politique economique

Boycotter ou pas boycotter Israël? L'Action française-Grand Sud-Ouest met la question sur le tapis!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

Le Proche-Orient, naguère pacifique sous l'Empire ottoman, se trouve dans la tourmente depuis l'implantation de l'Etat juif en 1948. Les gouvernements alignés sur les positions israéliennes ne font rien, ou si peu. Que peut alors le consommateur occidental moyen pour peser sur la situation, dans le sens d'une atténuation de l'oppression injuste que subissent les Palestiniens? Le boycott des produits israéliens ou fabriqués par des multinationales finançant l'économie israélienne peut être une solution particulièrement efficace. On trouvera ci-après une liste de tels produits. Au lecteur de voir...

A.F. Grand Sud-Ouest

http://blogs.mediapart.fr/blog/jjmu/210714/liste-des-produits-disrael-boycotter

Ci-dessous, une récente mesure "cosmétique" de l' "Union européenne", destinée à satisfaire les opinions publiques de plus en plus hostiles à la politique coloniale d'Israël, sans pour autant en venir à boycotter ses produits, ni à arrêter les investissement dans cet Etat, ou à prendre contre lui des sanctions économiques ou politiques:

http://www.lefigaro.fr/international/2015/11/11/01003-20151111ARTFIG00053-l-ue-veut-etiqueter-les-produits-fabriques-dans-les-colonies-israeliennes.php

Le gouvernement anglais, lui, a clairement choisi son camp:

http://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/israel-boycott-local-councils-public-bodies-and-student-unions-to-be-banned-from-shunning-israeli-a6874006.html#gallery

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L'Action française-Bordeaux appelle au boycott des vins de Bordeaux appartenant au Gros Argent

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

La section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française lance, à l'occasion des fêtes de fin d'année, une campagne de long terme de boycott des vins appartenant à la "fortune anonyme et vagabonde" dénoncée naguère avec raison par le Duc d'Orléans. A part des pétitions de principe qui ne leur coûtent rien (du genre "On partage vos idées... ça nous dispense d'agir!") et quelques subsides à des cercles mondains à coloration réactionnaire (comme la hèrenne), ces privilégiés ne font rien pour sauver la France, alors qu'ils en auraient les moyens, et ils se contentent de conserver stérilement les quelques arpents qui leur confèrent une domination totalement injustifiée (eu égard à leurs moyens intellectuels) sur la Société!

La liste qui suit n'est pas exhaustive, loin s'en faut, il conviendrait, entre autres, d'y ajouter les propriétés du comte de Lur-Saluces, mais, telle quelle, elle permet de se faire une idée de l'étendue de la mainmise indue de la bourgeoisie cosmopolite et antinationale sur l'outil de travail du petit peuple de la Gironde. La section de Bordeaux & Basse-Guyenne la réactualisera régulièrement.

A la Révolution nationale, l'Action française, fidèle à l'anticapitalisme national qui fait partie de ses doctrines, rendra au Peuple sa propriété originelle!

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

http://www.dico-du-vin.com/medoc-les-plus-grandes-fortunes-du-vin/

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L' "économie sociale et solidaire", l'autre pays du corporatisme

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

Ci-dessous, un article intéressant sur les cadres qui, lassés du capitalisme libéral inhumain et voué au profit, s'engagent dans des projets alternatifs axés sur un idéal commun, la participation de tous, l'égalité entre les membres et le désintéressement; ou comment, petit à petit, renaît un sentiment corporatif en France, malgré la cogestion, qui étouffe les initiatives personnelles de l'économie par l'étatisme jacobin, le patronat cosmopolite et le syndicalisme révolutionnaire:

http://www.lefigaro.fr/emploi/2015/10/27/09005-20151027ARTFIG00005-ces-cadres-qui-troquent-leur-carriere-pour-une-association.php

Les principaux chiffres d'un secteur porteur:

http://www.lefigaro.fr/societes/2015/11/02/20005-20151102ARTFIG00005-l-economie-sociale-et-solidaire-pese-de-plus-en-plus-lourd.php

Une opinion sur l' "uberisation" de l'économie:

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/02/31003-20160202ARTFIG00304-notre-dame-des-landes-greves-des-taxis-le-baroud-d-honneur-du-vieux-monde.php

Ici, une autre vision, enracinée, de l'écologie:

http://madame.lefigaro.fr/societe/pierre-rabhi-sinspirer-de-la-nature-pour-trouver-la-lumiere-181215-111426

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L'Action française-Grand Sud-Ouest avait raison: La Chine rouge en perte de vitesse

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

L'effondrement de la Bourse chinoise, vu par un caricaturiste (Photo D.R.)

A l'Action française-Grand Sud-Ouest, nos spécialistes d'économie ont toujours douté du développement durable de la Chine communiste. Exactement comme la Russie tsariste du début du XXème siècle, l'Empire du Milieu est un colosse aux pieds d'argile, un "tigre de papier". Sa prétendue réussite économique est un effet de trompe-l'œil, entaché de gâchis humain et écologique, et largement dû à sa taille qui permet des résultats spectaculaires. Que ses hommes d'affaires les plus avisés doutent maintenant ouvertement de la capacité de ce système totalitaire bloqué à se réformer et à garantir le développement sur le long terme n'est que logique.

La réalité est que l'économie fonctionne par cycles spatio-temporels, et qu'un continent ne saurait perpétuellement retenir les investisseurs. Le Capital anonyme et vagabond dénoncé naguère avec préscience par le Duc d'Orléans est naturellement volatile. Ce qui arrive ne doit donc nullement étonner. Au contraire, le fait que les Chinois investissent en France, notamment dans le Sud-Ouest (comme nous l'avons illustré ici: http://af-aquitaine.over-blog.com/2015/09/l-action-francaise-bordeaux-fete-les-vendanges-a-sa-maniere-nationalisons-les-vignobles.html >), montre tout l'intérêt qu'ils attachent à notre savoir-faire. Or, qui détient le savoir-faire détient les clés de la productivité et du profit... Le savoir-faire est le fruit de la Civilisation, et la Civilisation de la Politique (ou, si l'on veut, du degré de conscience nationale): à politique barbare, savoir-faire limité. Ce sont ces limites que les Chinois atteignent en ce moment.

L'avance technologique, tant prisée par les Yankees, n'est pas non plus une solution à tous les problèmes économiques. Science sans conscience n'est que ruine de l'âme! disait Montaigne. (C'est d'ailleurs vrai aussi en politique: Se réclamer de Maurras sans être d'A.F., c'est-à-dire sans avoir une éthique et un but clairs et honnêtes, n'est que vulgaire dissidence! comme le dit souvent notre Délégué régional Gaillère.)

Ce qui précède montre que les chances de la vieille Europe, moquée par les neo-cons américains, et spécialement de la France, en matière de production et de retour sur investissement, ne sont pas négligeables. Il n'y a pas de fatalité au déclin engendré par la Démocratie gaspilleuse de nos ressources matérielles et intellectuelles. Encore, pour profiter pleinement des opportunités, faut-il avoir un Régime qui donne aux investisseurs, par sa durée, sa force et sa stabilité, la confiance nécessaire. Tel fut le cas de la France d'Ancien Régime, avec son savant mélange de colbertisme et d'organisation corporative, ou encore de la France de la Restauration. Tirons-en les conclusions et instaurons une Monarchie nationale! Le changement, c'est maintenant!

A.F.-Grand Sud-Ouest

http://www.lefigaro.fr/argent/2015/09/22/05010-20150922ARTFIG00006-l-homme-le-plus-riche-d-asie-ne-croit-plus-a-la-chine.php

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/10/19/20002-20151019ARTFIG00088-la-croissance-chinoise-au-plus-bas-depuis-2009.php

Une autre interprétation, optimiste, ici:

http://nationalinterest.org/feature/the-sky-not-falling-china-15020

Un bilan des investissements chinois en France dans les secteurs de pointe:

http://www.lefigaro.fr/societes/2016/10/27/20005-20161027ARTFIG00011-du-vin-a-la-dentelle-ces-joyaux-francais-croques-par-les-chinois.php

Le principe impérialiste de la "Chine unique" se lézarde avec l'élection de Trump:

http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/12/01003-20161212ARTFIG00192-la-chine-unique-un-principe-ancien-et-internationalement-reconnu.php

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L'Action française-Bordeaux fête les vendanges à sa manière: Nationalisons les vignobles!

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Article rempli d'autosatisfaction stérile dans les pages saumon du Figaro: la finance anonyme et vagabonde ne posséderait que presque 2 % du vignoble français! Il n'y a donc pas de péril jaune en la noble demeure! Nous voilà rassuré sur l'état de ce fleuron de l'économie et de l'art de vivre français.

On lira le détail dans l'article ci-dessous, qui ne nous dit toutefois pas dans quelle catégorie il classe les propriétés de Rothschild, et si les propriétaires grands-bourgeois qui monopolisent les grands crus sont encore psychologiquement des Français!

Pour clarifier la situation en cette période de vendanges, la section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française, pour sa part, réclame d'un gouvernement enfin français la nationalisation de ces propriétés cosmopolites. Rendons au Peuple la maîtrise de son instrument de travail!

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

Source: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/06/10/20002-20150610ARTFIG00031-malgre-l-offensive-chinoise-les-francais-controlent-98-du-vignoble.php

Et ici, les métiers du vin:

http://etudiant.lefigaro.fr/orientation/trouver-sa-formation/detail/article/metiers-du-vin-une-bonne-gorgee-de-passion-17483/

Enfin, un curieux faits-divers: coup de pub' ou résistances des profiteurs du classement de 1855 à une production qui tranche avec leurs produits snobs stéréotypés?

http://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/o120305-500-pieds-de-vignes-vandalises-chez-un-producteur-de-vins-rares-a-bordeaux

L'Europe veut libéraliser les vignobles: gros soucis en perspective!

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/12/29/20002-20151229ARTFIG00136-non-on-ne-produira-pas-de-champagne-dans-le-bordelais.php

La France se maintient en 2015 comme premier exportateur mondial de vin en chiffre d'affaire (mais le troisième en volume, après l'Espagne et l'Italie), devant les producteurs du "Nouveau Monde"; en revanche, à cause de la réglementation européenne, la superficie du vignoble français regresse, face à l'Espagne et la Chine.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/04/18/20002-20160418ARTFIG00278-la-france-confirme-en-2015-sa-place-de-premier-exportateur-de-vin.php

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Solutions d'Action française pour l'agriculture: les propositions de la fédération Grand Sud-Ouest

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

On dit beaucoup de mal du libéralisme, à l'extrême-Droite comme à l'extrême-Gauche, mais il faut reconnaître que, dans l'économie de marché où nous vivons, il est encore la solution la plus logique et même la plus juste. C'est ce que les paysans français, à travers leurs manifestations de cet été pour le relèvement des prix de production, refusent de voir, préférant vivre dans la sécurité relative de la mise en tutelle de l’agriculture par les Pouvoirs publics. Ce régime soviétique, tatillon et déplacé, à la mode dans les années 1950, est pourtant la cause principale de leurs malheurs!

Le gâchis de ce système est patent: "les rendements en matière agricole ne sont pas optimaux. La surproduction engendre énormément de gaspillage. Chaque année, d'énormes quantités de fruits et de lait sont détruites."

De plus, "Les syndicats attendent tout de l'Etat, notamment qu'il rachète le surplus. Ils s'en vont négocier quelques centimes auprès des autorités de Bruxelles. C'est encore très vrai pour le lait et la viande, beaucoup moins pour le vin."

Les chances de l'agriculture française sont néanmoins réelles:" Les agriculteurs, y compris les éleveurs laitiers, qui se sont tournés vers la qualité et vers une commercialisation moins tournée vers la grande distribution s'en sortent beaucoup mieux".

En bref, "L'ajustement doit se faire selon la demande, et non par le biais d'une ingérence de l'Etat".

On ne saurait reprocher aux paysans leur absence de vision stratégique alternative, eux qui vivent depuis soixante ans en vase clos, dans un système où à l'image d'autres professions libérales, ils sont, en fait, administrés par l'Etat démocratique et le Super-Etat européen. C'est là que la carence d'un Etat national et hiérarchique, dirigé par un Chef qui en veuille et qui en ait, se fait le plus sentir.

L'amour de la liberté des paysans devrait pourtant leur dicter de se libérer de la tutelle envahissante, démagogique et rétrograde du jacobinisme bruxellois et de son sosie parisien qui le relaie! Il faudra bien un jour que les réalités économiques s'imposent à eux comme à d'autres secteurs, ainsi que le suggère intelligemment le géographe Jean-Robert Pitte dont on lira plus bas la récente interviouve au Figaro.

Les solutions à mettre en oeuvre pour sauver la France rurale sont simples, mais requièrent une volonté politique:

- "cesser de trop subventionner les exploitations agricoles. L'argent public ne devrait être distribué qu'à des projets de reconversion viables. Il serait possible d'octroyer des prêts sous des conditions strictes, pour acheter du matériel agricole servant à améliorer la productivité par exemple. La grande distribution paie très bas les produits bas de gamme, ce qui fait que les coopératives sont obligées de négocier durement, et d'accepter ses exigences."

- "raccourcir la chaîne des intermédiaires. Les producteurs gagnent mal leur vie lorsqu'il y a trente intermédiaires avant d'arriver au consommateur! Les circuits courts sont à privilégier pour des raisons d'économie et de qualité. Les produits doivent ressembler à l'endroit d'où ils viennent."

- "procéder à une éducation gastronomique du consommateur".

Il est évident que ces solutions ne peuvent s'appliquer avec profit qu’au niveau national, pas européen; elles postulent que nous quittions le plus vite possible et la "zone euro", et l'Union européenne.

La fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française et ses sections enracinées (Bordeaux & Basse-Guyenne, Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées, Bayonne & pays basque), sous la conduite du Délégué régional Gaillère, approuvent entièrement ces solutions inévitables et encouragent vivement les agriculteurs à redresser la tête, à rejeter l'étatisation de leurs filières et, si besoin, à entamer courageusement leur reconversion.

A.F.-Grand Sud-Ouest

Source: http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/10/31003-20150710ARTFIG00132-liberaliser-l-agriculture-le-seul-moyen-de-la-sauver.php

Une autre vision très sombre pour l’avenir et hostile au libre-échange avec les Etats-Unis, mais plus européiste, de la crise agricole:

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/10/31003-20150710ARTFIG00301-agriculture-la-grande-misere-des-paysans-francais.php

Le traité de libre-échange euro-américain (Transatlantic Free-Trade Agreement, ou TAFTA) en préparation va être un désastre pour l'agriculture française:

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/decryptage/2016/02/23/29002-20160223ARTFIG00001-quels-sont-les-enjeux-du-traite-transatlantique-sur-l-agriculture-francaise.php

Le péril jaune dans le Berry: le gouvernement laisse faire!

http://www.lefigaro.fr/societes/2016/04/13/20005-20160413ARTFIG00138-des-terres-agricoles-rachetees-par-un-mysterieux-groupe-chinois-dans-le-berry.php

Les erreurs des écolos aboutissent à un désastre agricole:

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/09/03/31007-20150903ARTFIG00113-crise-de-l-agriculture-attention-a-ne-pas-mythifier-la-nature.php

Celle de l'Administration et des politiciens communiant dans le dogme du "Développement" à Notre-Dame-des-Landes est un autre gâchis:

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/02/27/01016-20160227ARTFIG00009-qui-sont-les-historiques-expulsables-de-notre-dame-des-landes.php

Les secteurs qui marchent et les autres:

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2016/03/14/29006-20160314ARTFIG00005-lait-cereales-poulets-vins-les-secteurs-qui-se-portent-bien-mal-et-tres-mal.php

L'agriculture à la pointe du progrès au XXème siècle:

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2016/02/25/29006-20160225ARTFIG00265-l-agriculture-en-france-80-ans-d-innovations.php

La relève est là!

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/02/27/20002-20160227ARTFIG00016-armelle-16-ans-a-l-espoir-que-la-situation-des-eleveurs-change.php

Manger local et moins cher, c'est possible!

http://agriculture.gouv.fr/consommation-manger-local-partout-en-france

Intéressante initiative en faveur de l'agroécologie à Albi:

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/04/14/01016-20160414ARTFIG00180-comment-la-ville-d-albi-veut-conquerir-son-autosuffisance-alimentaire.php

L'agroécologie, ça marche: la preuve par le Bec-Hellouin!

http://www.lefigaro.fr/sciences/2016/04/14/01008-20160414ARTFIG00013--la-ferme-du-bec-hellouin-permaculture-rime-avec-rendement.php

Enfin, un intéressant débat de notables sur l'agriculture: http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/decryptage/2015/07/28/29002-20150728ARTFIG00162-un-pays-comme-la-france-ne-peut-vivre-sans-agriculture.php

Le chroniqueur bouffe à Marianne donne, dans une optique souverainiste, des pistes intéressantes et met en lumière les responsabilités de la Vème république et du Reich allemand:

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/08/14/31003-20150814ARTFIG00266-perico-legasse-notre-independance-alimentaire-est-menacee.php

Même son de cloche pour l'analyse des méfaits de la P.A.C.:

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/02/26/31001-20160226ARTFIG00293-petite-histoire-de-la-politique-agricole-commune.php

Eviter la grande distribution: oui, c'est possible!

http://www.lefigaro.fr/conso/2016/03/05/05007-20160305ARTFIG00008-sans-supermarche-mais-avec-internet-consommer-mieux-et-local-coute-moins-cher.php

http://www.lefigaro.fr/conso/2016/04/16/05007-20160416ARTFIG00060-cela-coute-vraiment-moins-cher-de-ne-pas-faire-ses-courses-dans-les-supermarches.php

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Autour de la Grèce, réflexions d'Action française sur les problèmes économiques

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Le référendum grec sur le diktat posé par la Troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Union européenne) au gouvernement hellénique légitime est un événement capital de ce début du XXIème siècle. La volonté de mettre à genoux le noble peuple grec devant le Veau d'or capitaliste ne fait aucun doute. Il pose notamment le problème du respect par les institutions européistes et plus largement par le capitalisme international de la souveraineté des nations.

Entre les objectifs des uns (les profits) et ceux des autres (le Bien public), on commence à comprendre qu'il y a incompatibilité radicale. Autant un capitalisme national subordonné par la Puissance publique au service du Progrès est envisageable, autant la "fortune anonyme et vagabonde", irresponsable et destructrice, naguère dénoncée par Duc d’Orléans (Philippe VIII), ne doit pas avoir de place dans une vieille Nation!

En souhaitant que le peuple grec choisisse courageusement la voie de la pauvreté dans indépendance et l'honneur, qui est préférable à la servitude dans l'opulence, l'Action française-Bordeaux livre à ses fidèles lecteurs, de plus en plus nombreux, les quelques articles qui suivent, qui permettent de se faire une idée globale de la situation, et d'en tirer des leçons utiles pour notre Pays.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

Tout d'abord, les tenants et les aboutissants du référendum lui-même:

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/06/29/31001-20150629ARTFIG00071-jacques-sapir-referendum-grec-le-retour-de-la-democratie-en-europe.php

On lira ci-dessous, une excellente recension de la courte durée des unions monétaires, quand elles sont basées, comme c'est le cas pour l'euro, sur une idéologie:

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/06/29/31007-20150629ARTFIG00142-referendum-grec-vie-et-mort-des-unions-monetaires.php

"L'économiste danois Jens Nordvig a ainsi répertorié qu'entre 1918 et 2012 quelque 67 unions monétaires ont volé en éclat. Toutes les tentatives d'États indépendants de constituer une monnaie commune unique ont fini par échouer. On ne connaît pas de contre-exemple."

Ça fait du bien de le lire dans Le Figaro! Il aurait pu l'écrire il y a vingt ans!

Pour lecteurs avertis et eurosceptiques, l'intéressant et décapant avis (en anglais) du prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz:

"Why are European Union leaders resisting the referendum and refusing even to extend by a few days the June 30 deadline for Greece’s next payment to the IMF? Isn’t Europe all about democracy?

"In January, Greece’s citizens voted for a government committed to ending austerity. If the government were simply fulfilling its campaign promises, it would already have rejected the proposal. But it wanted to give Greeks a chance to weigh in on this issue, so critical for their country’s future wellbeing.

"That concern for popular legitimacy is incompatible with the politics of the eurozone, which was never a very democratic project. Most of its members’ governments did not seek their people’s approval to turn over their monetary sovereignty to the ECB. When Sweden’s did, Swedes said no. They understood that unemployment would rise if the country’s monetary policy were set by a central bank that focused single-mindedly on inflation (and also that there would be insufficient attention to financial stability). The economy would suffer, because the economic model underlying the eurozone was predicated on power relationships that disadvantaged workers.

"And, sure enough, what we are seeing now, 16 years after the eurozone institutionalised those relationships, is the antithesis of democracy: many European leaders want to see the end of prime minister Alexis Tsipras’ leftist government. After all, it is extremely inconvenient to have in Greece a government that is so opposed to the types of policies that have done so much to increase inequality in so many advanced countries, and that is so committed to curbing the unbridled power of wealth. They seem to believe that they can eventually bring down the Greek government by bullying it into accepting an agreement that contravenes its mandate.

"It is hard to advise Greeks how to vote on 5 July. Neither alternative – approval or rejection of the troika’s terms – will be easy, and both carry huge risks. A yes vote would mean depression almost without end. Perhaps a depleted country – one that has sold off all of its assets, and whose bright young people have emigrated – might finally get debt forgiveness; perhaps, having shrivelled into a middle-income economy, Greece might finally be able to get assistance from the World Bank. All of this might happen in the next decade, or perhaps in the decade after that.

"By contrast, a no vote would at least open the possibility that Greece, with its strong democratic tradition, might grasp its destiny in its own hands. Greeks might gain the opportunity to shape a future that, though perhaps not as prosperous as the past, is far more hopeful than the unconscionable torture of the present.

"I know how I would vote."

Source: http://www.theguardian.com/business/2015/jun/29/joseph-stiglitz-how-i-would-vote-in-the-greek-referendum?CMP=EMCNEWEML6619I2

On se remet aussi à découvrir qu'un Etat, n'étant pas un particulier, peut se permettre, par le miracle du "politique d'abord" de "faire défaut", c'est-à-dire faillite:

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/07/01/20002-20150701ARTFIG00117-des-dizaines-de-pays-se-sont-deja-retrouves-en-faillite.php

Enfin, des réflexions sur quelques problèmes techniques posés par le défaut éventuel de la Grèce:

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/06/29/31007-20150629ARTFIG00273-referendum-grec-il-faut-des-semaines-pour-imprimer-une-nouvelle-monnaie.php

Conclusion: L'économie est encore une politique, l'avenir est aux nations, politique d'abord!

P.S. L'économiste eurosceptique Jacques Sapir voit dans la victoire du Non grec, franche et massive, la revanche du 29-Mai 2005 en France et dénonce l'action subversive de la banque centrale européenne; elle ouvre la voie de la liberté et de la souveraineté aux autres nations européennes:

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/07/06/31002-20150706ARTFIG00044-jacques-sapir-le-vote-grec-ou-la-revanche-du-non-au-referendum-de-2005.php

Sapir, toujours, sur les suites politiques de l'affaire grecque:

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/08/21/31001-20150821ARTFIG00294-montebourgvaroufakis-sortie-de-l-euro-le-dessous-des-cartes-par-jacques-sapir.php

Et aussi, un bilan de l'influence de l'Allemagne sur l'euro:

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/07/17/31002-20150717ARTFIG00121-pour-que-l-allemagne-sorte-de-l-euro.php

...et sur la France, par J. Stiglitz:

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/08/31/97002-20150831FILWWW00182-pour-stiglitz-l-allemagne-intimide-la-france.php

Enfin, les dessous du "plan B" grec, par l'ex-ministre des Finances Varoufakis:

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/07/27/20002-20150727ARTFIG00194-comment-varoufakis-preparait-secretement-un-retour-a-la-drachme.php

...un plan-"mur de Berlin financier" jugé viable par un économiste:

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/07/31/20002-20150731ARTFIG00203--le-plan-b-de-varoufakis-une-sorte-de-mur-de-berlin-financier.php

Et une erreur à éviter: l'Internationale des souverainismes, même sous la forme d'une "alliance des fronts de libération nationale": Autant l'idée d'un tel front, le seul qui vaille en ce moment, est concevable à l'échelon national et serait à la fois utile pour le Pays français et conforme à notre tradition d'Action française de compromis nationaliste en temps de crise grave, autant une telle "alliance" au plan européen tournerait vite à une Union européenne-bis; merci bien!

http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/27/for-an-alliance-of-national-liberation-fronts-by-stefano-fassina-mp/

Autre fausse bonne idée de Varoufakis: Rétablir la Démocratie en Europe, mais ne la confond-il pas avec l'indépendance nationale?

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/08/23/20002-20150823ARTFIG00070-pour-varoufakis-il-est-urgent-de-retablir-la-democratie-en-europe.php

En réalité, la vraie question est celle du rapport entre dette publique et souveraineté nationale:

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/le-vrai-du-faux/2015/11/19/29003-20151119ARTFIG00189-la-degradation-du-deficit-public-altere-t-elle-notre-souverainte.php

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L'Action française, l'économie et les questions "sociétales": jalons pour sortir de l'impasse

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

En écho à notre cercle d'hier matin sur l’économie entre mondialisation, décroissance et protectionnisme ( http://af-aquitaine.over-blog.com/2015/03/prochain-cercle-de-formation-d-action-francaise-le-14-mars-2015-a-bordeaux-mondialisation-decroissance-ou-protectionnisme-nos-choix ), qui a connu un franc succès, et pour prolonger les discussions passionnantes qui l'ont suivi, on lira plus bas une bonne analyse de la vie politique française parue dans un récent numéro du Figaro, ainsi que nos commentaires:

"La vie politique française contemporaine est en effet structurée par deux clivages: protectionnisme contre libre-échange, et progressisme sociétal contre défense des traditions. À l'instar d'Alain Juppé, la droite modérée est partisane du libre-échange, et elle est progressiste sociétale modérée. Elle est donc compatible sur l'essentiel avec la gauche modérée d'un Manuel Valls. A contrario, il serait souvent difficile pour Alain Juppé de gouverner avec la droite radicale d'un Nicolas Sarkozy, qui est traditionaliste sociétal; encore plus avec l'extrême droite de Marine Le Pen, qui est à la fois traditionaliste sociétale et protectionniste sur l'économie. Réciproquement, Manuel Valls a aujourd'hui beaucoup de mal à gouverner avec la gauche radicale parce que contrairement à lui, elle est protectionniste."

Notre commentaire: Indépendamment des étiquettes fantaisistes généreusement attribuées aux uns et aux autres (en quoi Sarközy serait-il "traditionaliste sociétal" et la "Droite radicale" hostile au libre-échange?), cette analyse pose la question d'où doit se situer l'Action française dans cette donne nouvelle.

Traditionnellement, sur le plan économique, elle est partisane du corporatisme catholique de La Tour du Pin, des Princes capétiens et des papes sociaux. Mais peut-elle encore adopter cette "doctrine sociale de l'Eglise" qui a tant évolué depuis Vatican II jusqu'à devenir un vague baptême du libéralisme, avec parfois quelques accents antilibéraux contrastant avec une pratique quotidienne alliée au grand patronat? Quant aux Princes eux-mêmes (ou leurs nègres), dans leurs bouquins, ils se gardent de remettre en cause l'économie libérale et se bornent à faire l'éloge du capitalisme familial lyonnais, - sans voir qu'il n'existe plus, qu'il a abandonné ses entreprises à des managers extérieurs, que les représentants des 200 familles ne font plus que de la figuration dans les conseils d'administration.

Cette vision d'un corporatisme hiérarchique du militaire La Tour du Pin, pour acceptable qu'elle ait été à son époque, ne convient plus à une période où l'individu-roi est incapable de s'imposer une quelconque discipline collective.

Plus encore se pose une question de fond: est-il sain qu'un Mouvement politique fondé comme le nôtre sur l'intérêt national français s'aligne sur les positions fluctuantes en matières politique et sociale d'une Puissance spirituelle, si bienfaisante soit-elle? L'infaillibilité n'a pas été donnée par le Christ à l'Eglise en ces matières et le second concile du Vatican a expressément proclamé l'autonomie de la politique dans sa sphère (Gaudium et spes).

De même, ses applications dans l'Europe latine au XXème siècle ont tourné soit à l'étatisme pur et dur (Italie), soit ont couvert d'un vernis paternaliste l'alliance du Pouvoir avec les grands propriétaires latifundiaires (Portugal). En France, les circonstances tragiques de la Guerre et de l'Occupation n'ont pas permis une large diffusion du corporatisme dans la classe ouvrière et la paysannerie, à tel point que le terme a pu être repris dans le langage courant pour désigner de façon péjorative les blocages de l'économie par les revendications syndicales!

En présence de ces impasses, certains idéalistes parisianistes ayant le cœur à gauche enfourchent la machine à remonter dans le temps (Back to the future) et allèguent parfois les mânes de Proudhon! Pauvre Proudhon, que personne ne lit plus! ton fédéralisme socialisant, né des réminiscences du petit peuple de l'Ancienne France, est bien daté lui aussi! (Mais l'Ancienne France est morte deux fois: en 1789 et en 1914!) On ne le ressuscitera pas, et d'ailleurs, ce n'est pas l’objet de l’Action française, qui est exclusivement, rappelons-le, le retour d'un Roi, préface indispensable à toutes les réformes que les Français peuvent légitimement souhaiter! On parle aussi légèrement d'anarcho-syndicalisme, comme si l'on était encore en 1900 et sans voir que, de toute façon, ce mouvement, pour original qu'il soit dans l'histoire des idées, était ultraminoritaire dans le monde ouvrier!

A quoi peut bien rimer, en 2015, un los ouvriériste alors que l'industrie manufacturière n'existe pratiquement plus chez nous et que, depuis les Trente Glorieuses, la classe ouvrière, qui n'a plus conscience de son unité, ne cherche qu'à s'embourgeoiser le plus rapidement possible avec quatre-quatre, B.M.W., écrans plasma, ailpodes et piscines à la clé!

Ne parlons pas de l'état lamentable dans lequel on laisse en jachère la paysannerie, que l'on appelle maintenant agriculteurs, qui de toute façon n'est plus ce qu’elle était il y a soixante-dix ans. La période des solidarités traditionnelles à l'ombre de l'église et du château a disparu. Seul survit, faute de perspectives, l'individualisme paysan.

Pour ce qui est du "sociétal", c'est-à-dire de l'abolition des vestiges de la société millénaire patriarcale et hiérarchique dans laquelle s'est construite notre Nation, le fond du peuple reste sain, si les lois et les institutions sont pourries. Depuis 1967, la Droite parlementaire s’est faite complice de la Gauche pour démolir les derniers garde-fous contre l'anarchisme généralisé, garde-fous d'ailleurs mis en place par la Société libérale après la Révolution: on voit le beau résultat dans nos jeunes d'aujourd'hui! Il ne semble pas davantage qu'il faille compter sur l'extrême-Droite, dont les bataillons sont précisément issus de la dissociété destructurée ou sont influencés par l'ambiance délétère de l'esprit public, pour faire une Contre-Révolution sociétale!

Sera-ce l'Eglise et les jeunes gens exaltés de la "manif' pour tous" qui la feront? Ils ont, c'est vrai, la bouche pleine de "contre-culture", d' "anti-mai 68", mais cela ne suffit pas constituer une doctrine. Ils oublient qu'une Contre-Révolution sociétale ne peut s’opérer sans une Contre-Révolution politique préalable. De plus, les idées saines ne se répandent pas comme ça, il faut en faire la propagande inlassable, et tout ce qu'on leur propose est de devenir députés U.M.P. ou centristes! Une propagande, dans l'actuel combat des idées, ne se fait pas avec un esprit fleur bleue. Tout le problème français se limite à: Comment donc sauver la Nation française et lui permettre de réaliser les réformes diverses que souhaitent les différentes catégories de la population sans tomber dans la guerre civile, l'anarchie, le racisme ou la Démocratie? L'Action française répond: par le Roi, mais un Roi qui en veuille et qui en ait...

Résumons-nous: Que faire? L'ancien peuple n'existe plus, les hiérarchies traditionnelles non plus, ni l'unité des consciences; la paysannerie ni la classe ouvrière n'ont plus de sentiment de solidarité; l’Église a changé de doctrine sociale. La tâche restauratrice de l'Action française s'annonce particulièrement difficile, plus encore qu’au temps de Maurras. Beaucoup se trompent aussi sur l'objet propre de l'Action française, qui n'est pas d'ordre religieux, moral ou économique, mais uniquement de politique française. Au lieu de nourrir la sourde nostalgie des dragonnades, il faut accepter de reconnaître qu'en 2015, il y a toujours deux France et que l'art de la politique doit être de les faire coexister sans heurts, puis de les fusionner progressivement, avec la sage lenteur que permet l'hérédité monarchique.

De la réponse claire à cette question à multiples facettes dépend donc une bonne partie de l'avenir de notre Mouvement et le salut de la France. La fédération Grand Sud-Ouest et ses sections locales (Bordeaux & Basse-Guyenne, Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées et Bayonne & pays basque) continueront à l’avenir à y apporter des réponses réalistes d'Action française fondées sur la méthode de l’empirisme organisateur.

A suivre...

A.F.-Grand Sud-Ouest

Source: http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/01/29/31001-20150129ARTFIG00412-l-union-nationale-la-botte-secrete-d-alain-juppe-pour-battre-sarkozy.php

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Vérité et mensonges sur le soja, aliment sain et français

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

On lira ci-après, parue sur une site sérieux de nutrition, une réfutation par un spécialiste du soja, décapante parce que fondée sur des études scientifiques irréfutables, de préjugés irrationels couramment admis sur le soja, qui constitue pourtant, dans la guerre agricole mondiale, une arme de poids pour la France et dont l'avenir de la filière bio concerne particulièrement nos provinces du Sud-Ouest.

La section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française, soucieuse comme les autres sections de la fédération Grand Sud-Ouest (Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées et Bayonne & pays basque), de notre indépendance alimentaire, de la santé du peuple français et de la vitalité et de la "durabilité" de notre agriculture, de ne pouvait manquer de le reproduire, en incitant chacun à consommer français.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

"Le soja qui tue ? La vérité sur un article délirant "Un article délirant sur le soja "poison" publié par le site poubelle (et pirate) "santé-nutrition.org" a été partagé plus de 10000 fois. Hervé Berbille, ingénieur agro-alimentaire spécialiste de cette légumineuse, démonte une litanie de mensonges.

"Un article sur le soja publié par le site poubelle "Santé-nutrition.org" a semé la panique parmi les internautes. Cet article, écrit par un certain Claude Tracks procède par une série d'affirmations alarmistes, présentant cet aliment comme un poison à peine moins mortel que la strychnine. Le site poubelle "Santé-nutrition.org" supprime systématiquement les commentaires de ceux qui critiquent cet article, et bloque même ceux qui en pointent les âneries. Nous avons donc demandé à Hervé Berbille de confronter aux données scientifiques les affirmations de Claude Tracks et "Santé-nutrition.org". Tout ou presque est faux. Preuves à l'appui.

« Il (le soja) sera l’un des plus grands scandales à venir ! »

"Faux. Sachant que le soja est consommé (sans inconvénient majeur...) depuis plus de 9000 ans, il était en effet grand temps que Claude Tracks dénonce ce scandale qui n'a que trop duré. En attendant que l'Humanité repentante renonce au soja une bonne fois pour toute, force est de constater que le soja ne tue pas davantage que le ridicule. "Pour mémoire, en France, le seul tofou (« taufoe »), qui pourtant n'est pas censé être traditionnellement consommé en Extrême-Orient, puisque non fermenté, est cependant signalé en Chine dès 1665 (cf. page 172, doc. 353).

"Je ne saurais à cet égard que trop conseiller à tous les agités du bocal qui prennent pour argent comptant cette propagande indigente de lire cet ouvrage tout juste publié de mon ami William Shurtleff, unanimement reconnu comme le meilleur spécialiste de l'histoire du soja.

« La fermentation rend ce poison inoffensif. Par contre, le tofu, le soja cru et le lait de soja sont de vrais poisons. »

"Faux. Le soja ne contient aucun poison, Claude Tracks n'en cite aucun, et pour cause. Si l'on voulait pousser la contre-démonstration un peu loin, on pourrait dire que c'est la fermentation prolongée (il serait plus approprié à cet égard de parler de « putréfaction »...) que subissent certains aliments à base de soja (miso, shoyu), mais pas le tempé (et non pas « tempeh », nom anglais) qui génère des composés moins désirables, tels que le 3-MCPD et le carbamate d'éthyle. On trouve également du carbamate d'éthyle dans d'autres aliments fermentés (boissons alcooliques).

"Les aliments à base de soja non fermenté, le soja cru, "désancrent les personnes" qui les consomment

"Mais qui aurait l'idée de consommer des grains de blé, des lentilles, des haricots blancs, des pois chiches, crus, sans hydratation et ni cuisson préalables ? Ne faut-il pas être soi-même passablement « désancré » pour avoir des idées aussi saugrenues ?

« ...le soja contient un poison pour tout simplement exterminer lentement les espèces qui en mangent »

"Faux. Il faut croire que le mystérieux poison contenu dans le soja agit lentement, très lentement même, puisque le soja est consommé sans inconvénient depuis plus de 9000 ans. On en déduit que vous pouvez consommer sans risque du soja, au moins pendant 9000 ans...

"Étonnamment, Claude Tracks ne cite pas le nom de ce mystérieux poison lui qui par ailleurs fait montre d'une époustouflante précision lorsqu'il s'agit par exemple de soupeser le poids des enseignements religieux : « Donc j'affirme que 99,9999% des enseignements religieux, spirituels shamaniques (sic) et nouvel-âge sont là pour maintenir les âmes en prison et enseignent des croyances, logiques et modes de vie qui sont pratiquement à l’exact opposé des mondes Divins. » Amen, et ne me demandez pas le sens profond de cette fulgurante pensée...

« La “Food and Drug Administration” (sorte de ministère de l’alimentation et des médicaments aux USA)n’a jamais accepté de donner au soja la mention “GRAS” (Generally Recognized As Safe) (en français: généralement reconnu comme sans danger). »

"Faux. Et bel exercice de désinformation ! Pour commencer, la FDA n'est pas un « ministère de l'alimentation », mais une agence sanitaire, l'équivalent en une agence de l'ANSES et de l'ANSM en France, mais à ce stade de la lecture, on n'est plus à ça près...

"Par ailleurs, le statut GRAS ne concerne pas des aliments, mais des additifs, des substances ajoutées aux aliments. Il est donc normal que la FDA n'ait pas eu à accorder la statut GRAS au soja, comme elle n'a pas eu à l'accorder au blé, à la sardine, ou à la tomate !

"Ensuite, les si décriées isoflavones (« phyto-estrogènes ») extraites du soja ont décroché la mention GRAS, comme chacun pourra s'en convaincre aisément en allant le vérifier directement sur le site de la FDA (c'est par ici).

"En fait, ceux qui présentent le soja comme un poison tirent argument du fait que les protéines de soja n'ont pas officiellement reçu de la FDA un statut GRAS : sous-entendu, ces protéines sont potentiellement dangereuses. Mais ils évitent soigneusement de rapporter la position de l'agence à ce sujet. La voici : "Bien que la protéine de soja ne figure pas dans la liste GRAS (...), la FDA fait remarquer que cette liste n'inclut pas toutes les substances reconnues comme sûres (...) et qu'il n'est pas possible à la FDA de lister toutes les substances qui sont GRAS. (...) Bien que la FDA n'ait pas statué formellement sur le statut GRAS des ingrédients de la protéine de soja, elle ne s'est pas opposée aux affirmations selon lesquelles l'utilisation du soja sous forme de protéine alimentaire est GRAS. Les ingrédients alimentaires dont l'usage est généralement reconnu comme sûr par des experts qualifiés n'ont nul besoin de recevoir une approbation de la FDA."

"La FDA reconnaît donc que la protéine de soja ne pose pas de problème à la population et qu'elle n'a donc pas besoin d'être soumise au processus d'approbation GRAS.

"Mieux encore, en 1999, la FDA a accordé une allégation santé aux protéines de soja, reconnaissant officiellement leur capacité à réduire le risque coronarien (à raison de 25 g/j).

"Et inutile de couiner après le « lobby américain (sic) du soja » puisque d'autres pays antérieurement aux États-Unis ont également accordé cette allégation, je pense notamment au Japon (« allégation FOSHU »), à la Malaisie, ou bien encore au Royaume-Uni.

« Le fait que le soja soit une bonne source de protéines est tout simplement faux car il contient des inhibiteurs de trypsine qui entravent la bonne digestion des protéines et fatiguent le pancréas »

"Ah, vraiment ? Dès 1907, on pouvait par exemple lire dans le Bulletin des sciences pharmacologiques que « Tous ces aliments dérivés du Soja sont, d'après les Japonais, très assimilables, surtout en ce qui concerne l'azote (protéines, NDLR) ; (…) tous les Asiatiques et tous ceux qui sont au courant des aliments généralement employés par eux, sont-ils d'avis que les préparations du Soja constituent une nourriture très avantageuse et que les matières protéiques y existent sous une forme très assimilable. » : voilà qui est dit... (Bloch, Armand. Le soja. Bulletin des sciences pharmacologiques, Volume 14, 1907, pages 603-604).

"Près d'un siècle plus tard, cette opinion est toujours partagée par les experts de la FAO, qui considèrent, je cite, que les « protéines de soja ont une digestibilité réelle élevée ». (L’évaluation de la qualité des protéines. Rapport FAO, 1993, page 32).

"À cet égard, le cas des laits infantiles à base de soja est très instructif. Il faut savoir que dans les laits infantiles à base de soja, les apports protéiques reposent exclusivement sur les protéines du soja. Sachant que les laits infantiles à base de soja sont parfois utilisés en alimentation exclusive jusqu'à l'âge de 3 ans, peut-on imaginer qu'un nourrisson pourrait simplement survivre sur une si longue durée si les protéines de soja n'étaient pas digestibles ?

"Je rappelle ici que toutes les études ayant évalué les laits infantiles à base de soja indiquent qu'ils assurent une parfaite croissance aux nourrissons.

"Les inhibiteurs trypsiques (inhibiteur de Bowmann-Birk et inhibiteur de Kunitz) sont présents dans tous les végétaux, sans exception. Vous en consommez via dans des aliments aussi banals que les pommes de terre, le riz, la plupart de légumineuses, dont les pois par exemple, ou bien encore les aubergines, etc., sans pour autant en être incommodé le moins du monde, les inhibiteurs trypsiques, des protéines, étant inactivés par la cuisson (et non pas par la fermentation...).

"Si vous appréciez les fruits, généralement consommés crus, qui contiennent également des facteurs anti-trypsiques, pas d'inquiétude pour autant, votre pancréas n'en sortira pas « fatigué » pour autant (au fait comment distingue-t-on un pancréas « fatigué » (sic) d'un pancréas tenant une forme olympique ?).

"Les protéases humaines, contrairement à celles d'autres espèces animales, celles du rat en particulier, ne sont pas ou peu sensibles aux inhibiteurs trypsiques. Inutile donc de faire bouillir votre jus d'orange matinal.

"Rappelons enfin que, chez l'Homme, les seules activités scientifiquement documentées du soja sur le pancréas sont une activité protectrice contre le diabète (les isoflavones protègent les cellules β du pancréas, qui synthétisent l'insuline) et une inhibition de la croissance tumorale des cellules cancéreuses du pancréas, un cancer particulièrement meurtrier rappelons-le.

"Cet exemple des inhibiteurs trypsiques révèle une des grosses ficelles des adversaires du soja : monter en épingle un composé particulier, comme s'il s'agissait d’une spécificité du soja, omettre de rappeler sa banalité parmi les aliments issus du règne végétal, et bien entendu dissimuler son absence de toxicité chez l'Homme, voire ses bénéfices. L’inhibiteur de Kunitz est un des rares composés, naturels ou synthétiques, susceptible d'enrayer la progression des tumeurs ovariennes.

« Selon le Dr Mary G. Enig (Présidente de l’association des nutritionnistes du Maryland) “un bébé nourri avec du lait maternisé à base de soja reçoit l’équivalent en phyto-oestrogènes de ce que l’on recevrait si on ingurgitait 5 pilules contraceptives par jour ! Cela entraîne une puberté précoce chez les filles et une maturation sexuelle retardée chez les garçons”. »

"Faux. Première mise au point qui en dit long sur le sérieux de l'article et du site qui l'a diffusé, Mary Enig, une activiste de l'association américaine Weston Price, n'est plus présidente de quoi que ce soit puisqu'elle est décédée. Reste que si Mary Gertrude et ses adeptes avaient pris le soin de se pencher sur la formule des principes actifs d'une pilule contraceptive et celle des (iso)flavonoïdes (« phyto-estrogènes ») du soja, ils se seraient rendu compte que ces composés, d'un point de vue chimique, n'ont strictement rien à voir entre eux.

"La pilule contraceptive contient deux principes actifs : l'estrogène et la progestérone. Ces composés, propres au règne animal, par conséquent absent du règne végétal (donc du soja...), sont obtenus à partir du cholestérol (d'où leur nom de « composés stéroïdiens »), une graisse qui brille également par son absence dans le règne végétal. Les composés stéroïdiens conservent l’essentiel de la structure du cholestérol, d'où un caractère fortement « hydrophobe », c'est-à-dire insoluble dans l'eau.

"Inversement, les isoflavones (« phyto-estrogènes ») sont exclusivement synthétisés par les plantes, à partir d'un acide aminé, un composé fortement soluble dans l'eau quant à lui. Il en résulte que les (iso)flavonoïdes sont des composés solubles dans l'eau, et non pas dans les graisses. Voilà pourquoi, par exemple pour en extraire ses flavonoïdes (qui sont également des phyto-estrogènes, mais jamais ainsi nommés dans le cas du thé, car le thé a le bon goût de ne pas concurrencer la viande et les produit laitiers), on infuse les feuilles de thé dans de l'eau et non pas dans du saindoux.

"Par conséquent, au moins d'un point de vue de (bio)chimique, on ne peut pas faire plus éloignés qu'estrogènes et « phyto-estrogènes »....

"D'un point de vue biologique ensuite, et surtout, ces composés exercent une activité diamétralement opposée. "Si l'estrogène et la progestérone, principes actifs de la pilule contraceptive, agissent comme des anticonceptionnels, inversement, les isoflavones (« phyto-estrogènes ») permettent de lutter contre l’infertilité. À ce sujet, on mentionnera les travaux du Pr Vittorio Unfer, université de Rome, qui a obtenu de remarquables résultats en traitant des femmes souffrant d'infertilité avec des isoflavones de soja. "Reste qu'aussi longtemps que l'on s'obstinera à nommer les isoflavones « phyto-estrogènes », au lieu de « phyto-SERMs », ou plus simplement « isoflavones », on se coupera de la réalité de ces composés ; ici plus qu'ailleurs « le mot effectue le meurtre de la chose ».

« Croyez-moi sur parole au moins sur un point : pitié, pas de lait de soja aux enfants! »

"Croyez-moi, non pas sur parole, mais sur la base de ces robustes études scientifiques, vous pouvez donner du soja aux enfants ! Vous activerez ainsi leurs gènes anticancéreux, ce qui leur conférera une immunité ultérieure contre les cancers hormono-dépendants, ainsi que contre les maladies cardiovasculaires (activité « épigénétique » des isoflavones), l'obésité, des polluants environnementaux, dont le redoutable BPA, et vous les protégerez ainsi d'une puberté précoce.

"Et ceci conformément aux recommandations des autorités indonésiennes par exemple qui recommandent une introduction très précoce du soja dans l'alimentation, une pratique au demeurant courante en Indonésie comme j'ai pu le constater par moi-même.

"D'ailleurs, les experts de l'ANSES, pourtant liés à l'industrie laitière, qui ont produit le rapport controversé sur le soja (mars 2005) ont reconnu la parfaite innocuité des laits infantiles à base de soja, innocuité qui vient d'être d'ailleurs récemment réaffirmée.

"De même, les isoflavones protègent des pubertés précoces, avec encore de solides études scientifiques à l'appui de mon propos. « Le très sérieux magazine médical britannique “The Lancet” a fait état en 1997 d’une étude qui prouverait que le seul fait de boire deux verres de lait de soja par jour était suffisant pour perturber les cycles menstruels des femmes. »

"Faux. L'étude publiée dans le très sérieux Lancet a en fait été publiée dans...le très sérieux American Journal of Clinical Nutrition, une approximation, une de plus, ce qui, convenons en, ne fait pas très sérieux...

"Les personnes participant à cette étude ne consommaient pas de « lait de soja » mais des protéines de soja, et de de deux, ce qui donne un aperçu de la lecture attentive qui a été faire de cette étude, si tant est qu'elle ait été simplement lue...

"Jamais dans cette étude il n'est fait mention d'une quelconque « perturbation » des cycles menstruels par le soja, le terme ne figure d'ailleurs nulle part dans l'étude comme chacun pourra aisément le vérifier.

"Les auteurs concluent au contraire à l'intérêt protecteur du soja dans la cadre de la prévention du cancer du sein.

« Les isoflavones peuvent (…) favoriser (...) la constipation... »

"Faux. À ma connaissance, la seule étude ayant évalué le lien entre consommation de soja et constipation indique que le soja... protège contre cette affection.

"J'ajoute que les isoflavones glycosylées, telle qu'on les trouve dans les aliments à base de soja non fermenté, se comportent comme des prébiotiques, c'est-à-dire des fibres.

"On en déduira donc que pour le désormais célèbre Claude Tracks, les fibres alimentaires favorisent...la constipation !

« Les isoflavones peuvent (…) favoriser (...) la prise de poids »

"Faux. Les études disponibles établissent que les isoflavones de soja, comme tous les flavonoïdes (du thé par exemple), exercent au contraire une protection contre l'obésité.

« Les isoflavones peuvent (…) favoriser (...) la fatigue. »

"Faux. Mauvaise pioche à nouveau puisqu’une très récente étude montre que les isoflavones combattent la fatigue chronique :

« Certains moines Bouddhistes mangent du tofu pour faire baisser leur libido »

"Faux. Autre bobard qui tourne en boucle sur la toile mais qui ne renvoie jamais à la moindre référence historique précise, et pour cause. Notons que le tofou (et non pas « tofu », son nom anglais) apparaît en Chine bien antérieurement à l'apparition du bouddhisme, sans compter que les Chinois sont majoritairement taoïstes.

"Même si cela n'a pas (encore) été démontré chez l'Homme, une étude, scientifique et bien réelle quant à elle, montre que chez les primates (ordre auquel nous sommes rattachés....), la consommation de Millettia dura, membre de la famille botanique à laquelle appartient le soja, riche « phyto-estrogènes » augmente au contraire l'activité sexuelle !

"Et ce logiquement car les flavonoïdes favorisent, entre autres, la vascularisation.

"De plus, le soja est particulièrement riche en arginine, un acide aminé précurseur du monoxyde d'azote (NO), un puissant vasodilatateur : faut-il préciser davantage ?

« …Sachez que les cultures massives de soja dans le monde ont des effets catastrophiques sur les paysans des pays du tiers monde. » "Rigoureusement exact, mais « sachez », surtout, que ce soja est exclusivement destiné...à l'alimentation du bétail ! "Les aliments à base de soja disponibles en France sont généralement issus de soja cultivé en France, dont 70 % environ provient du Sud-Ouest; la partie la plus méridionale de notre pays convient bien au soja qui n'apprécie guère l'excès d'humidité, contrairement à une autre rumeur urbaine qui veut que la culture du soja soit particulièrement gourmande en eau.

"Le soja français se distingue du soja cultivé aux Amériques par l'absence d'OGM, la culture du soja transgénique étant interdite en France, en bio, comme c'est toujours le cas, mais également en conventionnel. Le soja français est également essentiellement destiné à l'alimentation humaine, ce qui offre de meilleurs revenus aux paysans que le soja destiné au bétail.

"À cet égard, de nombreux paysans français producteurs de soja bénéficient des garantis de la filière « commerce équitable », bien loin des conditions inacceptables que subissent de leurs homologues brésiliens, spoliés par les multinationales du négoce internationales (ADM, Bunge, Cargill, Louis-Dreyfus) qui achètent le soja à vil prix, le revendant ensuite au prix fort aux éleveurs européens.

"En France, les filières courtes prévalent, les transformateurs, des artisans et des PME, achetant directement le soja aux producteurs.

« Il semble que les personnes mangeant, ne fût-ce que deux fois par semaine, une portion normale de tofu ont un rétrécissement accéléré de leur cerveau accompagné d’une diminution des fonctions cognitives. En clair, leur cerveau fonctionne moins bien. »

"Faux. Bien évidemment, mais on commence à être habitués, aucune étude scientifique n'a jamais établi que le soja rétrécissait le cerveau.

"Comme notamment nos travaux le suggèrent, les isoflavones de soja semblent au contraire protéger de la maladie Alzheimer en inhibant l'agrégation des peptides amyloïdes.

"D'autres études montrent que le soja améliore les fonctions cognitives.

"Signalons que d'autres travaux ont démontré l'efficacité de l'acide phytique, un composé présent dans le soja et les végétaux en général, pourrait constituer un traitement prometteur contre la maladie d’Alzheimer, (l'activité anticancéreuse de l'acide phytique étant déjà par ailleurs documentée)

« Déjà en 1986, des études auraient prouvé que l’ingestion de soja peut mener à de sérieux problèmes neurologiques et entraîner des sérieux problèmes émotionnels allant de la mauvaise humeur jusqu’à la dépression chronique ou permanente. »

"Faux. Les études disponible montrent que la consommation de soja permet de combattre la dépression. « On donnait du soja aux pilotes de bombardier, afin d’être sûr qu’ils soient bien insensibles, désancrés de la réalité.” Tiré des mémoires de Schmidt. Alimentations Dynamiques. Ed. Tryades. »

"Faux. Revoilà les "ancrés" et les "désancrés". Je n'ai pas piloté de B-17 ou de Lancaster, mais sur la base de mon expérience, je peux vous assurer que, lorsque l'on pilote, mieux vaut, paradoxalement, avoir les pieds bien sur terre, à tout le moins la tête sur les épaules. À cet égard, pour maintenir les pilotes éveillés, les raids aériens lors de la Seconde Guerre Mondiale étaient parfois très longs, les deux camps utilisaient des amphétamines (Benzedrine), mais certainement pas du soja. En revanche, le soja était utilisé dans les rations de combat, la fameuse « K ration », destinée à l’infanterie, aux commandos, aux équipages de chars...mais pas aux aviateurs ! (visionner à partir de la 7ème minute).

"Pour les personnels des bases aériennes, situés à l’écart de la ligne de front, l'emploi de ration de combat n'était en effet pas nécessaire.

"On se souviendra que l'emploi du soja dans les rations de combat est une invention française. (Bloch, A. Le soja. Sa culture, sa composition, son emploi en médecine et dans l'alimentation. Annales d'hygiène et de médecine coloniales n° 11. - Paris : Doin, 1908.)

"On l'a oublié aujourd'hui, mais le soja fut utilisé dans la ration de nos Poilus en 14-18. Et eux aussi gagnèrent la guerre."

Source: http://www.lanutrition.fr/les-news/le-soja-qui-tue-la-verite-sur-un-article-delirant.html

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Comprendre la "gouvernance" avec l'Action française

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Qu’est-ce que la "gouvernance" ?

par Nathalie Holec et Geneviève Brunet-Jolivald (dossier préparé en 1999 par le CDU)

dimanche 9 décembre 2007, par Laurence

Voici l’introduction et la première partie d’un dossier sur la notion de "Gouvernance", réalisé en août 1999 par le Centre de documentation de l’urbanisme (CDU). Les auteurs en sont Nathalie Holec (Association 4D - Dossiers et débats pour le développement durable) et Geneviève Brunet-Jolivard (Centre de documentation de l’urbanisme).

INTRODUCTION

Depuis quelques années, la gouvernance fait l’objet d’un grand nombre de travaux qui ont pour caractéristiques d’être très hétérogènes. En effet, ceux-ci relèvent de disciplines et de racines théoriques variées allant de l’économie institutionnelle aux relations internationales en passant par l’économie ou la sociologie des organisations, l’économie du développement, la science politique ou encore l’administration publique.

L’appropriation de cette notion par différents courants de pensée fait que le terme de " gouvernance " revêt aujourd’hui de multiples significations et se prête à de multiples usages. Le terme est ainsi associé à tout type de politique publique ou privée et décliné en fonction des différentes échelles territoriales d’intervention. Sont ainsi définies et étudiées les notions de gouvernance de l’emploi, de gouvernance des politiques monétaires, de gouvernance des entreprises, de gouvernance locale, de gouvernance mondiale, de gouvernance globale, de gouvernance des régions européennes, de gouvernance urbaine, pour ne citer que ces quelques exemples. Ces diverses interprétations renvoient en fait à des convictions idéologiques différentes, voire opposées.

La première partie de cette note vise donc à faire le point sur la notion de gouvernance, sur sa genèse, sur ce qu’elle recouvre et sur les finalités de son utilisation. Il est en effet possible, malgré l’absence d’unité dans les travaux, de dégager un " socle commun " sur lequel s’appuient les différentes approches développées en termes de gouvernance. Les trois parties suivantes, consacrées respectivement à la gouvernance mondiale, à la " bonne gouvernance " et à la gouvernance urbaine, visent à examiner le glissement qui s’opère d’une conception de la gouvernance centrée sur les économies à une conception axée sur les territoires, suivant la position idéologique adoptée. En effet, la gouvernance peut être vue comme un instrument de renforcement de la libéralisation des économies ou au contraire comme un outil permettant de maintenir ou de rétablir une cohésion territoriale. Le premier point de vue prévaut principalement dans les réflexions portant sur les relations internationales ; le second point de vue est plus fréquemment adopté dans les travaux sur la gouvernance urbaine. Nous avons donc choisi de rendre compte de ces deux types d’approche.

I. UNE NOTION D’ORIGINE ECONOMIQUE

Le terme de " governance " est apparu il y a plus d’un demi-siècle chez les économistes américains. Ronald Coase, jeune économiste, publie en 1937 un article, " The Nature of the firm " dans lequel il explique que la firme émerge car ses modes de coordination interne permettent de réduire les coûts de transaction que génère le marché ; la firme s’avère plus efficace que le marché pour organiser certains échanges. Cette théorie, redécouverte dans les années 70 par les économistes institutionnalistes, et en particulier par Olivier Williamson, débouche sur des travaux qui définissent la gouvernance comme les dispositifs mis en oeuvre par la firme pour mener des coordinations efficaces qui relèvent de deux registres : protocoles internes lorsque la firme est intégrée (hiérarchie) ou contrats, partenariat, usage de normes lorsqu’elle s’ouvre à des sous-traitants (1) Le terme " corporate governance ", qu’on peut traduire par gouvernance d’entreprises, va ensuite être utilisé dans les milieux d’affaires américains tout au long des années 80.

A la fin des années 80, la notion est importée dans les sciences politiques anglaises à l’occasion du financement par le gouvernement d’un programme de recherche sur le thème de la recomposition du pouvoir local. En effet, à partir de 1979, le gouvernement de Margaret Thatcher a mis en place une série de réformes visant à limiter le pouvoir des autorités locales, jugées inefficaces et trop coûteuses, par le renforcement de la centralisation et la privatisation de certains services publics. Le gouvernement local britannique n’a cependant pas disparu mais il s’est au contraire restructuré pour survivre aux réformes et aux pressions gouvernementales. Les chercheurs qui se sont penchés sur ces transformations des modes de gouvernement des institutions locales anglaises ont choisi le terme de " urban governance " pour qualifier leurs recherches. Ils ont ainsi souhaité se démarquer de la notion de " local government " associée au précédent régime décentralisé condamné par le pouvoir central. Par la suite, la notion de " urban governance " a été reprise par d’autres pays européens et s’est généralisée dans l’étude des pouvoirs locaux.

La notion de gouvernance fait par ailleurs son apparition à la fin des années 80 dans un autre champ, celui des relations internationales. Le terme de " good governance " est employé par les institutions financières internationales pour définir les critères d’une bonne administration publique dans les pays soumis à des programmes d’ajustement structurel. Les organismes de prêt internationaux préconisent par le biais de cette notion des réformes institutionnelles nécessaires à la réussite de leurs programmes économiques.

Le terme de gouvernance aurait donc été importé du monde de l’entreprise pour désigner des modes de coordination et de partenariat différents du marché mis en oeuvre au niveau du pouvoir politique.

LA GOUVERNANCE POUR DESIGNER LES TRANSFORMATIONS DES FORMES DE L’ACTION PUBLIQUE

Bien que la notion de gouvernance soit employée par des courants de pensée différents avec des finalités différentes, il est possible de déterminer quels sont les éléments communs auxquels se réfèrent les différentes approches lorsqu’elles utilisent ce terme.

Le terme de gouvernance est apparu pour rendre compte des transformations des formes de l’action publique. La gouvernance se définit de manière générale comme " un processus de coordination d’acteurs, de groupes sociaux, d’institutions, pour atteindre des buts propres discutés et définis collectivement dans des environnements fragmentés et incertains " (2) ou encore comme " les nouvelles formes interactives de gouvernement dans lesquelles les acteurs privés, les différentes organisations publiques, les groupes ou communautés de citoyens, ou d’autres types d’acteurs, prennent part à la formulation de la politique " (3) Dans son rapport daté de 1995, la Commission sur la gouvernance mondiale(4)définit la gouvernance comme " la somme des différentes façons dont les individus et les institutions, publics et privés, gèrent leurs affaires communes. C’est un processus continu de coopération et d’accommodement entre des intérêts divers et conflictuels. Elle inclut les institutions officielles et les régimes dotés de pouvoirs exécutoires tout aussi bien que les arrangements informels sur lesquels les peuples et les institutions sont tombés d’accord ou qu’ils perçoivent être de leur intérêt " (5)

La gouvernance met l’accent sur plusieurs types de transformation des modalités de l’action publique :

- elle repose sur une dénonciation du modèle de politique traditionnel qui confie aux seules autorités politiques la responsabilité de la gestion des affaires publiques. Elle se distingue donc de l’idée classique du gouvernement. Le gouvernement se caractérise par la capacité de prendre des décisions et de pouvoir les appliquer en vertu d’un pouvoir coercitif légitime dont les institutions de gouvernement ont le monopole. Avec la notion de gouvernance, "le rôle surplombant de contrôle et de commandement, centré sur une construction institutionnelle est remis en cause au profit d’une approche plurale et interactive du pouvoir " (6) Cette conception repose sur l’hypothèse selon laquelle les sociétés connaissent actuellement une crise de la gouvernabilité, des problèmes d’échec à gouverner ou encore une ingouvernabilité des systèmes. La gouvernance apparaît alors comme la meilleure réponse possible aux contradictions engendrées par le développement politique et social, comme un moyen de répondre à la crise par de nouvelles formes de régulation.

- elle met l’accent sur la multiplicité et la diversité des acteurs qui interviennent ou peuvent intervenir dans la gestion des affaires publiques. La crise de la gouvernabilité invite en effet les Etats, les collectivités territoriales, les organismes internationaux ou les différentes régions du monde à se tourner vers des interlocuteurs, tels que les organisations à but non lucratif, les entreprises privées et les citoyens, qui sont en mesure de trouver des solutions aux problèmes collectifs que rencontrent la société. Ce faisant, la gouvernance attire l’attention sur le déplacement des responsabilités qui s’opère entre l’Etat, la société civile et les forces du marché lorsque de nouveaux acteurs sont associés au processus de décision et sur le déplacement des frontières entre le secteur privé et le secteur public. Les autorités publiques qui s’en remettent davantage aux secteurs privé et associatif voient leur rôle modifié ; d’interventionnistes, elles doivent passer à un rôle de facilitateur, de stratège, d’animateur, de régulateur.

- la notion de gouvernance met également l’accent sur l’interdépendance des pouvoirs associés à l’action collective. La gestion des affaires publiques repose sur un processus d’interaction/négociation entre intervenants hétérogènes. "Dans la nouvelle gouvernance, les acteurs de toute nature et les institutions publiques s’associent, mettent en commun leurs ressources, leur expertise, leurs capacités et leurs projets, et créent une nouvelle coalition d’action fondée sur le partage des responsabilités" (7). Cette interaction est rendue nécessaire par le fait qu’aucun acteur, public ou privé, ne dispose des connaissances et des moyens nécessaires pour s’attaquer seuls aux problèmes. La gouvernance implique donc la participation, la négociation et la coordination. Une large place doit être faite à l’espace public, " celui dans lequel les différentes composantes de la société affirment leur existence, entrent en communication les unes avec les autres, débattent en exerçant leur pouvoir d’expression et de critique " (8). Ces négociations doivent permettre de dépasser les intérêts divers et conflictuels et éventuellement de parvenir à un consensus. La rationalité procédurale joue un rôle aussi important que la rationalité substantielle dans la mesure où l’accent est mis autant sur le processus de dialogue que sur le résultat de ce processus.

En résumé, la gouvernance trouverait donc son fondement dans un dysfonctionnement croissant de l’action publique qui dicterait l’émergence de nouveaux principes et de nouvelles modalités de régulation publique. Celles-ci consistent à associer à la gestion des affaires publiques des acteurs de toute nature, membres de la société civile, professionnels, citoyens, syndicalistes, au travers de processus de participation et de négociation qui doivent permettre de déboucher sur des objectifs et des projets communs. On peut toutefois légitimement se demander à quelles fins la notion de gouvernance est utilisée.

EFFICACITE CONTRE LEGITIMITE DES INSTITUTIONS POLITIQUES, LIBERALISATION CONTRE DEMOCRATISATION DES SOCIETES

La notion de gouvernance telle qu’elle apparaît dans l’ensemble de la littérature consacrée à cette question, a, sans conteste, une valeur analytique. Elle permet de mettre en lumière des phénomènes tels que la relativisation des frontières institutionnelles ou l’existence de mécanismes de coopération et de négociation dont l’ampleur ne peut être saisi par la notion de gouvernement. La notion de gouvernance fournit donc un cadre conceptuel qui permet de penser et de comprendre l’évolution des processus de gouvernement. Elle offre une nouvelle grille de lecture et d’analyse, un système de référence qui remet en question une grande partie des présupposés sur lesquels se fonde l’administration publique traditionnelle.

La notion de gouvernance a par ailleurs une ambition à la fois descriptive, de caractérisation des formes émergentes de l’action publique et normative, de détermination de l’orientation des changements nécessaires.

Une des caractéristiques de la gouvernance est qu’elle possède un fort contenu politique voire idéologique, qui n’est pas toujours explicité par les auteurs des différents travaux sur le sujet. On peut distinguer en effet deux grandes approches de la gouvernance : une approche gestionnaire et une approche plus politique.

Dans la première approche, la gouvernance donne lieu à des travaux qui portent sur les politiques publiques, les nouveaux modes de coordination entre acteurs, les conditions de leur coopération et les principaux problèmes que ce partenariat soulève ou sur la définition des conditions de la bonne gouvernance. La gouvernance n’est alors envisagée que sous l’angle des modes de coordination permettant d’améliorer l’efficacité de l’action publique. C’est par exemple le cas des travaux menés par les économistes américains du " public choice " qui s’intéressent principalement au rapport coût/efficacité de l’action collective et recherchent, au niveau de l’Etat, de nouveaux principes d’action permettant d’améliorer son fonctionnement. La transformation des modes de régulation n’est justifiée que par des principes gestionnaires et utilitaristes : la modernisation des structures de gouvernement est une nécessité compte tenu de leur relative inefficacité et des gaspillages financiers auxquelles elles conduisent en période de restrictions budgétaires.

A une conception que l’on peut qualifier de restrictive de la gouvernance, répond une seconde acception plus large. La gouvernance est appréhendée par d’autres auteurs comme allant au-delà de ces aspects instrumentaux dans la mesure où, derrière la transformation des manières de faire, se profile la question des luttes de pouvoir, de la légitimité de ceux qui sont associés au processus de décision, de l’émergence ou de la disparition d’acteurs politiques c’est-à-dire de niveaux significatifs de l’organisation sociale et politique.

La gouvernance permet alors de rendre compte de l’articulation de régulations, de "processus politiques et sociaux d’intégration, d’élaboration de projets collectifs, d’agrégation de différents intérêts recomposés et représentés sur une scène extérieure " (9) (Patrick Le Galès). La notion de gouvernance permet d’aller au-delà des problèmes de coordination et d’efficacité en intégrant une dimension politique et sociale. La réflexion porte non plus seulement sur les modes les plus efficaces et efficients du management de la société mais aussi sur l’exercice du pouvoir et de la domination. On passe ainsi de la question de la gouvernance de l’économie, développée par les économistes institutionnels ou la sociologie des organisations, à la gouvernance des territoires qui intéresse la sociologie et la science politique.

A cette grille d’analyse se superpose une autre lecture de la gouvernance en termes de positions idéologiques ; la notion recouvre des choix idéologiques différents et parfois même opposés. Il n’existe pas de position commune sur les finalités de la gouvernance. La gouvernance constitue pour certains un instrument au service de la poursuite de la libéralisation des sociétés dans la mesure où elle consiste à limiter le rôle des gouvernements et à faire entrer dans le processus de décision des acteurs non-gouvernementaux en privatisant les entreprises et certains services publics, en dérégulant et en déréglementant. Les tenants d’une approche " économiciste ", gestionnaire de la gouvernance dissimulent fréquemment leurs intentions qui ne sont autres que l’extension du marché capitaliste. Pour d’autres, principalement ceux qui développent une approche en termes de pouvoir, la gouvernance est perçue comme une voie ouverte à la démocratisation du fonctionnement étatique, à la mobilisation civique et aux initiatives locales et citoyennes.

En définitive, la notion de gouvernance offre une grille d’interprétation nouvelle du politique et des relations entre les institutions et le politique non-institué. Cette grille d’analyse est appliquée à tous les processus de gouvernement, du gouvernement mondial au gouvernement local et concerne les pays développés comme les pays en développement. Suivant les choix idéologiques qu’elle recouvre, la gouvernance consiste à réformer les institutions politiques pour limiter les entraves au bon fonctionnement du marché (conception dominante dans le champ des relations internationales) ou au contraire à renforcer les mécanismes de régulation pour lutter contre les effets du libéralisme et en particulier contre la décohésion sociale (conception dominante en matière de gouvernance urbaine).

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Sortir de l'euro: c'est nécessaire!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On lira ci-dessous l'intéressant article, malgré des parti-pris idéologiques, du souverainiste Roland Hureaux, paru dans Marianne2 le 12 juin 2010 sous le titre "Pourquoi l’euro fort plombe la France et l’Europe". Les appréciations sévères de l'auteur sur la politique financière du président Salazar n'empêchent pas le Portugal nationaliste d'avoir traversé un demi-siècle tourmenté sans grande crise économique et avec une progression constante du niveau de vie. Les Portugais savent ce qu'il en coûte de négliger l'orthodoxie budgétaire. Les remarques de M. Hureaux doivent dans l'esprit de l'Action française être complétées par une protection corporative de l'économie nationale.
A.F.-Grand Sud-Ouest
Insigne de la Ligue d'Action française 

"La politique monétaire continue de véhiculer des idées reçues auxquelles l’auteur tord le cou avec jubilation et efficacité.

 

"Les vrais économistes le savent : parmi les facteurs qui dépendent de la puissance publique, aucun n’a un effet aussi déterminant sur l’économie que le taux de change de la monnaie. Un pays peut survivre à un grave déficit budgétaire, à une inflation excessive, à une politique sociale trop généreuse, à des nationalisations inopportunes mais une mauvaise politique monétaire peut avoir pour lui des effets catastrophiques.  

 

"par Roland Hureaux.

 

"Les erreurs monétaires ne pardonnent pas. Les exemples abondent : quand l’Angleterre, avant et après la Deuxième Guerre mondiale , a voulu défendre à toute force le cours de la livre, tant pour des raisons de prestige que pour éviter qu’on lui demande de rembourser les balances sterling (1), elle l’a payé d’un demi-siècle de croissance ralentie et d’un grave déclin ; elle n’en est sortie que quand cette hypothèque a été levée, au début des années quatre-vingt : plus qu’aux réformes libérales, le redressement de l’époque Thatcher est l’effet de l’affaiblissement délibéré de la livre (2).

 

"Le dogmatisme d’Antonio Salazar, professeur d’économie et dictateur qui prétendit faire de la monnaie portugaise, l’escudo, la monnaie la plus forte du monde, a contraint à l’émigration des centaines de milliers de travailleurs portugais victimes du chômage et de la faible croissance que cette politique absurde avait entraînés. L’extrême sensibilité de la variable économique s’observe encore aujourd’hui : la baisse du dollar intervenue depuis quelques années a déjà remis en équilibre la balance commerciale américaine. Comment en irait-il autrement ? Le taux de change n’est rien d’autre que le prix de vente moyen des produits d’un pays. Quel commerçant ignore combien son chiffre d’affaires est tributaire de ses prix de vente ? A condition de maîtriser l’inflation qui risque d’en résulter, un pays a donc toujours intérêt à tirer sa monnaie vers le bas, comme un commerçant à tirer ses prix. Il risque sinon de perdre sa substance économique. Si le Massif central avait eu autrefois son autonomie monétaire, nul doute qu’il eut pu garder son tissu industriel, comme l’a fait la Suisse. Mais prisonnier d’un étalon monétaire national peu adapté à ses handicaps, il a peu à peu perdu, comme on le sait, sa substance. Ce rôle décisif de la variable monétaire doit être gardé en perspective dans le débat actuel sur l’euro fort.

 

"Raisonner à la marge

 

"À tort, on dit que ce débat ne porte que sur une fourchette de dix à quinze pour cent alors que les salaires de nos concurrents asiatiques sont dix ou vingt fois plus faibles, et qu’une dévaluation de l’euro de 10 % n’apporterait donc pas de solution au problème que rencontrent nos industries en voie de « délocalisation ». Les questions monétaires, comme presque toutes les questions économiques, doivent faire l’objet d’une approche marginaliste : notre problème n’est pas de multiplier par dix ou vingt notre emploi : l’augmenter de seulement 5 % (ou empêcher qu’il s’affaiblisse de la même proportion) suffirait à rétablir le plein-emploi : une baisse de notre monnaie, même modeste, fait passer au-dessus du seuil de compétitivité un certain nombre d’entreprises qui sans cela seraient au-dessous. À quoi s’ajoute l’effet du « multiplicateur » qui à partir d’un certain nombre d’emplois directement tributaires de l’exportation démultiplie les emplois intérieurs créés.

 

"Une question de braquet

 

"Un autre mauvais argument consiste à déplacer la question sur un terrain qui n’est pas le sien, celui de la morale, à dire d’un air pincé : le taux actuel de l’euro convient aux Allemands, les Français doivent s’y adapter aussi, mais il faut pour cela qu’ils soient plus disciplinés, qu’ils acceptent des réformes, qu’ils fassent moins grève, qu’ils se serrent la ceinture etc. Raisonnement simpliste : un taux de change est comme le braquet avec lequel un cycliste monte un col au Tour de France (ou tout autre compétition). Selon son gabarit, le coureur utilisera pour arriver à la même performance que les autres un gros ou un petit braquet. Le coureur qui prend un braquet trop élevé pour son tempérament risque de s’effondrer alors qu’en le réduisant, il irait plus vite que son concurrent. La société allemande et la société française présentent des différences sociologiques et culturelles profondes. Ce qui convient à l’une ne convient pas forcément à l’autre. Rien de honteux à cela. De 1958 à 2000, le mark s’est réévalué d’environ un facteur trois par rapport à toutes les autres monnaies dont le franc. Dans cette histoire, c’est le mark qui a eu un comportement aberrant par rapport au courant dominant. Le franc a, lui, sur cinquante ans, avec des hauts et des bas, vogué de conserve avec le dollar, ce qui somme toute n’est pas si mal.

 

"Quand on est en difficulté à mi-pente, il est plus facile de changer de braquet que de jambes. C’est la monnaie que l’on ajuste d’abord, pas l’économie. L’ajustement d’une monnaie a des effets immédiats, l’ajustement d’une économie peut prendre des années et se trouver même lourdement entravé si le taux de change demeure artificiel.

 

"Si l’économie allemande tient, pour le moment, le choc d’un euro fort, c’est un peu parce que l’Allemagne a, sous le gouvernement Schröder, réduit ses salaires réels, c’est surtout parce qu’elle se trouve pour quelque temps encore en quasi-monopole mondial sur les machines-outils (2). Tant que la Chine qui lui en achète beaucoup n’aura pas entièrement assimilé sa technique, elle a donc plutôt intérêt à vendre cher. Nos productions phares (aéronautique, automobiles, agriculture) sont au contraire directement exposées à la concurrence de la zone dollar. Il y a toujours dans une zone monétaire des secteurs ou des régions qui tiennent mieux le choc que d’autres, mais si l’on veut employer toute la population active, il faut aussi protéger les plus faibles. Si l’Ile de France était indépendante, elle pourrait peut-être, comme l’Allemagne ou l’Irlande, s’accommoder d’un euro fort, mais la France ne se réduit pas à la seule région parisienne. Pas davantage l’Europe ne se réduit à la seule Allemagne. On aura compris que la zone euro recouvre des économies qui ne sauraient toutes rouler avec le même « braquet ». Alors pourquoi l‘euro, dira- t-on ?

 

"La création de l’euro aurait dû reposer sur un pacte implicite : le comportement de l’euro serait la moyenne du comportement des monnaies auxquelles il s’est substitué. Mais l’euro tel qu’il fonctionne aujourd’hui, c’est le mark élargi à tous. De graves tensions mettant en cause sa pérennité ne peuvent pas, dans ces conditions, ne pas apparaître. Ces considérations montrent ce qu’avait de déplacé la morgue du ministre des finances allemand qui, lors du dernier sommet de Bruxelles, répondait à son homologue français que pour sa part, le taux actuel de l’euro lui convenait très bien. La France critique le taux de l’euro – et par là la politique de M.Trichet – mais les autres pays en dehors de l’Allemagne souffrent au moins autant que nous, si ce n’est plus, quoique, subjugués, ils ne disent rien.

 

"Mme Christine Lagarde, notre ministre des finances a fait presque toute sa carrière aux Etats-Unis, mais il n’est pas sûr qu’elle sache qui est Robert Mundell. Dommage ! Si Mme Lagarde connaissait Robert Mundell, elle aurait pu clouer le bec à son homologue allemand. Mundell, professeur à l’Université de Columbia et prix Nobel d’économie est le théoricien des zones monétaires optimales, lesquelles selon lui supposent un minimum d’homogénéité économique et culturelle. L’Europe, au regard de cette théorie, se trouve à la limite de l’optimum, ce qui justifie une politique prudente de la Banque centrale européenne tenant compte des intérêts de tous. Avec M.Trichet qui se comporte comme s’il était aux ordres de l’Allemagne (3), nous sommes loin du compte. On a également tort de dire que le taux de l’euro n’affecte que la compétitivité extra-européenne de l’économie française puisque tous les pays d’Europe (hors le Royaume-Uni et les nordiques, bien entendu) sont logés à la même enseigne : avec le temps, les économies européennes ont divergé quant à la hausse des prix et des salaires, quant aux politiques de crédit et budgétaires. Ils se sentent plus ou moins à l’aise dans le corset commun. Là aussi, pour que l’enveloppe ne craque pas, il faut que tout le monde y trouve son compte.

 

"Le jeu des chaises musicales

 

"Mais comment, dira-t-on, définir le bon taux de change d’une monnaie ? Depuis que l’étalon or n’existe plus, les grandes monnaies du monde se définissent les unes par rapport aux autres. Si globalement chacun des grands blocs monétaires a intérêt à dévaluer sa monnaie pour trouver un avantage compétitif, comment éviter l’anarchie des dévaluations compétitives en cascade ?

 

"De fait un équilibre s’établit entre les grands blocs, mais il n’est pas également avantageux à tous. Pour le définir on utilisera une autre image : le jeu des chaises musicales. Pour que la majorité des joueurs soit avantagée, il faut qu’au moins un des partenaires soit, en termes relatifs, désavantagé. Comme dans le jeu où il n’y a que cinq sièges pour six joueurs, l’un des joueurs reste debout. Dans le monde actuel, le joueur debout, c’est manifestement l’Europe, qui, à ses dépens, laisse les autres grandes monnaies du monde se dévaluer par rapport à la sienne. Situation d’autant plus remarquable qu’avec M.Trichet à la tête de la Banque centrale européenne, elle est une victime consentante. Trichet tient, comme Salazar autrefois, que l’optimum économique est la monnaie la plus forte possible. En se tenant à cette optique davantage fondée sur l’idéologie que sur une véritable expertise économique, le grand argentier de Francfort facilite la tâche de ceux qui régissent les autres grandes monnaies, dollar en tête. L’Europe le paye d’un taux de croissance plus faible que le reste du monde : peu lui en chaut.

 

"Face au couple dollar-yuan

 

"Reste un dernier argument en faveur de l’euro fort auquel il nous faut faire un sort : la balance commerciale des Etats-Unis a été jusqu’à une date récente la plus déficitaire du monde, et sa balance des paiements l’est toujours alors que celle de la zone euro demeure (au moins jusqu’ici) excédentaire. On sait que les Etats-Unis peuvent s’offrir ce luxe en raison du privilège du dollar, monnaie internationale. Il reste que tout économiste orthodoxe contestera à juste titre que la monnaie d’un pays excédentaire puisse être tenue pour surévaluée par rapport à celle d’un pays déficitaire. Ce raisonnement tiendrait sans aucun doute si l’Europe avait pour seul partenaire les Etats-Unis, si l’euro n’avait en face de lui que le dollar stricto sensu. Mais derrière le dollar , se trouve toute la zone dollar, c’est-à-dire toutes les monnaies alignées en droit ou en fait sur le dollar par un taux de change fixe, la principale et de loin étant le yuan chinois. Ce que l’Europe a en face d’elle, ce ne sont donc pas les Etats-Unis seuls, mais le couple Etats-Unis–Chine (et quelques autres pays dans une situation analogue). Couple assurément fort dissymétrique, « sado-masochiste » diront certains. En accrochant le yuan au dollar à un taux très faible, les Chinois pratiquent un dumping monétaire aux effets dévastateurs pour les vieux pays industriels dont nous sommes (4). Au taux de 1,40 dollar pour 1 euro, si l’économie américaine n’est devenue que moyennement compétitive, celle de la Chine est, elle, ultra-compétitive. La Chine casse les prix, notamment dans toute une série de produits manufacturés que l’Europe fabriquait naguère en abondance. Entre la Chine et les Etats-Unis, la situation est certes très déséquilibrée : la première travaille dur et consomme peu, elle accumule des dollars qui ne lui servent à rien mais qui perdraient leur valeur si elle demandait à les changer brutalement. Les Etats-Unis produisent de moins en moins (en dehors du secteur de l’armement et des secteurs connexes) et accumulent des dettes qu’ils n’auront jamais à rembourser. Les produits manufacturés traversent le Pacifique d’Ouest en Est, le papier-monnaie (ou son équivalent) fait le chemin inverse. Combien de temps durera cette situation ? Il s’agit là d’un vrai problème, mais qui n’est pas directement le nôtre, à nous Européens : le fait est que par rapport au couple dollar-yuan, l’euro est bien surévalué et que notre continent se trouve durablement dans la position du joueur qui, au jeu des chaises musicales, s’est fait « couillonner ».

 

Notes:

 

1. Les balances sterling étaient les avoirs libellées en livres sterling détenus par un certain nombre de banques centrales, notamment du Commonwealth ou par des particuliers, reste de l’époque où la livre avait été une monnaie de réserve.

 

2. Il s’en faut de beaucoup que l’Allemagne ait cherché à partager sa compétence dans les domaines où elle était en tête alors que la France n’a pas été avare des siennes dans des domaines où elle surclassait l’Allemagne comme l’aéronautique ou l’espace.

 

3. M.Trichet dira qu’il ne fait que respecter les statuts de la banque centrale européenne qui lui assignent la mission prioritaire de lutter contre l’inflation. Cet accent unilatéral sur la stabilité fut une condition exigée par l’Allemagne pour entrer dans l’euro, dont, au départ, elle n’était pas demandeur.

 

4. On estime que le yuan est sous-évalué d’environ 50 %.

 

Source: http://www.marianne.net/Pourquoi-l-euro-fort-plombe-la-France-et-l-Europe_a78864.html

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L'Etat doit-il créer de la monnaie? Réflexions de l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Pour fêter dignement le quarantième anniversaire de la loi relative à la Banque de France du 3 janvier 1973, chargée de tous les maux par les complotistes, nous publions plus bas la proposition faite récemment par un économiste démocrate de redonner concrètement à l'Etat français les moyens de son indépendance. Le combat des quinze dernières années de l'Action française, sous la direction de Pierre Pujo, n'a pas été vain, puisque la nécessité pour la France de recouvrer sa souveraineté sous toutes ses formes, est aujourd'hui largement partagée. Où l'on constate que la Contre-Révolution se précise...
A.F.-Grand Sud-Ouest
  4 Piliers Fédération
Transférer le bénéfice de la création monétaire
à la puissance publique
par Alain Grandjean

Après quelques brefs rappels sur la monnaie et la création monétaire, nous montrons les avantages considérables d’un transfert partiel à la puissance publique du bénéfice de la création monétaire. Nous proposons ensuite un schéma qui le rend négociable dans le contexte européen actuel. Nous répondons ensuite aux principales objections.

 

1/ Monnaie et création monétaire

 

Nous emploierons dans la suite le terme monnaie pour désigner un actif qui éteint toute dette, sans pouvoir être refusé. En pratique il s’agit dans la zone Euro des pièces de monnaie (que nous négligerons ici), billets et des passifs bancaires limités aux Dépôts à Vue. Si les agents économiques considèrent comme très liquides des comptes rémunérés ou des SICAV de trésorerie ce n’est pas avec ces actifs (inclus dans la quasi-monnaie) qu’ils éteignent une dette2. La quantité de monnaie en circulation est mesurée statistiquement par l’agrégat M1. Sa croissance constante depuis des décennies prouve à l’évidence que de la monnaie est créée. Les billets le sont par la Banque Centrale. Les dépôts à vue le sont par les banques de second rang à l’occasion de plusieurs opérations :

 

- le prêt3

- le change (un client de la banque qui dépose une devise voit son compte augmenter de l’équivalent en euro)

- plus généralement la banque monétise toutes ses charges (le paiement du salaire d’un salarié de la banque qui a son compte dans la banque se fait par création monétaire sur le compte de ce salarié4)

 

A l’inverse la banque détruit de la monnaie à chaque opération inverse de la précédente (remboursement de prêts, achat de devises, génération de produits bancaires). La monnaie créée par une banque est donc temporaire. Par ailleurs cette création de monnaie génère en général retraits en billets, la création de situations débitrices vis-à-vis d’autres banques et la constitution de réserves obligatoires à la banque centrale. Enfin la banque pour améliorer ses ratios de gestion (et augmenter sa capacité à faire des crédits, toutes choses égales par ailleurs) doit collecter le plus de dépôts possibles qui constituent en l’occurrence de simples transferts.

 

Déterminer si au total l’ensemble des opérations de toutes les banques de la zone Euro a créé de la monnaie ne peut donc que s’apprécier statistiquement. C’est l’intérêt de l’agrégat M1. La création de moyens de paiement obéit au besoin de liquidité des agents. Le choix du niveau souhaité d’encaisse (billets ou DAV) dépend des habitudes, des facilités techniques (la carte de paiement est très développée en France et limite l’usage des billets), des contraintes juridiques (l’interdiction du paiement des salaires en billets par exemple) et des taux d’intérêt relatifs des divers moyens de placement liquides ou quasi-liquides. Mais dans un contexte donné, ce besoin est globalement proportionnel aux échanges marchands. Leur croissance crée un besoin de monnaie, toutes choses égales par ailleurs. Dans la dernière décennie, cette croissance a été accrue par la multiplication des opérations à effet de levier : les prêts bancaires ont alimenté les institutions financières et les propres filiales des banques (on ou off-shore…)5.

 

La plupart des économistes estiment que ce besoin de liquidité est satisfait par le système bancaire de manière automatique : la croissance nécessitant de l’endettement, la monnaie est injectée à ce moment-là comme vu plus haut. Le besoin de billets, une forme spécifique de monnaie, est satisfait par la banque centrale : l’agent demande des billets à sa banque, cette demande est répercutée par la banque de second rang à la banque centrale qui le satisfait en contrepartie du dépôt ou d’une mise en pension d’un actif bancaire. En résumé, la monnaie est endogène.

 

Dans cette représentation, la création monétaire par la banque secondaire n’appelle pas de commentaires : certes la banque de second rang a le droit de battre monnaie, mais cela ne lui permet rien d’autre que d’exercer son métier de prêteur (on ne parlera pas ici des autres métiers, tant de services bancaires que d’activité de marché). Elle encaisse des intérêts qui sont le prix du risque de contrepartie et constate des pertes sur ces créances non-remboursées. Mais cette représentation conventionnelle nous semble passer à côté d’un problème essentiel comme nous allons le voir maintenant.

 

2/ Rendre à la puissance publique

le bénéfice de la création monétaire :

quels enjeux ?

 

L’économie a besoin de monnaie pour fonctionner et le besoin de monnaie doit en gros croître avec la croissance des échanges. Pourquoi, en théorie, serait-il nécessaire qu’un agent s’endette pour que cette monnaie supplémentaire soit injectée dans l’économie ? Pourquoi privilégier, si ce n’est par habitude, un mécanisme de monnaie temporaire qui endette l’économie ? Nous ne développerons pas ici les conséquences de ce mécanisme dont nous avons montré6 notamment qu’il est procyclique (en bas de cycle les agents se désendettent ce qui détruit de la monnaie, ce qui creuse le cycle et inversement en haut de cycle les agents s’endettent ce qui augmente la création monétaire). Réaffirmons simplement que si la monnaie nouvelle est créée par endettement d’un agent, il est inévitable que la croissance économique s’accompagne d’un endettement croissant, éventuellement plus rapidement que le taux de croissance de l’économie si les taux d’ intérêt sont supérieurs au taux de croissance (tout étant calculé hors inflation).

 

En théorie7, on pourrait donc décorréler les opérations de prêts des opérations de création monétaire, et redonner à la puissance publique le bénéfice de la création monétaire en en faisant l’agent émetteur principal soit directement soit indirectement via la banque centrale. La création monétaire serait alors exogène et « libre » (de dette). Via la banque centrale, cela revient à ce qu’elle monétise un actif permanent (une dette publique perpétuelle par exemple). Directement cela reviendrait à faire pour les dépôts à vue ce que l’Etat faisait quand il « battait monnaie ». Il l’injectait au moment de ses dépenses. En comptabilité moderne, la création monétaire par l’Etat8 se ferait exactement comme par une banque quand elle paie ses charges. Au total il monétiserait exactement ses déficits. A priori, le secteur bancaire de second rang ne financerait que les besoins de l’économie, pas l’Etat. Nous allons supposer dans la suite que la possibilité de création monétaire de l’Etat est limitée au besoin de création monétaire suscité par la croissance de l’économie (qui dans certaines configurations est inférieure au déficit public). Si la croissance n’est que de 2% alors que le déficit public est de 3%, on supposera que la « planche à billets publique » est limitée à 2%. Ceci afin de pouvoir comparer le pouvoir de création monétaire de l’Etat à celui du secteur bancaire de second rang.

 

Indépendamment des questions de gouvernance et de l’incompatibilité avec le traité de Maastricht sur lesquelles nous reviendrons plus loin, voyons d’abord ce que cela changerait ou aurait changé si ce transfert avait été opéré9.

 

1) Quel que soit le mécanisme retenu (injection directe par l’Etat ou via la Banque Centrale) lEtat naurait pas à payer dintérêts pour financer son déficit, pour la part de ce déficit qui est inférieure au besoin de monnaie de l’économie (2% dans l’exemple précédent). `

Les conséquences sur le niveau de dette publique sont considérables comme le montre le graphique suivant10 qui fait un calcul rétroactif.

 

graphique Pucci Tinel

Sur la période 1979-2009, si l’Etat et les administrations publiques n’avaient pas eu à payer d’intérêts, la dette publique se calculerait comme (Dette observée en fin de période – Somme des intérêts sur la période, courbe grasse sur le graphique11) et se serait maintenue à environ 20% du PIB. Le cumul des déficits primaires additionné à la dette de début de période conduit à une dette de fin de période qui a cru en ordre de grandeur sur la période comme le PIB. Ce calcul montre que la croissance de la dette publique est donc due, au premier ordre, à la capitalisation des intérêts sur la période. On peut s’assurer que sur cette période la masse monétaire a cru plutôt plus vite que le PIB et même que les déficits primaires ont été en moyenne inférieurs à la croissance de la masse monétaire. Si l’Etat avait monétisé son déficit (et limité la création monétaire publique à ce montant) il aurait donc créé moins de monnaie que ce qui a été fait par le système bancaire.

 

2) LEtat naurait pas eu à faire appel aux marchés financiers.

 

Il n’est pas utile de développer longuement les conséquences d’une telle indépendance. En résumé, si l’Etat retrouve le bénéfice de la création monétaire il redevient un acteur majeur dans le financement de l’économie, il retrouve sa liberté d’action dans le domaine de la politique économique et il peut imposer des contraintes et des règles ce qu’il ne peut plus faire aujourd’hui sous peine de sanctions immédiates sur le taux d’intérêt qui lui est imposé par les marchés.

 

3) Enfin l’Etat n’ayant pas à payer d’intérêts, le service de la dette serait beaucoup plus faible. Le citoyen n’aurait pas eu, dans notre exercice rétroactif, à payer le service de la dette qui s’assimile de fait à une rente pour les épargnants.

 

3/ Comment procéder dans le

contexte juridique et doctrinal actuel ?

 

Le traité de Maastricht a créé l’Euro en contrepartie de l’interdiction de la monétisation par la banque centrale et a fortiori par l’Etat du déficit public. Il n’est donc pas possible à court terme (c’est-à-dire avant une révision fondamentale du Traité de l’Union Européenne) d’envisager le recours au schéma théorique présenté ci-dessus.

 

Au plan doctrinal, il semble possible de convaincre de la nécessité d’un programme d’investissements d’avenir pour réussir la transition sociale et écologique, dans un contexte de crise systémique. Il semble vain en revanche de proposer un mécanisme de financement monétaire du déficit courant. L’idée d’un financement monétaire d’un programme d’investissements d ‘avenir est semble-t-il le meilleur compromis. D’autant que la BCE a ouvert la porte aux politiques non-conventionnelles en achetant de la dette publique12, en acceptant de prêter des sommes considérables à taux très bas13 aux banques à 3 ans, donc pas uniquement dans le cadre des opérations de refinancement, et en acceptant des « collatéraux » de qualité dégradée par rapport à ses exigences antérieures ; elle a même ouvert ce guichet à des entreprises industrielles. Elle a ainsi provisoirement calmé les ardeurs spéculatives et permis aux taux d’intérêt demandés sur les dettes souveraines de se détendre provisoirement.

 

On pourrait donc imaginer que la Banque Centrale accepte comme collatéraux des « obligations de projet » finançant exclusivement des projets d’avenir, dans le cadre d’une gouvernance ad hoc à définir précisément. Ces obligations pourraient au niveau européen être émises ou rachetées (si elles sont émises par des agences publiques de projet) par la BEI14 dont la mission est de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union Européenne en accordant des financements à long terme pour des investissements viables, avec des missions prioritaires en matière de cohésion économique et sociale et de protection et amélioration de l’environnement notamment. La BEI a d’ailleurs bénéficié en 2008 d’un accès aux liquidités de la BCE dans le cadre du plan de relance de l’économie européenne qui a été avalisé par le Conseil ECOFIN du 2 décembre 200815.

 

Il reste cependant un obstacle à lever. La BCE donne accès à des liquidités, mais n’a pas vocation à faire des financements longs. Elle vient de faire des prêts à échéance de 3 ans, en outrepassant déjà considérablement sa mission (dans le cadre orthodoxe rappelé ci-dessus, où elle fournit simplement de la liquidité aux banques ou aux agents économiques), qui devront donc être remboursés. Elle parie en quelque sorte sur la remise à flot à cet horizon des bilans des banques et plus généralement de l’économie. Ce que nous proposons, ce sont des échéances beaucoup plus longues, les investissements d’avenir pouvant nécessiter des durées d’emprunt de plusieurs décennies.

 

Remarquons d’abord que cela répond à l’argument de ceux qui pensent qu’il n’y a plus de place dans le bilan de la BCE (les banques ont pris la place des investissements d’avenir). Les tombées de prêts bancaires pourront être remplacées par des « prêts pour investissement d’avenir ».

 

Plus profondément, que la Banque Centrale dispose en collatéral d’engagements longs ne devrait pas, bien au contraire, poser de problèmes. Quand elle émet des billets, elle le fait en contrepartie d’actifs « revolving » : il n’a jamais été question que la Banque Centrale demande le remboursement des billets émis. Remplacer une partie des actifs revolving par des actifs longs suppose simplement qu’on parie sur la continuité et la pérennité des Etats de la zone Euro. Ce pari est-il plus osé que celui qui a consisté à accepter des actifs bancaires de qualité médiocre ? Toute la question est donc bien celle de la qualité de ces titres d’obligation, donc pour finir celle des projets financés. La priorité doit être donné à des projets qui réduisent la facture énergétique de l’Europe16 et plus généralement réduise sa dépendance en ressources énergétiques ou naturelles et qui s’appuie sur ses compétences scientifiques, techniques et industrielles.

 

Est-il osé de dire que de tels projets ciblés, étudiés par des professionnels, (les banques publiques de projet et les entreprises concernées) peuvent être de bons projets ? Et dans tous les cas de nature à favoriser davantage la viabilité de la zone Euro que la poursuite d’un modèle économique dans l’impasse et dévastateur (la généralisation des politiques d’austérité qui, malgré la baisse programmée des conditions de vie ne parviendront pas à réduire le poids de l’endettement) ?

 

4/ Réponses aux objections

 

Nous nous limiterons ici aux objections techniques. Il est clair en effet que les obstacles principaux sont d’ordres politique et idéologique : politiquement les plans d’austérité mis en œuvre dans la continuité des plans d’ajustement structurels du FMI, ne seront politiquement pas facilement remplacés par un plan de croissance verte. Evoquons juste un argument17 : l’Allemagne doit aussi faire face à une transition énergétique dont le besoin de financement (des opérations de maîtrise de la demande énergétique notamment) pourrait faire évoluer les esprits.

 

Quant à la question de savoir jusqu’où la BCE peut continuer à outrepasser la mission que lui donne le traité de l’Union Européenne, elle semble largement indécidable. Si la solution proposée ici est de nature à contribuer à l’Europe de sortir de l’impasse actuelle, tout en étant techniquement proche des pratiques actuelles de la BCE on peut penser que les juges auront quelques difficultés à l’invalider.

 

Au plan technique, la première question qui se pose est celle de l’ajustement entre une offre de monnaie exogène et une demande éminemment variable.

 

Le mécanisme proposé ici permet d’y répondre simplement et …souplement. La puissance publique émet au plus la monnaie nécessitée par le financement public des projets (qui peut être inférieur au besoins de financement des dits projets si le secteur privé participe à son financement) et ce montant doit être plafonné (par le moyen juridique adapté, une loi organique probablement) au montant attendu pour la création publique de la masse monétaire en tenant compte de la contraction attendue de l’activité de prêts bancaires. M1 étant aujourd’hui de l’ordre de 30 à 50 %18 du PIB européen (lui même de l’ordre de 9000 milliards d’euros) on voit qu’un ordre de grandeur au niveau européen de 2,5% du PIB soit 5% à 7,5 % de M1 n’est en rien déraisonnable. Mais le premier plafond qu’atteindra ce mécanisme dans un premier temps est celui de l’effectivité des projets (la monnaie n’est injectée dans l’économie qu’à mesure que les projets à financer ont besoin de trésorerie).

 

Si l’économie a besoin de monnaie supplémentaire, le système bancaire peut la créer comme aujourd’hui, la création monétaire étant en quelque sorte partagée entre la puissance publique et les banques. Dans ce dispositif le crédit n’est pas nationalisé et la création monétaire privée toujours possible. Mais le système bancaire au sens large doit être plus fortement régulé pour éviter une trop forte création monétaire. L’expérience montre que le vrai problème est celui des activités de shadow banking, sujet sur lequel aucune avancée sérieuse ne sera vraiment possible tant que les Etats seront financés majoritairement par les marchés. Le risque de rétorsion, celui d’une nouvelle attaque sur les taux d’intérêt et pour finir celui d’un assèchement du financement, est trop élevé. Mais dans le schéma que nous imaginons la question pourra alors être réglée plus facilement, les Etats retrouvant de la puissance de frappe monétaire donc financière.

 

Deuxième question, ce dispositif est-il inflationniste ? Nous n’entrerons pas ici dans le débat sur les mécanismes de l’inflation mais limiterons la réponse à un argument de bon sens. Nous venons de voir que le mécanisme proposé n’injecte des liquidités qu’en fonction des besoins. Au « premier tour » et compte-tenu de la situation de sous-emploi des facteurs de production, à commencer par le travail, il n’y a pas à craindre de poussée inflationniste. Ce d’autant moins que la concurrence internationale est toujours vive d’une part et que d’autre part nous sommes probablement toujours dans une situation de trappe à liquidités19. Nous avons beaucoup plus à craindre aujourd’hui d’une situation de credit crunch et de déflation que l’inverse. Un plan massif de transition pourrait sortir l’économie de cette impasse. Au deuxième tour (au moment où l’argent injecté se replace en épargne) on pourrait en effet craindre la création de bulle financière, comme on peut le craindre avec les injections massives actuelles de la BCE. C’est pourquoi il importe dans tous les cas de retrouver la possibilité de réguler les banques20 et le « shadow banking » pour éviter les excès de la création monétaire privée.

 

La troisième question qui se pose est celle de la gouvernance de ces projets et des critères d’éligibilité. Quand la monnaie est endogène les critères de prêts sont décidés par les banques privées ou publiques. En théorie, ils permettent à la fois de maîtriser raisonnablement le risque spécifique du prêt et de limiter l’exposition globale de la banque. La crise des subprimes a montré ce que cette vision avait de théorique, les banques ayant créé un marché des titres de créances précisément pour ne plus avoir à gérer finement le risque du crédit individuel, mais ayant , du coup, engendré un risque systémique bien supérieur.

 

Dans notre proposition, la puissance publique doit opérer les choix d’investissement avec des critères financiers et extra-financiers, qui doivent être adaptés à la nature des opérations financées21. Plus généralement, c’est par une définition précise de ces projets et une gouvernance ultérieure solide que ce mécanisme échappe à la critique de risque de laxisme qui est évoquée à chaque fois que l’on propose un retour à l’Etat de la création monétaire.

 

Dernière question dans le cadre de cette courte note, les investissements réalisés comportant par nature un risque, leur financement devrait comporter une prime de risque, or le financement prévu est à taux quasi nul. Qui paiera les défauts de remboursement ? Plus globalement le mécanisme proposé n’est-il pas intrinsèquement incitatif au non-remboursement ?

 

La Banque Centrale dans le schéma proposé n’administre pas les prêts aux acteurs économiques qui restent soumis aux mécanismes classiques de gestion par les opérateurs en charge. Il faudra certainement prévoir un mécanisme de garantie ou d’assurance dont le coût sera à prendre sur les enveloppes envisagées. Notons cependant que la Banque Centrale n’a pas demandé de primes de risques dans ses opérations de prêts à 1% aux banques.
_______________________________

1 Membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation Nicolas Hulot et du Conseil
Economique pour le Développement Durable auprès du ministre en charge de l’écologie.
Cette note reprend certains des arguments de l’article « Faut-il redonner le bénéfice de la
cr
éation monétaire à la puissance publique ? » à paraître dans la revue Projets.

2 Certes les entreprises font parfois de l’échange-marchandise (du troc en fait) et les
particuliers paient parfois leur dette en nature. Mais il ne s’agit pas de phénomènes
significatifs au plan statistique.

3 Pour une banque donnée, il n’est pas vraiment possible de savoir si un prêt est issu
d’épargne préalable (ce qui est toujours le cas pour une institution financière non bancaire).
Pour l’ensemble du système bancaire, en situation de croissance économique, la masse des
crédits accordés est supérieure à l’épargne disponible. L’écart est la création monétaire.

4 Pour s’en convaincre il suffit d’étudier les écritures comptables qui sont passées dans ce
cas. Voir par exemple Jean-Marie Gelain, La comptabilité bancaire, La Revue Banque
Editeur, 1992

5 En ordre de grandeur M1/PIB est passé pour la zone Euro de 25 à 45 % de 2000 à 2010. Voir BCE (http://www.ecb.int/ecb/html/index.fr.html) et Eurostat (http://www.global-rates.com/economic-indicators/inflation/1991.aspx)

6 Voir Gabriel Galand et Alain Grandjean, La monnaie dévoilée, L’harmattan, 1997.

7 Quand la monnaie était constituée de pièces métalliques «émises » par le souverain, cette
décorrélation était un fait. En contrepartie, l’économie pouvait manquer de monnaie pour ses
échanges et son développement.

8 Cela revient à ce que l’Etat se comporte comme une banque ; c’est ce qu’il faisait pendant
l’heureux temps (antérieur à la loi de 1973) où le Trésor était une banque.

9 Les effets rétroactifs sont évidemment toujours discutables, car il suppose un raisonnement
« toutes choses égales par ailleurs » invérifiable. Ils facilitent cependant la visualisation des
phénomènes.

10 Voir Muriel Pucci, CES, Paris 1 et CNAF et Bruno Tinel, CES, Paris 1, Réductions
d
impôts et dette publique : un lien à ne pas occulter, Journées d’étude de l’OFCE, Jeudi 27

et Vendredi 28 mai 2010, Les finances publiques après la crise.

11 Les auteurs font également un calcul qui corrige la dette de l’effet boule de neige (en la recalculant rétroactivement avec un taux d’intérêt toujours plafonné au taux de croissance). C’est la deuxième courbe.

12 Elle en a acheté plus de 200 milliards de mai 2010 à la fin de l’année 2011

13 Pour un montant de 1000 milliards d’euros environ en deux tranches (en décembre 2011
et février 2012) à un taux de 1%.

14 On peut aussi utiliser ce dispositif BCE pour la part nationale des projets à financer via
des obligations portées ou émises par des banques publiques nationales

15 Voir http://www.eib.org/about/news/statement-on-eib-access-to-ecb-liquidity.htm?lang=fr

16 Comme le proposer la Fondation Nicolas Hulot dans son plan d’investissement
européen d’environ 2000 milliards d’euros sur 10 ans dans la zone euro. Voir
www.financerlavenir.fnh.org. Cette idée est présentée également dans le livre « 20
Propositions pour r
éformer le capitalisme », Gaël Giraud et Cécile Renouard dir.,

Flammarion, 2012.

17 Introduit dans un article paru dans le Monde.fr :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/12/une-solution-a-la-crise-negociable-avec-l-allemagne_1616114_3232.html

18 On peut s’attendre à sa baisse en pourcentage du PIB du fait de la phase actuelle de
« deleveredging ». Cette situation renforce la nécessité de l’intervention publique que nous
proposons.

19 Voir l’analyse de Gaël Giraud dans http://financerlavenir.fnh.org/billet-invite/leurope-dans-
la-trappe-a-liquidites-billet-invite/

20 Voir par exemple Gaël Giraud et Cécile Renouard, Op. cité, pour des propositions précises
de mesures à prendre

21 Pour plus de détails voir Marion Cohen, et Alain Grandjean, Mettre la création monétaire
au service de la transition écologique, économique et sociale, L’économie politique, n°52

 

Source: http://forumdemocratique.fr/2012/10/30/transferer-le-benefice-de-la-creation-monetaire-a-la-puissance-publique-par-alain-grandjean/

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Sortir de l'euro: c'est possible!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Ce n'est pas la première, ni la derière fois que l'Action française-Grand Sud-Ouest se trouvera d'accord avec un gaulliste sur la nécessité vitale pour la France de sortir de l'"euro"!
A.F.-Grand Sud-Ouest
V Victoire 2
"Quand Natixis et Merrill Lynch enterrent l’euro
"Lentement, mais sûrement, la tonalité des études sur la fin de la monnaie unique change. L’analyse plus approfondie des faits conduit les personnes sérieuses à souligner les avantages d’un retour aux monnaies nationales, comme l’illustrent les analyses récentes de Natixis et Merrill Lynch.
 
"Les arguments de Patrick Artus
contre l’euro
 
"En avril dernier, j’avais évoqué ses études qui affirmaient que l’ajustement par une dévaluation monétaire était beaucoup moins douloureux que l’ajustement par une dévaluation interne (baisse des salaires). Le chef économiste de Natixis est allé plus loin avec deux nouvelles études. La première affirme qu’à la fin de l’euro, le mark se réévaluera de 20%, le franc perdra 2%, la lire 12%, la peseta 20% et la drachme 30%, des chiffres qui confirment les scénarios que j’évoque ici depuis le début.
 
"La deuxième, sur l’Espagne, conclut que si la stratégie actuelle ne donne pas « des résultats rapides, la stratégie présente va échouer : il faudra réduire encore beaucoup plus les salaires pour faire disparaître le déficit extérieur et le déficit public restera très élevé (…) La stratégie de dévaluation et de défaut peut être efficace comme en 1992 avec la forte élasticité-prix des exportations, le fait que la totalité du déficit de la balance courante vient des intérêts payées sur la dette extérieure ».
 
"Le risque italien identifié
par Merrill Lynch
 
"La banque étasunienne vient de publier une étude assez détaillée et novatrice basée sur la théorie du jeu, en analysant les gains et les pertes de chaque pays européen en cas de fin de la monnaie unique. Surprise, il y aurait bien des gagnants et des perdants à la fin de l’euro. A mille lieues de l’analyse catastrophiste d’ING (qui validait néanmoins les scénarios de parité monétaire), cette analyse affirme que l’Allemagne pourrait perdre 7% de PIB, du fait de pertes d’exportations.
 
"A l’inverse, les pays en déficit, qui dévalueraient, gagneraient, avec l’Irlande en pôle-position et un gain de 7% de PIB, puis l’Italie, avec 3%. Merrill Lynch estime également que la Grèce ferait des économies sur le coût de la dette (sans prendre en compte la possibilité de monétisation) et que l’Allemagne y perdrait son statut de pays refuge de la zone euro. En fait, pour la banque, tout dépendra de la capacité de l’Allemagne à convaincre l’Italie de rester, outre un gros risque en Grèce.
 
"Ce plan B qui existe
 
"Bien sûr, les perroquets euro-béats affirment que la seule solution serait un saut fédéral, mais de plus en plus d’éléments confirment que la transformation de l’euro en une monnaie commune est parfaitement possible et même souhaitable, par-delà le fait que l’étude des solutions fédérales indiquent qu’elles ne sont pas tenables. André-Jacques Holbecq a signé un papier sur le sujet pour la revue Projet qui souligne que la zone euro est trop hétérogène pour partager une même monnaie.
 
"Parallèlement, la fondation Wolfson, qui avait lancé un concours pour définir le meilleur plan de sortie de la monnaie unique, a remis son prix de 250 000 livres au cabinet de consultants Capital Economics. Les recommandations du cabinet sont très pratiques et sont un bon complément aux analyses historiques de Jonathan Tepper, un des finalistes de ce prix, dont j’avais résumé les travaux. Je vous invite également à lire ce papier prémonitoire de 2010 de Bernard Connolly.
 
"Il est impressionnant de constater la croissance des études sérieuses qui démontrent toutes les limites de la monnaie unique. En face, le plus souvent, on en est réduit à des croyances ne reposant sur aucun fait sérieux. Voilà qui devrait faire réfléchir."

 

Source: http://www.gaullistelibre.com/2012/07/quand-natixis-et-merrill-lynch.html 


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Mais qui est donc Jean Roux?

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Les 27, 28 et 29 avril prochains, entre les deux tours de l'élection présidentielle, la fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française aura le grand plaisir de recevoir à Bordeaux, Toulouse, Pau et Bayonne Jean Roux, expert-comptable, commissaire aux comptes, agitateur d'idées... et accessoirement conseiller technique de Marine Le Pen sur le thème de "La protection du patrimoine économique français", sujet de son dernier ouvrage. La réflexion décapante et approfondie de Jean Roux, président du mouvement "Innovation, progrès social, indépendance" (M.I.P.S.I.) est extrêmement stimulante; il est l'auteur d'une bibliographie déjà longue comprenant les best-sellers: Pour une France paradis fiscal (1985), La Grande Braderie du patrimoine public (2006), etc. Pour le présenter à nos amis, quoi de mieux que de reprendre l'interviouve qu'il a donné récemment au magazine Entreprendre?

 

Braderie patrimoine 

 

P.S. Il va sans dire que l'invitation faite à Jean Roux ne saurait être prise pour une approbation des thèses de la candidate qu'il soutient et encore moins pour une consigne de vote.

 

A.F.-Grand Sud-Ouest 

 

Source: http://www.entreprendre.fr/Article/7855?titre=%C2%ABLes%20entrepreneurs%20sont%20ran%C3%A7onn%C3%A9s%2C%20d%C3%A9courag%C3%A9s%2C%20...

 

Fondateur en 1952 d'un cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes, auteur de nombreux ouvrages, Jean Roux est toujours en activité (Métropole et Outre-mer) Mémoire vivante de l'évolution de la fiscalité en France depuis l'après-guerre, il accepte de nous livrer son regard sur la situation en 2012.

 

Q - Au cours de votre longue carrière, vous avez pu mesurer le poids et l'évolution de la fiscalité sur les entreprises françaises. Va-ton de mal en pis ?

 

R - Il y a une aggravation continue, non seulement du montant des impôts à payer mais aussi du formalisme pour remplir les déclarations, qui devient insupportable. Les entreprises sont paralysées par les complications législatives, en particulier les 30.000 pages de textes fiscaux ! Une simplification est impérative, ne serait-ce que pour les bulletins de paye. Savez-vous qu'ils contiennent 25 à 30 lignes contre 4 au Royaume- Uni ? Et la situation va en empirant : le Code du travail, qui représentait 800 pages en 1962, en représente plus de 2.600 en 2012. En ce qui concerne les bulletins de salaire, la Revue Fiduciaire a publié en 2011 un dictionnaire de la paye qui compte 1.040 pages de textes avec 800 mots-clés ! Voila un aperçu de la paperasse qui étouffe les entreprises de ce pays.

 

 

Jean Roux L'économiste Jean Roux (Photo D.R.)

 

Q - Où faire des économies ?

 

R - L'État verse trop de subventions à d'innombrables associations, au moins en combine avec le pouvoir politique. Mais attention, je ne critique pas les subventions pour la diffusion de la langue et de la culture françaises ou celles qui soutiennent la recherche, car elles me semblent justifiées. L'État ne doit pas augmenter le taux de pression fiscale pour équilibrer les budgets car actuellement, en frappant de plus en plus les chefs d'entreprise, créateurs, investisseurs, cadres, ces derniers s'en vont et le PIB diminue ainsi que les rentrées fiscales.

 

Q - Certains patrons et hauts revenus quittent la France pour des raisons fiscales. Comment les retenir ?

 

R - Il est difficile de leur trouver tort car en France, ils sont rançonnés, découragés, démotivés ! Environ 2,7 millions de Français ont quitté la France en trente ans, pour cause de surimposition. Sachant que chaque emploi crée environ 100.000 euros de PIB, et en ne retenant que 1.200.000 Français actifs à l'étranger, cela représente 120 milliards d'euros de PIB créés dans les pays d'accueil et avec un taux d'imposition de 40%, les recettes fiscales se montent à 48 milliards d'euros. Pour les faire en partie revenir, il faut supprimer l'ISF (Incitation à Sortir de France...), et plafonner les impôts sur les revenus à 40 ou 42%. Je suis également favorable à l'exonération des droits de succession dans le cadre familial, car les dégâts causés par cette fiscalité antipatrimoniale ont pour résultat qu'au-delà de 8 à 10 millions d'euros de capital, une entreprise fondée trente ans auparavant subit 45% de droits de succession au décès du créateur (taux marginal). L'entreprise ne peut pas, dans ces conditions, être reprise par les héritiers et elle tombe dans le giron de sociétés étrangères. Les entreprises françaises sont cassées en plein développement par ces droits de succession confiscatoires. En conséquence, il y a par exemple très peu de grosses PME en France par rapport à l'Allemagne. Même l'immobilier familial est concerné. Actuellement, 600.000 maisons d'habitation ou résidences secondaires ont pu être reprises par des étrangers pour cause de successions difficiles.

 

Q - Que font les politiques ?

 

R - Je n'entends qu'un seul discours : "Il faut taxer les riches "... Mais les riches sont partis ! Ils paient leurs impôts, créent, investissent et dépensent à l'étranger. En chassant les dirigeants d'entreprise, les chercheurs, les cerveaux, tous qualifiés du terme péjoratif de "riches ", on a cassé tout le tissu industriel et commercial français. Dorénavant, ce sont les classes moyennes qui risquent fort d'être frappées par les nouveaux justiciers qui sévissent dans un pays qui fut, pendant des siècles, à l'avant-garde du progrès humain tant dans les techniques que dans les arts ou dans les multiples aspects de la vie sociale.

 

Le site de Jean Roux: http://jeanroux.fr

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David anticapitaliste contre Goliath mondialiste: "S'il faut être nationalistes, soyons nationalistes!"

Publié le par Rémy Perrin

 
Du lourd, hier soir, sur la troisième chaîne de télévision d'Etat! Il y a belle lurette qu'on n'avait entendu des vérités premières énoncées avec tant de force! Merci qui? Merci Sarfati et Jovanovitch!
 
 
Florilège:
 
Jovanovitch: "J'ai encouragé les Français à retirer leur argent des banques, à ne laisser que le strict minimum pour les virements E.D.F. etc., et de tout placer dans l'or et l'argent. (...) L'or et l'argent sont les seules garanties pour les Français de transporter leurs économies dans le temps. (...) On a mis 70 milliards pour l'Irlande. Le Portugal est le prochain sur la liste. 700 milliards pour l'Espagne. On ne pourra pas les sauver, l'Espagne c'est impossible, il n'y a pas assez d'argent dans le pot commun qu'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont mis ensemble. (...) La zone euro est en train d'exploser, littéralement. (...) Le gouverneur de la Banque centrale anglaise Mervin  King a dit au Télégraphe de Londres (...) dans une conférence de presse: Le système entier mondial a failli s'arrêter exactement le 15 octobre 2008. C'est à dire 200.000.000 de distributeurs dans le monde qui se seraient arrêtés, plus personne n'aurait pu prendre de l'argent! (...) Ce sont les banquiers les grands responsables de cette crise, par leur cupidité!"
 
Sarfati: "Ce qui crée la dette publique, c'est l'intérêt. (...) Avant 73, la France produisait sa monnaie. C'est le premier droit d'une nation souveraine, d'un peuple souverain que de battre monnaie, que d'emprunter à taux 0 à sa banque nationale. Lorsqu'un Etat, un peuple souverain ne peut plus emprunter à taux 0 c'est-à-dire créer des richesses, faire de la croissance et rembourser... (...) Ce qu'on paye aujourd'hui c'est les intérêts. (...) Il s'agira bientôt de la sécurité sociale, il s'agira bientôt de tous les biens publics de la France. Il s'agit surtout de la souveraineté nationale de notre pays et de tous les peuples souverains. Si vous voulez dépendre à 100 % des marchés financiers, on va vers une nouvelle féodalité, c'est-à-dire que c'est le privé qui rachète toute la France. La France est en train d'être démantelée, d'être privatisée."
 
Jovanovitch: "Regardez l'Irlande: ils sont devenus les esclaves du Fonds monétaire international!"
 
Sarfati: "S'il faut être nationalistes, pour pas arriver là où est arrivée l'Espagne, là où est en train d'arriver le Portugal, là où en est arrivée la Grèce, soyons-le! Si vous trouvez que c'est responsable de votre part d'être assis tranquillement là et de regarder les peuples d'Europe aller droit dans le mur!..."
 
Gassiot: "Ce qui est vachement réjouissant, c'est que le mec, t'as quel âge 22-23 ans? je le trouve, excusez-moi M. Wolton, beaucoup plus en phase avec le monde que vous, parce que vous défendez un monde qui est en train de mourir et qu'il le voit!"
  
Cotta: "On ne fait pas exploser les choses sans avoir un plan B".
 
Tout juste: une Monarchie à poigne, par exemple!
 
"Je ne crois pas à l'euro, je ne crois plus à l'euro".
 
Qui aurait cru entendre cela de la bouche de l'ancienne patronne de la télévision!
 
Ardisson: "Alors plus personne ne croit à l'euro! Alors ça y est là, cette fois!".
 
Eh oui, cher auteur de Louis XX! Les jeux sont faits, rien ne va plus!
 
Bardol: "On peut très bien de temps en temps en pendre un (trader), je suis pas opposé à l'idée".
 
Seul un Roi pourrait être assez indépendant des puissances d'argent pour le faire!!!
 
Jovanovitch: "C'est le patron de la Bourse de Londres qui a déclaré hier que tous les traders anglo-saxons vont s'attaquer à la France. (...) Il y a un haro sur la France pour faire payer les Français exactement comme ils ont fait sur la Grèce!"
 
Bardol: "Dans le mot libéralisme, il y a le mot liberté...
- Non, il y a le mot libéral!"
 
Jovanovitch: "Le rédacteur en chef du New York Times vient de sortir un livre (dans lequel) il raconte exactement que le but de tous les traders et de toutes les banques américaines est de dépouiller les peuples européens."
 
Bardol: "Comme on n'a pas mis en place les moyens de protection pour distinguer les banques spéculatives et hautement spéculatives, qui sont dotées d'outils électroniques ultraperformants qui se comptent en nanosecondes, c'est l'apprenti-sorcier...
- C'est des nanosecondes, mais vous, quand vous mettez votre chèque à l'encaissement, c'est une semaine!"
 
On dirait du Audiard!
 
Sarfati: "Il y a un grand auteur, qui s'appelle Schopenhauer, qui disait: je ne chante pas celui dont je mange le pain! (...) et voilà toute la différence entre internet... (...) on a dit sur internet, il y a tout et n'importe quoi, mais il y a encore tout et sur la télé, il y a surtout du n'importe quoi! (..) On peut faire confiance à l'intelligence des gens pour aller faire la part des choses entre ce qui est éminemment conspirationiste, quoi qu'effectivement, il y a des conspirationistes, mais ils finissent par tomber sur de vrais dossiers! (...) J'aurais écouté la télé depuis deux ans, je me serais fait vacciner 45 fois! (...) La télé a perdu énormément de crédibilité sur ces affaires-là. "
 
On conseillera à Sarfati de lire le constructif Maurras avec la même indépendance d'esprit que le nihiliste Schopenhauer!
Pour en savoir plus:

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"Allons-nous mourir guéris?"

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Lu sur l'excellent site souverainiste U.P.F.:

 

"La Grande-Bretagne se lance à son tour, à la suite des dernières élections, dans la course à la rigueur : le nouveau chancelier de l’Echiquier a annoncé des mesures d’économies sans précédent. Après l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la France, le dernier grand pays européen se met aussi au régime sec.

"Ainsi, la Grande-Bretagne va taxer les banques, augmenter la TVA et geler les salaires des fonctionnaires. Ceci aura des effets certains sur l’économie. Vouloir passer de 10 % du PIB de déficit budgétaire à 1 % en seulement 5 ans sera sûrement « difficile » pour l’économie britannique qui risque fort de sombrer à nouveau dans la récession.

"C’est ce qui se passe pour tous les pays européens, après une montée sûrement trop importante des déficits face à la crise, ils se lancent dans une course à la rigueur pour éviter que les marchés financiers ne paniquent face aux montants de l’augmentation de la dette publique.

"Mais ces décisions risquent d’avoir l’effet inverse : une rigueur coordonnée des Etats européens aura un effet récessif coordonné. Ainsi, le gouvernement économique européen que veulent instaurer les Allemands avec un contrôle du budget de chaque Etat afin de limiter les déficits et de sauver l’Euro, risque fort de faire plonger (ou replonger) l’économie européenne.

"Il est clair que les gouvernements ne peuvent laisser les déficits s’envoler ad vitam aeternam. Mais il faut être fort circonspect sur la méthode à utiliser : éviter certaines dépenses ayant peu d’effet d’entraînement sur l’économie et taxer les revenus financiers qui ne repartent pas dans le circuit économique productif sont de bonnes pistes.

"Alors que baisser des dépenses indispensables pour les ménages ou augmenter leurs impôts aura forcément un effet dépressif car cela entraînera une baisse des dépenses et donc de la croissance : on ne peut dépenser l’argent que l’on n’a pas !

 

"Enfin, il semblait lors du dernier sommet européen que la Banque Centrale Européenne avait obtenu la possibilité de financer les déficits budgétaires par création monétaire (faire tourner la planche à billets). Pourquoi ne pas utiliser cette nouvelle possibilité pour desserrer la contrainte du financement ?

 

"A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle! "

 

Source: www.u-p-f.org  



 

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