politique religieuse

La France après Notre-Dame: communiqué officiel de l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

Voir les commentaires

"Escape game" sacrilège à Saint-Seurin (Bordeaux): l'Action française Bordeaux & Basse-Guyenne condamne l'implication du clergé et de la bourgeoisie bordelais

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

On lira en cliquant sur l'image la réaction de la section locale de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française à l' "escape game" sacrilège récemment organisé avec l'aval du clergé et de la bourgeoisie bordelais dans la basilique historique de Saint-Seurin (Bordeaux). Les commentaires sont aussi à lire.

Voir les commentaires

Blondel, Maurras et la défunte Chrétienté

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Intéressante citation d'un livre sur le philosophe moderniste Blondel, dont la pensée, en l'occurrence, énonce une vérité que Maurras affirmait d'une autre manière à la même époque: La Chrétienté est morte à la Réforme, on ne la ressuscitera pas. Il est donc vain de vouloir la reconstruire à l'identique; il faut trouver de nouvelles voies. Toutes choses égales, c'est aussi un peu la même chose pour la France, comme l'Action française le constate ici en Bordelais: On ne retrouvera pas un patriotisme sous les formes bourgeoises, conservatrices et militaristes que l'on a connues aux XIXème et XXème siècles; il faut faire preuve d'imagination pour être nationaliste au XXIème siècle. Bref, rien de neuf sous notre soleil atlantique! A Société nouvelle, nationalisme nouveau!

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

"Blondel n'est pas moins convaincu que tout autre catholique qu'une paix véritable ne peut venir que du Christ. Seulement il n'en fait pas ni un préalable, ni un principe surajouté que les chrétiens devrait imposer à tous les hommes. Par rapport à la situation réelle de l'humanité (...) en France (...) il ne s'agit donc ni de rêver du retour de la chrétienté, ni d'en faire analogiquement un modèle pour mobiliser les énergies chrétiennes. Il n'y a pas d'autre mouvement de l'histoire que celui qui se déroule sous nos yeux et qui est le produit de multiples traditions qui nous rendent solidaires, que nous le voulions ou non, des générations qui nous précèdent. Aussi renvoyer dos à dos régimes autoritaires et régimes libéraux au profit d'une nouvelle chrétienté à retrouver ou reconstruire à nouveau frais est une attitude qui fait totalement abstraction du mouvement réel de l'histoire et des liens dans lesquels les individus sont nécessairement enserrés. Tout le travail du philosophe consiste à relire l'histoire déjà là, non pour y trier a priori les éléments bons ou mauvais, mais pour y discerner le mouvement qui correspond à la volonté intime de chacun de développer la communion des personnes. C'est pourquoi une attitude intégralement catholique ne peut consister qu'en reposant sur deux points principaux : pas d'autre préalable que des principes communs à tous les hommes, puisque ce sont des principes philosophiques auxquels la conscience autonome de chacun peut accéder, considérer l'histoire dans son plein mouvement et non par rapport à des modèles, qu'ils soient inspirés par la nostalgie du passé ou par l'espoir d'un avenir radicalement meilleur."

Source: http://www.penser-le-genre-catholique.fr/ne-pas-r%C3%AAver-du-retour-de-la-chr%C3%A9tient%C3%A9

Voir les commentaires

Pour la nécessité d'une Contre-Révolution dans la France et l'Eglise avec l'Action française-Bordeaux

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

On trouvera plus bas un parallèle eschatologique saisissant fait par un prêtre traditionaliste entre la décadence de l'Eglise et celle de la France. Nous laissons, à l'aube d'une année qu'il estime décisive, nos lecteurs juges de sa pertinence. Il a le mérite d'affirmer, ce que beaucoup de "cathos" ont du mal à comprendre, que les causes de la défense religieuse et de la défense nationale (sans parler de la défense sociale) sont indissolublement liées.

Une Société harmonieuse et fraternelle, respectant les différences et inégalités, naturelles et stimulantes pour la volonté d'ascension sociale, entre ses membres, - respectée et forte à l'étranger, - et respectueuse du patrimoine moral et spirituel de son Peuple, facteur de grandeur et de paix, à l'intérieur comme à l'extérieur, - voilà qui constituerait un progrès authentique sur la dissociété atomisée, sans solidarité, foi, ni loi, issue de la Révolution dite française: Maurras l'a déjà mis en lumière dans sa Démocratie religieuse!

Si la section enracinée de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française, bonne connaisseuse des lâchetés du monde "catho", bourgeois et des milieux "nationaux", est, quant à elle, sceptique sur l'imminence d'une Contre-Révolution salvatrice, en tout état de cause, elle partage son acte de foi en la France et en la nécessité d'agir intelligemment pour son renouveau. Ce qu'elle fait, - et continuera de faire en 2017 et années suivantes, jusqu'à l'Instauration d'un Ordre juste, - au jour le jour, dans le cadre stable de la fédération Grand Sud-Ouest de l'A.F. fondée par Pierre Pujo et dirigée par le Délégué régional Gaillère, par ses réunions régulières autour d'orateurs prestigieux, ses cercles mensuels de formation de jeunes et ses manifestations publiques!

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

Morceaux choisis:

L'Eglise et la France

"L’Eglise est plus grande que le concile, et la France est plus grande que la république. L’Eglise est même trop grande pour le concile et la France trop grande pour la république, et nous constatons l’échec des « valeurs » conciliaires et l’échec des « valeurs » républicaines… ce sont d’ailleurs les mêmes : droits de l’homme, libéralisme, tolérance, dialogue, partage, liberté de conscience, etc.…tout craque sous la pression de la réalité et les divisions internes laissent espérer que l’heure approche où nous pourrons enfin revenir aux « vertus » évangéliques et aux « vertus » françaises ! Aussi est-il temps, me semble-t-il de croire en l’Eglise et de croire en la France."

Situation de la Russie

"En 1917, la Vierge Marie a demandé la consécration du monde et de la Russie à son Cœur Immaculé. Cela a-t-il été fait ? Certains disent non, d’autres oui. Des consécrations partielles et imparfaites ont été réalisées, et peut-être est-ce grâce à cela que la Russie demeure aujourd’hui le dernier témoin d’une chrétienté encore vivante et active, sans toutefois avoir rejoint la famille catholique."

Nécessité d'une Contre-Révolution

" (...) s’il survenait quelque cataclysme social, mondial ou ecclésial en 2017, ne serait-ce pas pour ouvrir la voie d’une « contre-révolution », pour nous ramener à la vie après cette longue période de purification pénitentielle que nous vivons depuis 1789 en France et depuis 1965 dans l’Eglise ? L’heure de vérité est-elle arrivée ? Allons-nous vivre de douloureux déchirements qui seront ceux qui permettront à la vérité de se libérer des oripeaux qui tentent de l’étouffer depuis tant d’années ? L’Eglise et la France vont-elles retrouver leur âme ? Pouvons-nous espérer que soit venue enfin l’aube de cette « contre-révolution » qui mettra fin à tant de désordres et tant de souffrances ?"

http://tradinews.blogspot.fr/2016/01/abbe-michel-simoulin-fsspx-le-seignadou.html

Voir les commentaires

L'Action française, pour ou contre le Pape?

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

Voici deux textes dont l'analyse du pontificat actuel est diamétralement opposée. Nous laissons à nos fidèles lecteurs le soin de se faire une opinion en ces matières de conscience.

A.F.-Grand Sud-Ouest

1/ Une analyse jésuitique par un aumônier militaire français de l'année de la Miséricorde:

http://www.lepoint.fr/societe/francois-ce-pape-reactionnaire-08-09-2015-1962784_23.php

2/ Les réflexions d'un universitaire italien sur les nouvelles normes sur la nullité du mariage religieux:

http://benoit-et-moi.fr/2015-II/actualite/une-blessure-au-mariage-chretien.html

3/ Pour la messe de minuit, rite ordinaire ou extraordinaire? l'avis d'un prêtre belge sur le sujet... et quelques autres!

http://www.diakonos.be/un-pretre-belge-temoigne-jetais-traditionaliste/

Le pape François face à la fronde théologique des quatre cardinaux: un régal!

Voir les commentaires

Le pape François fait de Cécile Duflot une femme d'Etat

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

On lira ci-après le compte rendu d'un récent débat organisé par les jésuites de France autour de la récente encyclique "écologiste" Laudato Si de Notre-Saint-Père le Pape. L'intervention, en particulier, de Mlle Cécile Duflot, ancien ministre qui prend ici visage de femme d'Etat, est frappante et témoigne de l'audience que la Parole pontificale prend dans le monde profane, grâce à Son habileté toute jésuitique.

Le ton résolument optimiste, à défaut d'être thomiste, de cette intervention, son caractère réfléchi et posé, permet d'entrevoir, pour "l'avenir que tout esprit bien né souhaite à son Pays", mais sous un autre Régime, qu'une autre conception de la laïcité, non-agressive, est possible, et qu'elle rencontrerait des appuis inattendus dans le paysage politique, pourvu qu'elle soit énoncée avec la finesse, la modération et la sagesse dont nos Rois ont, jusqu'ici, su faire preuve; tout cléricalisme étant, dans la résolution du problème religieux français, déplacé.

L'Action française-Bordeaux & Basse-Guyenne, fidèle à l'ouverture aux autres maurrassienne, salue l'indépendance d'esprit et l'honnêteté intellectuelle de Mlle Duflot, à mille lieues du sectarisme de ses amis d'extrême-Gauche. Puissent-ils s'en inspirer pour revenir à une plus juste appréciation du rôle du catholicisme en France!

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

http://www.revue-projet.com/articles/2015-10-video-la-pensee-du-pape-francois-peut-elle-faire-bouger-la-societe-francaise/

Il est remarquable aussi que, dans les circonstances terribles que nous vivons, qui peuvent favoriser tous les dérapages du pouvoir exécutif et l'instauration d'un présidentialisme autoritaire, Mlle Duflot soit, loin des caricatures, un défenseur avisé de nos libertés constitutionnelles et de l'Etat de Droit:

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2016/02/05/25001-20160205ARTFIG00263-decheance-devant-l-assemblee-cecile-duflot-invoque-la-comparaison-avec-vichy.php

Le Pape reçoit les cathos de Gauche:

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/03/02/01016-20160302ARTFIG00269-immigration-laicite-ce-qu-a-dit-le-pape-a-des-personnalites-francaises-de-gauche.php

...et les élus de Droite, pour les inviter à être républicains autrement, comme si c'était possible:

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/11/30/01016-20161130ARTFIG00090-le-pape-francois-appelle-la-france-a-approfondir-ses-valeurs-republicaines.php

Voir les commentaires

La citation du jour: la bourgeoisie traditionnelle, vecteur du "politiquement correct"

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

L'avis d'une écrivaine, intéressant en dépit de son optimisme béat sur le peu qu'il restera de la "manif" pour tous":

"Petit à petit, elle a su adapter ses valeurs à ceux de bourgeois plus «modernes», plus déracinés et plus pragmatiques, comme la noblesse s'était adaptée aux bourgeois du XIXe. C'est la seule manière pour ses membres de ne pas mourir, et c'est le sujet de mon dernier roman. Ils veulent avoir une bonne situation, payer moins d'impôts, partir dans des pays exotiques et parler anglais. N'importe quel prolétaire veut cela. Leur seule particularité c'est qu'ils conservent un vernis social, une distinction. Ils continueront de se marier à l'église, un temps, pour le décorum. On est seulement dans le domaine du paraître, ils vivent exactement comme tout le monde. On arrive à un moment de l'histoire occidentale où «tout le monde est bourgeois» comme disait déjà Péguy en 1913, et où, paradoxalement, tout le monde est un prolo. Ce n'est pas parce que vous gagnez 10 000 € que vous n'êtes pas un esclave. Vous l'êtes, à plus forte raison. L'argent n'a aucune valeur de libération, il ne sera jamais l'étendard d'aucune distinction, il crée et systématise le conformisme et la lâcheté.

"Il y avait un vrai combat, mais aussi un véritable entre-soi. C'était réellement le mai 68 des catholiques. Grands bourgeois, certes, mais pas que. Des petits bourgeois de province, aussi. On parle pourtant de la même catégorie sociale, déclinée entre Paris et province, comme Balzac le montrait dans Illusions perdues : le haut Angoulême et le Faubourg Saint-Germain... Les combats menés pendant la Manif pour tous soulevaient pourtant de vrais enjeux de société civile, et on peut regretter que d'autres catégories de Français n'y aient pas été sensibles. Avec le recul, je dirais que cela a été un moment catholique, pour le meilleur et pour le pire. On a pu constater que les catholiques sont devenus une communauté en France, qu'ils sortent du champ social général, et qu'ils ne font plus plier le gouvernement. On a pourtant pu constater qu'ils ont réussi à instiller ces questions dans des partis, et que certains jeunes ont découvert l'engagement politique à l'occasion de la Manif pour tous. Ça, c'est positif."

Source: http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/10/14/31003-20161014ARTFIG00337-solange-bied-charreton-c-est-a-nous-de-reconstruire-la-societe-occidentale.php

Voir les commentaires

Le chiffre du mois: Pratique religieuse, pays réel et Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

On cherche souvent la raison de l'échec de l'Action française à rétablir la Monarchie de salut public. Elles sont multiples sans doute, mais citons un chiffre parlant sur l'influence sociale de l'Eglise catholique en France:

"(...) en 1873 (...) la moitié des Français faisaient encore leurs Pâques. En 1950, un quart seulement."

Et c'est à l'Eglise catholique que Maurras a choisi d'attacher le destin du royalisme et de l'Action française, même après qu'à la Condamnation, l'Eglise ait choisi délibérément, par politique, de se passer de son appui! C'est-à-dire de se couper de trois Français sur quatre pour la diffusion de son message politique. Sans commentaire! Ou plutôt si!

Si l'Action française veut faire triompher ses idées vraies dans une Société sécularisée qui ignore autant la foi que le patriotisme (sans parler du nationalisme!), elle doit adopter le mouvement inverse, à savoir rejoindre les trois Français (qui sont maintenant neuf sur dix) qui ne font pas leurs Pâques. Une bonne règle est de considérer que les religieux, excellents dans leur partie (le dogme, la spiritualité et la charité), ne sont, pas plus qu'un officier, un économiste ou un philosophe, équipés pour faire de la politique.

Et ce, d'autant plus que la vulgate des ecclésiastiques, spécialement de ceux qui, traditionalistes (en accord ou non avec Rome), se veulent le plus romains (c'est-à-dire alignés en tout sur le Vatican) tend à négliger la patrie terrestre au profit de la céleste. En réalité, ces théologiens confondent deux ordres, le naturel et le surnaturel, qui coexistent sans heurts dans le plan divin. Madiran rappelait justement, après Maurras, que le IVème Commandement ("Tes père et mère honoreras") s'étend aux communautés plus larges dont on fait partie, spécialement l'Etat, la Nation. Cela se comprend aisément: Respecter et défendre sa famille (ou même la Famille), en bafouant l'autorité légitime de l'Etat ("César") et sans se préoccuper des conditions de survie de la Nation est pour le moins aventureux. Il est plus sage de vouloir un Etat fort dans ses prérogatives, une Nation vivante et puissante, enrichie de ses diversités et sachant favoriser l'Unité en temps de crise. Or, tel est précisément l'objet du nationalisme, pas davantage!

Nous vivons encore le contre-coup du triomphe tardif, au XIXème siècle, de l'ultramontanisme sur le gallicanisme. Paradoxalement, c'est chez des ecclésiastiques diocésains français que l'on retrouve l'écho assourdi, autant par leur dialectique "avancée" que par leur soumission au Vatican, du gallicanisme. Or, ainsi que le disait le royaliste Charles Benoist, en politique française, il y a une partie de gallicanisme dont nous ne pouvons nous séparer, sous peine de voir péricliter la Communauté française.

Tirer des plans sur la comète (comme le font les partisans d'une Europe vaticane dont les "racines chrétiennes" et les "points non négociables" formeraient le substrat), dessiner dans le ciel des idées des principes (tel celui de subsidiarité), sans égard pour ce qui se passe à Bruxelles, à Paris et à Bordeaux, et les absolutiser, alors que toute politique est essentiellement adaptation des principes aux réalités pour mieux transformer ces dernières, est une erreur stratégique majeure. Il convient d'y remédier. La fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française y aidera les catholiques.

Voir les commentaires

Débordements anticléricaux à la fête de San Pantzar à Saint-Jean-de-Luz: l'Action française-Bayonne & pays basque interpelle le préfet!

Publié le par Section de Bayonne & pays basque de l'Action française

L'Action française-Bayonne & pays basque est informée que l'effigie de l'évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, actuellement en déplacement à Rome, a été brûlée en place publique à Saint-Jean-de-Luz, lors du traditionnel carnaval de San Pantzar, devant une population basque d'abord ébahie, puis indignée et blessée dans ses sentiments religieux profonds.

Ces débordements intolérables, tacitement cautionnés par la municipalité et ouvertement par le Pouvoir socialiste, représenté par un de ses apparatchiks, n'ont pas été aussitôt réprimés par la Police, pourtant présente sur les lieux.

De tels faits sont abjects, tant en période d'état d'urgence qu'en temps normal, alors qu'il faudrait plutôt unir nos concitoyens autour du Drapeau français, qui ne demandent d'ailleurs que cela. Voilà un bien mauvais coup porté au Pays! Il rappelle les plus méprisables épisodes de la Séparation de l'Eglise et de l'Etat, il y a un siècle, qui avaient donné lieu à des incidents au pays basque: il n'y a pas lieu de s'en féliciter comme d'un progrès!

L'anticléricalisme maçonnisant, opium dispensé par les politiciens parvenus au Peuple à qui ils refusaient des lois sociales, était très à la mode sous la IIIème République; il n'est plus de saison aujourd'hui. Le premier ministre Valls, qui se veut disciple de Clemenceau, n'a pas médité la leçon que ce laïcard impénitent avait retenu de la Séparation: "On ne déclenche pas une guerre civile pour quelques chandeliers d'autel!" Quand on se choisit un aussi grand ancêtre, il vaut mieux se montrer à sa hauteur! Mais il est vrai qu'au moment où on détricote la législation du travail, il faut trouver, coûte que coûte, des épouvantails! Il est seulement un peu facile que l'on attaque systématiquement l'Eglise catholique (qui, avec nos Rois, a fait de la France ce qu'elle est), plutôt que, par exemple, la loge locale à laquelle appartiennent des gens en vue!

Indépendamment de l'opinion que chacun peut porter sur l'ecclésiastique en question, sur ses options et ses combats, qu'il n'est pas du rôle de l'Action française de juger, il y a là une atteinte grave à la paix religieuse de la France qui mérite d'être notée. Ces attaques anticléricales d'un autre âge donnent aussi à penser que les prises de position des évêques vigoureusement catholiques gênent considérablement, par leur indépendance, le Pouvoir républicain, ou alors que notre situation générale est si calamiteuse, à l'intérieur comme à l'extérieur, qu'il faille une aussi grossière diversion pour tromper les citoyens. En tout cas, la section de Bayonne & pays basque, en accord avec les autres sections de la Fédération, met en garde les pouvoirs publics contre la répétition de ces faits ici ou ailleurs dans le Grand Sud-Ouest. Elle ne les laissera pas passer.

Le rôle du Gouvernement est d'unir les citoyens, pas de les opposer entre eux pour des raisons idéologiques ou religieuses. Evidemment, il est commode de jeter en pâture à l'opinion publique un homme d'Eglise, plutôt que les princes impuissants qui nous gouvernent! Cette solution de facilité ne trompe personne sur la fragilité du Régime démocratique. Une fois de plus, la Démocratie montre son incompatibilité foncière avec la France, comme avec la Religion. Entre les deux, il faudra bien choisir un jour.

La section de Bayonne & pays basque de l'Action française, à laquelle s'associent la section de Pau & Pyrénées, celles de Bordeaux & Basse-Guyenne, de Toulouse & Haut-Languedoc et la fédération Grand Sud-Ouest, exige du préfet des Pyrénées-Atlantiques:

1° La dissolution immédiate de l'association responsable de l'organisation de cette mascarade, pour cause de trouble à l'ordre public;

2° La dissolution immédiate du conseil municipal, pour manquement grave à ses devoirs;

3° Le remplacement immédiat du commissaire de police, pour cause d'incompétence.

Telles sont les mesures rigoureuses qu'un gouvernement normal et des fonctionnaires patriotes prendraient sans tarder, pour préserver la paix publique en période d'état d'urgence, et même en temps normal. Cela ôterait l'envie à d'autres anticléricaux de village, de bureaux ou de robe d'imiter ce déplorable exemple retardataire donné en spectacle au monde!

A.F.-Bayonne & pays basque

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/02/22/01016-20160222ARTFIG00124-l-effigie-de-l-eveque-de-bayonne-brulee-en-place-publique-lors-d-un-carnaval.php

http://www.sudouest.fr/2016/02/22/saint-jean-de-luz-une-caricature-de-l-eveque-de-bayonne-brulee-lors-du-carnaval-2280103-4383.php

Ici, Sud-Ouest essaie de désamorcer maladroitement la polémique qui enfle!

http://www.sudouest.fr/2016/02/23/la-fausse-polemique-du-carnaval-luzien-2281513-4099.php

Faible mobilisation de part et d'autre pour la manifestation du 8 mars:

http://www.sudouest.fr/2016/03/08/pro-et-anti-eveque-de-bayonne-face-a-face-2294772-4018.php

Voir les commentaires

L'oecuménisme constructif du pape François, un Yalta spirituel: la déclaration commune avec les orthodoxes de La Havane analysée par l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

L'oecuménisme, priorité du Vatican depuis la déclaration Unitatis Redintegratio, s'est souvent limité à l'affichage de baisers Lamourette spectaculaires (accolade entre Paul VI et Athénagoras), mais sans guère de résultats concrets (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C5%92cum%C3%A9nisme). Les progrès, mineurs, ont été dus plus à la défaillance des Eglises séparées, provoquant des départs, qu'à un mouvement initié de Rome.

En prélude à Son voyage historique au Mexique, terre anticléricale s'il en est, le Souverain Pontife a tenu à s'arrêter à La Havane, Cuba, où, entre deux portes des salons de l'aéroport international, il a rencontré le patriarche Cyril de Moscou. Les deux patriarches d'Orient et d'Occident ont signé la déclaration pastorale commune suivante, centrée sur le martyre des chrétiens du Proche-Orient, dont nous proposons, en ce premier dimanche de Carême, les 30 points à la méditation de nos lecteurs. Si son caractère historique ne fait aucun doute (1), son but constructif et pratique (10, 11) ne peut qu'accélérer le règlement, maintenant tout proche, de la crise syrienne, que souhaitent tous les hommes d'Etat responsables.

De même, la critique fondée de la Démocratie religieuse (Maurras) régnant à l'Ouest (16), dont le dogme laïciste est inspiré par les sociétés secrètes, est d'une grande clarté (15). On peut dire que le ton offensif en est très antilibéral, pour ne pas dire contre-révolutionnaire! Peut-on y voir un changement de direction par rapport à l'optimisme démo-chrétien béat qui régnait jusqu'ici, quand il était question d' "Europe", au Vatican? En tout cas, s'il n'est pas (encore) question de souverainisme, l'importance accordée au retour aux "racines chrétiennes" est manifestement davantage "politique" que constitutionnel ou légaliste.

La critique non moins indispensable de la Société de consommation (17, 18), du gaspillage des ressources naturelles, tous thèmes anticapitalistes qui résonnent défavorablement aux oreilles anglo-saxonnes, mais qui ne sont pas une surprise pour un catholique latin (ou un homme d'Action française), coïncident avec les préoccupations constantes du Pape (encyclique Laudato Si), sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement sur ce même blogue.

La défense de la famille traditionnelle contre l'homosexualité, la promotion de la vie contre l'avortement et la méfiance à l'égard des manipulations génétiques (19, 20, 21) ne sauraient non plus surprendre, comme points de convergence forts entre catholiques et orthodoxes. Le triomphe de ces thèmes bienfaisants justifie sans aucun doute, sur le terrain, des alliances tactiques, qui, dans le respect des croyances de chacun, n'en sont pas moins positives pour l'Eglise et la Société. C'est ce que, sur un autre plan, politique, l'Action française-Grand Sud-Ouest, dans la ligne du compromis nationaliste illustrée par Pierre Pujo, a toujours fait pour d'autres sujets, qu'elle juge tout aussi essentiels à la survie d'une Société nationale à l'échelle humaine digne de ce nom. Il est toujours bon de voir que cette méthode réaliste d'action commune sans inféodation doctrinale est approuvée par de hautes autorités spirituelles.

Partant du principe que le mouvement se prouve en marchant, l'accent général du document est habilement mis sur les actions caritatives et autres qui peuvent être fédératrices, plutôt que sur les points de théologie qui divisent (4, 5, 7, 14, 16, 18, 19, 22, 26, 28). L'apocalyptisme justifiant la déclaration (11, 29) n'est malheureusement que trop vraisemblant.

A vue humaine, le caractère, étonnant, de ce document est d'être un accord a minima et hybride, tenant à la fois du Yalta spirituel et du Pacte de Varsovie (24): pacte de non-agression avec ce rejet inédit du prosélytisme, partage géographique complémentaire des tâches apostoliques, coopération pour la défense civilisationnelle commune. On se trouve indéniablement devant une offensive de grand style destinée à prendre en tenailles le relativisme occidental. Son sens laisse toutefois un peu sceptique sur la marge de manoeuvre du Saint-Siège, même si Rome est habituée à mélanger savamment relations diplomatiques, illusions politiques et pastorale...

Naturellement, le désir de l'Eglise catholique de se réconcilier avec les frères séparés est compréhensible, mais les églises orthodoxes, du moins à l'Est, ne sont souvent que le faux-nez du Pouvoir en place... La question que nous imaginons que l'on s'est posée au Vatican est: Accord à quel prix et pour quel résultat? Sachant en particulier le peu d'indépendance vis-à-vis du Kremlin du patriarcat de Moscou, de Pierre le Grand à Poutine en passant par Staline, il n'est pas interdit d'y trouver les germes d'une alliance géopolitique et spipolitique sans précédent entre celui-ci et le Vatican. Dans ce cas - ce qu'à Dieu ne plaise, - sur quoi ce mariage irénique de la carpe idéaliste et du lapin de la volonté de puissance peut-il bien déboucher? Il pose plus d'interrogations qu'il n'offre de solutions.

En voulant lutter contre la "IIIème Guerre mondiale", ne va-t-on pas déboucher sur un nouveau césaro-papisme (un tsaro-papisme) totalitaire et déséquilibré? Se rend-on compte du risque d'alignement du Vatican, puissance purement spirituelle, sur le Kremlin et son eurasisme fantasmagorique, que permet cet accord? Rome, ainsi alignée, entend-elle être réduite à jouer le rôle de "mouvement d'animation spirituelle" des B.R.I.C.S.? La Russie tiendrait-elle désormais le rôle de fille aînée de l'Eglise et de l'orthodoxie? Ce serait un monopole inquiétant pour la France et le monde... Quoi qu'il en soit, pour ne pas être éternellement à la ramasse, il serait grand temps que notre Patrie se resaisisse, réaffirme sa place originale dans le concert des nations et instaure un gouvernement de salut public!

A.F.-Grand Sud-Ouest

(Les titres et les soulignements sont de la rédaction de L'Action Française-Aquitaine.)

Texte de la déclaration commune entre le pape François et le patriarche Cyril de Moscou

«La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous» (2 Co 13, 13).

1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l'Esprit Saint Consolateur, nous, Pape François et Kirill, Patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd'hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l'histoire. Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se «parler de vive voix» (2 Jn 12), de coeur à coeur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

2. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l'Est et l'Ouest. De cette île, symbole des espoirs du «Nouveau Monde» et des événements dramatiques de l'histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d'Amérique latine et des autres continents. Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l'Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l'expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d'un grand avenir pour cette région.

3. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l'«Ancien Monde», nous sentons avec une force particulière la nécessité d'un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l'espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).

L'esprit de la déclaration de La Havane

4. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d'innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus «semence de chrétiens».

5. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l'Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d'un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l'explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes - Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l'unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s'est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur: «Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous» (Jn 17, 21).

6. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d'espérance pour tous les hommes de bonne volonté!

Un objectif pour le XXIème siècle: lutter contre le relativisme

7. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l'Evangile du Christ et du patrimoine commun de l'Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d'époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.

Le test du Proche-Orient

8. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d'Afrique du Nord, nos frères et soeurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d'autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l'exode massif des chrétiens de la terre d'où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d'autres communautés religieuses. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l'éviction des chrétiens du Proche Orient.

9. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d'autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.

10. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins. Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d'Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

11. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est «le fruit de la justice» (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s'y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l'âme des innocents tués. Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu'elles fassent preuve de bonne volonté et s'asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l'aide d'actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu'ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu'il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l'Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

12. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l'Evangile, préférant la mort à l'apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l'unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s'adresse la parole de l'apôtre: «Très chers!… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l'allégresse» (1 P 4, 12-13).

La nécessité du dialogue interreligieux face aux Sociétés sécularisées

13. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d'autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d'actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, «car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix» (1 Co 14, 33).

La difficile liberté religieuse

14. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d'Europe de l'Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd'hui les fers de l'athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d'établissements d'enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques oeuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.

15. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l'idéologie d'un sécularisme si souvent agressif, s'efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.

16. Le processus d'intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l'Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d'Orient et d'Occident à s'unir pour témoigner ensemble du Christ et de l'Evangile, pour que l'Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne. La consommation sans limite, que l'on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète.

La promotion de la justice sociale et la défense de la famille traditionnelle

17. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d'extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l'humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l'on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L'inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d'injustice à l'égard du système des relations internationales qui s'est institué.

18. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que «ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s'enorgueillir devant Dieu» (1 Co 1, 27-29).

19. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l'éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.

20. La famille est fondée sur le mariage, acte d'amour libre et fidèle d'un homme et d'une femme. L'amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l'un l'autre comme don. Le mariage est une école d'amour et de fidélité. Nous regrettons que d'autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l'homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.

21. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d'enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu (cf. Gn 4, 10). Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général. Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l'existence de l'homme, créé à l'image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l'immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l'homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

Appel aux générations futures

22. Nous voulons adresser aujourd'hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d'utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l'amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d'aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

23. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez la lumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N'oubliez pas que vous «avez été rachetés à un cher prix» (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l'Homme-Dieu Jésus Christ.

Un Yalta spirituel

24. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l'Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l'Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme. Nous ne sommes pas concurrents, mais frères: de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l'amour et à avoir «les uns pour les autres la même aspiration» (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d'utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d'une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l'apôtre Paul: «Je me suis fait un honneur d'annoncer l'Évangile là où Christ n'avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d'autrui» (Rm 15, 20).

Le but d'une réconciliation entre chrétiens en Ukraine

25. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd'hui que la méthode de l'«uniatisme» du passé, comprise comme la réunion d'une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n'est pas un moyen pour recouvrir l'unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d'exister et d'entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.

26. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d'innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s'abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.

27. Nous exprimons l'espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d'Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d'Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.

Un avenir catastrophique?

28. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d'annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, «pour que le monde croie» (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l'existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l'Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l'avenir de l'humanité.

29. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l'Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible: «Sois sans crainte, petit troupeau: votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume» (Lc 12, 32)! Le Christ est la source de la joie et de l'espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l'homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s'appliquer les paroles de l'apôtre Pierre: «Vous qui jadis n'étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n'obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde» (1 P 2, 10).

30. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l'invoquant par les paroles de l'antique prière: «Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu'ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité!

Le 12 février 2016, à La Havane (Cuba)

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/02/12/01016-20160212ARTFIG00449-tete-a-tete-historique-entre-le-patriarche-russe-et-le-pape.php?redirect_premium

P.S. A lire, sur un site traditionaliste catholique anglais, l'importante interviouve sans concessions suivante de l'évêque auxiliaire d'Astana au Kazakhstan (ex-U.R.S.S.), Mgr Athanase Schneider, l'un des rares bons évêques catholiques, qui nous donne raison sur l'interprétation politique que nous faisons de l'accord de La Havane, laquelle avait été formellement démentie par le Pape lors d'un point-Presse; il ne pense pas qu'il puisse donner de bons fruits:

http://www.onepeterfive.com/exclusive-interview-bishop-athanasius-schneider-on-evangelization-zika-freemasonry-the-orthodox-more/

Voir les commentaires

Un portrait de l'épiscopat français en 2015

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

En ce jour de Toussaint, nous proposons à nos fidèles lecteurs de faire le tour de France des récentes nominations épiscopales. Dans un Etat normalement constitué, conscient de son héritage historique et spirituel, ces nominations ne sont pas indifférentes: elles forment le visage de l'Eglise de France de demain. Aussi, dans leur rôle essentiel de vigies de l’Intelligence française conforme à la mission que leur a fixé Maurras et Pierre Pujo (et préférable à un activisme de surface), les royalistes de la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française et de ses sections locales (Bordeaux & Basse-Guyenne, Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées, Bayonne & pays basque) les observent-ils avec intérêt, mais sans surprise.

Quoique le régime de la Séparation de l'Eglise et de l'Etat ne règle qu'imparfaitement les rapports nécessaires entre le Pouvoir temporel et le Pouvoir spirituel, ces nominations sont toujours le résultat d'une entente tacite du Saint-Siège et du gouvernement républicain: elles traduisent, d'une part, la vivacité de l'anticléricalisme du Régime et sa méfiance vis-à-vis de prélats trop populaires; de l’autre, la capacité de résistance de l'Eglise et la qualité de son personnel.

L'article plus bas, écrit par un laïc bien informé et objectif, permet de se faire une idée de la ligne générale qui sera suivie dans les prochaines années par l'épiscopat français: elle sera modérée, ni "traditionaliste", ni "conciliaire". Il ne devrait donc pas y avoir de grand sursaut catholique, mystique, intellectuel ou social, de ce côté-là. Ni de politique originale (nous voulons dire contre-révolutionnaire!), le "dogme" du Ralliement posé au XIXème siècle par Léon XIII étant encore la pierre angulaire de la politique pontificale à l’égard de la France. Les nouveaux évêques devraient se montrer des administrateurs (ou des liquidateurs) scrupuleux, pas des chefs du peuple de Dieu, qui cherche pourtant (on l'a vu il y a quelques années) une voie politique, mais n'ose pas la trouver ailleurs que dans la Démocratie mortifère.

Conclusion pratique: L’Action française n'a - hélas!- rien à attendre des catholiques, bien qu'ils soient plus intéressés que les autres Français à faire disparaître la République anticléricale; elle doit donc, dans l'intérêt même de ceux-ci, chercher des forces vives ailleurs...

Les "cathos" auraient tort, aussi, d'espérer du seul Pouvoir temporel une restauration pure et simple de la Chrétienté médiévale. Comme Maurras l'a justement fait remarquer, l'unité de croyance ayant été rompue à la Réforme, et aggravée à la Révolution, il est difficile, d'autant plus aujourd’hui avec la présence de musulmans sur le sol de la Métropole, de rétablir une quelconque unité de Foi, que ce soit par le consentement ou la force.

La Monarchie future ayant à sa tête le Roi capétien Très-Chrétien se caractériserait plutôt par l'absence d'anticléricalisme (qui serait découragé activement chez les élus, les fonctionnaires et les magistrats) que par un prosélytisme activiste, déplacé... et inefficace. La Monarchie nationale n'est pas une panacée, elle est une condition, - aux croyants qui en veulent et qui en ont de convaincre les contemporains de la vérité de leur Foi!

A.F.-Grand Sud-Ouest

Source: http://www.riposte-catholique.fr/perepiscopus/vatican/les-nominations-des-eveques-en-france-aujourdhui

Une autre étude intéressante par l'abbé C. Barthe: http://www.paixliturgique.fr/aff_lettre.asp?LET_N_ID=71

Sur quelques cas particuliers:

- L'outre-mer: http://www.portstnicolas.org/eglise/mini-reponses/eglise/article/comment-les-eveques-sont-ils-nommes-qui-les-choisit

- La procédure de nomination des évêques en Alsace-Lorraine: http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/Dossiers/Eveque-de-Metz-Fumee-blanche-au-ministere

Voir les commentaires

Le cardinal Dolan et la nouvelle minorité de l'Eglise

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

Sans commentaires, pour nos lecteurs lisant l'anglais, les fortes paroles du cardinal Dolan, archevêque de la Nouvelle-York, qui a fait un bon usage des trois (3) minutes généreusement imparties aux orateurs du synode sur la famille qui se déroule en ce moment à Rome:

"A very refreshing, consistent theme of the synod has been inclusion. The Church, our spiritual family, welcomes everyone, especially those who may feel excluded. Among those, I’ve heard the synod fathers and observers comment, are the single, those with same-sex attraction, those divorced, widowed, or recently arrived in a new country, those with disabilities, the aged, the housebound, racial and ethnic minorities. We in the family of the Church love them, welcome them, and need them.

"Can I suggest as well that there is now a new minority in the world and even in the Church? I am thinking of those who, relying on God’s grace and mercy, strive for virtue and fidelity: Couples who — given the fact that, at least in North America, only half of our people even enter the sacrament of matrimony– approach the Church for the sacrament; Couples who, inspired by the Church’s teaching that marriage is forever, have persevered through trials; couples who welcome God’s gifts of many babies; a young man and woman who have chosen not to live together until marriage; a gay man or woman who wants to be chaste; a couple who has decided that the wife would sacrifice a promising professional career to stay at home and raise their children — these wonderful people today often feel themselves a minority, certainly in culture, but even, at times in the Church! I believe there are many more of them than we think, but, given today’s pressure, they often feel excluded.

"Where do they receive support and encouragement? From TV? From magazines or newspapers? From movies? From Broadway? From their peers? Forget it! They are looking to the Church, and to us, for support and encouragement, a warm sense of inclusion. We cannot let them down!"

Timothée, cardinal Dolan

Source: http://cardinaldolan.org/index.php/inclusion-of-the-new-minority/

P.S. Sur le synode qui s'achève dans l'ambigüité et la confusion doctrinales, on lira avec profit l'analyse très bien informée, sévère et mesurée d'une théologienne d'origine canadienne qui rappelle quelques bonnes vérités sur le mariage catholique, notamment sur la loi morale objective et ses rapports avec la conscience, la pastorale conjugale et les vrais enjeux dans les coulisses cléricales:

http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2015/10/26/31004-20151026ARTFIG00282-synode-l-eglise-catholique-devient-elle-protestante.php

Voir les commentaires

L'Action française et les "accomodements raisonnables": la moins mauvaise des solutions dans une Société multiculturelle

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

Les récents ouvrages de Finkielkraut ( http://www.lefigaro.fr/vox/culture/2015/10/15/31006-20151015ARTFIG00094-le-patriotisme-tranquille-d-alain-finkielkraut.php ) et de Manent ( http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/10/12/31003-20151012ARTFIG00204-pierre-manent-disciple-de-charles-peguy.php ) ouvrent le débat sur l'application d' "accomodements raisonnables" en matière cultuelle, culturelle et sociale avec les Diverses Familles spirituelles de la France. C'est, au fond, provoqué par la présence vivante et populaire de musulmans en France, un constat d'échec de deux siècles d'aveuglement athée du pays légal sur le fait religieux et communautaire. Le terme vient de la pratique québécoise et en général du monde anglo-saxon, habitué au management du melting-pot. Le problème actuel peut se résumer ainsi, à la manière d'un syllogisme:

Majeure: La politique est l'art du possible;

Mineure: Or, la France est sous plusieurs rapports une Nation pluricontinentale, pluriraciale, pluriculturelle et pluriconfessionnelle;

Conclusion: Donc, des accomodements raisonnables entre la laïcité, dogme officiel, et le fait religieux sont nécessaires.

Le hic, pour nos gouvernants républicains, c'est que, par la reconnaissance de communautés spirituelles, ils condamnent en principe la vieille logique individualiste et laïcarde de la Démocratie jacobine, initialement pensée contre le catholicisme, mais aujourd'hui dépassée par le caractère englobant les sphères privée et publique de l'Islam. Le Régime est un bloc, un bloc de faiblesse: le contester sur un point équivaut à le détruire.

Pour des patriotes d'Action française, la présence en France (selon certains chiffres) d'un habitant né ailleurs sur dix ne saurait être, en soi, un défi insurmontable. L'hospitalité, la "cosmophilie" ont toujours été des traits distinctifs de notre Peuple. Y répondre avec une xénophobie dépassée (on n'est plus à l'époque de Déroulède ou de Maurras où l'entrée d'étrangers était, somme toute, minime) est vain. De même, l'opposition factice entre assimilation et intégration, concepts complémentaires, du fait de l'existence du Régime, retarde la résolution du problème. En théorie, notre modèle culturel gréco-latin, dont notre dernier cercle de formation d'Action française à Bordeaux (http://af-aquitaine.over-blog.com/2015/10/prochain-cercle-de-formation-d-action-francaise-le-15-octobre-2015-a-bordeaux-notre-civilisation-greco-latine-un-modele-d-humanite.h) traitait pour le plus grand intérêt de ses jeunes participants des deux sexes, est, par son caractère universaliste, intelligible par tous, mais la Démocratie s'acharne à détruire ce qu'il reste d'enseignement des humanités et d'esprit critique, de sorte que Français de souche européenne comme étrangers deviennent des "sauvageons"...

Dans cette situation complexe, il faut trouver des solutions innovantes, think outside the box, penser en-dehors des systèmes, comme le disent les Anglo-Saxons pragmatiques. Il va sans dire qu'un Régime aussi idéologique que la République est incapable d'y arriver sans se renier.

C'est pour cela que la Société multiculturelle est un danger pour sa propre survie. L'idée agitée par Manent que la France est une équation à trois termes: une laïcité non-agressive, une formation historique catholique et la Nation civique assurant l'égalité entre individus, est intéressante pour appréhender notre réalité. A la Monarchie, avec à sa tête un Roi qui en veuille et qui en en ait, de résoudre, si elle en est encore capable, la quadrature de ce cercle français!... A défaut de cette intelligence politique élémentaire, les nationalistes d'Action française de la fédération Grand Sud-Ouest et de ses sections enracinées de Bordeaux & Basse-Guyenne, de Toulouse & Haut-Languedoc, de Pau & Pyrénées et de Bayonne & pays basque, et tous les patriotes en général devront prendre leurs responsabilités pour sauvegarder pour le Peuple l'héritage national, avec ou sans l'héritier dynastique!

A.F.-Grand Sud-Ouest

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/brighelli-les-accommodements-raisonnables-tombeau-de-la-laicite-21-01-2015-1898496_1886.php

Voir les commentaires

Les souvenirs d'ancien combattant d'un catho conservateur

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

On lira ci-dessous, une intéressante interviouve d'un des dirigeants des manifestations de 2013 contre le mariage pédérastique, issu de la "Cité catholique", qui parle d'or.

Ses propos, tirés de sa (courte) expérience de la rue, rejoignent les analyses élaborées de longue date par l'Action française-Bordeaux. Il faut une "Contre-Révolution mentale et sociale" à la Réaction, sans quoi elle n'est qu'une amusette de bourgeois. Avoir raison ne sert à rien, si l'on n'a pas de stratégie politique sur le long terme autre que devenir conseiller régional R.B.M. en Ile-de-France, ou Rhône-Alpes, par exemple... C'est bien là que le bât blesse chez notre boy-scout catho: "Décommunautariser les cathos", c'est bien, mais qu'est-ce que la "Cité catho" a fait depuis un demi-siècle, à part cultiver l'entre-soi?... Ce "syndrome des Parfaits" est l'une des causes des échecs de toutes les tentatives de Réaction depuis 1945.

L'anxiété de l'interviouvé montre bien que, comme le frère Humbrecht l'a démontré (http://af-aquitaine.over-blog.com/2015/05/cathos-et-politique-le-couple-infernal-de-la-bourgeoisie-francaise.html), les cathos ne sont que des "intermittents de la politique", qui préfèrent désormais au combat politique être des "pleureuses". Nous affirmons et répétons que, tant que les catholiques de France n’auront pas dénoncé la Ralliement à la Démocratie, rien ne leur sera possible en politique. Or, ils ne le feront pas avant leurs évêques et ceux-ci avant le Vatican. La cause est donc, malheureusement, entendue.

D'ailleurs, au-delà des cathos et du monde de Droite, c'est toute l'A.F. qu'il s'agirait de "décommunautariser" aussi: sortir du "complexe d’extrême-Droite" (nostalgie d'un "âge d'or", racisme, complotisme, solidarités avec tous les "Réprouvés" y compris les plus abjects, passivité, défense de "valeurs" jamais précisées et, au final, alignement au second tour sur la Droite parlementaire) et parler au Peuple. Pour cela, encore faut-il en être issu.

Cela Pierre Pujo le comprenait fort bien; il n'en va pas de même, loin de là, de ceux qui se prétendent abusivement ses "successeurs". C'est ce à quoi, par son recrutement social large et ses objectifs progressistes, la section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française, en phase avec les autres sections locales (Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées, Bayonne & pays basque) et sous l'égide de la fédération Grand Sud-Ouest de l'A.F. et de son Délégué régional, s'emploie désormais, pour le plus grand succès de la Nation.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

Source: http://www.monde-vie.com/le-blog/43-dialogue-avec-guillaume-de-premare

Voir les commentaires

Le pape François, les catholiques, la Famille et l'Action française

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

On lira ci-après l'excellente analyse du vaticaniste Sandro Magister sur le "jésuitisme" de Notre Saint-Père François. En Lui laissant la parole, il montre de façon éclatante Son revirement depuis la défaite subie par les modernistes au synode sur la Famille d'octobre dernier. Il semble que le Pape ait, bel et bien, retourné sa veste sur les questions les plus controversées! Ceci dit, comme le montre la récente publication du document de travail du prochain épisode (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/06/23/01016-20150623ARTFIG00175-synode-sur-la-famille-l-eglise-n-acceptera-pas-le-mariage-gay.php), le conseil d'ami de la section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française aux catholiques du cru est qu'ils feront bien de demeurer vigilant sur ces questions: il n'y a pas que la Démocratie qui puisse mettre en danger les institutions traditionnelles sur lesquelles reposent les Sociétés! Peut-être est-ce plus urgent pour eux que de s'essayer maladroitement à faire de la politique!...

A.F.- Bordeaux & Basse-Guyenne

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1351008?fr=y

Voir les commentaires

Cathos et politique, le couple infernal de la bourgeoisie française!

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Pour une fois qu'un dominicain, de surcroît ancien maître des novices du couvent de Bordeaux et spécialiste de Gilson, le frère Th.-Dominique Humbrecht, dit quelque chose d'intelligent sur la politique, il mérite d'être écouté attentivement, surtout dans le numéro de Pâques du Figaro de M. Dassault... La section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française partage beaucoup de ces analyses, qui rejoignent ses propres observations, sur les cathos, "intermittents du combat politique", en particulier celles sur le goût de l'argent propre à ces milieux, sur leur pusillanimité et sur la "laïcité à la française". D'autres appréciations sur la nature totalitaire du Régime, sur l'origine "idéologique" du mariage pédérastique, sur le tropisme de Gauche du clergé et du laïcat français vieillissants (mais à quoi servirait de le remplacer par un tropisme de Droite?) sont assez renversantes venant d'un tel oracle.

Le frère insiste avec raison sur la "formation" que les chrétiens ignorants doivent acquérir en matière politique, mais nous doutons que ce soit des organismes d'Eglise, qu'ils soient d'Action catholique ou de Cité catholique, qui puissent légitimement et utilement les leur dispenser! Outrepassant sa mission pastorale, l'Eglise en politique n'aboutit qu'au cléricalisme; la parole de l'Eglise doit être autre, spirituelle. Les catholiques doivent agir de façon individuelle dans les mouvements convenant le mieux à leurs convictions, non collective comme parti confessionnel. L'opinion publique le rejetterait comme contraire à notre conception unitaire de la Nation. Ce n'est pas parce qu'il y aurait un "communautarisme" musulman, et qu'il existe des Etats confédérés qui dominent la République, que les cathos" doivent les singer en cela.

Hélas, les remèdes qu'il propose sont très généraux, un mixte d'idéalisme et de pragmatisme, et... insuffisamment politiques! Notamment, la croyance très mode du bon frère sur l'efficacité prêtée à l'évangélisation ou à la politique "2.0" (virtuelle) est une illusion très commune: dix heures passées derrière un ordinateur ne font pas un militant (dix heures dans la rue non plus!). Comme le dit l'A.F.: pas d'action viable sans doctrine sûre, pas de doctrine éprouvée sans action concrète et durable!

S'il est vrai que "toute chose qui n'est pas connue n'existe pas" (Salazar l'a d'ailleurs dit avant le frère Humbrecht), il ne saurait en résulter le primat de l'agit'-prop' sur tout le reste de l'action politique. Cela signifierait en définitive que l'application de quelques recettes-miracle suffisent à assurer le succès. Or, la conviction est un phénomène intellectuel mytérieux d'ordre intime, personnel, elle ne se propage pas comme une traînée de poudre! Le succès non plus ne s'enseigne pas. Aucune campagne de Presse ou internet, aucune réunion publique, aucun cercle de formation ne peut les déterminer; ces moyens peuvent, à la rigueur, entraîner un mouvement de foule ou d'opinion, mais combien peu stable et susceptible d'échouer! Avant l'action, il faut d'abord les cadres. Et ils ne poussent pas comme des champignons!

De même, le concept, qu'il avance aventureusement, de "laïcité théologienne", est intrinsèquement incompatible avec la République, que Maurras a qualifié de Démocratie religieuse. Comme si l'on pouvait négliger par un vœu pieux l'existence de forces occultes, sur lequel le religieux est très discret, derrière le Régime! En France depuis 1789, on ne sort pas de ce dilemne: Ou la République, mais pas de Dieu, - ou Dieu, mais pas de République.

La transmission des "principes chrétiens qui tissent l'Occident et donnent une certaine conception de l'homme", c'est bien, mais est-on bien sûr qu'ils aboutissent à la Démocratie et à l'homme individualiste et anarchiste des "droits de l'Homme"? Il faut une bonne dose d'aveuglement pour voir dans la devise républicaine (la Liberté signifiant licence sans Dieu ni maître; l'Egalité contre la transcendance; la Fraternité indifférenciée sans les œuvres), l'application de l'Evangile! Une politique chrétienne invite au contraire à dépouiller le vieil homme de la Démocratie, et à transformer radicalement la Société par l'Amour. Comment y parvenir si la Démocratie est tabou, indépassable? De tout cela, le frère Humbrecht ne parle pas. Pour l'Action française, il y a là une contradiction insurmontable. Aussi, faute de cette (contre-)révolution copernicienne (ou maurrasienne), n'est-il pas étonnant qu'il n'offre à ses lecteurs aucune perspective de succès.

Le romantisme de l'échec, drapé dans une vision eschatologique du combat politique qu'il véhicule n'est pas non plus favorable à inciter les cathos à s'y engager. Il semble bien néanmoins que la racine du problème réside ailleurs, dans sa définition incorrecte de la politique ("faire le bien de tous par de belles actions", comme si les vertus morales suffisaient à faire une bonne politique!), définition qui diffère de manière impressionnante de celle, beaucoup plus "humble" et réaliste, que l'A.F. pratique, en particulier dans le Grand Sud-Ouest: rendre possible ce qui est nécessaire au Peuple!

Là encore, on voit que la rupture de l'Eglise avec l'Action française, qui fournissait un débouché politique réaliste et respectueux de leur foi aux croyants les plus cohérents et patriotes, la dessert encore, quatre-vingt neuf (89) ans après! Tant que l'Eglise n'aura pas rompu avec la Démocratie, avec ses pompes et ses œuvres, qu'elle feint de trouver d'inspiration chrétienne, elle continuera d'être vaincue par le laïcisme.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

Q. - Peut-on faire de la politique en se revendiquant d'une appartenance religieuse? N'est-ce pas faire le lit du communautarisme?

Frère Thierry-Dominique Humbrecht - Si c'est au nom de son appartenance religieuse que l'on fait de la politique, cela ne fonctionne pas car celle-ci est faite pour construire le bien commun. Ne servir que sa communauté serait contraire à la vie dans la cité. La politique vise le bien de tous par de belles actions.

Les chrétiens doivent-ils se déclarer comme tels en politique? Cela dépend. C'est un arbitrage délicat qui nécessite de jouer sur plusieurs claviers, en estimant que l'on peut débattre de certains sujets rationnellement -encore faut-il que les interlocuteurs d'autres obédiences acceptent de faire usage de leur raison-, et d'autres selon les diverses théologies. Les questions qui concernent la personne humaine doivent être abordées sous leur aspect sociétal mais aussi dans leur dimension religieuse. Il s'agit de problèmes philosophiques qui nous concernent tous en tant qu'hommes; mais refuser de dire que certaines choses relèvent d'un engagement religieux, c'est avoir pris position par omission. Tous ont une idée de Dieu. La laïcité elle-même est une religion, athée plutôt que neutre. Il n'y a finalement pas de neutralité: ce sont toujours des religions qui s'affrontent.Depuis longtemps, ce sont des chrétiens -ou des personnes qui en ont conservé les cadres mentaux et la culture- qui font de la politique. La plupart sont contraints à ne pas paraître chrétiens, par intimidation ou par inhibition. C'est à ça qu'on les reconnaît.

La plupart des débats actuels touchent à l'homme et à sa dimension religieuse. Le corps politique se saisit de plus en plus de ces problématiques et édicte des lois contraignantes. Alors que s'il était neutre, il devrait les laisser à la liberté des gens.

Q. - Vous affirmez que l'enjeu de la société se situe désormais entre la nature de l'homme et l'existence de Dieu. Qu'entendez-vous par là?

R. - Si Dieu existe, l'homme a une nature et sa vie a un but. S'il n'existe pas, alors l'homme n'a pas de nature et peut s'inventer des buts terrestres. Sartre disait: «Il n'y a pas de nature humaine puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir». On l'a vu pour le mariage homosexuel: l'argumentation pro mariage partait du principe qu'il n'y a pas de nature et que chacun fait donc ses choix. La liberté tient alors lieu de nature et il n'y a pas d'humanité à laquelle on est tenu de se conformer. La liberté sans nature règne sur fond d'athéisme.

Une certaine idée de l'homme est liée à une certaine idée du monde et à une certaine idée de Dieu, triangle vital. Notre rapport à l'un modifie notre rapport aux deux autres et il en existe plusieurs modèles de relation triangulaire. Le choix d'un modèle est lourd de conséquences dans les domaines économique, sociétal et politique.

«Mon royaume n'est pas de ce monde» dit Jésus. Pourquoi s'activer pour un chrétien si la victoire ne sera pas assurée ici-bas?


Q. - Certains chrétiens ne seraient pas touchés par un certain défaitisme, qui les dissuaderait de s'engager en politique?

R. - Le chrétien se bat sur le plan politique parce qu'il est homme, citoyen et chrétien. C'est son rôle, il fait partie du monde. Certes, le succès politique n'a rien d'assuré, Jésus ne l'a d'ailleurs jamais promis. La politique est une affaire humaine et il faut rendre à César ce qui est à César, c'est-à-dire voter, participer autant qu'on le peut à la vie de la cité et défendre les idées auxquelles on tient. D'autant que nous avons perdu -ou sommes sur le point de perdre- nombre de combats humains et éthiques actuels, à cause d'une logique politique, financière et idéologique dont on ne mesure pas encore assez la puissance. Le mariage homosexuel était préparé depuis une quarantaine d'années et dans une optique de subversion antichrétienne du mariage.

Ce n'est pas une raison pour ne pas agir, surtout s'il s'agit de combats qui touchent à la dignité humaine, à la nature, à Dieu. On ne se bat pas pour remporter des victoires terrestres, mais pour le Christ. Aujourd'hui le pouvoir politique musèle la foi chrétienne. Mais si la décision issue de ce combat ne nous est pas favorable, nous aurons tout de même sauvé notre honneur face au Christ, aux autres et à nous-même. Cela sera inscrit dans les cieux. Nous savons aussi que les statues aux pieds d'argile s'écroulent vite.

Q. - Vous désignez les catholiques français comme des «intermittents du réveil». Qu'est-ce qui explique cette tiédeur?

R. - Plusieurs paramètres sont à prendre en compte. Nous sommes dans un pays d'histoire, civilisation et culture chrétiennes. Les chrétiens ont pris l'habitude de s'y croire chez eux et d'y vivre avec une relative passivité. C'est pour cela qu'ils dorment.


Aujourd'hui, la déchristianisation pousse à sortir de sa coquille. Le réveil est lent et douloureux mais nécessaire pour ne pas se laisser dévorer. Il est plus ardu encore pour les plus de cinquante ans qui ont pu vivre en chrétienté de manière confortable, en particulier dans le clergé. De nombreux clercs sont nés à une époque où les églises étaient pleines. Cette laïcisation sauvage les prend de plein fouet et les laisse un peu démunis face à un monde devenu féroce auquel ils n'ont pas été habitués. S'y ajoute une attitude passive au sein de l'Église elle-même, depuis quelques décennies: il s'agissait de se fondre dans la société, de ne surtout pas se dresser face à elle comme un adversaire mais comme un acteur absorbé dans la masse, surtout si celle-ci était de gauche. Agir sans apparaître comme des chrétiens. Il y a eu une force inhibitrice considérable qui se refusait à critiquer les décisions de la société pour ne pas paraître contre le progrès. Par désir de rester dans le coup.


Il faut donc courage et formation -pour parler il faut avoir des choses à dire- pour que les chrétiens se posent en acteur de notre société. Le changement de mentalités s'impose, non pour créer une contreculture, mais pour oser prendre position comme partenaire actif, intelligent et critique. Et cela par la voie de moyens médiatiques, encore trop peu utilisés parmi les pasteurs: peur d'être piégés, mépris de s'abaisser à la communication, ou encore parce que l'essentiel est ailleurs -ce qui n'est pas toujours faux. Malheureusement, aujourd'hui, toute chose qui n'est pas connue n'existe pas, c'est une loi médiatique terrible mais réelle. Une phrase du concile Vatican II dit que la vérité doit rayonner par la force de la vérité elle-même. Cela reste vrai, mais ce rayonnement ne suffit plus s'il est recouvert. Les gens sont gavés de doctrines contraires, notamment par la télévision, et la vérité est noyée dans le brouillard.

Q. - Outre la formation, vous déplorez que les jeunes catholiques s'engagent massivement dans des «métiers muets» au détriment des «métiers qui parlent». Pourquoi cette dépossession de transmission?

R. - Elle n'est pas volontaire. Mais c'est assez étonnant: les catholiques ont le sens très vif de ce qui doit être transmis. Pourtant, proportionnellement, peu s'y engagent. La plupart font des écoles de commerce ou d'ingénieurs, alors que de très nombreux jeunes bobos athées et postmodernes embrassent les métiers de transmission, ils seront les agrégés de philosophie, les politiques ou les journalistes de demain. Ainsi, à égalité de talents et d'études supérieures, les jeunes catholiques font le choix de l'argent. Par prestige social, nécessité pour ceux qui désirent une famille nombreuse… Les métiers de transmission sont moins attractifs car méprisés et peu rémunérateurs. Tous n'ont certes pas à devenir professeurs mais un certain nombre est nécessaire. Au moins quelques-uns!

Q. - Les chrétiens se méfient souvent de l'ambition politique. Est-ce un tort?

R. - Nos jeunes grandissent avec la nouvelle évangélisation. Mais s'ils ne disent rien, ils n'évangélisent personne. Il ne s'agit pas seulement de témoigner mais aussi de transmettre. On ne dit pas assez à ces jeunes l'importance des métiers de transmission. Certains s'imaginent qu'une réserve est prête à se lever pour faire le travail. Il n'y en a pas. Je crois beaucoup en cette loi: «Tout peut être fait s'il y a des gens pour le faire». Si des courageux s'engagent, les choses avancent. Au fond, j'essaie de déclencher un déclic de cohérence: vous voulez transmettre? Transmettez!

Certains craignent de se salir les mains. S'il y a des compromissions à faire sur la morale, Dieu ou l'homme, il faut effectivement s'y opposer. On peut toujours dire non.

Il peut aussi s'agir de pusillanimité: on n'ose pas avoir de grands projets et on se contente de petits. Si des jeunes, qui ont fait de brillantes études et se destinent à une prestigieuse carrière, se cantonnent à leur paroisse, c'est dommage. Leur ambition elle-même n'est pas assez christianisée et manque de magnanimité, cette vertu qui consiste à faire de grandes choses. C'en est assez du misérabilisme des projets chrétiens! On veut aussi du grand!

Q. - Justement comment atteindre une laïcité apaisée dans notre société?

R. - L'ambition est l'adaptation des projets à ses capacités. L'humilité consiste à être vrai. Elle essaie de réaliser ce que nos talents nous invitent à faire devant et selon Dieu. Il est ainsi possible d'être ambitieux et magnanime tout en étant humble. En revanche, l'humilité n'est pas la modestie, dans laquelle la personne comprime son affectivité pour s'effacer dans tous les domaines. On peut être ministre et humble, épicier et orgueilleux. L'humilité se détermine au don de soi à la mesure des talents reçus. Il ne faut pas vivre son ambition de manière laïque, modeste chez soi et requin dehors. Mieux vaut donner son meilleur.

Dans mon livre, j'invite à sortir d'une laïcité sectaire pour parvenir à une laïcité théologienne, c'est-à-dire instruite des différentes religions. La laïcité à la française a été faite par des catholiques, pour et contre des catholiques. Elle est configurée pour la religion chrétienne, dans laquelle la foi établit la distinction entre l'agir de Dieu et l'agir humain, même si la laïcité a détourné la distinction en opposition. En revanche, elle ne marche pas avec l'islam, où Dieu fait tout, et qui se définit d'abord par la politique. Demander aux musulmans de vivre dans un régime laïque, c'est violenter leur religion de manière ignorante et dangereuse. Ce cadre, nécessaire pour nous, peut susciter une rancœur dont nous n'avons même pas idée, et qui se paiera un jour…

Notre laïcité est aveugle, il la faudrait plus instruite. Peut-elle résoudre les questions sociales qui se posent? Une société sans Dieu est impuissante à rendre les hommes heureux. Une laïcité théologienne lui permettrait d'être moins sectaire.


La chrétienté de conviction est la situation dans laquelle nous nous trouvons: une certaine marginalité. Les chrétiens sont «exculturés» par la laïcité, la postmodernité militante et la culture médiatique actuelle. Ils ont pourtant une carte à jouer décisive: leur présence dans la société est pacifiante, parce qu'elle fait vivre les principes qui ont fait notre civilisation. Les chrétiens sont des éléments de liant social à une époque où la violence est de moins en moins jugulée par les politiques. Ils ont un rôle crucial de transmission des principes chrétiens qui tissent l'Occident et donnent une certaine conception de l'homme. Les hommes politiques ne s'y trompent pas: derrière leurs discours laïcards, sur le terrain, ils comptent sur les chrétiens.

Q. - Qu'est-ce que la chrétienté de conviction? Quels en sont les enjeux?

R. - Quand un jeune chrétien se met à parler, ses propos portent. La chrétienté de conviction consiste à redevenir une force de proposition. Si un catholique ose annoncer les fondamentaux qui valent pour les chrétiens mais aussi pour les autres partenaires de notre société et renouer les liens entre christianisme et culture, il fait vaciller les idoles. Je souhaite aussi qu'il les renverse par un gigantesque éclat de rire, elles ont en ce moment un air tellement guindé et ridicule..."

Source: http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/04/03/31003-20150403ARTFIG00319-les-catholiques-sont-ils-nuls-en-politique.php

Voir les commentaires

Le cardinal Burke aux avant-postes de la défense de la Foi

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

On lira ci-après l'excellente interviouve du cardinal américain Raymond Burke, ancien préfet du Tribunal de la Signature apostolique et aujourd'hui, par la volonté de N.S.P. le pape François, protecteur de l'ordre de Malte, un poste plus honorifique que stratégique. On y verra que dans la grande tradition de liberté de parole des chrétiens, à la manière de sainte Catherine de Sienne, il n'hésite pas à mettre en cause le rôle ambigu du pape dans le déroulement du synode d'octobre dernier sur la famille, qui a désorienté tant de catholiques peu avertis de la lutte qui oppose, à l'intérieur même de l'Eglise, novateurs et conservateurs en matière de dogme et de discipline ecclésiastique et sacramentelle. Cette courageuse prise de position, à la suite de celles du synode, place ce cardinal sexagénaire à l'avant-garde des défenseurs de la Foi et de la morale traditionnelle.

A.F.-Grand Sud-Ouest

Version originale: http://theradicalcatholic.blogspot.it/2014/12/an-intereview-with-cardinal-burke.html

Traduction française: http://benoit-et-moi.fr/2014-II/actualites/une-interview-du-cardinal-burke.html

Voir les commentaires

Traditionalisme catholique et charité: une nécessaire alliance dans le combat spirituel

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

A la veille de Noël, il n'est peut-être pas inutile de se rappeler que la charité se pratique de proche en proche. On lira donc avec intérêt l'article ci-après, qui donne la parole à l'une des grandes figures du traditionalisme catholique monastique au XXème siècle. Il a le mérite de montrer que certaines conceptions activistes du catholicisme traditionnel peuvent très bien dériver d'un modernisme de pensée déplacé en matière spirituelle et qui n'a rien à envier au progressisme chrétien.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

___________________

"En 1972, le Père Eugène de Villeurbanne fondait le couvent des capucins de Morgon (Rhône) pour maintenir toute la pureté de la règle franciscaine malmenée par les épreuves de la période conciliaire. Très proche de Mgr Lefebvre, il lui demanda de former et d’ordonner ses futurs prêtres. C’est ainsi que l’archevêque conféra le sacerdoce à quatre d’entre eux entre 1982 et 1986, après les avoir formés à Écône. Adonné à la prière, éloigné du monde, faisant rayonner la charité, le Père Eugène eut le souci, jusqu’à sa mort survenue en 1990, de perpétuer l’esprit du Poverello d’Assise, au cours de la sèche période de l’aggiornamento où certains clercs, rongés par l’activisme et par le mépris de toute tradition, avaient fait du domaine religieux un champ d'action politique et voyaient dans leur prochain un ennemi extrémiste à mépriser et à combattre. En 1982, le Père Eugène se rendait compte que le même danger pouvait un jour s’emparer des rangs de ceux qui avaient pourtant eu le courage de défendre la messe et le catéchisme traditionnels. Grand était le risque de voir au sein du monde catholique une guerre partisane de tranchées où le principal ennemi n’était plus le vieil homme qui sommeille en nous mais le voisin de chapelle qui ne fait pas exactement comme nous. Il mettait en garde contre le péril qui consistait à « se confiner dans un traditionalisme de combat ».

« De tous côtés s’installe la division, se manifestent les colères, de l’orgueil, de l’injustice. Des « traditionalistes » un temps d’accord sur les vérités claires et essentielles de la foi mettent leur honneur à soulever des « problèmes », à raison avoir sur des questions d’importance lointaine pour la vie quotidienne des fidèles. Les intelligences s’estiment traditionalistes mais les cœurs ne le sont plus si jamais ils l’ont été. La charité fraternelle est, elle aussi, une richesse de la Tradition.

« Le danger est grand de se confiner dans un traditionalisme de combat, de concevoir les vérités de la foi comme une occasion de lutte, de coups et de victoire, de considérer la théologie dogmatique comme un arsenal de guerre ou même trop exclusivement comme le moyen de l’illumination de l’intelligence dans l’oubli des yeux du cœur assoiffé d’espérance, avide de goûter les trésors de gloire que renferme l’héritage de Jésus-Christ. Grand est le risque d’accommoder les vérités de Jésus-Christ et les membres de Jésus-Christ à ses propres goûts ; saint Paul nous a appris où cela pouvait conduire.

« La présence des fidèles à notre messe traditionnelle n’est pas une finalité, la foi aux vérités dogmatiques ne l’est pas non plus ; ce qui compte c’est la foi qui opère par la charité et conduit à la charité pour Dieu et à la charité fraternelle. Les institutions chrétiennes, la catéchèse, la théologie ne doivent pas seulement conduire les âmes aux portes d’entrée de l’amour surnaturel ; elles doivent faire progresser dans le domaine illimité des ascensions dans les profondeurs et les altitudes de l’amour de Dieu, dans le dulcor charitatis. Nul ne saurait s’y enfoncer s’il est en désaccord avec ses frères. « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas ». Entendons saint Paul nous dire « Du moment qu’il y a parmi vous jalousie et discorde, n’êtes-vous pas charnels et votre conduite n’est-elle pas tout humaine ». Un « traditionalisme » qui a perdu la charité est-il encore traditionnel ? »

Cité par le Combat de la Foi et par Lecture et Tradition, n° 98, novembre-décembre 1982, pp. 7-8.

Source internet: http://credidimus-caritati.blogspot.fr/2014/09/pere-eugene-de-villeurbanne-le-danger.html

Voir les commentaires

L'Action française-Bordeaux avait raison: Il n'y a pas de problème musulman en France!

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

L'Action française-Bordeaux avait donc (encore) raison! Cela fait des années que nous le disons sur tous les tons: il n' y a pas de problème musulman en France, il n'y a qu'un problème posé aux Français par la survie de la Démocratie. Ce constat empirique, partagé par les autres sections locales de la fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française (Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées et Bayonne & pays basque) est aujourd'hui corroboré par des chiffres incontestables, données objectivement établies, et par l'avis d'experts indépendants de la question démographique: l'article, qu'on lira plus bas, de Michèle Tribalat, notamment, dont la science a été instrumentalisée par des politiciens sans scrupules, parlementaires ou "métapolitiques" de la "Nouvelle Droite" identitariste, réduit à néant ces interprétations abusives. Le rapprochement entre les recherches de l'I.N.S.E.E. et une récente étude d'I.P.S.O.S.-Mori tombe à point nommé.

Décrier bêtement les musulmans, pour se prendre à bon compte pour un "résistant", c'est oublier un peu vite que, par la colonisation, dont nous pouvons être légitimement fiers, nous avons une histoire commune, parfois conflictuelle, le plus souvent pacifique, avec eux, et ce depuis Saint-Louis, dont l'Action française fête cette année dans l'indifférence générale du pays légal le huitième centenaire de la naissance. Ce genre de lien historique ne se rompt pas aisément. C'est oublier qu'en les larguant lâchement pour jouir égoïstement d'un niveau de vie bourgeois pendant les "Trente Glorieuses", nous avons manqué à la parole donnée par les héros et les saints de la colonisation. C'est négliger le fait que la décolonisation hâtive a créé des régimes oppressifs et économiquement contre-productifs. Il est donc naturel que les musulmans francophones se tournent vers nous pour espérer une amélioration matérielle et morale de leur sort. Inconsciemment, ne souhaitent-ils pas, tout comme nous, la réparation des fautes politiques de la Démocratie qui incombe à un Régime enfin national? La France réelle n'a aucun contentieux avec ces populations. Sûre d'elle-même, de son passé comme de son avenir, elle ne peut qu'avoir sympathie pour leur noblesse et pour leur croyances. L'attitude compréhensive à l'égard de l'Algérie des princes d'Orléans, du royaliste Barbey d'Aurevilly, plus tard celle de l'Action française, de Maurras et de Pierre Pujo à l'égard de Mayotte ne nous dictent-elles pas celle que nous devons avoir aujourd'hui?

Le fait de la présence durable de musulmans sur le sol national est ainsi dans l'ordre des choses, dans le "sens de l'histoire". Que cette situation déplaise ou non, la coexistence des religions monothéistes et à fondement patriarcal catholique et musulmane ne crée aucun heurts dans une Société sécularisée. Sans obscurcir le moins du monde leurs différences dogmatiques fondamentales, leur collaboration pratique sur un terrain limité à l'éthique (à condition bien entendu que ne s'y mêle aucune préoccupations de politique intérieure ou étrangère, ni aucune influence extérieure) participe de la défense utile d'un humanisme méditerranéen face aux dérives "sociétales" engendrées artificiellement par la Démocratie. Il en découle que la pratique, dans le respect de l'ordre public, de leurs rites dans des édifices appropriés est aussi parfaitement acceptable (rappelons que Maurras ne s'opposait pas à la construction de la mosquée de Paris). De même, l'intégration des Français d'origine étrangère au marché du travail se fait naturellement, dans une conjoncture difficile. Enfin, l'assimilation globale de la grande majorité des musulmans au mode de vie français et leur respect pour la Patrie, communauté de destin de tous, pour sa grandeur, leur volonté de vivre et de travailler honnêtement et leurs espoirs pour son avenir sont évidents.

Ces études internationales sérieuses montrent la part de fantasme que le nombre d'étrangers en général et de musulmans en particulier suscitent en Europe occidentale et aux Etats-Unis. Cette appréciation repose uniquement sur une perception erronée, aggravée par la démagogie des politiciens qui profitent de l'ignorance statistique générale, de peurs irrationnelles causées par leurs propres politiques économiques et de quelques faits divers pour engranger des voix. Si l'on veut faire une politique vraiment française, en reprenant légèrement, comme tel parti d'extrême-Droite l'a fait depuis trente ans, des faits erronés, on ne peut qu'ajouter à la confusion des esprits sans aucun profit pour le peuple français, exceptés les professionnels qui font carrière à ses frais à tous les échelons du mille-feuilles démocratique, y compris au Sénat!

La solution dès lors est très simple: à l'intérieur de la France, se débarrasser des politiciens et du Système qui permet de diviser entre eux les Français, et confier le gouvernement à des hommes sages qui sauront raison garder: en d'autres termes au Roi et à ses ministres patriotes. A l'extérieur, proposer aux nations issues de la décolonisation un partenariat stratégique librement inspiré du modèle de l'hispanité, une forme de confédération francophone d'Etats indépendants, sous la Couronne tutélaire du Roi de France, qui promeuve dans les rapports politiques, économiques et humains un art de penser, de produire et de vivre mutuellement profitable, fluidifiant la circulation des denrées, des individus et des familles qui constitue le cœur du problème de l'immigration, et dont tous les citoyens, y compris les Français métropolitains, auraient la double nationalité. Alors pourra-t-on réaffirmer sereinement que la Nation française, par son histoire, est une réalité pluricontinentale, pluriraciale, pluriculturelle et pluriconfessionnelle.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

Pour aller plus loin, nous recommandons la lectures des deux analyses suivantes, qui devraient beaucoup embarrasser les professionnels du racisme politicien:

1/ L'article militant d'une sociologue au Nouvel Obs':

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1267442-le-nombre-de-musulmans-surevalue-par-les-francais-l-ideologie-raciste-fait-son-chemin.html

2/ Celui moins passionné de la démographe Michèle Tribalat au Figaro:

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/10/31/31003-20141031ARTFIG00311-surestimation-du-nombre-de-musulmans-en-france-le-decryptage-de-michele-tribalat.php

Voir les commentaires

Muray, triomphalisme et "nouvelle évangélisation"

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Ci-dessous, un court texte percutant (et injuste), mais pas mal vu, dans lequel l'essayiste Philippe Muray, pourfendeur de l'homo festivus sous toutes ses formes, met en évidence le caractère factice de certains aspects de masse de la "nouvelle évangélisation" et la mentalité "triomphaliste" de la jeunesse catholique.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

«[…] On n’a pas eu tellement tort, l’été dernier, lors des Journées Mondiales de la Jeunesse, de parler de Catho Pride. Si l’Eglise et son histoire ont vraiment disparu, c’est peut-être durant cet épisode d’apparente euphorie. Tout cela s’est dissout dans la fierté d’être catholique, dans un contentement de soi unanime et carnavalesque, d’où le concret humain (le désaccord avec le monde-donnée) s’était déjà retiré sans doute depuis longtemps. La messe s’est engloutie dans la kermesse ; et l’ancien catholicisme, comme tous les autres cultes, dans cette mystique des temps nouveaux qu’il faut désormais appeler panfestivisme. L’apparition de cette religion nouvelle se fait bien entendu aux dépens de toutes les autres, dont elle conserve d’ailleurs certains traits, tout en les privant de leur valeur essentielle (conflictuelle). A l’occasion de ces JMJ, l’Eglise n’a pas davantage renoué avec les masses qu’elle ne fait l’apprentissage des médias quand l’épiscopat décide de discuter d’internet avec l’académicien séraphique Michel Serres, dispensateur suprême de la cyber-pommade des temps multimédias. Dans l’un et l’autre cas, cette espèce d’aggiornamento n’est que l’acte d’allégeance d’une institution deux fois millénaire au nouveau maître hyperfestif. […]»

Source: Après l'Histoire, 2000.

Voir les commentaires

Le catholicisme se porte plutôt bien, merci pour lui!

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Alors que les cardinaux s'assemblent à Rome pour élire le successeur de pape démissionnaire Benoît XVI, on pouvait lire un intéressant article du chroniqueur religieux du Figaro, Jean-Marie Guénois, sur l'état du catholicisme en Europe, que nous reproduisons plus bas avec nos intertitres. Contrairement aux vues alarmistes sur la prétendue "déchristianisation" du continent en général et de la France en particulier, il dresse un diagnostic raisonnablement rassurant, fondé sur des statistiques vérifiables, que partage entièrement l'Action française-Bordeaux & Basse-Guyenne! Le catholicisme a de beaux jours d'apostolat devant lui!

A.F.

Armoiries fastueuses Bx

 

"Malgré toutes les crises, le continent européen maintient un noyau de catholicisme actif et profond, plus ou moins important selon les pays, mais relativement stable.

Une relative stabilité
dans les pays de vieille chrétienté 
 

"Le catholicisme européen, pour usé qu'il soit, connaît plutôt une stabilité dans les populations liée à son statut historique, spirituel et culturel. Mais elle est associée à une lente décroissance, dont le vieillissement du clergé est le symptôme. La crise de confiance provoquée par la révélation des scandales de prêtres pédophiles, en Irlande et en Alle­magne notamment, affecte la situation mais de façon passagère, comme l'ont démontré les États-Unis, qui l'ont connu beaucoup plus tôt et qui voient aujourd'hui un retour à la normale. Ce qui indique pour l'avenir que, malgré toutes les crises, le continent européen, de très ancienne chrétienté, maintient un noyau de catholicisme actif et profond, plus ou moins important selon les pays, mais relativement stable.

 

"Ainsi les chiffres des baptêmes sont-ils très révélateurs. Parue cette semaine, une étude américaine de l'institut Pew Forum sur quatre pays de tradition catholique (Italie, France, Allemagne, Espagne) démontre qu'entre 1975 et 2010 il y a une stabilité des baptêmes en France et en Italie, une progression en Espagne et une légère baisse en Allemagne. Cette tendance longue démontre l'inscription du catholicisme dans une part non négligeable de la population, même si ces baptisés ne sont pas forcément pratiquants.

La Pologne, bon élève de la classe

"Quant aux relativement bons chiffres des ordinations de prêtres européens, ils ne sont dus qu'à la Po­logne. Ce bastion du catholicisme fournit en effet près d'un tiers (29 %) des ordinations de prêtres européens. De plus, l'érosion toute relative constatée depuis les années 2000 dans le pays natal de Jean-Paul II - encore 500 ordinations par an depuis dix ans tout de même, six fois plus qu'en France - ne doit pas cacher un dynamisme stupéfiant: il y a autant d'entrées, chaque année, au séminaire en Pologne (2300 environ) que dans tous les séminaires réunis des États-Unis et du Canada!

 

Petites armes du Siège apostolique

 

"Plus inquiétante est l'Italie. Bien après la France, qui a connu une ­crise des vocations dans les années 1970, et après l'Espagne, où cette décroissance frappa dans les années 1980, c'est au tour des évêques et cardinaux italiens de se faire du souci. Ils ne regardent plus avec la condescendance qui les caractérisait leurs confrères européens aux prises depuis longtemps avec ce phénomène, car ils en sont aujourd'hui les vic­times. L'Église italienne reste toutefois la deuxième en Europe après la Po­logne, même si elle est passée, en dix ans, d'une moyenne de 500 à 400 ordinations par an. La chute se confirme. Elle s'explique aussi par la situation démographique drama­tique de ce pays, symbole par excellence du catholicisme.

 

"En tout état de cause, les catho­liques européens ne peuvent pas se plaindre. Au Vatican, une statis­tique est très révélatrice. Elle me­sure le «taux d'encadrement», pourrait-on dire, des fidèles catholiques. C'est ainsi qu'il y a un prêtre pour environ 7000 catholiques en Amérique du Sud, un prêtre pour 1500 catholiques en Amérique du Nord, un pour 4800 catho­liques en Afrique. Et un prêtre pour 1500 catholiques en Europe.

 

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/03/08/01016-20130308ARTFIG00551-catholicisme-lente-decroissance-en-europe.php 

Voir les commentaires

Joyeux Noël de Palestine... quand même!

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

"Vos amis palestiniens, chrétiens et musulmans, vous ont écrit à l’occasion de Noël et du nouvel an.

 

V Victoire 

 

• Jésus est né sur notre terre. Notre état est né aux Nations Unies et la paix adviendra pour nous Palestiniens à partir de la fin de l’occupation (Issa Nasser)

 

• L’injustice où que ce soit est une menace partout pour la justice a dit Martin Luther King. Les Palestiniens souffrent partout de l’injustice. Votre pays y a pris part dans le passé. Il est maintenant temps d’y porter remède. Donnez-nous notre justice afin de protéger la vôtre. (Hani Samer)

 

• L’occupation a recours à la terreur, aux assassinats, à l’intimidation, à la confiscation des terres et à la suppression de tous les services sociaux pour nous humilier. Rejoignez le “Jésus nouveau-né” pour appeler à notre libération et à notre auto-détermination. (Samir Azar)

 

• “N’ignorons pas la vérité entre nous” la Palestine est pour les Palestiniens, ceux qui vivent dans le pays ou ceux de la diaspora, parce que nous l’avons habitée. Les Israéliens qui n’ont jamais été chassés de ce pays veulent venir s’y établir. (Inconnu)

 

• Enfant Jésus “daigne pardonner aux Israéliens” parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. (John Khader)

 

• 75% du mur de l’apartheid a été construit sur des terres de Cisjordanie que nous Palestiniens revendiquons pour notre état. Il encercle Jérusalem et Bethléem, les villes de la nativité et de la résurrection. Ce mur sépare des familles, abîme des terres fertiles, enferme des villes comme Qalqilya dans des ghettos, empêche les enfants de communiquer avec leurs amis et leurs écoles. Vous, hommes de bonne volonté, veuillez venir nous aider à le détruire. (Rami Hanna)

 

• Joseph et Marie ne pourront pas cette année traverser le point de contrôle de Nazareth vers la Cisjordanie parce qu’il faudrait que leur âne obtienne un permis magnétique. Alors Marie va donner naissance à Jésus entre le village palestinien de Jalameh et Mukeibleh. Si vous voulez voir Jésus, allez donc là-bas. Merci (Said Sawalha)

 

• Jésus était palestinien. Les Palestiniens sont fiers de Jésus. À ceux qui on tué des enfants palestiniens à Gaza nous n’adresserons pas Jésus avant qu’ils ne se repentent. (Marie Safieh)

 

• L’“Enfant Jésus” cette année va pleurer avec les enfants de Gaza qui demandent de l’eau, du pain et un abri pour se protéger du froid. Il va vous dire qu’il est maintenant réfugié à Gaza et qu’il demande le droit de revenir à Nazareth avec ses amis palestiniens. (Jalileh Ghattaz)

 

• Puisse la paix s’étendre sur nous et que disparaissent les scènes de tirs, de bombardements, de destruction, de victimes, de faim et de soif. Puisse la Palestine connaître la paix avec la grâce de Noël. (Philip Jahshan)

 

• Les Israéliens sont un fardeau trop lourd à porter. Pouvez-vous nous aider à nous délivrer de cette occupation et en retour je dirai à Jésus à Bethléem de vous accorder longue vie et paix intérieure ? (Hanna Ameen)

 

• Israël va un jour quitter notre pays. Nous lui pardonnerons mais n’oublierons pas tous ses crimes à notre encontre. Par contre nous n’oublierons jamais que vous nous avez laissés tomber au milieu de notre souffrance et nous ne pardonnerons pas votre silence. Désormais ne perdez pas votre humanité en nous laissant tomber. Montrez-vous humains à l’égard des opprimés. (Muhammad Safi)

 

• Le jour de Noël est un jour de protestation contre le mal. La protestation n’abandonne pas. Si vous gardez le silence, vous contribuez à faire le mal. Rejoignez les Palestiniens dans cette fête pour chanter : “Paix et joie”, et vous aurez la paix et la joie. (Muhanna Id)

 

• Jésus à Noël donne aux Palestiniens la force de ne pas fléchir. Voilà pourquoi les Israéliens ne vont pas s’imposer à nous davantage pour nous humilier. Israël nous a mis assez bas et c’est pourquoi nous haïssons leur occupation. Nous continuerons à combattre les guerres du monde, à résister pour gagner la paix. C’est alors qu’ensemble nous vivrons en frères. (Jihad Jaber)

 

• Engagez-vous pour la justice, la paix et la fraternité. (Muslih Salameh)

 

• De Palestine, berceau des religions et de la paix, en ce temps de Noël nous adressons nos meilleurs vœux à ceux qui nous ont soutenus dans nos souffrances et notre résistance. Quant à ceux qui ont contesté notre droit à la liberté et à la paix, qui ont ignoré la douleur des blessés et des prisonniers, ou méprisé les plaintes et les gémissements de nos mères, de nos sœurs et de nos enfants, nous espérons les rencontrer face à face dans la basilique de la nativité et ils seront honteux d’y rencontrer Jésus et les Palestiniens. (Nehru Haddad)

 

• Joyeux Noël à nos frères chrétiens de partout. Musulmans et chrétiens de Palestine, la terre de la nativité et de l’amour, adressent leurs meilleurs vœux au monde entier, même aux fidèles de ces pays qui ont contribué à nous faire du mal en donnant notre pays aux Israéliens, principalement le Royaume Uni. Il est maintenant temps de remédier à cette erreur et à ce péché historique que vous avez commis et de réparer le dommage que vous avez fait aux Palestiniens. Il est temps pour la JUSTICE. (Abdul Karim Shbeir)

 

• Croyants de ce monde, le lieu de naissance de Jésus Christ vous implore de mettre fin à l’injustice de l’occupation. Cessez de tuer et de détruire. Nous ne sommes pas des terroristes mais nous sommes en quête de libération et de liberté. Dieu est amour et paix alors que l’occupation est rancune et guerre. (Ahmad Hillis)

 

• De Palestine, terre de messages divins et de lieux saints, j’adresse au monde entier mes meilleurs vœux de joie et de bonheur à l’occasion de Noël et de la nouvelle année 2013. Chrétiens et musulmans resteront unis pour vaincre les occupants de notre terre et principalement de Jérusalem. (Avocat Mohammed Shadfan)

 

• Notre message au monde depuis la grotte de la Nativité est paix, justice et amour pour le monde entier. Nous aspirons à une paix internationale pour tous, à agir pour faire advenir la justice au lieu de préparer des guerres, et à lutter partout contre la pauvreté pour obtenir la justice pour tous. Puisse la grâce et la puissance du Christ notre Rédempteur, le prince de la paix, stimuler et inspirer les dirigeants du monde à emprunter le chemin de la paix afin qu’il n’y ait plus personne d’opprimé et de privé de ses droits. (Père George Awad, prêtre grec orthodoxe de Jifna)

 

• Arrête ceux qui tuent. C’est le temps de la paix. Engagez-vous pour la paix et la justice. (Hanan Saliba)

 

• Dieu nous a donné le Christ pour nous enseigner à être humain, à emprunter la voie de la paix et de l’amour. Au contraire, le monde nous apporte souffrances et haine. L’Occident a donné la Palestine aux sionistes. Les États-Unis ont détruit l’Irak, la Lybie, en attendant plus. (Ibrahim Ebeid)

 

• Palestiniens et Israéliens vivent dans la peur les uns des autres. Comment peuvent-ils voir clairement leurs liens avec les autres ? Peuvent-ils témoigner de la compassion les uns envers les autres ? Oui, si vous les aidez à accepter que le “Jésus nouveau-né” touche leurs cœurs et leurs esprits pour y laisser une marque du ciel. Après cela ils pourront tendre les mains les uns aux autres et dire : la paix et la joie soient avec vous. (Ramzi Halabi)

 

• Fixe les frontières d’Israël, règle le statut de Jérusalem et protège-nous. Alors Noël pourra entraîner la paix et la renforcer (Samar Hattar)

 

• La paix ne peut se réaliser que dans la vérité et la justice, le respect et la protection des lieux saints (Samira Hanhan)

 

• Les conditions de notre occupation et de nos exils sont tellement critiques et instables qu’on ne peut pas accepter que cela dure plus longtemps. (Anetta Bandak)

 

• De mon exil, en tant que réfugié palestinien, je saisis l’occasion de Noël pour adresser mes meilleurs vœux à tous dans ma patrie, aux chrétiens et aux musulmans. J’ai fait le rêve de prendre part à cette fête avec vous dans l’Église de la Nativité à Bethléem mais avec les interdictions israéliennes c’est devenu impossible. Mon pays est sous occupation. Ma terre est confisquée et ma maison détruite. Israël m’a envoyé avec mon peuple dans la diaspora. Même de nombreux chrétiens de Terre Sainte ne pourront pas non plus cette année se rendre à l’Église de la Nativité et au Saint Sépulcre pour y prier. J’appelle tous ceux qui fournissent des armes de destruction à Israël à réfléchir et à agir pour la paix et le bien public. Quand la conscience du monde va-t-elle réagir pour mettre fin à l’injustice et rétablir les droits des Palestiniens ? Puisse la paix de la ville de la paix dans la terre de la paix arriver à s’étendre sur nous tous ! (Younis Katari)

 

• En ce temps de Noël j’ai le plaisir et l’honneur d’adresser mes meilleurs vœux à mes compatriotes chrétiens de Birzeit et à tous les chrétiens du monde et je demande pour vous tous sécurité, santé et prospérité. Joyeux Noël et heureuse nouvelle année 2013. (Taysir Farsakh)

 

• En cette circonstance spirituelle de la naissance du Christ Jésus, je vous implore et vous prie de convaincre Israël de ne pas craindre de faire un pas vers la paix. (Ahmad Masri)

 

• Pour éviter une nouvelle guerre en Palestine et une grande guerre religieuse dans la région, partageons le pardon, la miséricorde et l’espoir dans l’humanité pour mettre fin à cette occupation haïe. Priez pour nous dans cette terre qui n’est plus sainte. (Aref Muhammad)

 

• À l’approche de Noël cette année en Terre Sainte, tout ce que nous voyons et tout ce que nous faisons nous rappelle que nous célébrons l’incarnation de Jésus ; ce petit enfant emmailloté dans une mangeoire (Luc 2, 12) ; né dans un monde plein de conflits, de guerre et d’injustice. Lui, tout comme nous, a fait son entrée dans un monde où les “flèches sont aiguisées… où les arcs sont tendus” où les “lions grondent et rugissent en s’emparant de leur proie pour l’emporter sans que personne ne s’y oppose” et où dans tout le pays ce n’est que “ténèbres et détresse” (Isaïe 5, 28-30). Chaque année à nouveau, est née avec lui une lumière si grande qu’elle emplit le monde entier révélant à toutes les nations (Luc 2, 29) l’annonce du salut, de la paix et de la gloire. Oui, tout en Terre Sainte nous rappelle cette nuit sainte.

 

• Cette année, dans ma préparation à Noël j’ai rencontré David, l’ancêtre du Christ ; un ancêtre qui joue un rôle très important dans la préparation du chemin du Seigneur, 28 générations plus tard. En lisant le récit de l’onction de David, je me suis trouvé face à une question très pertinente. Nous lisons que le Seigneur dit à Samuel : “Je t’envoie vers Jessé de Bethléem, parce que je me suis choisi un roi parmi ses fils.” Samuel a répondu : “Comment pourrais-je y aller ? Lorsque Saül l’apprendra, il me tuera.” Le Seigneur a dit alors : “Prends avec toi une génisse et dit : je suis venu offrir un sacrifice au Seigneur.”Invite Jessé au sacrifice et je te révélerai ce que tu dois faire ; et tu oindras pour moi celui que je te désignerai.” Samuel fit ce que le Seigneur avait ordonné et s’en alla à Bethléem. Les anciens de la ville vinrent à sa rencontre en tremblant et lui demandèrent : Viens-tu avec des intentions de paix ? (1 Sam 16, 1-4)

 

Les souffrances que nous avons connues cette année au cours des jours et des semaines qui ont précédé la venue de Noël n’ont pas seulement atteint une fibre de peur dans les cœurs et les esprits de tous mais elles nous ont conduit à nous demander : comment le monde peut-il voir ce qui se passe et rester indifférent à ce point ? À la suite de ce à quoi nous avons survécu cette année, ici dans la ville de Bethléem – avec des roquettes au-dessus de nos têtes et des avions de combat qui rompent le silence, avec la guerre récente contre Gaza, avec l’acceptation d’un état pour la Palestine en dépit des nombreuses menaces et tentatives de blocage et dans le sang et les larmes versées par des mères et des pères innocents qui pleurent leurs enfants – nous devons vous arrêter à votre arrivée à Bethléem pour vous demander : “Venez-vous avec des intentions de paix ?” Comment se pourrait-il qu’un pays qui est occupé depuis 64 ans, qui souffre des actions de guerre, des annexions et des séparations, une nation en exil puisse être menacé alors qu’il demande la démocratie et un état qu’on lui a promis ? Comment une grande partie du monde pourrait-elle regarder la Palestine et lui dire : non vous ne méritez pas d’être un état ?

 

Oui, cette année, alors que nous approchons de Noël et que des gens de tous les coins du monde bouclent leurs bagages pour venir à Bethléem, je demande au monde entier : pourquoi venez-vous, venez-vous apporter la paix ? Nous avons le droit et le devoir de dire au monde dont les bagages sont bouclés, qui vient célébrer la paix et la gloire, où étiez-vous lorsque nous souffrions ? Pour quelle raison venez-vous à cette célébration ? Si vous venez rencontrer le Christ enfant emmailloté et couché dans une mangeoire, vous êtes venus trop tard. Si vous êtes venus parce qu’une étoile dans le ciel vous a indiqué le chemin, vous ne pouvez plus la voir parce que quelque chose d’autre illumine nos cieux. Si un ange est apparu pour vous dire que le Christ était né et vous inviter à venir lui rendre visite, ne vous a-t-il pas parlé de tous les petits enfants qui ont été tués et de tous ceux qui sont privés d’avenir ? Quoi que vous fassiez, s’il vous plait, ne faites pas comme Hérode disant qu’il allait venir lui rendre hommage et qui, au lieu de cela, est venu pour s’assurer que les enfants n’avaient pas d’avenir.

 

Cette année, comme les gens de la ville qui ont arrêté Samuel, nous vous arrêtons pour vous demander “Venez-vous pour la paix ?” Ma prière, c’est que, avec Samuel, avec les bergers et avec tous les gens de bonne volonté, vous disiez “Nous sommes venus pour louer Dieu, nous tenir aux côtés des faibles, des opprimés. Nous sommes venus avec des cadeaux pour vos enfants, car Noël est ici et nous sommes décidés à le célébrer !” Voilà notre prière, venez à Bethléem en pèlerins de justice et de paix pour ce Noël – ou, s’il vous plait, ne venez pas du tout. Fidèlement depuis la mangeoire, (Bernard Poggi – Beit Jala)

 

• Puisse la paix dans la terre de la paix nous couvrir de son ombre. Puisse Noël apporter un message de justice et de liberté à ceux qui en ont été privés ! Puisse l’occupation israélienne être levée et le mur de l’apartheid être détruit. (Abu Lutuf)

 

• Chaque année en ce temps de Noël sur la terre de paix et de joie nous prions pour le renouvellement du monde. Puisse la sécurité et la paix se réaliser ici en Palestine ! Puissent nos mains et nos cœurs se joindre aux vôtres à la recherche de l’amour et du pardon ! (Muhammad Elbas)

 

• Jésus avec seulement 12 apôtres a changé le monde en y apportant la paix. Pourquoi des millions de chrétiens dans le monde entier sont-ils incapables de mettre fin à ce conflit en Terre Sainte, de rétablir nos droits, de protéger nos lieux saints et d’ôter le joug de l’esclavage de nos cous ? (Isam Sudah)

 

• Mon pays est plein de plaies et de révolutionnaires ; peur, sang, mort, hurlements, porcs et hyènes ; serpents et colons ; violence et haine ; étrangers et guerre ; maisons détruites et arbres déracinés. Mon pays est plein de prisonniers et de soldats ; des enfants et des arbres qui souffrent de la soif ; ténèbres et injustice ; désespoir et hallucinations, où le réfugié opprimé est considéré comme un terroriste alors que son geôlier est protégé par le droit international.

 

Dans le passé mon pays était peuplé de moutons et de bergers ; de flûtes et de mélodies folkloriques ; d’adolescents courant faire cuire leur pain et chercher de l’eau aux sources lointaines. Ma patrie était peuplée de paysans, de légumes, de perdrix et d’oiseaux. La terre de mon pays connaissait la sécurité et les anciens y dansaient au son du luth. Il était plein de crayons avec lesquels des enfants s’affairaient inlassablement à dessiner et à peindre sur les murs des oiseaux mangeant des insectes ou picorant des graines. La terre de mon pays était verte. Les oiseaux étaient heureux. “Salomon dans toute sa gloire n’était pas vêtu comme l’un de ces lis.” (Luc 12, 27) Mais aujourd’hui leur gloire s’en est allée.

 

La terre de mon pays était pleine de vêtements tissés de soie. La dignité et le prestige de nos anciens dans leurs tenues locales est désormais perdue à jamais.

 

La terre de mon pays était pleine de bénédictions et de grâce et maintenant elle vit sous le joug du péché. La terre de mon pays était pleine de prières et maintenant d’églises dans lesquelles on ne prie plus. Beaucoup ont du quitter mon pays pour assurer leur avenir. Maintenant ils ne peuvent plus revenir.

 

Dans la terre de mon pays il y a la menace d’armes nucléaires. Des soldats et des chars de l’armée circulent librement dans mes villages et mes villes. La terre de mon pays est pleine de colonies, de murs, de points de contrôle, de juifs et d’Israéliens qui sont des occupants. Ce sont tous des étrangers. Quand la terre de mon pays pourra-t-elle être pleine de joie, de chants, d’espoir, de paix et de sécurité ?

 

Nous demandons pour tous, en ces jours de grâce et d’amour, que Jésus l’enfant nouveau-né garde dans notre conscience la paix et l’espoir tout au long de l’année 2013.

 

• Les sonneries des cloches et les prières à Noël sont un appel à la justice dans la terre de lumière et de paix. La Palestine est la terre de Jésus le messager de l’Évangile “Bonne Nouvelle”, amour et paix. La Palestine appelle tous les croyants à s’engager pour la justice avant que vienne la colère du Seigneur. (Jamal Rajoub)

 

• Jésus est le chemin, la vérité et la vie. Les chrétiens du monde devraient s’attacher à Jésus pour mettre en oeuvre ses enseignements. Nous attendons de les voir réaliser la justice, en proclamant et en vivant la vérité, en protégeant la vie de tous et en s’opposant à l’humiliation des lieux saints. Noël n’est plus une occasion de joie à cause de l’occupation israélienne et de la souffrance quotidienne de l’humiliation. (Muhammad Toshtash)

 

• Depuis la terre de la paix je vous adresse la paix et mes vœux en ce temps de Noël. Du fait que nous sommes privés de paix nous cherchons toujours des hommes de bonne volonté pour établir cette paix fuyante. Nous ne haïssons pas les juifs mais leurs idées sionistes de transfert, de guerre, d’humiliation, de confiscation de terres, d’enfermement des autres, de destruction de maisons et d’infrastructures, de déracinement d’arbres et de construction de colonies sur notre terre, le changement de culture plutôt que la culture et le changement de religion plutôt que la religion. Nous espérons changer leur mentalité et vivre en frères dans cette Terre Sainte. (abu Fuad Aklkoka)

 

• Je suis de Jérusalem. Je suis constamment humilié par les Israéliens qui occupent Jérusalem. Ma maison est menacée de destruction et considérée comme illégale. Pouvez-vous me protéger ? (Karimeh Jibril)

 

• Je vis à Bethléem. Je souffre de la part des colons et du mur de l’apartheid. Je suis empêché de me rendre à Jérusalem. Je veux aller y prier. Pourquoi les Israéliens séparent-ils Bethléem de Jérusalem ? (Nadera Saleh)

 

• Mon frère est en prison depuis plus de 5 ans. Vous, nos frères en humanité, rejoignez-nous pour proclamer la liberté aux captifs et pour ouvrir les prisons aux grévistes de la faim. (Abla Younis)

 

• L’espoir et la paix qui sourdent de Jérusalem et de Bethléem nous aideront à rester dans cette Terre Sainte, Chrétiens, musulmans et juifs, sans guerre. (Rawan Rabie)

 

• Les lieux saints et les Palestiniens sont humiliés. Qui peut nous protéger tous ? (Ahmad Youssef)

 

• Noël est espoir. Aimons la paix dans cette Terre Sainte et protégeons la terre du Christ et son caractère sacré. (Mu’taz abou Zaed)

 

• Puissent nos enfants vivre en paix comme les autres ! Assez de tueries et de guerres. Des enfants innocents ont le droit de vivre en paix et de jouir de leur vie en Palestine. (Sana Bannoura)

 

• Mon frère en humanité peux-tu m’aider à vivre libéré de l’occupation ? Je veux avoir un état indépendant dans lequel je puisse partager ma civilisation avec le monde entier. (Imad Mahashneh)

 

• L’occupation, le traitement des lieux saints de façon humiliante et méprisante est un péché contre le Christ et la conscience chrétienne. (Baha’ Hannoun)

 

• Ceux qui négligent la justice et méprisent l’égalité en traitant les autres selon deux poids deux mesures doivent s’attendre à comparaître devant le tribunal de Dieu pour être rabaissés. (Nisrene Amra)

 

• La Terre Sainte ne connaîtra jamais la paix si une seule personne y demeure opprimée. Les Israéliens devraient se retirer de Palestine pour annoncer la paix au monde entier. (Abou Nidal)

 

• Un vieux musulman de 82 ans, à l’occasion de Noël, souffre et demande au monde d’entendre son appel : “Nous sommes opprimés. Quand, hommes de bonne volonté, allez-vous apporter votre soutien à la vérité et à la justice dans cette Terre Sainte ? Les justes verront un jour leur droit l’emporter. (Muhammad Odeh)

 

• Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre. Paix dans les yeux des enfants de Gaza. Chrétiens et musulmans partagent réellement prières, souffrance et l’amour du prochain. À Gaza, nous vivons la cruauté extrême des guerres et du silence de nos amis. Ce qui se produit à Gaza promeut et encourage la haine, la violence avec l’absence de joie, de justice et de vérité. Notre message à tous les croyants et aux nations démocratiques est de nous apporter votre soutien par vos interventions et vos prières pour réaliser la paix et la justice. Pouvez-vous oublier Gaza qui vit ce siège et cette destruction cruelles ? Cela a assez duré de garder le silence et de permettre ce qui se fait contre nous. (Yaser Toshtash)

 

• En cet anniversaire de la naissance du Seigneur Jésus Christ, nous nous souvenons que son enfance n’a pas été respectée comme n’est pas respectée l’enfance des enfants palestiniens. Il a souffert dans sa première année pendant son exil en Égypte et sur la croix comme nos chrétiens le croient vraiment. Toutes ses souffrances ont été semblables aux nôtres en Palestine. Nous sommes un peuple crucifié. Le sionisme et l’impérialisme se sont unis pour diviser la Palestine en deux et obliger beaucoup à partir en diaspora, en volant et en confisquant leurs terres. En ce moment de Noël, nous vous prions d’avoir la bonté de nous apporter votre soutien pour mettre fin à cette occupation et obtenir notre liberté dans un état libre au sein duquel nous pourrons décider de notre autodétermination. (Dr. Waleed Hamameh)

 

• Jésus est né. Un enfant est né. La fraternité est née. La justice est née. Le pardon est né. La vérité est née. La vie est née. Notre état est né. Notre espoir est né. Est-ce suffisant ? Non. Non. NON. Qui va prendre soin de nos NOUVEAU-NÉS ? Les hommes de bonne volonté devraient faire le premier pas vers notre pays, vers la Palestine. (Leila Sammour)

 

• Comme nous le savons, la Palestine est la terre du christianisme, la terre de Jésus, le Messie, le souverain de tous les chrétiens du monde. Les chrétiens du monde entier célèbrent la naissance de Jésus. Il est né à Bethléem, en Palestine. Aujourd’hui, la ville est sous l’occupation d’apartheid israélienne illégale. Israël a construit un mur qui encercle la ville. Les Israéliens restreignent aussi les possibilités de visite des lieux saints de la Ville Sainte. Le mur est un gros problème pour les gens de Bethléem parce qu’ils ne peuvent pas rendre visite à leurs parents des villes proches de Bethléem pour célébrer Noël. Israël oppose aussi des obstacles aux touristes qui veulent visiter tous les lieux saints de Palestine. Israël restreint aussi les possibilités de visite à Bethléem pour les autorités politiques palestiniennes. Cela se produit tous les ans. Tous les ans nous prions pour la Palestine et la paix bien aimée, mais, comment pouvons-nous aboutir à la paix avec les soldats israéliens, les colons ? Nos prières doivent être pour tous les gens de Bethléem, pour leur avenir, pour leur liberté. Nous devons sauver la Palestine, parce que le christianisme est né ici. Nous devons sauver la terre de Jésus. Nous devons la sauver pour les enfants de Palestine. Nous devons préserver leur avenir dans la terre du Messie. (George Richter – Chili)"

 

Source: http://www.chretiensdelamediterranee.com/article-joyeux-noel-et-bonne-annee-2013-113763752.html

Voir les commentaires

La messe tridentine en huit leçons, par un prêtre américain

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Pour qu’un nombre toujours plus grand de fidèles puisse bénéficier des fruits du motu proprio Summorum Pontificum, il faut des prêtres pour célébrer la forme extraordinaire du rite romain. Certes, la meilleure solution demeure l’apprentissage de la liturgie traditionnelle dans les séminaires mais c’est un objectif de longue haleine tant les résistances sont fortes, notamment en Europe. Aussi la formation individuelle des prêtres et des séminaristes constitue la solution à encourager. La « demande », d’ailleurs, ne faiblit pas: jeunes prêtres et séminaristes qui veulent être initiés à la forme extraordinaire du rite sont nombreux.

Nous vous proposons donc aujourd’hui le mode d’emploi pour l’apprentissage de la forme extraordinaire tel qu’il a été proposé sur son blog par le père Kyle Schnippel, directeur des vocations pour le diocèse de Cincinnati (États-Unis). Le père Schnippel connaît bien les difficultés pratiques que rencontrent ses confrères. C’est pourquoi il a réalisé un guide très concret, pouvant aider ces prêtres qui voudraient bien participer au nouveau mouvement liturgique voulu par le pape mais qui ne savent pas trop comment se « jeter à l’eau ». De ce fait, nous avons volontairement conservé le ton, parfois très direct, employé par l’auteur.

I – LES HUIT ÉTAPES

DU PERE SCHNIPPEL

Je suis prêtre depuis désormais sept ans. Tout au long de cette période, j’ai voulu apprendre à célébrer la messe tridentine, comprenez la forme extraordinaire de la messe.

Ce vendredi, je vais monter à l’autel de Dieu pour la première fois à cet effet, dans un cadre public, pour une messe solennelle
[dans la forme extraordinaire, NDT]. Pour tous les prêtres désireux d’y parvenir eux aussi, et n’ayant pas forcément plus de temps libre que je n’en ai, j’ai eu l’idée de ce guide pas à pas.


1) Les jours où nous n’avez pas de messe publique mais pouvez célébrer de façon légitime une messe privée, c’est-à-dire seul ou avec un servant de messe, dites la forme ordinaire en latin. Utilisez la langue vulgaire pour les lectures et les oraisons présidentielles, et dites tout le reste, ou le plus possible, en latin. Commencez par la prière eucharistique et les acclamations afin d’habituer votre cerveau et votre langue à l’usage du latin. Même sans avoir fait beaucoup de latin vous devriez y arriver.

2) Latinisez lentement. Si besoin, au début, dites les parties latines en silence. Peu à peu, dites-les à voix haute, articulant mot à mot puis phrase à phrase. Dans la mesure du possible, en fonction de votre paroisse, introduisez peu à peu le latin dans vos célébrations paroissiales. Commencez par une messe de semaine, par exemple...

3) Une fois que vous maîtrisez cela, assistez à une messe traditionnelle au chœur dans la mesure où cela vous est possible.

J’imagine que vous savez où elle est célébrée dans votre ville ou votre diocèse. Les prêtres la célébrant seront plus que désireux de vous y accueillir même si vous vous contentez de vous asseoir dans le chœur. QUAND J’ENTENDS DES AMIS PRÊTRES ME DIRE : “ Mais je ne saurai pas quoi faire ! ”, je réponds : “ Vous n’avez rien à faire ! ”. À part prier, bien entendu. Rappelez-vous qu’il n’y a pas de concélébration, vous prenez juste votre place et bénéficiez du meilleur spectacle offert par la maison. Profitez-en pour une fois !

4) Achetez le « gros livre » si vous ne l’avez pas encore. Eh oui, il est temps de vous procurer le Missel de 1962. Je suggèrerais aussi l’acquisition d’un missel bilingue
[genre missel des fidèles, NDT], très utile au début pour les prières au bas de l’autel et comportant les traductions des prières sur la page de droite. Si vous avez un ipad, chargez l’application iMass de la Fraternité Saint-Pierre. Là aussi vous avez le latin et l’anglais qui se font face plus une fenêtre vidéo qui vous permet de suivre les gestes du prêtre au fil de la messe. J’ai trouvé cela très profitable d’autant plus que vous y avez également la messe du jour, ce qui vous permet de la retrouver facilement dans le gros livre – et c’est vraiment très utile !

Pendant votre temps libre (oui, je sais, vous en manquez !), feuilletez le missel et familiarisez-vous avec lui.

5) Ensuite, à votre prochaine messe « extra », interceptez le cérémoniaire ou le célébrant et demandez-lui : « Pouvez-vous m’aider ? » N’importe qui digne de ce nom vous répondra « Bien sûr ! » Pour ma part, c’est le cérémoniaire d’
Una Voce qui m’a guidé au fil du missel et des rubriques de la messe. Arrivé à ce point, vous pouvez songer à vous procurer les canons d’autel que vous devriez pouvoir trouver et imprimer en ligne.

6) Passez de la forme ordinaire à la forme extraordinaire pour votre messe privée sans cesser de vous exercer.

7) Proposez-vous d’officier comme diacre ou sous-diacre à une messe solennelle.

8) Passez au centre de l’autel et ALLEZ-Y !

Pour moi, le processus a duré près de six mois. Parfois je ne faisais aucun progrès et d’autres, quand j’avais plus de temps, je mettais les bouchées doubles. J’essayais toutefois de garder une trajectoire ascendante.

Votre sacerdoce en vaut la peine ! Moi, cela m’a aidé à mieux célébrer la forme ordinaire, avec plus de révérence, et m’a fait apprécier la messe davantage.

Comme prêtre, vous croulez sans doute sous de nombreuses charges et cela peut vous sembler un lourd fardeau que d’apprendre et de progresser : détaillez bien les étapes à suivre, fixez-vous un calendrier adapté à votre rythme et, lancez-vous !

 

 

II – QUELQUES RÉFLEXIONS 

 

1) Dans le monde anglo-saxon, un gros effort est fait pour favoriser l’apprentissage de la forme extraordinaire par les prêtres qui le désirent. En dehors des outils pédagogiques individuels, en Angleterre, en Australie ou aux États-Unis, associations de prêtres et même séminaires organisent régulièrement des stages de découverte de la liturgie traditionnelle. Ce rôle pédagogique est assuré chez nous essentiellement par les monastères (Le Barroux, Fontgombault, etc.) mais à une moindre échelle, et cela relève beaucoup plus de démarches personnelles que collectives : combien de prêtres ont appris à dire la messe en forme extraordinaire auprès d’un ami qui la pratiquait ?

De même, Internet regorge de témoignages de prêtres ou de séminaristes racontant leur découverte (ou redécouverte) de la liturgie traditionnelle, s’arrêtant sur les difficultés rencontrées et les joies vécues. À cet égard, celui du père Schnippel est exemplaire car il se veut didactique pour ses frères prêtres. À quand, en France, un responsable diocésain des vocations affichant aussi joyeusement et librement sa plongée dans la messe de saint Pie V ?

2) Le récit du père Schnippel est une illustration vibrante de l’enrichissement mutuel souhaité par le pape lors de la publication du motu proprio Summorum Pontificum. Il se prépare à la forme extraordinaire par l’ordinaire, et surtout, comme il le dit en conclusion, l’apprentissage de la forme extraordinaire l’a « aidé à mieux célébrer la forme ordinaire, avec plus de révérence », et « fait apprécier la messe davantage ».

Ce qu’illustre le père Schnippel, ce n’est ni plus ni moins que cette quête du sens du sacré qui attire tant de fidèles vers la liturgie traditionnelle. Un sens du sacré vers lequel doit tendre toute liturgie comme l’écrit Benoît XVI dans son exhortation Sacramentum Caritatis : « L’ars celebrandi doit favoriser le sens du sacré et l’utilisation des formes extérieures qui éduquent à un tel sens, comme par exemple l’harmonie du rite, des vêtements liturgiques, de l’ameublement et du lieu sacré. »

Est-ce alors par manque de sens du sacré que tant de freins sont mis en France à l’essor de la forme extraordinaire ? En tout cas, comment ne pas constater que pendant que le motu proprio est contesté, tant d’abus et de non-sens liturgiques continuent à être tolérés dans un si grand nombre de paroisses comme, hélas, dans tant de cathédrales ? Un exemple parmi une foule innombrable d’autres : dans la bonne ville de T., département du V., les quelques religieux de l’ordre B. se rassemblent tous les jours autour de l’autel ; ils concélèbrent soit en aube et étole, soit en tenue de ville avec étole, soit en tenue de ville sans étole. Vous avez dit : « sens du sacré » ?

3) Pour que de plus en plus de prêtres usent du droit qui leur est fait de célébrer, au moins à titre privé, selon le missel de saint Pie V, il faut que les fidèles qui demandent cette messe fasse montre d’un brin de bon sens. Et il faut que ces fidèles manifestent la plus grande bienveillance envers ceux qui s’approchent avec humilité et timidité d’une liturgie qu’ils ont souvent dû apprendre par eux-mêmes puisque les séminaires ont cessé de l’enseigner il y a bien des lustres...

 
Source: d'après "Paix liturgique", lettre n° 344 - 17 juillet 2012.

Voir les commentaires

Maurras, "Assise" et l'oecuménisme

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

A propos de l’"esprit d’Assise", de l’Islam et de l’œcuménisme, sur lesquels on a lu ces temps-ci tout et n'importe quoi, on se reportera avec profit à ce que Charles Maurras écrivait il y a quatre-vingt-un ans sur une manifestation "oecuménique" d'importance en terre africaine. Cette analyse sereine pose les fondements permanents de ce que doit être, pour le commun profit des Français, la politique du nationalisme intégral en matière d'harmonie spirituelle entre confessions différentes. Cela rejoint d'ailleurs ce que N.S.P. le pape Benoît XVI essaie, sur un plan supérieur, de faire :

 

Benoit-XVI-election.jpg "Gaudium et spes": N.S.P. le pape Benoît XVI,

le jour de son élection au trône de saint Pierre

(Photo D.R.)

 

« L’alarme de l’esprit religieux chez les musulmans et les israélites fidèles à leur traditions est le grand fait moral du jour et de l’heure que nous vivons. Il serait fou de ne pas le comprendre, plus fou de ne pas l’utiliser. Il y avait longtemps qu’il ne s’était produit dans le monde un évènement plus favorable à la civilisation occidentale tout entière, et plus longtemps peut-être qu’un tel évènement ne s’était produit dans des conditions aussi parfaites.

 

« L’expérience de l’histoire conduit, en effet, à se méfier des alliances religieuses (ou politiques) faites sur le plan de l’égalité, et je n’ai pas besoin de dire combien sont précaires, ou même dangereuses, celles où l’élément le plus noble se trouve, par malchance, subordonné au moins digne. Or, ici, il y a un élément organisateur et fédérateur, et c’est l’élément catholique, ce qui n’ôte rien, ce qui ajoute même à l’atmosphère de concorde et de haute sympathie mentale dans laquelle se produit et se développe une entente si précieuse.

 

« L’Action française n’a jamais confondu un fait et une idée, une rencontre d’heureuses conjonctures et une doctrine. Elle sait, par exemple, quelles profondes différences d’ordre politique et social éloignent et séparent le judaïsme du catholicisme, ou Rome de l’Islam, mais la paisible confrontation des idées, l’émulation, si désirable, des charités, sont des facteurs précieux dont il convient que tout être raisonnable, tout homme vraiment pacifique, prenne l’entière conscience, non seulement avec satisfaction, mais avec une fierté joyeuse doublée d’une espérance que la claire vue des causes en travail devrait même fortifier et consolider. »

 

(Action Française, 9 mai 1930.)

Voir les commentaires

Islam, laïcité, modernité

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Nous donnons ci-dessous l'excellent billet du père Emmanuel Pic, professeur au grand séminaire de Mayidi (Congo-Brazzaville) et à la Catho de Bourgogne, publié sous le titre "Laïque comme Dieu en France" sur www.sacristains.fr; la seule nuance que la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française apporte est dans l'appréciation, un tantinet trop indulgente, qu'il a de ces canailles anticléricales de Combes et de Briand:

 

"Il y a des mots qui, à force d’être utilisés, s’usent tellement qu’ils ne veulent plus rien dire. Dans ce dictionnaire des mots en voie de dissolution, « Laïcité » figure en bonne place. La tribune publiée par la conférence des responsables de culte vient opportunément le rappeler : invoquer la laïcité à tort et à travers ne fait que rajouter à la confusion générale. Une confusion d’autant plus regrettable que, comme le rappellent les signataires, c’est « un des supports de notre démocratie » qui se trouve ainsi fragilisé.

 

"Petit rappel : la laïcité, en France, est la forme que prend chez nous la sécularisation, c’est-à-dire le long processus au terme duquel Dieu a cessé d’être la réponse aux questions qui n’ont pas de réponse, et la justification de l’ordre social. Cette exception française n’est pas seulement une question de mots : elle vise la manière dont s’est déroulé ce processus, en particulier à travers les « lois de laïcité » des débuts de la IIIe République. Laïcisation des funérailles, séparation de l’instruction religieuse et de l’instruction publique, expulsions de congrégations, ont culminé en 1905 par le vote de la fameuse loi de séparation.

 

"La loi de 1905 n’est pas anticléricale, contrairement aux intentions de son initiateur, Émile Combes. Ce n’est d’ailleurs pas ce dernier qui en est l’auteur, mais Aristide Briand, qui lui avait succédé dans un esprit d’apaisement. Elle commence par la proclamation de la liberté de conscience et garantit la liberté des cultes ; elle se poursuit par la privatisation de ces cultes : il faut entendre cette privatisation au sens où l’État déclare ne plus intervenir dans ce domaine, ce qui se traduit d’abord par un arrêt de leur financement public ; elle se conclut par l’organisation nouvelle des relations entre les religions et l’État (ce qui signifie que l’État continue à reconnaître l’existence des Églises et leur organisation propre).

 

"La loi de séparation a dû être complétée très rapidement, en particulier à cause de l’opposition des catholiques à la formation autoritaire d’associations cultuelles ; elle n’a donc jamais été considérée comme un bloc intouchable. Ce sont les grands équilibres qu’elle établit qui sont à respecter : liberté religieuse, séparation d’avec l’État, respect des convictions de chacun, garantie par l’État de l’exercice libre des cultes. La séparation a été comprise dès l’origine comme une obligation de neutralité de l’État, et donc des services publics. C’est à ces grands équilibres qu’on donne le nom de « laïcité », ce sont eux qui sont visés par la Constitution lorsqu’elle proclame que la République est laïque.

 

"La laïcité ainsi entendue a aujourd’hui une conséquence paradoxale : en assurant la liberté de culte, elle a permis une modification considérable du paysage religieux de notre pays. S’il y a aujourd’hui autant de mosquées, de temples bouddhistes et d’églises évangéliques en France, c’est bien à cause de la loi de 1905 et de la conception de la laïcité qui en résulte. Cela fait de notre pays l’un des endroits au monde où les conséquences de la modernité sur les manières de croire sont les plus évidentes : pour reprendre en la détournant l’expression d’un éminent sociologue des religions1, « Dieu change en France… mais il n’est pas prêt de quitter la France ».

 

Beno-t-XVI.jpg

 

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI (photo D.R.)

 

"Les changements dans l’univers religieux – et en particulier l’apparition massive de l’islam -  sont aujourd’hui la raison invoquée pour proposer une nouvelle compréhension de la laïcité. Il s’agit d’abord de transformer la privatisation des cultes en un considérable rétrécissement de leur exercice public (la religion est comprise, dans cette conception, comme relevant du domaine strictement individuel) ; il s’agit ensuite d’exiger la neutralité, non plus seulement du service public, mais de ses usagers, et de l’espace public tout entier. La laïcité n’est plus le respect des convictions de chacun, mais l’interdiction de toute attitude, de tout symbole religieux dans les espaces communs. Du coup, se développent des attitudes de défiance vis-à-vis de tout ce qui relève du religieux : on le soupçonne d’être facteur de violence, les enfants sont priés de cacher leurs médailles de baptême à l’école, crèches et sapins de Noël disparaissent… Notre laïcité sombre dans la peur du curé, alors qu’a disparu depuis le longtemps le spectre du cléricalisme.

 

"Il s’agit, bien sûr et en priorité, d’abord de l’islam et de l’inquiétude que provoque son irruption dans notre monde autrefois catholique. Mais les exigences de l’état de droit font qu’on ne peut pas traiter une religion différemment d’une autre : aucune loi ne saurait viser l’islam en particulier, sans avoir des conséquences sur l’organisation des cultes dans leur ensemble.

 

"Dans ce contexte, la tribune commune des responsables de cultes vient à point. Elle rappelle l’attachement de tous à la laïcité, comprise comme liberté d’opinion et respect des croyances. Elle signale les dangers d’instrumentalisation de l’idée de laïcité, que ce soit par un gouvernement ou par un parti politique quel qu’il soit. Elle signale que les croyants doivent faire entendre leur voix dans un tel débat, car ils sont les premiers concernés. Les signataires prennent date pour le mois d’octobre prochain en invitant à une rencontre nationale sur ce thème : un tel événement sera, n’en doutons pas, l’occasion de faire entendre un tout autre son de cloche que la mauvaise musique de la peur de l’islam."



  1. Yves Lambert, Dieu change en Bretagne, Paris (éd. du Cerf), 1985. []



Voir les commentaires

1 2 > >>