, comme Diaphane Pâlichon!) sur la grande figure méridionale catholique et royaliste du cardinal de Cabrières; organisation dans la grande région du camp d'été Réal-del-Sarte de Biarritz 2008 auquel les Toulousains ont assisté en nombre.

2009: conférence bienvenue de Philippe Prévost sur "70 ans après sa levée: La Condamnation de l'Action française entre politique et religieux".

2010: conférences érudites des universitaires Gérard Bedel, Christophe Dickès et F. B*** de B***, respectivement sur "L'Action française en 2010", sur "Bainville, historien d'Action française, et nous", et sur "Bonald et l'Action française" et du professeur Germain Sicard sur "L'éducation républicaine en France de Condorcet à Sarközy"; congrès de la Fédération à Bordeaux, avec une participation importante des Toulousains.

2011: conférences de haute volée de Gérard Bedel, professeur et directeur politique de L'Action Française 2000 sur "L'Action française en 2011: nationaliste et anticapitaliste", et de Philippe Prévost sur "L'Eglise, la France et les trois Ralliements: 1892 - 1926 - 1965".

2012: conférences très courues du Dr Philippe Ploncard d'Assac sur "Le nationalisme français" et de Philippe Prévost sur "La canonisation de Jeanne-d'Arc: un parcours du combattant politico-religieux".

2013: conférences retentissantes du journaliste et écrivain Jean-Michel Vernochet sur "Iran, destruction programmée?" et de Philippe Prévost sur "Vichy, acteur de la modernisation de la France".

2014: conférence marquante de Jean-Jacques Dumur, historien, sur l'histoire de "La Grande Guerre vue par le maréchal Pétain".

En outre, nous avons rétabli chaque année, depuis 2008, au jour de sa fête nationale, la fête de Jeanne-d'Arc, fête du patriotisme, sous la présidence du Délégué régional, et contribué, en toute indépendance, dans la grande région comme à l'extérieur, à diverses manifestations culturelles contre-révolutionnaires et autres colloques universitaires (notamment, présence de stands aux Journées chouannes de Chiré-en-Montreuil et participation active au colloque parisien "La Grande Guerre inédite" et à celui sur Philippe Ariès).

Nos activités à l'avenir

L'Action française Toulousain continuera naturellement en 2017 et années suivantes ses activités, et ce jusqu'à instauration d'un Ordre nouveau, monarchique et national, enfin conforme aux intérêts du Peuple, dont elle est le meilleur défenseur. Si elle a paru ralentir, en surface, ses activités ces deux dernières années, cela est uniquement dû au fait que la période en cours étant largement parasitée par la campagne électorale permanente qui résulte de l'adoption du quinquennat, l'audience de l'Action française, déjà faible dans les médias, est inaudible du "Français moyen". De plus, bien que nous n'ayons rien à faire dans ce qui est une vaste comédie mise en scène par le Gros Argent, nous avons néanmoins donné des consignes de votes précises, largement suivies par nos amis, témoignant de notre vigilance patriotique et de notre engagement en faveur d'un "compromis nationaliste permanent".

L'année politique 2016-2017 a également vu notre présence sur la toile s'enrichir d'une page "fessebouc" ( https://www.facebook.com/Action-fran%C3%A7aise-Grand-Sud-Ouest-Bordeaux-Toulouse-Pau-Bayonne-1878104159091410/ ) quotidiennement (et souvent plus) mise à jour, qui démontre notre capacité de réaction raisonnée à l'actualité, tant nationale et internationale que locale, au plus près des réalités et des préoccupations méridionales.

Ainsi, la section de Toulouse & Haut-Languedoc de l'Action française, affiliée à la fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest fondée par Pierre Pujo, continue donc imperturbablement son chemin, sans hâter le pas, ni se soumettre à l'agenda de l'Anti-France, quelque soit sa couleur, fut-elle "catho" ou d’extrême-Droite! Nous annoncerons, sur ce blogue officiel de la section ( http://actionfrancaiseaquitaine.over-blog.com/ ), en temps utile, celles des activités que nous organisons à destination du grand public patriote; le reste de nos activités reste réservé à nos adhérents à jour de cotisation. 

Nos buts à long terme

Comme nous l'avons maintes fois déclaré ici, notre position sur le militantisme est: formation d'abord. Nous disons aux jeunes gens qui rêvent de coups d'éclat de commencer d'abord par lire Maurras, Bainville et Daudet; sans cette préparation indispensable pour laquelle nous tenons à leur disposition nos conseils pédagogiques, aucune action n'est durable (comme on s'en apercevra avec les clones qui prétendent "faire mieux que nous"); ensuite, et seulement ensuite, nous pourrions les admettre éventuellement dans les rangs de notre avant-garde (toutefois, après règlement préalable de l'adhésion: 120 euro pour un adulte, 240 pour un étudiant, payable exclusivement par virement bancaire à l'ordre de C.A.E.C. - C.C.P. La Banque postale 15 503 63 W BOR). Cette discipline est sans doute jugée trop dure par les dilettantes, mais c'est la condition du succès de nos idées.

La section, solidairement alliée aux autres sections de proximité de la Fédération (Bordeaux & Basse-Guyenne, Pau & Pyrénées, Bayonne & pays basque), ne se mobilise que pour les grands enjeux nationaux, tels que, par exemple, le projet de constitution européenne Giscard-Chirac il y a dix ans.

Il est malheureusement douteux que d'autres combats, aussi importants pour notre Indépendance, se représentent dans un futur prévisible, vu la stratégie d'évitement des conflits frontaux en matière doctrinale et d'évasion du domaine politique en faveur du "sociétal", que la classe politique a adoptée à la suite de la victoire du Peuple; si cette tactique rend d'autant plus difficile notre propagande souverainiste, nationaliste et royaliste, cela ne la frappe nullement d'obsolescence, mais exige de nous une inventivité stratégique et technique de tous les instants pour faire passer notre message à un public dépolitisé!

Pour ce but, nous devons cependant "être toujours prêts": parce qu'il illustre une disposition d'esprit propre à notre école politique, c'est bien le seul slogan que nous empruntons aux boy-scouts impuissants qui, des beaux arrondissements de Paris et de Lyon, prétendent diriger par oukases l'"Axion Front-XVI"! Les combats mineurs, sociétaux ou localiers, ne doivent pas disperser nos efforts qui consistent à forger une élite intellectuelle nationale capable de peser sur les événements politiques, le moment venu. Soyez-en sûrs, l’Action française Toulousain y prendra toute sa part, sous la direction de ses cadres légitimes et dynamiques.

Toulouse, le 1er septembre 2017.

Le Délégué régional de l'Action française dans le Grand Sud-Ouest

signé: GAILLERE

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Le royalisme national, une solution d'avenir pour l'Action française?

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Dans un Midi rouge largement indifférent à la Contre-Révolution, la fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française et ses sections locales (Bordeaux & Basse-Guyenne, Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées et Bayonne & pays basque) doivent redoubler d'efforts et d'inventivité pour diffuser l'idée royaliste chez nos contemporains à un âge de dépolitisation généralisée. La pensée de l'abbé de Genoude, royaliste plébiscitaire de l'époque de la Restauration et de la Monarchie de Juillet, devrait les y aider, comme on le verra plus bas dans l'article de l'historien Michel Vivier, paru naguère dans Aspects de la France (l'actuelle Action Française 2000).

Bien que ses propositions audacieuses pour son temps n'aient pas été retenues par notre école, il faut reconnaître que, dans la contrefaçon de monarchie qu'est la Vème République, elles ont été mises en pratique d'une manière assez efficace et durable pour le Pouvoir. Notez bien qu'on ne parle pas ici de compromissions électoralistes avec tel parti d'extrême-Droite ou autre R.B.M. pour quelque strapontin, hein!

Et si l'alliance de la Monarchie héréditaire du Comte de Paris, Duc de France, et de son fils aîné François, Comte de Clermont, avec le suffrage universel et la démocratie représentative était la clé du relèvement de notre Pays? Et si de cette alliance du Peuple et du Roi pouvait naître un plus grand bien? Le Prince a l'air de le penser. Après tout, "Paris vaut bien une messe!", comme disait Henri IV! Ou un référendum! Nous, on dit ça, on dit rien... Aux contre-révolutionnaires de réfléchir... pour une fois!

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

"L’Abbé de Genoude, inspirateur de Lamartine et pamphlétaire royaliste

"Il y a cent soixante ans naissait à Montélimar celui qui allait devenir le fameux abbé de Genoude. Fameux sous Louis-Philippe, mais bien oublié aujourd’hui, les rues de nos villes n’ayant pas perpétué son souvenir comme celui d’un Ledru-Rollin et de tous les ancêtres grands ou petits de nos hommes en place… Pour sembler moins curieux que le cas de Laurentie - qui, né le 21 janvier 1793, lutta toute sa vie contre les conséquences de ce jour funeste en mettant sa plume au service du roi légitime - le cas de Genoude ne laisse pas de mériter l’attention. Cet homme nouveau, venu au monde l’an I de la République et élevé dans l’esprit du XVIIIe siècle, devait se faire un nom en répudiant avec éclat les idées que sa jeunesse avait reçues. Traducteur de la Bible - cette Bible que Voltaire avait tant moquée - il fut l’inspirateur du Lamartine chrétien. Mais c’est dans la presse qu’il s’illustra surtout : après comme avant la révolution de 1830, il anima de sa verve la très royaliste Gazette de France et son entrée tardive dans les ordres ne le détourna pas du combat politique. En ce mois de vacances, où l’actualité politique nous presse moins, j’aimerais rappeler à grands traits la vie exemplaire de ce vieux maître oublié.

*

"Ses parent furent-ils cabaretiers, comme Larousse l’affirme ? Sortait-il d’une souche moins modeste et son anoblissement par Louis XVIII ne fera-t-il que consacrer l’ancienneté de sa maison ? Sur ses origines - comme sur celles de Rivarol - l’incertitude subsiste. Mais qu’importe ? Le jeune Eugène fut élevé comme les petits bourgeois d’alors. A Grenoble, où sa famille était venue s’installer, il apprit le latin et le grec - et chose plus rare : l’hébreu. Mais c’est Voltaire et les Encyclopédistes qui furent ses auteurs de chevet : ses professeurs ne juraient que par eux et leurs thèses avaient imprégné l’air du temps. Il l’écrira plus tard : « Je n’ai pas entendu un mot alors qui me donnât une idée des mystères et des preuves de la religion. La philosophie matérialiste du XVIIIe siècle régnait dans le gouvernement et dans les moeurs. Les hommes géométriques qui avaient alors la parole souriaient dédaigneusement quand ils prononçaient les mots : enthousiasme, religion... » Au temps de ses études de droit il s’éprend de Rousseau qui le libère partiellement de l’athéisme en lui révélant une certaine religiosité, vague et confuse encore. Lui aussi, promeneur solitaire, il parcourt à pied vallées et montagnes. Mais il ne se doute pas qu’il va trouver parmi les routes du Dauphiné son chemin de Damas. Un jour, s’arrêtant par hasard au presbytère de Saint-Ferjus, il s’entretient longuement avec le curé qui lui prête des livres : Bossuet, Fénelon, la Bible. Etranges nouveautés que ces « vieilleries » ! La lecture des livres saints l’illumine : « La Bible, dira-t-il, me mettait en communication avec Dieu lui-même. » L’année suivante il part pour Paris et c’est dans une chapelle de Saint-Sulpice qu’à l’âge de dix-neuf ans il communie pour la première fois. Jour inoubliable : « C’est de là que date pour moi le désir de vouer ma vie au Sauveur. »

"Nommé grâce à Fontanes professeur au lycée Bonaparte, il emploie ses loisirs à traduire Isaïe. Mais les versets contre le roi Assur inquiètent la censure impériale et la traduction est interdite. C’est pour Génoude une raison supplémentaire d’applaudir à la chute de l’Empire. Pendant les Cent Jours, il passe en Piémont où il devient le secrétaire de M. de Polignac. A son retour il prend possession de Grenoble au nom de Louis XVIII et réussit à empêcher les troupes étrangères d’entrer dans la ville. La Restauration le nomme maître des requêtes au Conseil d’Etat et il commence à fréquenter les salons royalistes où il rencontre M. de Bonald. Sa traduction d’Isaïe a paru en 1815. Job et les Psaumes paraissent en 1818. L’année suivante, il fait ses premières armes de journaliste au Conservateur de Chateaubriand, sans cesser de poursuivre sa traduction de la Bible. Celle-ci, achevée en 1825, va connaître le plus vif succès. A en croire Lamartine, « M. de Genoude est le premier qui ait fait passer dans la langue française la sublime poésie des Hébreux : grâce à lui, l’expression, la couleur, le mouvement, l’énergie (de la Bible) vivent aujourd’hui dans notre langue. »

"Cet hommage-là n’était que trop juste. Dans un remarquable article paru naguère aux Etudes, M. Claudius Grillet a rappelé tout ce que Lamartine devait à Genoude (1). Sans doute s’étaient-ils rencontrés dès le printemps 1817, chez Mme Charles, à l’Institut ou dans les salons du duc de Rohan. Ils se lièrent bientôt d’amitié et Lamartine évoquant plus tard ce jeune homme qui traduisait la Bible : « il arrivait chez moi le matin - écrit-il - les épreuves de sa traduction à la main et je lui en faisais lire des fragments qui me révélaient une région plus haute et plus merveilleuse de la poésie. » Cette révélation fut capitale pour le jeune poète. Aux accents profanes du Lac et du Golfe de Baïa vont succéder de plus hautes « harmonies ». Comme l’écrit M. Grillet, Lamartine troque la guitare pour la harpe. « Les contemporains, ajoute-t-il, s’attendaient sans doute à retrouver dans ses vers un simple écho des Parny, des Chénier, des Millevoye, ou les variations connues sur l’amour et la mort. Or voici l’œuvre inattendue. Inattendue. Job y aura collaboré très largement. »

"Inspirateur des Méditations, Genoude en fut aussi le parrain et le préfacier. C’est lui qui leur trouva un éditeur et qui contribua le plus à leur succès triomphal dans la presse et dans les salons. Plus tard, c’est lui encore que Lamartine chargera de faire éditer les Nouvelles Méditations et la Mort de Socrate. C’est lui qui veille aux intérêts moraux et matériels du poète et M. Grillet l’appelle fort bien son « intendant littéraire ». Il fut en tout cas le modèle des amis et l’on comprend mal la réserve de Lamartine écrivant plus tard : « Nous nous liâmes d’une certaine amitié », ou plutôt on la comprend fort bien si on évoque la carrière politique des deux amis et si on oppose à l’évolution républicaine de Lamartine la fidélité légitimiste de M. de Genoude.

"Après la Révolution de Juillet, deux journaux seulement restèrent fidèles à la dynastie vaincue : la Quotidienne de Michaud, où vont s’illustrer Nettement et Laurentie, où Balzac écrira - et la Gazette de France, qu’assisté de Lubis et Lourdoueix, dirige M. de Genoude. Dans les années suivantes, la presse légitimiste s’enrichira de nombreux titres parmi lesquels il faut au moins citer La Mode, le spirituel hebdomadaire d’Edouard Walsh. Mais les deux organes que j’ai dits furent les seuls quotidiens de Paris à mener la lutte dix-huit années durant contre la dynastie nouvelle et les ministres du « Juste-Milieu ». Ni les rigueurs du pouvoir, ni ses appâts n’eurent raison de son intransigeance. Amendes et prisons ne leur furent pourtant pas épargnées, et M. de Brian, gérant de la Quotidienne se trouvait moins souvent dans son bureau, rue Neuve-des-Bons-Enfants, qu’en villégiature à Sainte-Pélagie. Quant à M. de Genoude, il fut même inculpé de complot contre la sûreté de l’Etat.

"D’accord sur l’essentiel, les deux journaux sont pourtant séparés par des nuances importantes. Sous la Restauration déjà, ils ont incarné au sein du parti ultra deux tendances opposées. La Gazette a soutenu sans réserve la politique de Villèle, tandis que Michaud et ses amis, jugeant ce ministre trop modéré, ont appuyé contre lui Chateaubriand, puis inspiré cette opposition d’extrême-droite qu’on appelle « la défection » ; quand arrivèrent aux affaires MM. de Polignac et La Bourdonnaye, ils purent croire un temps leurs idées au pouvoir. Genoude, au contraire, n’appuya que mollement Polignac. Après 1830, la Quotidienne refusant de jouer le jeu constitutionnelle représente à l’intérieur du parti la faction militaire, celle qui place tous ses espoirs dans un 20 Mars monarchique. La Gazette, elle, ne croit pas aux complots et s’efforce de convertir à la bonne cause une partie de ceux qu’avaient séduits les idées libérales ou « nationales » de l’ancienne opposition. Hostile aux jésuites et aux gens de cour, ne craignant pas les innovations, parlant un langage démagogique, la Gazette s’efforce de rallier la Jeune France au jeune Roi. Aussi s’insurge-t-elle quand les rédacteurs de la France, inspirés par le duc de Duras, nient la validité des abdications de Rambouillet et affirment qu’avant Henri V doit régner Louis XIX (2). Malgré Nettement qui démissionne, la Quotidienne ne proteste pas et l’on voit dans Lucien Leuwen ses lecteurs de Nancy faire des voeux pour le retour de Louis XIX.

"Avec l’échec des complots qui amène le parti à ne plus faire fi des armes légales, avec l’effacement du duc d’Angoulème qui fait d’Henri V le seul prétendant légitime, ces querelles s’apaiseront. Mais d’autres vont surgir et même quand les deux journaux fraternisent, la Quatidienne met volontiers l’accent sur l’autorité et la hiérarchie, tandis que la Gazette, pour rallier les gens de gauche, affirme que les royalistes sont plus que les libéraux favorables à la liberté. Comme le dit Mme de Genoude, de ces deux journaux qui propagent « la vrai foi », l’un est « l’apôtre saint Pierre », l’autre « l’apôtre saint Paul ». Mais dans son effort pour convertir « les gentils », M. de Genoude ne se contentera pas de multiplier à travers le territoire les Gazettes provinciales et de publier sans trêve des ouvrages et brochures de propagande. Il va fonder lui-même, au prix d’énormes sacrifices, un journal de gauche, La Nation, qui se produit sous les auspices de MM. Arago, Laffitte et Chateaubriand. L’accord de La Gazette et de La Nation, écrit Hatin (3), devait donner une image de la réconciliation du principe de liberté avec le principe d’autorité, ce qui fit dire que M. de Genoude, pour tout finir, avait mis sa main gauche dans sa main droite. Mais La Nation n’eut qu’une existence éphémère. Et La Gazette seule continua à prôner l’alliance carlo-républicaine et à protester au nom des droits de tous contre le Parlement censitaire.

"Telle fut en effet la grande idée de Genoude, celle qui le fit appeler « le Lamennais du royalisme » et qui fit interdire son journal dans la plupart des royaumes d’Europe : l’union du suffrage universel et de la monarchie légitime. Déjà au temps de la Chambre introuvable, les ultras avaient demandé que le cens électoral fut abaissé à 25 francs, tandis que les libéraux voulaient le maintenir à 300. En 1830 - Bainville l’a remarqué - il est fort probable que Charles X eut conservé son trône s’il eut accordé à tous les Français le droit de suffrage : les masses paysannes restées loyalistes eussent alors submergé de leurs votes la minorité ouvrière et bourgeoise hostile au gouvernement... En 1840, on disait de Genoude : « vous croyez donc la République nécessaire à la restauration d’Henri V ? » Maurras estime que le calcul n’était pas si faux. En 1850 comme en 1871, le suffrage universel créa une sorte de « démocratie blanche » qui faillit bien restaurer le Roi légitime.

"Où Genoude avait tort, c’est quand il souhaitait que le suffrage universel se prononçât régulièrement sur les grandes affaires de l’Etat. Qu’ils soient d’origine populaire ou privilégiée, les parlements, en France, ont toujours une action néfaste. S’il est juste que tous les citoyens, y compris les plus pauvres, fassent entendre leur voix dans tous les domaines où ils sont compétents, la haute politique doit rester le domaine exclusif du Roi. Détail piquant, ce promoteur du suffrage universel que le collège censitaire de Toulouse avait, en 1846, envoyé à la Chambre, ne réussit pas, en 1848, à se faire élire représentant du peuple. Il mourait l’année suivante, assez tard pour avoir applaudi à la chute de Louis-Philippe, trop tôt pour déplorer l’échec de la Restauration et le coup du 2 Décembre. Dans les derniers mois de sa vie, il avait pris pour secrétaire un tout jeune homme qui s’appelait Gustave Janicot. Et cinquante ans plus tard, Janicot accueillait à la Gazette un jeune qui s’appelait Charles Maurras. Ainsi se noue la chaîne...

"Il ne convient certes pas de mettre l’abbé de Genoude au rang des maîtres de la contre-révolution, car sa lucidité ne le garde pas toujours des erreurs romantiques et libérales de son temps. Lui aussi avait mieux lu Chateaubriand que Bonald. Il me plaît pourtant de saluer avec un affectueux respect la mémoire de ce chrétien et de rappeler à tous ceux qui poursuivent son combat son exemple et de sa fidélité."

(1) « Genoude et Lamartine » par Claudius Grillet, dans Les Etudes du 5 avril 1936.

(2) Cf. Edmond Biré : Alfred Nettement et la Presse royaliste de 1830 à 1850.

(3) Hatin : Histoire de la Presse en France (tome VIII).

Aspects de la France, 1952

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Qu'est-ce qu'un camelot du Roi?

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Trop souvent, une confusion volontaire est de nos jours entretenue par certains sur la vérité de ce qu'est ou n'est pas un camelot du Roi.

 

Au sens du Robert, c'est un "partisan du roi vendant des journaux monarchistes". Certes, mais n'importe quel individu vendant n'importe quoi ne saurait prétendre à ce titre.

 

Selon les textes officiels de l'A.F., en revanche, cette qualité est strictement définie:

 

"Les Camelots du Roi s'engagent à vendre régulièrement l'Action Française quotidienne ou les organes locaux de l'Action Française, à effectuer les distributions de tracts ou de journaux qui leur sont demandées; en un mot à exécuter les tâches matérielles réclamées par la propagande de l'Action Française.

 

"Conditions d'admission

 

"Pour être inscrit aux Camelots du Roi et aux Commissaires d'Action Française, il faut:

"1° Etre Français;

"Etre âgé d'au moins 18 ans et suffisamment doué au point de vue physique;

"Avoir des moyens d'existence réguliers;

"4° Avoir fait un stage.

 

"Pendant les six premiers mois, tout nouvel inscrit est considéré comme stagiaire. Le stage terminé, il est admis définitivement si ses aptitudes et les garanties qu'il a données sont jugées suffisantes."

 

En ce qui concerne les commissaires d'A.F., les conditions sont plus restrictives encore:

 

"Les Commissaires d'Action Française constituent une sélection de Français d'A.F., faite spécialement en vue de l'action. Les membres de ce corps d'élite s'engagent à participer périodiquement aux services réguliers de garde (garde des locaux et des personnes), aux services d'ordre des réunions, à prendre part aux manifestations organisées par l'Action Française et, de façon générale, à exécuter toutes les tâches nécessitées par l'action. Ils n'ont pas à payer de cotisation spéciale. Ils doivent aussi être prêts à soutenir l'action des Camelots du Roi en participant à la vente quand ils y sont convoqués.

 

"A titre exceptionnel, et en raison de situations particulières qu'ils auront fait connaitre d'avance et qu'appréciera leur chef de groupe, certains pourront être inscrits aux Commissaires, tout en étant dispensés de telle ou telle des obligations indiquées ci-dessus ou en ne les acceptant que de façon limitée. Ils auront alors le titre de "Commissaires auxiliaires".

 

"Les Commissaires, tant auxiliaires que réguliers, sont tenus de répondre aux convocations qui leurs sont adressées. En cas d'empêchement justifié, ils doivent s'excuser à l'avance."

 

Il ressort de ce qui précéde que, depuis la dissolution abusive par le Pouvoir républicain, en 1936,  de la fédération nationale des camelots du Roi qui contrôlait les inscriptions, plus personne ne peut se bombarder (ou être bombardé) camelot ou commissaire d'A.F.; il serait par trop facile d'arborer un insigne et de se prétendre ceci ou cela.

 

Ensuite, les camelots sortaient de toutes les couches de la société, et non pas de la seule bourgeoisie, on y trouvait des chefs d'entreprise, des ouvriers, des paysans, des artisans, des membres de professions libérales, etc., les sections incarnaient le pays réel.  De là, naissait une authentique fraternité, l'amitié d'Action française, au service des seuls organes de l'Ecole et du Mouvement d'A.F. (aujourd'hui L'Action Française 2000).

 

Disponibles 24 heures sur 24, ils vendaient le Journal par tous les temps, et même si la teneur de certains articles ne leur plaisait pas, et reversaient intégralement le produit des ventes aux personnes accréditées pour le recueillir. Ils ne discutaient pas les ordres reçus de leurs chefs légitimes.

 

De surcroit, camelots et commissaires mettaient leur peau au bout de leurs idées, contre des adversaires politiques armés: ils la laissaient parfois au cours d'une échauffourée. Cela s'est vu.

 

Le moins qu'on puisse dire est que les temps ont bien changé. S'il est donc juste et bon de s'inspirer de l'exemple de nos anciens, il serait malhonnête intellectuellement et même malséant de se prévaloir de titres usurpés.

 

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