Ce que propose l'Action française Toulouse aux étudiants

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Votre question:

 

Madame, Monsieur,

j'habite sur Toulouse et je suis très intéressé par le groupe Action Française étudiante que je suis depuis quelques temps déjà. Je souhaiterais assister à une réunion du groupe et en parler avec d'autres jeunes (je suis étudiant en ***). Auriez-vous certaines informations ?

Je vous remercie pour l'aide que vous pourrez m'apporter.

Pts interro

 

Notre réponse:
 
Je vous remercie pour l'intérêt que vous portez à l'Action française. Notre section d'Action française de Toulouse & Haut-Languedoc, rétablie en 2008, est la seule organisation royaliste active à Toulouse et dans le Languedoc. Elle groupe des gens de toutes origines et de toutes professions. Autant dire que, si l'on veut se former et militer utilement pour la France, c'est là qu'il faut être pour ne pas perdre son temps! En liaison étroite avec nos sections de Bordeaux & Basse-Guyenne, de Bayonne & pays basque et avec la petite dernière, créée cette année, de Pau & Pyrénées, la section de Toulouse permet à l'école de pensée réaliste de Maurras, Bainville et Daudet de rayonner dans tout le Sud-Ouest en ce début du XXIème siècle. En soi, cela est remarquable et montre la perpétuelle jeunesse de notre pensée et l'originalité de notre démarche. En effet, nous ne sommes ni un parti politique qui cherche à se répartir des places, ni des nostalgiques d'un Age d'or vivant dans une rêverie romantique, ni un groupuscule extrémiste qui pousse à la guerre civile. Notre action modestement politique entend servir la France qui existe et qu'il faut défendre, parce qu'elle est notre bien commun le plus précieux sur le plan temporel; elle se fonde sur l'analyse des faits politiques actuels.
  
La section d'Action française de Toulouse & Haut-Languedoc essaie donc d'agir sur les deux plans de l'esprit et de la présence physique; sauf exception, elle ne sépare pas les adultes des étudiants.
 
1/ Sur le plan de la formation des esprits:
 
Elle organise, aussi régulièrement que possible, des conférences destinées au public patriote sur des sujets d'actualité politique et économique ou historiques.
 
En ce qui concerne les étudiants, votre préoccupation, leur présence dans nos rangs est assez variable d'une année sur l'autre; elle n'est jamais très nombreuse, car nos idées ne sont pas en vogue, et il y a peu de chance que cela change prochainement. D'ailleurs, la plupart des jeunes qui viennent à nous le font pour des raisons superficielles: anticonformisme passager, désoeuvrement post-bac', dilettantisme intellectuel, velléité de se donner une figure intéressante. Notre point faible, aux yeux de ces jeunes gens pressés de réussir (et de leurs parents), est qu'évidemment, nous n'offrons pas de places, nous ne boustons pas les carrières. Mais notre action plus profonde, se situant sur la longue durée, offre aux jeunes Français la seule occasion d'être utiles à leur Pays en combattant le Régime de mort qui l'oppresse et l'amoindrit.
 
L'adhésion à l'A.F., au contraire, doit être bien réfléchie. Si elle est sincère, elle dure (sous différentes formes) toute la vie. Elle n'exclue pas le sentiment: amour de la Patrie et de ses gloires, dévouement à la Famille royale, camaraderie bien comprise, mais sa base est la réflexion personnelle et ajoutons: la lecture de nos Maîtres. D'où l'utilité d'appartenir à une section constituée, où des aînés et des cadres peuvent vous conseiller dans vos lectures, par leur propre expérience politique, etc.
 
Comme responsable régional, nommé par Pierre Pujo (+), je supervise personnellement la formation politique aux idées d'A.F. En fonction de la demande, celle-ci se réalise par des cercles de formation périodiques, qui traitent des thèmes les plus divers. On croit généralement que la pensée d'A.F. est une abstraction de haut vol, rien n'est plus faux: il n'y a pas plus réaliste et plus scientifique que de partir de constatations faites sur le réel, pour en dégager des lois plus générales de la constitution et de la vie des sociétés. L'empirisme organisateur n'est pas un dogme, mais une méthode. Si vous avez des amis intéressés, n'hésitez pas à leur faire part de notre existence.
 
Vous vous posez sans doute la question du nombre? Quant il s'agit de créer, le nombre ne fait rien à l'affaire: la Restauration de la Nation française est nécessaire. Elle sera longue. "Nous agissons pour 1950", disaient les Fondateurs de l'A.F.: dites-vous que nous, nous agissons pour 2050. Les outils politiques et intellectuels qu'ils nous ont légués sont là, inemployés: à nous d'apprendre à les manier intelligemment!
 
Loin de s'enfermer dans une chapelle, une bande de copains, il faut aller au peuple, au pays réel, qui étudie ou travaille et ne politique pas. Non par démagogie, mais parce que le royalisme ne s'adresse pas qu'à une classe privilégiée, à un club fermé, mais à tous les Français qui veulent être dignes de ce nom. Les années qui s'annoncent seront difficiles. Il est d'autant plus indispensable que les Français conscients tâchent de propager la Vérité politique et défendent, contre les démocrates peu soucieux de l'avenir du Pays, le seul intérêt national. Mais ne vous faites pas d'illusion: voir le succès, disait Maurras, est une affaire de chance personnelle.
 
2/ Sur le plan de l'action militante:
 
Des ventes à la criée de notre Journal, L'Action Française 2000, - qui sont un excellent exercice militant, - ont lieu à Toulouse. Ces actions de rue sont plutôt réservées aux jeunes gens.
 
Depuis 2009, nous organisons aussi l'après-midi du deuxième dimanche de mai, jour de la fête nationale de Jeanne-d'Arc, une cérémonie publique d'hommage à la Sainte de la Patrie au pied de sa statue. Il est important d'y participer afin de marquer son attachement à la France éternelle.
 
Ainsi, par notre propagande désintéressée en faveur de la Vérité politique, espérons-nous être dignes de nos grands aînés. Le mieux, donc, pour nous rencontrer, serait que vous veniez à notre réunion de rentrée, dont la date n'est pas encore arrêtée. Si vous voulez, je vous en ferai part.
 
En espérant avoir répondu à votre question, je reste à votre disposition pour d'autres contacts et vous prie de bien vouloir agréer l'expression de mes sentiments d'A.F. cordiaux,
 
Le Délégué régional de l'Action française
dans le Grand Sud-Ouest,
Vincent GAILLERE
 
4 Piliers Fédération
 
On trouvera, ci-dessous,
le lien vers le site de la section
de Toulouse & Haut-Languedoc
de l'Action française:
  

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La messe tridentine en huit leçons, par un prêtre américain

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Pour qu’un nombre toujours plus grand de fidèles puisse bénéficier des fruits du motu proprio Summorum Pontificum, il faut des prêtres pour célébrer la forme extraordinaire du rite romain. Certes, la meilleure solution demeure l’apprentissage de la liturgie traditionnelle dans les séminaires mais c’est un objectif de longue haleine tant les résistances sont fortes, notamment en Europe. Aussi la formation individuelle des prêtres et des séminaristes constitue la solution à encourager. La « demande », d’ailleurs, ne faiblit pas: jeunes prêtres et séminaristes qui veulent être initiés à la forme extraordinaire du rite sont nombreux.

Nous vous proposons donc aujourd’hui le mode d’emploi pour l’apprentissage de la forme extraordinaire tel qu’il a été proposé sur son blog par le père Kyle Schnippel, directeur des vocations pour le diocèse de Cincinnati (États-Unis). Le père Schnippel connaît bien les difficultés pratiques que rencontrent ses confrères. C’est pourquoi il a réalisé un guide très concret, pouvant aider ces prêtres qui voudraient bien participer au nouveau mouvement liturgique voulu par le pape mais qui ne savent pas trop comment se « jeter à l’eau ». De ce fait, nous avons volontairement conservé le ton, parfois très direct, employé par l’auteur.

I – LES HUIT ÉTAPES

DU PERE SCHNIPPEL

Je suis prêtre depuis désormais sept ans. Tout au long de cette période, j’ai voulu apprendre à célébrer la messe tridentine, comprenez la forme extraordinaire de la messe.

Ce vendredi, je vais monter à l’autel de Dieu pour la première fois à cet effet, dans un cadre public, pour une messe solennelle
[dans la forme extraordinaire, NDT]. Pour tous les prêtres désireux d’y parvenir eux aussi, et n’ayant pas forcément plus de temps libre que je n’en ai, j’ai eu l’idée de ce guide pas à pas.


1) Les jours où nous n’avez pas de messe publique mais pouvez célébrer de façon légitime une messe privée, c’est-à-dire seul ou avec un servant de messe, dites la forme ordinaire en latin. Utilisez la langue vulgaire pour les lectures et les oraisons présidentielles, et dites tout le reste, ou le plus possible, en latin. Commencez par la prière eucharistique et les acclamations afin d’habituer votre cerveau et votre langue à l’usage du latin. Même sans avoir fait beaucoup de latin vous devriez y arriver.

2) Latinisez lentement. Si besoin, au début, dites les parties latines en silence. Peu à peu, dites-les à voix haute, articulant mot à mot puis phrase à phrase. Dans la mesure du possible, en fonction de votre paroisse, introduisez peu à peu le latin dans vos célébrations paroissiales. Commencez par une messe de semaine, par exemple...

3) Une fois que vous maîtrisez cela, assistez à une messe traditionnelle au chœur dans la mesure où cela vous est possible.

J’imagine que vous savez où elle est célébrée dans votre ville ou votre diocèse. Les prêtres la célébrant seront plus que désireux de vous y accueillir même si vous vous contentez de vous asseoir dans le chœur. QUAND J’ENTENDS DES AMIS PRÊTRES ME DIRE : “ Mais je ne saurai pas quoi faire ! ”, je réponds : “ Vous n’avez rien à faire ! ”. À part prier, bien entendu. Rappelez-vous qu’il n’y a pas de concélébration, vous prenez juste votre place et bénéficiez du meilleur spectacle offert par la maison. Profitez-en pour une fois !

4) Achetez le « gros livre » si vous ne l’avez pas encore. Eh oui, il est temps de vous procurer le Missel de 1962. Je suggèrerais aussi l’acquisition d’un missel bilingue
[genre missel des fidèles, NDT], très utile au début pour les prières au bas de l’autel et comportant les traductions des prières sur la page de droite. Si vous avez un ipad, chargez l’application iMass de la Fraternité Saint-Pierre. Là aussi vous avez le latin et l’anglais qui se font face plus une fenêtre vidéo qui vous permet de suivre les gestes du prêtre au fil de la messe. J’ai trouvé cela très profitable d’autant plus que vous y avez également la messe du jour, ce qui vous permet de la retrouver facilement dans le gros livre – et c’est vraiment très utile !

Pendant votre temps libre (oui, je sais, vous en manquez !), feuilletez le missel et familiarisez-vous avec lui.

5) Ensuite, à votre prochaine messe « extra », interceptez le cérémoniaire ou le célébrant et demandez-lui : « Pouvez-vous m’aider ? » N’importe qui digne de ce nom vous répondra « Bien sûr ! » Pour ma part, c’est le cérémoniaire d’
Una Voce qui m’a guidé au fil du missel et des rubriques de la messe. Arrivé à ce point, vous pouvez songer à vous procurer les canons d’autel que vous devriez pouvoir trouver et imprimer en ligne.

6) Passez de la forme ordinaire à la forme extraordinaire pour votre messe privée sans cesser de vous exercer.

7) Proposez-vous d’officier comme diacre ou sous-diacre à une messe solennelle.

8) Passez au centre de l’autel et ALLEZ-Y !

Pour moi, le processus a duré près de six mois. Parfois je ne faisais aucun progrès et d’autres, quand j’avais plus de temps, je mettais les bouchées doubles. J’essayais toutefois de garder une trajectoire ascendante.

Votre sacerdoce en vaut la peine ! Moi, cela m’a aidé à mieux célébrer la forme ordinaire, avec plus de révérence, et m’a fait apprécier la messe davantage.

Comme prêtre, vous croulez sans doute sous de nombreuses charges et cela peut vous sembler un lourd fardeau que d’apprendre et de progresser : détaillez bien les étapes à suivre, fixez-vous un calendrier adapté à votre rythme et, lancez-vous !

 

 

II – QUELQUES RÉFLEXIONS 

 

1) Dans le monde anglo-saxon, un gros effort est fait pour favoriser l’apprentissage de la forme extraordinaire par les prêtres qui le désirent. En dehors des outils pédagogiques individuels, en Angleterre, en Australie ou aux États-Unis, associations de prêtres et même séminaires organisent régulièrement des stages de découverte de la liturgie traditionnelle. Ce rôle pédagogique est assuré chez nous essentiellement par les monastères (Le Barroux, Fontgombault, etc.) mais à une moindre échelle, et cela relève beaucoup plus de démarches personnelles que collectives : combien de prêtres ont appris à dire la messe en forme extraordinaire auprès d’un ami qui la pratiquait ?

De même, Internet regorge de témoignages de prêtres ou de séminaristes racontant leur découverte (ou redécouverte) de la liturgie traditionnelle, s’arrêtant sur les difficultés rencontrées et les joies vécues. À cet égard, celui du père Schnippel est exemplaire car il se veut didactique pour ses frères prêtres. À quand, en France, un responsable diocésain des vocations affichant aussi joyeusement et librement sa plongée dans la messe de saint Pie V ?

2) Le récit du père Schnippel est une illustration vibrante de l’enrichissement mutuel souhaité par le pape lors de la publication du motu proprio Summorum Pontificum. Il se prépare à la forme extraordinaire par l’ordinaire, et surtout, comme il le dit en conclusion, l’apprentissage de la forme extraordinaire l’a « aidé à mieux célébrer la forme ordinaire, avec plus de révérence », et « fait apprécier la messe davantage ».

Ce qu’illustre le père Schnippel, ce n’est ni plus ni moins que cette quête du sens du sacré qui attire tant de fidèles vers la liturgie traditionnelle. Un sens du sacré vers lequel doit tendre toute liturgie comme l’écrit Benoît XVI dans son exhortation Sacramentum Caritatis : « L’ars celebrandi doit favoriser le sens du sacré et l’utilisation des formes extérieures qui éduquent à un tel sens, comme par exemple l’harmonie du rite, des vêtements liturgiques, de l’ameublement et du lieu sacré. »

Est-ce alors par manque de sens du sacré que tant de freins sont mis en France à l’essor de la forme extraordinaire ? En tout cas, comment ne pas constater que pendant que le motu proprio est contesté, tant d’abus et de non-sens liturgiques continuent à être tolérés dans un si grand nombre de paroisses comme, hélas, dans tant de cathédrales ? Un exemple parmi une foule innombrable d’autres : dans la bonne ville de T., département du V., les quelques religieux de l’ordre B. se rassemblent tous les jours autour de l’autel ; ils concélèbrent soit en aube et étole, soit en tenue de ville avec étole, soit en tenue de ville sans étole. Vous avez dit : « sens du sacré » ?

3) Pour que de plus en plus de prêtres usent du droit qui leur est fait de célébrer, au moins à titre privé, selon le missel de saint Pie V, il faut que les fidèles qui demandent cette messe fasse montre d’un brin de bon sens. Et il faut que ces fidèles manifestent la plus grande bienveillance envers ceux qui s’approchent avec humilité et timidité d’une liturgie qu’ils ont souvent dû apprendre par eux-mêmes puisque les séminaires ont cessé de l’enseigner il y a bien des lustres...

 
Source: d'après "Paix liturgique", lettre n° 344 - 17 juillet 2012.

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Le militantisme, vu par l'amiral Schwerer, président de la Ligue d'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Nous donnons ci-après, pour l'édification de nos fidèles lecteurs, un extrait d'une lettre privée, adressée à Charles Maurras par l'amiral Antoine Schwerer (1862-1936), président de la Ligue d'Action française au début des années 1930. Nous souhaitons que les observations sagaces - et toujours d'actualité - du grand Chef militaire et politique que fut l'Amiral, suscitent chez eux des réflexions salutaires sur leur propre action (ou inaction suivant les cas), afin qu'elle serve toujours plus efficacement et dans la discipline la Cause nationale et royale, seule digne d'un bon Français.

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

 

 « Nos ligueurs de toutes les régions peuvent se diviser en trois catégories :

 

« 1°/ Ceux qui sont fidèles, dévoués, actifs. Ils agissent avec plus ou moins d’adresse selon leurs moyens ; mais ils sont disciplinés, sont toujours prêts à suivre les directives qu’on leur donnera. On peut toujours compter sur eux. Je n’ose pas dire qu’ils forment la majorité.

 

« 2°/ Ceux qui certainement désirent le rétablissement de la monarchie, qui sont au fond assez attachés à l’AF mais qui n’ont pas en elle la foi robuste qui serait nécessaire. Ils ne font pas grand-chose, soit parce qu’ils sont incapables, soit parce qu’ils ont peur de se compromettre et de plus ils se laissent facilement troubler par tous les bobards. Il faudrait constamment les soutenir, relever leur moral. Après une réunion, ils sont rassérénés, pleins d’ardeur ; ils me répètent à l’envi une phrase, toujours la même et qui finit par m’agacer : « Amiral, comme vous nous avez fait du bien ! ». Ils promettent de travailler. Et puis huit jours après, ils n’y pensent plus.

 

« 3°/ Enfin, il y a ceux qui dans l’AF voudraient ne voir qu’une sorte de cercle mondain. Ils voudraient surtout la diriger, donner des conseils. Ils sont toujours prêts à critiquer, jamais à agir. Ceux-là sont beaucoup plus nuisibles qu’utiles. Je ne désire qu’une chose, c’est les voir quitter la Ligue. »

 

signé: Amiral Schwerer

 

 

Et toi, quel type de militant es-tu?

 

Fleur de lys de Sainte-Eugénie

Fleur de lys médiévale

(Photo: Service photographique

de la fédération Grand Sud-Ouest

de l'Action française)

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