Dialogue avec un souverainiste: L'Argent en République (à propos de Woerth et Sarkozy)

Publié le par Fédération Aquitaine-Grand Sud-Ouest

L'affaire Woerth-Sarkozy inspire ces commentaires à nos amis de l'Union pour la France (souverainiste; site: www.u-p-f.org); nous en extrayons quelques paragraphes, dans lesquels nous soulignons les points forts de l'argumentation:

 

"Le cas Woerth (voire Sarkozy ?) pose encore plus de problèmes. Ces hauts responsables de l’Etat sont-ils simplement « amis » de Mme Bettencourt ? Ont-ils fait une « fleur » à cette dernière de ce fait : fermer les yeux sur une petite fraude fiscale de quelques dizaines de millions d’euros. Ou au contraire est-ce plus grave : ont-ils pendant des années, touché un «chèque » devenant ainsi les obligés de la femme la plus riche de France.

"Si nous en sommes là, la situation est grave. Cela signifie que le rapport à l’argent est devenu nettement plus pervers. Les plus riches peuvent tout acheter (y compris le président ?). L’élection à proprement parler perd de sa valeur. L’élu n’est plus celui du Peuple mais celui des privilégiés et défend essentiellement les intérêts de ces derniers : nous cessons d’être une démocratie pour entrer dans un système oligarchique.


"Cette perte de repères est extrêmement grave. La vie en société exige un certain nombre de conventions. La rémunération de tous doit dépendre des efforts, de leur engagement, et non profiter de positions acquises.

"Si ceux que notre pays prend pour modèles ne sont que des enfants gâtés, des hommes d’affaires profitant de leur position ou des responsables politiques en déshérence (voire corrompus ?), nous avons à faire face à un problème de fond : les Français ne feront pas confiance longtemps à ces gens-là. Nous nous retrouverons alors à la merci de n’importe quelle vague populiste de protestations."

 

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Notre commentaire:

 

 

L'affaire d'Etat qui se développe depuis trois semaines montre, plus qu'une dégénérescence du Système républicain, sa nature profonde. Les souverainistes, qui croient encore en la bonté du régime électif, démocratique feraient bien de prendre garde à cette nouvelle preuve, magistralement administrée, de sa nuisance. Ils dénoncent un "Système oligarchique", qui aurait dérivé du vice de quelques politiciens isolés? Comment croire, avec Rousseau, en la bonté naturelle de l'Homme!

 

Le Régime ploutocratique, ou plutôt démo-ploutocratique, qui a ruiné en un demi-siècle l'économie française, prétend imposer aux Français de se serrer la ceinture, sans renoncer au moindre de ses privilèges, car les prétendues économies (seulement 20 conseillers par ministre!) ne sauraient abuser personne! Voilà qui s'appelle proprement se moquer du monde!

  

Quels "repères"? 

 

L'appel aux "repères" que font les souverainistes, pour remédier à la crise de confiance dans la République, est particulièrement intéressant, surtout en démocratie. De quels "repères" parle-t-on? De "valeurs morales", d'essence religieuse ou bien laïque? Mais alors la République devrait reconnaître une Loi morale transcendant celle du Suffrage Universel, celle que Chirac, naguère, refusait absolument, en bon républicain maçonnisant! En démocratie, seule la loi de la majorité est sacrée; aucune autre norme propre à un groupe de citoyens (catholiques, notamment) n'a d'autorité.

 

Au surplus, où se transmettraient de telles valeurs? Dans la famille, à l'école, dans les grandes institutions sociales (par exemple, l'Administration, l'Armée, les entreprises). Mais celles-ci sont en déliquescence, du fait du Régime même, qui nie les inégalités que leur existence induit! Le service militaire a ainsi été supprimé par lui, l'Administration est mise par lui au service des intérêts mercantiles, les entreprises meurent de la mondialisation voulue par lui et de la lutte des classes savamment entretenue par des syndicats archaïques qui lui sont liés!

 

Si les IIIème et IVème Républiques ont pu longtemps bénéficier d'un terreau rural, sain, et du maintien de certaines hiérarchies sociales (Eglise, noblesse, Université, monde ouvrier et artisan), depuis 1968, la Société est "dissociée et décérébrée" comme le disait déjà Barrès. Dans une société largement urbanisée (ou "rurbanisée"), les solidarités traditionnelles (familiales, locales, professionnelles) ne jouent plus à plein. Dès lors, comment imposer une norme morale à ceux qui la nient? Pour résoudre cette quadrature du cercle, il faudrait un exemple venu d'en haut. Précisément celui que Sarkozy refuse de donner! N'est-ce pas le signe que le Régime, irréformable, ne peut être autre que ce qu'il est: corrompu et mensonger. Il ne saurait être l'Ordre véritable, nouveau et national, auquel aspirent confusément beaucup de Français non-politisés. Ce sont eux qu'il s'agit de royaliser.

 

Les bonnes intentions

ne suffisent pas 

 

Au 6-Février 1934, les patriotes voulaient aussi "que la France vive dans l'honneur et la propreté". Hélas, sans doctrine politique positive, ces bonnes intentions sont loin de suffire!  Pour cette raison, à l'A.F., nous disons souvent que "le poisson pourrit par la tête": c'est donc à la tête que des politiques conséquents devraient d'attaquer. Il leur faudra une doctrine. La seule de réaction à la mort programmée de la France qui soit complète est celle de l'A.F. Le jour où ils s'en apercevront, ils auront fait un grand pas vers la libération de notre Patrie.

  

Il faut arracher l'Etat au parti républicain qui le dirige exclusivement depuis cent quarante ans et le confier à un magistrat désintéressé et incontestable par position. Sortir de la pseudo-légitimité démocratique, c'est rentrer dans la vraie légitimité historique et politique de Ceux qui ont fait de la France ce qu'elle est: un  Etat équilibré, tant par sa position géopolitique que par le tempérament de ses citoyens. Le monde, comme les Français, a besoin qu'il y ait un Roi de France. Le Chef de la Maison de France: Mgr le Comte de Paris, Duc de France, est prêt à assumer, sans ambition, dans un esprit de service, cette lourde responsabilité du Pouvoir.

 

Mgr-le-Comte-de-Paris--Pr-tendant-au-Tr-ne-de-Fr.jpg Mgr le Comte de Paris, Duc de France, Prétendant au Trône sous le nom de Henri VII (Photo D.R.)

  

Critique de l'électoralisme

et mythe des "bonnes élections"

 

Nous nous réjouissons de voir nos amis souverainistes ouvrir les yeux sur la véritable nature de l'élection, où le politicien aspirant à être élu est à vendre au plus offrant! Dans quelle Thébaïde vivaient-ils pour ne pas s'en être aperçus plus tôt? Qu'ils nous disent, de mémoire de Français, quand les élections ont été "libres et non faussées" par le jeu de puissances d'argent souvent cosmopolites, même quand elles financent la "Droite"? Jamais! 

 

Souvenez-vous, par exemple, du "gaullisme d'affaires" à qui nous devons les "villes nouvelles" et leurs cortège de problèmes ethniques, économiques, sociaux, culturels, religieux... Sans même évoquer le souvenir faisandé de la "mitterandie" de sinistre mémoire!

 

Cela dit, nous sommes moins optimistes qu'eux: les Français, parce qu'ils sont une nation très anciennement constituée par nos Rois, en ont vu d'autres, croire qu'ils vont s'émouvoir à ce scandale (un de plus!) serait illusoire. Il s'agit au contraire de savoir si les élites demeurées françaises vont accepter plus longtemps d'être menées à l'abattoir mondialiste par ceux-là même qui les rançonnent par l'impôt et les stérilisent!

 

La peur du "populisme"

 

Malgré des analyses qui rejoignent notre critique de longue date de la démocratie, les souverainistes cités marquent une peur irrationnelle du "populisme" et, sans doute, du nationalisme.

 

Or, le nationalisme de l'Action française est un nationalisme réglé, limité à son objet, - la restauration de la grandeur française, - il se borne à démontrer que le Roi est la solution la plus logique et adaptée aux différents problèmes de la Société française. La Monarchie n'est pas la panacée, mais elle est une magistrature politique de salut public, ni plus, ni moins. De même qu'elle s'est adaptée sous l'Ancien Régime et la Restauration aux conditions nouvelles, elle s'adapterait bien à l'état social actuel. Il ne faut donc pas craindre le nationalisme, mais en être. Une telle réaction mesurée, naturelle à un peuple qui ne veut par mourir, ne saurait manquer d'aboutir quelque jour prochain.

 

Pour les patriotes, tout le problème est là:

 

Ou vouloir vivre avec le Roi,

 

Ou refuser le Roi

et garder le Régime et ses tares constitutives!

 

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