La question qui tue: Y a-t-il encore un peuple de Gauche?

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On lira ci-après une intéressante tribune d'un jeune consultant, dont nous approuvons l'analyse et partageons les principales conclusions. Même s'il est absurde de nier totalement leur existence, une politique nationale transcenderait naturellement l'opposition marxisante, génératrice de guerre civile ouverte ou larvée, entre les "classes". La seule vraie question est de savoir si les hommes du Régime démocratique, qui vivent de cette lutte et des peurs qu'elle suscite, sont à même de la dépasser... Il n'est que trop évident que ni la fausse Droite, ni la Gauche caviar, ni l'extrême-droite électoraliste ou raciste ne peuvent prétendre réunir le peuple français et servir honnêtement sa Renaissance: seul, le Roi peut, sur le long terme, opérer les transformations politiques, sociales et économiques qui rendront plus juste la Société.

 

A.F.-Toulouse & Haut-Languedoc

 

affiche_de_propagande_ann_es_80_1.jpg

 

"Dans un rapport intitulé « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? », la fondation Terra Nova propose de redéfinir le socle électoral de la gauche pour les prochaines élections présidentielles (Le rapport). Selon ce rapport, le socle historique, à savoir la classe ouvrière, se dérobe pour deux raisons : le déclin démographique et la tendance des ouvriers à voter de moins en moins à gauche.

 

"Terra Nova propose donc une nouvelle coalition électorale baptisée la « France de demain » et fondée sur quatre catégories : les diplômés, les jeunes, les minorités et les quartiers populaires et les femmes (coalition déjà évoquée en avril 2009 par l’économiste Daniel Cohen dans un article paru dans la revue « L’économie politique » n°42). Cette « France de demain » veut « le changement », elle est « tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive »…N’en jetez plus !

 

"On peut d’emblée s’interroger sur la pertinence de la segmentation proposée. En effet, si on additionne l’ensemble des effectifs de ces populations, on compte quatre fois les jeunes femmes diplômées issues des quartiers populaires ! Il y a fort à craindre que la rigueur méthodologique de cette étude s’apparente à la recette du pastis façon Raimu et Pagnol (boisson, au final, composée de …quatre tiers !).

 

"Et puis parler des « femmes », des « jeunes », des « diplômés » est illusoire. Comme si les « femmes », les « jeunes », les « diplômés » étaient des ensembles monolithiques avec des intérêts parfaitement alignés.

 

"Quoi de commun, en effet, entre une femme de cadre, elle-même cadre, qui a les moyens de se payer une nounou (et bénéficiant d’exonérations fiscales pour cela) et une caissière à mi-temps élevant seule ses deux enfants ?

 

"De même, il existe indiscutablement des différences importantes entre les jeunes : les préoccupations d’un fils de cadre supérieur ne sont à l’évidence pas les mêmes que celle d’un fils de chômeur résidant dans une banlieue « difficile ». Les études PISA montrent une grande disparité de résultats selon la catégorie socioprofessionnelle des parentes. La France est l’un des pays où l’origine sociale conditionne le plus la réussite scolaire.

 

"Dans ce rapport, les « seniors » sont présentés comme le cœur de l’électorat de droite. Effectivement, lors de la dernière présidentielle, toutes les enquêtes ont fait apparaître un profond clivage générationnel, marqué par des pertes importantes de Ségolène Royal chez les plus âgés. Les plus de 50 ans ne lui ont accordé que 40 % de leurs suffrages au second tour de l'élection présidentielle, contre 60 % à son rival, selon le Cevipof. Chez les plus de 65 ans, elle est tombé à 33 %. Elle a réalisé le score inverse chez les 18-24 ans. Mais ceux-ci forment 15 % de l'électorat, tandis que les plus de 50 ans en constituent 40 %...

 

"Il n'est pas simple d'expliquer ce clivage. Les plus âgés sont aussi moins diplômés en moyenne. Faute d'analyses plus approfondies, on ne sait pas dire avec précision quel est le facteur à prendre en compte : est-ce l'âge ou le niveau de diplôme qui fait pencher à droite ? Car le vote selon le niveau de diplôme pourrait aussi s'expliquer en partie par le fait que parmi les sans diplôme, on compte beaucoup plus de personnes âgées.

 

"On le voit, ces segmentations façon « marketing-mix » atteignent vite leurs limites. D’autant plus que, de l’aveu même des auteurs du rapport, la coalition proposée « n’est pas majoritaire », ce qui est tout de même un tout petit peu gênant dans l’optique de 2012 !

 

"Selon Terra Nova, les classes populaires font partie d’un ensemble baptisé « électorat intermédiaire », constituant un « no man’s land incertain et instable » composé des ouvriers, des employés, des professions intermédiaires et des classes moyennes supérieures. Ca fait beaucoup de monde pour un « no man’s land » ! Et, au fait, une femme employée se comportera-t-elle comme une femme, donc appartenant à la « France de demain » (aaah !) ou comme une employée, donc appartenant au « no man’s land » (oooh !) ?

 

"La question a son importance dans la mesure où les auteurs du rapport proposent rien moins que l’abandon délibéré des classes populaires au Front National ! Selon eux, « le FN se pose en parti des classes populaires, et il sera difficile à contrer ». Pourquoi ? Tout simplement parce que le « nouveau FN » se positionne sur le terrain de la protection économique et sociale, à l’instar du Front de Gauche. Terra Nova propose en revanche de s’inscrire dans une « stratégie centrée sur les valeurs » : investissement dans l’avenir, promotion de l’émancipation, acceptation d’une France diverse …Valeurs avec lesquelles les classes populaires ne seraient pas en phase. Outre le côté quelque peu caricatural et méprisant de cette affirmation, on peut s’interroger sur la pertinence de ce positionnement sur les « valeurs » au moment où les préoccupations d’une majorité de français sont la peur du déclassement, du chômage, la montée des inégalités, le coût excessif du logement…Mais tout cela est tellement terre à terre !

 

"Plutôt que de chercher à adapter le discours en fonction des attentes supposées de catégories plus ou moins clairement définies, il est préférable de réfléchir à nouveau à un vrai projet de société.

 

"Compte tenu de la diversité des conditions de travail, de la flexibilisation des horaires qui contribue à diminuer les temps communs dans l’entreprise, il est devenu difficile de définir les classes sociales sur des critères socio-professionnels. Mais le délitement de la notion de classe sociale résulte aussi d’un discours, en vogue à partir des années 1980, valorisant la « responsabilité individuelle ». Selon cette théorie de la responsabilité individuelle, la situation de chacun est le résultat exclusif de la façon dont il se comporte. Cette vision, partagée par une large frange de dirigeants de « gauche » (Tony Blair en fut l’archétype), remet ainsi en cause la notion fondamentale de solidarité. Or c’est cette notion qui est à la base de la notion de classe sociale. Une classe sociale peut être définie comme un ensemble d’individus qui ont conscience de leurs intérêts communs et qu’ils les défendront mieux s’ils sont unis plutôt qu’en ordre dispersé.

 

"Si on se place sur le terrain des réalités sociales, il semble évident que pour les 50% des ménages situés entre les 30% les plus démunis et les 20% les plus aisés et composant les « vraies » classes moyennes (revenu disponible entre 1000 et 2000 € par adulte), une communauté de vision pourrait être trouvée. En effet, quel est leur intérêt commun : un emploi de bonne qualité associé à une rémunération décente, une protection sociale efficace (santé, chômage, vieillesse), un système éducatif qui assure à leurs enfants un avenir meilleur, un logement confortable sans y consacrer plus du quart de son revenu…Bref il doit être possible de faire émerger une « classe moyenne populaire », fondée sur une vision partagée de ses intérêts.

 

"De part et d’autres de cette «classe moyenne », les extrêmes ont aujourd’hui tendance à s’éloigner : les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches. Tout le travail de la gauche devrait être de contribuer à resserrer cet écart. En effet, une société ne peut fonctionner de façon satisfaisante avec des franges de population dont les conditions de vie s’éloignent trop de la moyenne. Les riches, tout d’abord, auront (ont déjà, sans doute) la volonté de s’extraire de la solidarité nationale en s’estimant injustement ponctionnés. La frustration développée par les plus pauvres se traduira soit par une augmentation de la violence sociale, soit par un désintérêt total de leur part vis-à-vis des institutions.

 

"La gauche a donc trois majeurs défis à relever :

  • Reconstruire une « vraie » classe moyenne en opposant à l’individualisme la vision d’une communauté d’intérêts;
  • Lutter contre la pauvreté en luttant contre les emplois de mauvaise qualité et en mobilisant des moyens pour l’insertion professionnelle des moins « employables »;
  • Limiter la croissance des hauts revenus (par la fiscalité, l’action sur les revenus primaires et les patrimoines)."

Pierre Polard, ingénieur des Mines

 

Source: http://convictionspolitiques.midiblogs.com/archive/2011/05/18/la-france-de-demain-le-peuple-de-gauche-selon-terra-nova.html

 

Voir les commentaires

Comprendre la politique israélienne avec Georges Frankel et l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Silvia Cattori : Comme vous le savez quand il s’agit des crimes commis par l’armée israélienne contre les Arabes, la presse n’est pas du tout neutre. N’êtes-vous pas vous-même un de ces journalistes qui, dans le passé, a contribué à peindre une image idyllique d’Israël ?

 

Giorgio S. Frankel [1] : Oui, dans le passé, j’ai participé à cette propagande sioniste parce que j’ai grandi dans un contexte favorable à Israël. Donc j’avais absorbé cette culture. Dans un certain sens la presse et les médias occidentaux contribuent activement à perpétuer l’image et l’idéologie d’Israël. Il y aurait ici un long discours à faire sur le pouvoir des forces pro-israéliennes dans la presse et les médias.

 

N’oublions pas que pratiquement tous les correspondants des journaux états-uniens en Israël sont des Juifs pro-israéliens. Nombre d’entre eux ont servi volontairement dans les forces armées israéliennes. Donc ce phénomène existe. Un des piliers de la puissance israélienne dans le monde est cette capacité à perpétuer la narration israélienne et à continuellement modifier l’histoire pour la réécrire de façon favorable à Israël. Par exemple plus de 40 années sont maintenant passées depuis la guerre de juin 1967. Plus personne quasiment ne se souvient de la façon dont elle a commencé. La littérature pro-israélienne écrit avec désinvolture que ça a été une guerre dans laquelle Israël a dû se défendre d’une agression arabe. Cette agression n’a jamais existé. C’est Israël qui en juin 1967, à la fin d’une longue crise politique avec la Syrie, a attaqué l’Égypte par surprise. On écrit aujourd’hui qu’Israël a dû mener une guerre de défense après une agression arabe. C’est un exemple.

 

Silvia Cattori : Le fait que les correspondants états-uniens envoyés en Israël soient, comme vous le soulignez, « quasiment tous des Juifs pro-israéliens » est certainement un problème. Mais, à votre avis, ne voyons-nous pas le même phénomène dans les pays européens ?

 

Giorgio S. Frankel : L’Europe a eu une attitude partagée jusqu’à il y a quelques années. Dans un passé pas très lointain, l’Europe tendait davantage à sympathiser avec les Palestiniens. Dans les années 70 et 80, l’Italie était manifestement plus pro-arabe que pro-israélienne. L’attitude européenne a changé après l’attaque du 11 septembre 2001, quand s’est déchaînée dans le monde cette politique anti-arabe. L’attaque a été identifiée comme une offensive arabe contre le monde occidental. Après ce virage une hostilité croissante envers l’Islam s’est diffusée dans le monde occidental.

 

L’islamophobie en Europe a été transmise par les États-Unis. Aujourd’hui, l’Europe -la politique des pays européens alignés après le 11 septembre sur les positions états-uniennes et la guerre d’Irak- poursuit une politique anti-arabe. Cette islamophobie croissante est en grande partie alimentée, partagée, soutenue par Israël. Il faut savoir que les Européens les plus racistes, comme le Hollandais Gert Wilders, et d’autres racistes nordiques, sont aujourd’hui considérés comme des héros en Israël. Gert Wilders est régulièrement invité à tenir des conférences même dans les universités israéliennes.

 

On a cette attitude aussi dans les médias européens ; un peu moins dans les médias britanniques. Mais, en effet, pour de nombreuses raisons, Israël est arrivé à imposer son langage, son récit des épisodes proches et moyen orientaux. Les Israéliens ont un grand pouvoir, ils ont une grande capacité de propagande. Les Palestiniens ne disposent pas de cette force. Les Arabes n’ont pas cette capacité. Israël a pris le contrôle petit à petit. Il y a employé beaucoup de temps. Il a maintenant pratiquement le contrôle des communautés juives en Europe et aux États-Unis. Autrefois ce n’était pas comme ça. Autrefois les communautés juives critiquaient la politique d’Israël. Ainsi, si nous pensons à la propagande en faveur d’Israël, celle-ci n’est pas faite par des émigrés : elle est faite par des Juifs états-uniens qui en partagent la culture, le langage. Ce ne sont pas des étrangers. Les Juifs états-uniens sont pleinement intégrés, membres du Congrès, journalistes. La propagande pro-israélienne est renforcée de ce fait.

 

Silvia Cattori : Quand ce contrôle politique d’Israël sur le monde juif a-t-il pris ce virage ?

 

Giorgio S. Frankel : Il faut rappeler qu’ à l’origine le sionisme était seulement hébergé dans le monde juif, surtout chez les Juifs états-uniens. Il a fallu beaucoup de temps pour que les sionistes arrivent à s’affirmer. Ceci, entre autres, est une des origines historiques de l’arrogance notoire, de la propension à la violence du sionisme. Le sionisme est devenu arrogant et politiquement violent justement à cause de son expérience aux États-Unis, quand il devait s’affirmer dans le judaïsme états-unien. Surtout après la deuxième guerre mondiale. Les Juifs du monde entier ont toujours eu une attitude très favorable et très sentimentale à l’égard d’Israël. Si l’on doit parler de virage, c’est après la guerre de juin 1967 qu’il y a eu un virage important. Cette guerre est très importante dans l’histoire d’Israël. Elle a créé dans la mentalité israélienne un sentiment de sécurité et de puissance. Ainsi il y a toujours eu une dialectique entre Israël et le judaïsme, quant à celui qui devait dominer l’autre. Mais après la guerre de 1967, les gouvernements israéliens ont décidé que c’était à eux qu’il revenait de dominer le monde juif. Cela s’est fait petit à petit.

 

Silvia Cattori : Donc, à votre avis, la propagande des autorités israéliennes, qui a toujours consisté à dénigrer et déshumaniser les Arabes et les musulmans, sert, entre autres, à impliquer et à obtenir l’adhésion totale des Juifs au projet sioniste de domination et de destruction du peuple palestinien ?

 

Giorgio S. Frankel : La peur des peuples musulmans a grandi après le 11 septembre. Cet événement a permis aux forces israéliennes de désigner le monde musulman comme un ennemi historique du monde occidental, ennemi avec lequel on ne peut pas faire la paix. En Europe, pour des raisons historiques, qui remontent aux Croisades, il y a cette peur ancestrale des musulmans. Après le 11 septembre il a été facile de relancer cette peur.

 

Silvia Cattori : Cette propagande israélienne contre le monde arabe et musulman a réussi jusqu’à présent, avec l’aide de nos journalistes et gouvernements, à masquer de graves crimes comme l’épuration ethnique, l’annexion de Jérusalem, les massacres qui se répètent. Il est difficile de comprendre que des crimes aussi graves et massifs ne posent pas un problème moral aux Juifs qui soutiennent l’État qui les commet en leur nom. Nous voyons même des journalistes progressistes, des militants de groupes « Juifs pour la paix » tenir un discours qui « épargne » et dans un certain sens « légitime » le projet raciste de l’État exclusivement juif. Seuls quelques petits groupes marginaux ont toujours soutenu clairement le droit au retour des Palestiniens [2]. Ceci n’a-t-il pas toujours été une manière de légitimer la politique d’un État dont le projet raciste, dont l’idéologie violente, a vidé la Palestine de ses habitants ?

 

Giorgio S. Frankel : C’est extrêmement compliqué. Si l’on s’en tient à des phases de la négociation israélo-palestinienne, les négociateurs palestiniens eux-mêmes disent implicitement que si l’on faisait un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza, le retour des réfugiés serait compris dans l’État palestinien ; qu’ils se contenteraient d’une déclaration de la part d’Israël d’une assomption de responsabilité historique du drame des Palestiniens chassés en 1948 ; qu’Israël pourrait ne laisser entrer que quelques dizaines de milliers de Palestiniens. Dans le plan de paix proposé par le roi d’Arabie saoudite en 2002, confirmé en 2007, n’est pas mentionné explicitement le droit au retour, mais une solution négociée entre Israël et les Palestiniens.

 

Dans l'hypothèse d'une solution "deux Etats" le problème est de savoir si cette solution"deux Etats" est possible, avec Israël à l'intérieur des frontières de 67, et un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza. Pendant ces dix dernières années, on a continué à parler de "deux Etats pour deux peuples". Ce qu'on a vu, peut-être définitivement en 2010, c'est que maintenant cette solution n'est absolument pas possible, parce qu'Israël a pris la moitié des terres confisquées en 1967 pour construire des colonies.

 

 

 Israël ne cédera jamais ces territoires palestiniens. Ce qui est apparu c’est qu’Israël n’est pas pressé : qu’Israël veut arriver, avec le temps, à la domination de tout le territoire. La domination totale de la Cisjordanie et de Gaza. Ce qui implique de fait, par conséquent, l’expulsion des Palestiniens qui y vivent.

 

Silvia Cattori : L’Autorité de Ramallah, et les dirigeants de l’OLP -compromis dans des « processus de paix » qui ont permis à Israël de continuer à coloniser la Cisjordanie - ont renoncé aux droits légitimes de leur peuple, en pensant obtenir en échange leur « État » palestinien. Arriveront-ils à avoir cet État ?

 

Giorgio S. Frankel : Oui, en effet. Même le président Yasser Arafat était sur cette position : si nous faisons un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza, nous ne prétendons plus au droit au retour. Dans les négociations avec Israël le droit au retour a été utilisé comme une carte négociable. Ce qui était important pour les dirigeants palestiniens était d’avoir leur État en Cisjordanie et à Gaza. Cet État désormais n’existera jamais plus. Il est possible que ces dirigeants palestiniens soient aujourd’hui en collusion avec Israël. Qu’ils soient donc pratiquement des fantoches d’Israël. Après toutes ces négociations ils n’ont absolument rien obtenu. Les conditions de vie des Palestiniens ont empiré.

 

N’oublions pas que depuis qu’en 1993 a eu lieu la rencontre entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, la fameuse poignée de main à la Maison Blanche, les Israéliens ont continué à exproprier des terres en Cisjordanie, à chasser les Palestiniens de leurs maisons pour développer leurs colonies. En ces 17 années on a amplement démontré qu’Israël n’a pas la moindre intention de faire une paix qui porterait à la création d’un État palestinien en Cisjordanie et Gaza.

 

Quand les dirigeants israéliens parlent d’un État palestinien ils ne disent jamais où il devrait naître. Pour eux, l’État palestinien est la Jordanie. Leur objectif est de renverser la monarchie jordanienne et d’envoyer là-bas tous les Palestiniens. Voilà la doctrine : la Jordanie est la Palestine pour les Israéliens (1). Tout leur discours se trouve là. Les Israéliens n’ont jamais été disposés à restituer les territoires conquis en 1967. Jamais. Donc la question du droit au retour pour Israël ne se pose pas comme un objectif réaliste. Le problème est celui-ci : la formule des deux États n’est plus possible. Alors y aura-t-il un État qui comprend Israël, l’actuelle Cisjordanie et Gaza ? Il faut voir si cet État sera un État unique (binational), comme dit Ilan Pappé. Ou bien si ce sera un État dominé par les Israéliens dans lequel les Palestiniens ne seront jamais démographiquement en majorité mais seront soumis à la « domination juive ». Ils pourraient même en être chassés…

 

Silvia Cattori : Cette éventualité, selon vous, est-elle probable ?

 

Giorgio S. Frankel : Je pense qu’Israël - même si c’est une grande puissance mondiale, une puissance militaire, nucléaire et technologique - est en réalité en train d’aller au désastre. Vers un collapsus intérieur. Les indices en sont cette folie croissante de la classe dirigeante israélienne. On a vu cette dernière année justement l’escalade de racisme en Israël. Racisme envers les Arabes citoyens d’Israël. Il y a en Israël des manifestations de racisme contre les Arabes, de xénophobie envers les travailleurs étrangers, de xénophobie envers la composante russe. Il y a des fractures croissantes dans le monde juif entre ashkénazes et séfarades, entre blancs et noirs falashas. Toute la société israélienne est en train de se fragmenter, de couler et de se dégrader en un complexe de haine raciale envers tout le monde. Israël a une attitude de plus en plus hostile envers le reste du monde. Un rien suffit pour créer des incidents diplomatiques.

 

Alors que des générations de jeunes juifs états-uniens sont de plus en plus désenchantées vis-à-vis d’Israël. Ce qui signifie qu’Israël risque le collapsus, si des choses extérieures n’interviennent pas. La classe dirigeante israélienne est d’un niveau de plus en plus bas. L’intelligentsia israélienne est de plus en plus basse. Israël ne produit pas de culture, ne produit pas d’idées, ne produit pas de projets. Il produit des armes, des installations électroniques ; mais il ne produit pas de culture. Sa classe politique est de plus en plus corrompue économiquement, culturellement et dans ses coutumes. Un ex-chef de l’État israélien a été condamné pour violence sexuelle. Ceci est exemplaire de la corruption israélienne actuelle.

 

Israël est voué au déclin. Ce déclin peut être accéléré par le fait qu’Israël est complètement lié aux États-Unis. Aujourd’hui sa politique se révèle très dangereuse parce que la situation intérieure états-unienne est de plus en plus grave. L’avenir d’Israël est plein de doutes.

 

Silvia Cattori : Et pourtant Israël n’apparaît pas comme étant dans une position de faiblesse mais de domination. Il ne souffre pas de crise économique. Sa monnaie est forte et stable. Il continue à tenir tête au monde ; à ne pas céder de terrain et à poursuivre, sans être perturbé, sa politique de purification ethnique des Palestiniens. Il est même en mesure de revendiquer des concessions de plus en plus humiliantes, pour rendre impossible toute solution aux problèmes créés à ses voisins arabes. Malgré la gravité des crimes commis depuis plus de 60 ans, Israël non seulement n’est pas sanctionné mais est courtisé par nos gouvernements. Si Israël peut se comporter de façon aussi arrogante et violente, défier les grandes puissances, il doit y avoir une raison secrète qui a permis à tous les gouvernements israéliens de défier quiconque. Comment interprétez-vous cette arrogance croissante, sans précédent en politique internationale ?

 

Giorgio S. Frankel : C’est vrai. Les fondements de cette arrogance sont multiples. Un de ces fondements est la puissance atomique israélienne. Israël est peut-être la quatrième puissance atomique dans le monde. Dès les années 70, c’est-à-dire il y a presque 40 ans, on disait qu’Israël était capable d’exercer une menace nucléaire contre l’Union soviétique. Ceci expliquait pourquoi l’Union soviétique avait toujours été très prudente vis-à-vis d’Israël. Il y a quelques années seulement, un historien militaire israélien d’origine hollandaise, Martin Van Cleveld, chercheur renommé et auteur d’études militaires, déclara dans une interview qu’Israël avait des armes atomiques pointées contre toutes les capitales du monde occidental. On parle beaucoup de cette doctrine Samson [3]. L’idée est celle-ci : si Israël se trouvait dans une situation telle qu’il lui semble être sur le point de succomber, alors il entraînerait le monde avec lui. Avant de succomber il lancerait des bombes atomiques sur l’Europe, sur le monde arabe et sur les États-Unis. Des scientifiques israéliens ont plusieurs fois affirmé que les Israéliens peuvent frapper n’importe quel point du globe.

 

Connaissant l’histoire et la mentalité israéliennes cette attitude peut apparaître rationnelle dans le sens d’une argumentation destinée à forcer les autres pays à respecter la volonté d’Israël. Après tout, un pays européen peut se demander pourquoi soutenir la cause des Palestiniens, si on risque d’être attaqué et bombardé.

 

Le fait qu’Israël puisse exercer un chantage atomique, direct ou indirect, qu’il puisse menacer de faire une guerre aux pays arabes ou à l’Iran en utilisant des bombes atomiques, déchaînerait une crise mondiale. Les possibilités d’utiliser directement un chantage atomique sont très nombreuses. Ceci est un fait, je dirais, fondamental.

 

Puis, le lien stratégique avec les États-Unis, qui a débuté après la guerre de juin 1967, a conféré à Israël un pouvoir international notable et une sorte d’immunité. Quoi que fasse Israël, les États-Unis le protègent. S’il y a une résolution en cours au Conseil de sécurité contre Israël, elle ne peut pas passer parce que les États-Unis, en tant que membre permanent, peuvent opposer leur veto.

 

Tout cela a donné à Israël un pouvoir notable, un degré d’impunité très élevé. Ensuite s’est créé dans le monde, je ne sais pas si c’est un mythe - mais étant donné que quasiment toutes les chancelleries le prennent au sérieux…- l’idée que, si des pays et des forces politiques veulent avoir de bons rapports avec les États-Unis, ils doivent avoir de bons rapports avec Israël. Il y a une propension dans nombre de pays du Tiers-monde à établir de bons rapports avec Israël de façon à ce qu’ensuite le lobby pro-israélien aux États-Unis soutienne ce pays. La Turquie l’a fait dans les années précédant le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Nombre d’autres pays l’ont fait. On a vu que ces pays qui ont eu de bons rapports avec Israël ont été gratifiés par les États-Unis.

 

Les raisons pour lesquelles Israël est aussi puissant aux États-Unis sont dues au fait qu’Israël a établi un contrôle sur le Congrès. Israël domine le Congrès aux États-Unis ; il le domine vraiment. Depuis des décennies, les Israéliens ont créé aux USA une série de structures, d’institutions appelées lobby israélien. Ce lobby est formé de diverses organisations spécialisées : il y a le lobby au Congrès, celui qui fait pression sur la Maison Blanche, celui qui s’occupe des sommets militaires, etc.

 

En tenant compte qu’il y a aux États-Unis 6 millions de Juifs aisés, ces organisations qui sont financées par le monde juif disposent de fonds énormes. L’une des plus importantes, l’AIPAC, a 100.000 adhérents. Elle a un pouvoir énorme. Ses membres envoient des fax, des e-mails aux députés, aux sénateurs, recueillent des fonds.

 

Une chose très importante dont les journaux européens ont peu parlé, mais les journaux israéliens oui, ainsi que certains journaux juifs, est le fait que, au début de l’année 2010, les rapports entre Obama et Israël étaient très mauvais. Obama était prêt à avoir une politique de pression de plus en plus dure à l’encontre d’Israël. C’est ce qu’il semblait. En mai, Obama a complètement changé et a cédé peu à peu à toutes les requêtes des Israéliens. Les journaux israéliens ont révélé que les principaux financeurs juifs du parti démocrate avaient coupé les financements. Les milliardaires juifs, en mars 2010, ont fait savoir qu’ils ne donneraient pas un dollar si Obama ne changeait pas de politique. Obama s’est retrouvé à la veille des élections de mi-mandat en difficulté politique avec son propre parti, qui avait perdu ses financements juifs. C’est donc une source de pouvoir.

 

Ajoutons aussi un autre facteur de pouvoir provisoire. Dans l’ère de la globalisation économique, Israël est devenu un élément structurel de ce super-pouvoir global qui s’est développé à partir des années 80 et 90. Dans l’élite mondiale qui a le pouvoir économique, etc.…, Israël est une partie intégrante de cette structure de pouvoir. Ce pouvoir économique, plus le pouvoir stratégique militaire, dans la mesure où les États-Unis visent la domination du Moyen-Orient, renforcent le pouvoir militaire et stratégique d’Israël.

 

En 2003, quand les États-Unis ont attaqué l’Irak, les journalistes états-uniens et l’élite pro-israélienne disaient ouvertement que l’attaque contre l’Irak n’était que le début d’une stratégie vouée à démanteler le Moyen-Orient. Qu’après l’Irak, ce serait le tour de l’Égypte, puis de l’Arabie saoudite, etc. C’était la vision de l’époque. Ensuite la guerre contre l’Irak a mal tourné pour eux. Ce qui montre que le pouvoir militaire n’est valable que jusqu’à un certain point. Les États-Unis, malgré leur super-puissance militaire et technologique, perdent toutes les guerres. En voyant l’expérience des États-Unis nous pouvons garder à l’esprit que même pour la super-puissance israélienne les jours pourraient être comptés. Pour le moment Israël est une partie du super-pouvoir mondial. Mais ce pouvoir perd du terrain avec l’expansion du pouvoir asiatique.

 

Silvia Cattori : Vous avez étudié ce sujet. Vous connaissez la réalité de près. Mais pour les gens en général il est très difficile de comprendre que ce ne sont pas les Arabes et les musulmans le problème mais la politique conflictuelle israélienne. La pression continue exercée par Israël contre le programme nucléaire civil iranien en fait partie. Croyez-vous en une attaque possible de l’armée israélienne ou d’autres, contre des sites iraniens ?

 

Giorgio S. Frankel : Je n’y crois pas parce qu’Israël a commencé à menacer d’attaquer l’Iran au début des années 90 ; ça fait 20 ans que les autorités israéliennes répètent qu’elles vont attaquer l’Iran, que l’Iran est en train de fabriquer la bombe atomique, que l’Iran est une menace. Mais quand, dans l’histoire, un pays menace de faire la guerre et ne la fait pas pendant vingt ans, il ne la fera jamais.

 

Cette menace contre l’Iran sert à Israël pour maintenir un climat de tension au Proche et au Moyen-Orient. En menaçant plusieurs fois par an de faire la guerre à l’Iran, il crée une situation de péril aux États-Unis et en Europe. La probabilité qu’Israël attaque l’Iran est très faible. Mais si Israël attaque vraiment l’Iran, les conséquences mondiales seraient tellement catastrophiques que, même si tout le monde pense que la menace du gouvernement israélien tient du bluff, personne ne va vérifier si c’est vraiment du bluff.

 

Israël n’est pas en mesure d’attaquer l’Iran, il suffit de regarder une carte géographique. Il doit passer à travers d’autres pays. Il y a deux ans, les États-Unis firent un cadeau empoisonné aux Israéliens. Comme Israël parlait du danger iranien, les États-Unis envoyèrent en Israël un grand appareil radar qui contrôle le ciel autour du pays sur des centaines de kilomètres. Cette station est gérée par des militaires états-uniens. Elle fut présentée comme un geste de solidarité envers Israël ; en réalité les Israéliens ne sont pas très contents. Parce que les États-Unis savent exactement ce que font les avions israéliens. Les États-Unis ont affirmé de façon récurrente qu’ils ne veulent pas une guerre contre l’Iran, parce que ce serait une catastrophe.

 

Ce sont des périodes cycliques. De temps en temps les Israéliens sortent cette carte iranienne. On en parle pendant quelques semaines et puis ça s’arrête. Le général Moshe Yalon, vice-premier ministre et ministre pour les menaces stratégiques, a déclaré : le programme nucléaire iranien est en retard ; donc nous avons deux ou trois ans pour prendre une décision. Ceci est un message pour indiquer qu’en ce moment il n’y a pas de danger iranien. Ce danger sert aux Israéliens pour entretenir un climat de tension et contraindre les États-Unis et les Européens à faire certaines politiques. Les Israéliens espéraient créer un climat de tension suffisant pour provoquer un affrontement entre l’Iran et les pays arabes. Cette stratégie aussi a échoué.

 

Combien de temps a-t-il fallu aux autres puissances nucléaires pour fabriquer la bombe atomique ? Les États-Unis dans les années 40, quand on ne savait même pas à coup sûr qu’on pouvait faire la bombe atomique, y ont employé trois années. Israël a mis dix ans. Maintenant on dit depuis plus de vingt ans que l’Iran construit la bombe. C’est la bombe atomique la plus lente de l’histoire ! L’agence nucléaire qui doit contrôler la bombe atomique continue à dire qu’il n’existe pas d’indices de programme militaire.

 

La bombe iranienne sert à Israël pour créer des problèmes stratégiques dans la région. La grande peur d’Israël est qu’un dialogue politique ne s’ouvre entre les États-Unis et l’Iran. Après quoi l’Iran serait reconnu comme puissance régionale avec laquelle on doit parler et discuter.

 

L’autre puissance régionale qui est en train de s’affirmer est la Turquie. À présent Israël a des problèmes avec la Turquie parce qu’elle pourrait devenir la principale interlocutrice des États-Unis, du monde arabe et du monde musulman.

 

L’autre grande arme d’Israël est l’accusation d’antisémitisme. C’est une arme à laquelle les Israéliens ont un grand et immédiat recours. Toute forme de critique d’Israël est dénoncée comme acte d’antisémitisme. Au début cela faisait un grand effet ; aujourd’hui un peu moins ; tôt ou tard, elle perdra son importance. Quand on abuse de ces armes elles perdent leur valeur. Israël accuse tout le monde d’antisémitisme. Si un Juif critique Israël, on dit que c’est un Juif qui a la haine de lui-même.

 

A la fin, ça aussi ça s’écroulera. Parce que l’antisémitisme est une chose ; la critique d’Israël en est une autre. D’antisémitisme, il y en a peu actuellement, dans le monde. S’il resurgit c’est parce que cette façon qu’ont les Israéliens d’établir une identité entre judaïsme et « israélisme » est vraiment dégoûtante : c’est là un terrain très glissant.

 

Silvia Cattori : Pendant ces années d’offensive militaires par Tel Aviv, on a assisté, en France par exemple, à une intensification des accusations d’antisémitisme même de la part de militants de groupes de « juifs pour la paix ». Des accusations d’antisémitisme et de négationnisme, se sont mises à pleuvoir sur des journalistes ou des militants qui mettent en évidence l’idéologie qui a amené l’État juif à conduire des politiques inacceptables depuis le début [4]. Si comme vous le soulignez, critiquer la politique israélienne n’a rien à voir avec le racisme, que cherchent alors, en vérité, ceux qui accusent les gens d’antisémitisme ?

 

Giorgio S. Frankel : La grande erreur est celle commise par les communautés juives dans le monde en tant que, comme communautés juives, elles pensent avoir le droit de parler au nom d’Israël. De nombreux Juifs non Israéliens pensent pouvoir, en tant que Juifs, avoir le droit de soutenir Israël. C’est leur droit. Mais cela comporte que, tôt ou tard, on imputera aux Juifs non israéliens ce que font les gouvernements israéliens. D’autre part, quand Israël proclame qu’il veut être reconnu non seulement comme État juif, mais comme État national du peuple juif, cela veut dire qu’il demande, au niveau international, que lui soit reconnue une sorte de primauté aussi à l’égard des Juifs qui sont dans les autres pays. Cela devient très dangereux.

 

Silvia Cattori : Pourquoi dangereux ?

 

Giorgio S. Frankel : Parce qu’à la fin il est possible que, dans l’avenir, Israël veuille interférer dans la politique intérieure d’autres pays sous prétexte que ce pays a une politique hostile aux Juifs. Chirac refusa de participer à la guerre contre l’Irak. Peu de temps après le premier ministre israélien Ariel Sharon déchaîna une politique hostile à la France en avertissant les Juifs français : faites vos valises, quittez la France, venez en Israël. A l’avenir les Israéliens pourraient se comporter comme si c’était à eux qu’il revenait de définir le destin des Juifs italiens ou français.

 

Silvia Cattori : Cette arme de l’antisémitisme a toujours permis à Israël de mettre les gouvernements qui ne suivent pas la ligne politique de Tel Aviv sous pression. Cela fait donc vingt ans qu’Israël essaie d’inciter le reste du monde à intensifier la pression contre l’Iran pour l’isoler, le sanctionner, en empêchant son développement normal. D’après vous, y arrivera-t-il ?

 

Giorgio S. Frankel : Je n’en suis pas convaincu, parce que l’Iran jusqu’ici est protégé par la Chine et en partie par la Russie. Il a de bons rapports avec ses voisins : Turquie, Irak et avec des pays comme l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Il a de bons rapports avec le Pakistan, avec l’Inde, avec les pays arabes du Golfe, en particulier avec le Qatar. Il est en train d’étendre sa présence diplomatique en Amérique latine. L’Europe suit la ligne dure : mais d’autres pays ne la suivent pas.

Les Israéliens mènent cette déstabilisation intérieure de l’Iran par le biais d’attentats, de massacres, etc. ; c’est ce qu’ils sont probablement en train de faire. Il faut voir s’ils vont y arriver.

 

Silvia Cattori : Israël seulement et pas les États-Unis [5] ?

 

Giorgio S. Frankel : Tous les deux. Mais surtout les Israéliens.

 

Silvia Cattori : Pourquoi « surtout les Israéliens » ? Ont-ils des moyens particuliers de pénétration et de manipulation des minorités ethniques ?

 

Giorgio S. Frankel : Le problème de la stabilité de l’Iran est très complexe. On peut entrer clandestinement dans plusieurs zones. Il y a des populations hostiles au gouvernement central. Le Kurdistan est la région la plus importante pour le pétrole. Une minorité sunnite y vit. Il suffit de leur fournir des financements pour l’entraînement et de leur fournir des armes. Ce genre d’opérations s’appelle « la guerre de l’ombre ». Les possibilités d’intervention sont nombreuses.

 

Silvia Cattori : Nous vous remercions.


(*) Diana Carminati e Alfredo Tradardi : In memoria di Giorgio S. Frankel (22.09.2012 
http://www.silviacattori.net/article3711.html 

Silvia Cattori 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio (24.06.2011)

Texte original en italien (25.05.2011)     : 
http://www.silviacattori.net/article1639.html 

 


[1] Giorgio S. Frankel, analyste de questions internationales et journaliste indépendant, travaille sur le Moyen-Orient et le Golfe persique depuis le début des années 70. Il est l’auteur de : « L’Iran et la bombe », DeriveApprodi, Roma, 2010.

[2] Le droit au retour est permis par la loi : mais nos gouvernements et partis politiques, de même que les défenseurs d’une « juste paix » l’ont toujours ignoré, parce que reconnaître aux réfugiés palestiniens le droit au retour obligerait Israël à reconnaître les expulsions de 1948, 1967, 2000 et à admettre que sa « guerre d’indépendance » est en réalité un crime.

[3] « Option Samson » (ainsi appelée par des dirigeants israéliens d’après la figure biblique de Samson, qui abattit un temple philistin entraînant sa mort et celle de centaines de Philistins) suppose que face à une menace existentielle le projet nucléaire israélien comprend une attaque nucléaire contre les nations qui le menacent.

[4] Voir : “1001 bugie su Gilad Atzmon” (“1001 mensonges sur Gilad Atzmon”), de Gilad Atzmon, comedonchisciotte.net , 2 novembre 2006.

[5] Le journaliste Bob Wedford affirme que les services de la Cia, du Mossad et du MI-6 collaborent pour conduire des actions de sabotage contre l’Iran. En 2009 et 2010, l’Iran a arrêté plusieurs espions d’origine états-unienne entrés illégalement, parmi lesquels une femme qui possédait des « hidden spying equipment ». La France mène une diplomatie agressive contre l’Iran depuis que, en 2007, le président français Sarkozy a parlé de la possibilité de bombarder l’Iran. On se souviendra de l’appel de Bernard Kouchner aux nations, pour « se préparer au pire », à la « guerre » contre l’Iran.

 

 

Note additionnnelle

de la Rédaction du blogue

de la Fédération:

 

"Les Frères musulmans ont organisé une vaste manifestation à Amman, le vendredi 5 octobre 2012, à la sortie de la prière. Annoncée en faveur d’une évolution de la monarchie, elle s’est vite muée en un début d’insurrection au cri, désormais classique de : « Le Peuple veut faire tomber le régime ! ».

 

"Les Frères musulmans estiment disposer du soutien de Washington pour accéder au pouvoir —avec ou sans l’assentiment du roi— depuis qu’ils se sont engagés à ne pas remettre en cause la paix séparée égypto-israélienne et à soutenir le capitalisme libéral. La confrérie est déjà au pouvoir au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Égypte et à Gaza.

 

"Conscient du problème en gestation, le roi Abdallah II avait annoncé la veille la dissolution du Parlement et des élections législatives anticipées, sans pourtant en préciser la date. Au cours de la manifestation, les Frères ont rejeté son geste et déclaré qu’ils continueraient à boycotter le processus électoral. On ne saura donc pas de quel soutien réel ils disposent parmi la population. Dimanche, le roi a pris une seconde initiative en instituant une Cour constitutionnelle.

 

"Se souvenant qu’il a dirigé la branche jordanienne des Frères, certains stratèges à Washington et à Tel-Aviv plaident pour propulser le leader du Hamas Khaled Mechaal à la tête du pays qui serait alors reconnu État palestinien."

 

 

 

Notre confrère Giorgio S. Frankel(*) était un journaliste d’une rare honnêteté. Il a inlassablement dénoncé la politique poursuivie par les gouvernements successifs de l’Etat juif d’Israël. Un Etat qui s’est installé par la force sur une terre volée aux Palestiniens. Très peinée par sa disparition, le 20 septembre 2012, nous tenons à lui rendre hommage en republiant le long et fascinant entretien qu’il nous avait accordé en mai 2011 alors qu’il était très atteint par la maladie. Il nous avait parlé de la complicité lâche des journalistes alignés sur Israël qui mentent et couvrent les crimes les plus odieux. Nous gardons un souvenir émouvant de cet homme élégant dont le regard bleu intense et bon continue de nous habiter. - Silvia Cattori

Voir les commentaires

L'Action française dévoile le vrai visage d'Israël: la boucherie de Gaza

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Aucun Français normalement constitué ne lira, - sans émotion pour les victimes et dégoût pour les assassins et pour la lâcheté du pays légal républicain qui se tait, - le message et les photos transmis par M. Ziad Medoukh, citoyen palestinien de Gaza, sur les atrocités commises en ce moment par l'armée nationale d'Israël, sur l'ordre de son gouvernement et avec l'assentiment de la classe politique et de la majorité de la population. Ils jettent une lumière crue sur la nature atroce de la politique israélienne, vis-à-vis des Arabes. Les Français ne savent que trop bien ce que c'est qu'une occupation par une Puissance totalitaire; aussi, en ces heures tragiques pour la nation arabe, l'Action française se déclare solidaire des Palestiniens luttant pour leur existence nationale et leur survie sur la terre de leurs pères. Le coeur humaniste, épris de justice et charitable de la vraie France saigne pour eux. 

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

4 Piliers Fédération

 

 

"Je vous envoie ce message les larmes aux yeux, moi qui ne pleure jamais, mais cet immeuble détruit se trouve à 500 métres de chez moi, et les images des enfants tués m’ont bouleversées.
 

"En dehors de l’émotion, je veux vous montrer la réalité quotidienne de Gaza sous bombardements et raids israéliens intensifs.

 

"L’armée la plus morale du monde a commis un nouveau massacre israélien ce dimanche 18 novembre 2012.
 

"L’avion israélienne a bombardé un immeuble de 5 étages dans la ville de Gaza, un immeuble qui héberge 40 personnes, et qui appartient à la famille Dalou.
 

"12 personnes de la famille Dalou sont mortes, parmi eux : 6 enfants, 3 femmes et 2 personnes âgées, il y a eu 25 blessés.
 

"Je suis désolé de ces photos choquantes prises par un ami photographe, qui se trouve dans une situation psychologique difficile après ces images terribles Je pense que les organisations de droits de l’homme et de droits des enfants dorment, je ne sais quand elles vont se réveiller ?
 

"Un nouveau crime israélien contre nos enfants et nos civiles, un nouveau massacre contre l’humanité.

 

"Et un nouveau silence complice de ces pays qui prétendent défendre les droits de l’homme.

 

"Je suis obligé à vous envoyer ces photos à vous, les amis, les gens de bonne volonté, les associations de soutien à notre cause noble pour essayer de calmer ma colère et la colère des Gazaouis.
C’est horrible, terrible, mais la réalité est plus dure à Gaza.

 

"Amitiés de Gaza la résistance, le courage, la dignité, mais surtout Gaza l’humanité.

 

"Ziad Medoukh
"Un simple citoyen palestinien

de Gaza"

 

12-11-20_Gaza_1.jpg  

  12-11-20_Gaza_2.jpg

 

 

12-11-20_Gaza_3.jpg

 

 

12-11-20_Gaza_4.jpg

 

 

12-11-20_Gaza_5.jpg

Voir les commentaires

Comprendre avec l'Action française la situation en Syrie

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Pourquoi la libération de la Syrie fait-elle si peur à l’Occident ?
par Abd al-Wâhid ‘Alwânî (écrivain syrien)
in Al-Sharq al-Awsat, 1er octobre 2012
traduit de l’arabe par Marcel Charbonnier
 
Les déclarations des responsables américains, de certains dirigeants européens et des responsables de l’Onu révèlent une profonde ambigüité délibérée dans leur lecture de la scène syrienne, bien que celle-ci soit évidente et claire et qu’elle ne nécessite que peu d’effort d’analyse pour en faire une lecture précise. D’un autre côté, l’on pousse les événements vers toujours plus de complexification afin que la question paraisse extrêmement complexe, impossible à régler à court terme, et de la maintenir otage de péripéties de terrain susceptibles de la faire exploser au point de la rendre quasi incontrôlable. C’est ce constat qui rend l’étude des soubassements de cette politique occidentale pertinente du point de vue épistémologique car, en effet, la politique des intérêts immédiats n’apporte pas d’explication convaincante et satisfaisante.
 
 La relation de l’Occident avec l’Orient musulman est une relation pleine de blessures réciproques et la vision occidentale du monde musulman, fondée qu’elle est en particulier sur les études orientalistes, reste prisonnière d’une vision classique, quelques soient les développements apportés aux méthodes d’approche, et même si les hommes politiques, en Occident, aujourd’hui, ne se fondent pas sur les sources orientalistes, la vision orientaliste reste implicite dans le noyau de la culture occidentale, et le politique se meut en Occident à l’intérieur d’un espace intellectuel saturé de cette conception orientaliste, par conséquent, il remet à l’ordre du jour cette conception, fusse de manière indirecte, dans toutes ses représentations politiques.
 
L’Islam qui vient à l’esprit de l’orientalisme occidental s’incarne dans les deux grandes percées musulmanes effectuées au cœur de l’Europe par Abdal-Rahman al-Dâkhil l’« Omeyyade » dans la Péninsule ibérique et de Muhammad al-Fâtih l’« Ottoman » à Constantinople. Ces deux percées se sont produites lors d’époques impériales durant lesquelles le corps fondamental « sunnite » était puissant et ambitieux. Cela explique qu’il soit évident, dans la vision occidentale, cette très grande méfiance face à la constitution de conditions susceptible de faire le lit d’une troisième percée (musulmane) qui risquerait d’être décisive et de ne pas se contenter de pénétrer au cœur le Vieux continent.
 
L’Occident comprend que l’ambition qu’a l’Islam de s’étendre est incarnée dans la composante sunnite du corps islamique pour deux raisons, qui sont le fait que cette composante représente la majorité de ce corps, d’une part, et que, celui que ses dirigeants sont impétueux et ambitieux et qu’ils n’ont jamais abandonné véritablement leurs représentations idéologiques et prosélytes qui remontent à plusieurs siècles dans le passé et qui n’ont cessé de se renouveler à de multiples reprises. Les Occidentaux comprennent généralement que la vision islamique « sunnite » contemporaine, qui admet la modernité et postule la nécessité d’interagir de manière moderne avec les peuples du monde, en acceptant la coexistence et le dialogue avec eux, ne le fait qu’en raison de la faiblesse qui domine les « musulmans » au sens où cette modernité « artificielle » n’est que simple tactique passagère, dans l’attente d’un renforcement des musulmans qui leur permettra de la rejeter par-dessus leur épaule pour s’atteler à étendre le territoire de l’Islam jusqu’à ce que celui-ci englobe la terre entière. Il s’agit là d’une vision qui ne se limite pas au désir de recouvrer le prestige passé, mais qui transcende celui-ci afin de recouvrer toutes les avancées et tous les butins de cette expansion, et je ne pense pas que cette vision soit susceptible de changer tant que l’ordre mondial ne sera pas un monde de coexistence et de pluralisme effectifs et justes.
 
L’Occident voit dans les minorités des soupapes de sécurité qui contribuent à affaiblir la composante sunnite de l’Islam. L’intérêt manifesté par l’Occident pour le communautarisme est dû à l’importance que joue ce facteur dans sa maîtrise du monde musulman. En effet, les minorités aux racines musulmanes qui vivent aujourd’hui dans le monde musulman connaissent des conflits qui se limitent, pour la plupart d’entre elles, à leur lutte contre le pouvoir historique sunnite, ce qui a eu une influence y compris sur leur structure idéologique, repoussant l’aspect prosélyte et exégétique au second plan, face à l’objectif premier représenté par la prise pour cible de la composante sunnite, son affaiblissement et la vindicte contre lui, cela d’autant plus que cette composante, en dépit du fait que ses ressortissants partagent les iniquités infligées par le pouvoir avec ceux des autres confessions, se voient investis de sa responsabilité, cela à travers la légende du deuil et à travers l’épopée de la haine fondée sur l’escalade dans le discours de vengeance pratiquée par la supposée victimes. L’Occident comprend très bien que ces minorités ne tourneront jamais leurs lances conte le monde occidental et que lesdites lances ont toujours été rougies du sang musulman, que ce soit à travers les conflits entre ces communautés elles-mêmes et le pouvoir historiquement sunnite, ce qui est quelque chose de tout à fait naturel dans le continuum historique, les minorités ayant toujours eu des problèmes avec le pouvoir en place, et non pas avec l’ennemi extérieur, à cause du pouvoir lui-même et à causes des immixtions nationalistes et politiques. Ainsi, ces minorités ont de tout temps lancé des accusations de trahison contre ledit pouvoir en place pare qu’elles n’étaient pas suffisamment enthousiastes pour défendre un pouvoir qui les méprisait comme il méprisait leurs droits.
 
Quand l’Occident décida d’en finir avec l’Etat ottoman, ledit Etat était dans une situation de déliquescence et de faiblesse qu’avait aggravée son implication dans des alliances douteuses. La chose fut planifiée de façon à ce que l’Etat ottoman soit le dernier empire musulman et la dernière possibilité pour les musulmans de participer fortement à la définition de l’avenir du monde. C’est pourquoi une géographie piégée fut le principal moyen utilisé par ledit Occident pour s’assurer de la faiblesse requise du monde musulman, à laquelle s’ajoutait le soutien occidental à la puissante structure dictatoriale des régimes de gouvernement au détriment de la puissance de l’Etat, au sens où le régime est puissant, mais où l’Etat est faible, ce qui permet au pouvoir de devenir une force nuisible et tyrannique sur le plan intérieur, tout en étant paisible et conciliante sur le plan extérieur.
 
Dans cette vision, l’Iran a joui d’un rôle extrêmement important, ce pays ayant une grande influence historiquement mais s’étant investi d’un rôle plus ample et plus influent à travers le désir qu’avait l’Occident de renforcer ledit rôle. Ainsi, à l’époque du Shah, l’Iran était l’unique flic dans la région, et il a pu imposer beaucoup d’accords et de faits accomplis scandaleux contraires aux accords et aux arrangements internationaux. L’allégeance occidentale du Shah était évidente n’était pas sans conséquence pour l’Occident. C’est ainsi que le renversement révolutionnaire du Shah est venu alléger le poids des conséquences des politiques régionales de l’Iran pour l’Occident. Depuis l’histoire de la prise de contrôle de l’ambassade américaine, voici de cela plus de trois décennies, l’Iran a occupé les unes en tant qu’ennemi de l’Occident, et principalement des Etats-Unis (le Grand Satan). Et bien que la relation dans son aspect extérieur politique ait outrepassé de beaucoup ce qui pousse ordinairement l’Occident à déclarer la guerre à autrui, les bruits de bottes, en Iran, depuis plus de trente ans, n’ont entraîné aucun affrontement véritable entre l’Iran et l’Occident. Bien au contraire, la plupart des conflits et des transformations de la région ont montré l’existence d’un partage du butin et des avantages en résultant.  
 
Au cours de plus de trois décennies, les politiques suivies par la classe dirigeante en Iran a exposé ce pays à des conflits locaux et régionaux, tandis que les Iraniens restaient les otages d’un régime intérieur oppresseur et corrompu empêchant la majorité du peuple de s’exprimer et procurant aux autres des rêves et des exploits héroïques imaginaires. Mais on ne peut expliquer le rôle joué par l’Iran sans prendre en compte sa présence dans d’autres contrées et ce rôle peut notamment entrer dans le cadre de sa dépendance vis-à-vis de l’Occident, mais quoi qu’il en soit ce rôle s’explique par le fait qu’il s’inscrit dans le cadre des marchandages et des luttes d’influence. Rien ne le démontre mieux que la contribution centrale de l’Iran dans l’axe liant Téhéran à Beyrouth via Bagdad et Damas, ainsi que le conflit au Soudan dont le peuple soudanais paie le prix dans une guerre par procuration faite par l’Iran, qui soutient le régime de Bachir et Israël, qui soutient le régime de Salva Kiir. Les divers scénarios de guerre américaine au Moyen-Orient ont toujours chargé l’Iran ce que ce pays était incapable de réaliser seul. L’exemple illustrant le mieux cette réalité aujourd’hui, c’est celui de l’Irak, et auparavant, il y a eu aussi le cas de la guerre en Afghanistan. Devant les réalités et devant les évolutions réelles, toutes les déclarations et toutes les menaces occidentales s’avèrent n’avoir été que des bulles visant à dissimuler une coopération stratégique et des plans moyen-orientaux dont l’axe central est l’Iran, ainsi qu’Israël, dans une moindre mesure.
 
On ne peut comprendre le rôle joué par l’Iran isolément du « croissant chiite » qui coupe l’ensemble géographique sunnite en deux parties principales : la partie du nord-est, dans laquelle dominent plutôt les aspects sentimentaux et existentiels, et la partie sud-ouest, qui produit le sens, qui le régit. Et tandis que dans les pays non arabes s’aggravent les conflits nationaux, qui y entraînent un surcroît d’éloignement par rapport au respect du sens, le nationalisme, au contraire, dans les pays arabes, représente précisément un moyen puissant pour occulter la profondeur islamique « sunnite ».
 
Il est certain que l’islamophobie occidentale est fondée sur des expériences historiques et qu’elle est alimentée par les mouvements de l’Islam politique qui connaissent une ascension essentiellement à cause des politiques occidentales agressives soutenant l’entité sioniste et les régimes dictatoriaux dans le monde arabe et dans le monde musulman. Cette islamophobie qui a suscité les polémiques et les doutes, s’est transformée, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, en conscience non équivoque chez tout Occidental. Mais nous ne devons pas oublier que l’Occident a toujours eu besoin d’un ennemi puissant permettant aux composantes occidentales de transcender leurs contradictions internes et de s’unir face au monde, en effet, l’identité occidentale est méprisante ; elle ne s’appuie pas sur les seuls rôles culturel, scientifique et philosophique, le principal élément en elle, l’élément qui la pousse au premier rang consiste toujours à trouver une ennemi commun menaçant, afin que l’Occident puisse rester à la tête du monde et que tous les autres occupent un rang subalterne avec la nécessité que cela implique nécessairement d’avoir à faire face et à contenir l’envie et la haine qui ne pourront qu’augmenter selon l’expression peu élégante de l’orientaliste Bernard Lewis, ou bien l’état primitif sauvage de caravanes incapables de rattraper le cortège civilisé occidental selon les expressions utilisées par Fukuyama. Durant un demi-siècle, l’Union soviétique était le responsable de toutes les menaces qui pesaient sur l’Occident capitaliste. Dans le cadre de la Guerre froide, l’ensemble du monde musulman ployait sous des régimes oppressifs tirant leur légitimité et leur force de l’extérieur. Après la chute de l’URSS, il fallait trouver un autre ennemi non moins convaincant pour l’individu européen et pour la mentalité européenne grâce à sa dangerosité et à son agressivité. Cela avait été préparé par une mise en condition intellectuelle par les « thèses » de Samuel Huntington sur les conflits entre civilisations, lesquelles thèses, même si elles font moins polémique aujourd’hui, continuent à présider aux politiques occidentales. Elles on trait à une coopération dangereuse entre le confucianisme et l’Islam. Certes, l’Islam visé ici, c’est le grand bloc sunnite, et non pas la coopération irano-chinoise. En effet, l’Occident a conscience de la dimension sassanide de la culture politique iranienne, qui fait du pouvoir iranien aujourd’hui plus proche de la situation safavide fondée sur un complexe d’agressivité mêlé de nationalisme outrecuidant.
 
Si l’Iran était sérieusement désireux de servir le projet islamique, de faire face à l’hégémonie européenne et de couper les mains occidentales intervenant dans les destinées des peuples de la région, il devrait à tout le moins neutraliser sa dimension communautariste face aux révolutions arabes. En effet, tandis qu’il accueillait avec froideur certaines de ces révolutions, il s’enthousiasmait pour d’autres, tout en faisant preuve d’animosité envers d’autres encore. Si l’Iran a dénoncé les régimes de Kadhafi, de Moubarak et de Ben Ali, il a corrompu la révolution bahreïnie en lui conférant une dimension confessionnelle et il a tout fait afin d’enterrer vivante l’insurrection du peuple syrien contre un régime tyrannique et corrompu.
 
S’il avait été sincère dans ses intentions islamiques, l’Iran avait une réelle opportunité de régler un problème historique très complexe. En effet, si l’Iran avait opté pour le soutien au peuple syrien, ses intérêts futurs n’auraient nullement été menacés et il aurait préparé le terrain, rendant possible une pureté d’intentions entre les diverses communautés au niveau de l’ensemble du monde musulman et en particulier en ce qui concerne les questions difficiles questions de la dissension entre sunnites et chiites. Mais l’Iran ne désire pas cela et il n’a jamais été sincère depuis sa révolution, qui est aujourd’hui au milieu de sa quatrième décennie, même s’il ne cesse de prétendre le contraire. Ainsi, la Brigade de Jérusalem (faylaq al-Quds) n’a jamais rien fait, depuis sa fondation, pour Jérusalem. Il a toujours été occupé, en Iran même, par son travail consistant à persécuter tout défenseur des droits de l’homme chez les Iraniens, chez les Arabes de la région des Ahwâz, chez les Kurdes de Mahabad et chez les Baloutches, ou à l’intérieur d’autres pays, comme l’Irak et la Syrie.
 
La constante la plus constante dans les politiques occidentales vis-à)-vis du monde islamique, que guident aujourd’hui les Etats-Unis, c’est cette même constante qu’elles ont héritées de l’Occident d’avant les deux conflits mondiaux, que dirigeaient principalement l’Angleterre et la France, et qui consistait à soutenir les minorités d’une manière amenant celles-ci à servir les projets occidentaux, et non pas leurs propres intérêts communautaires. Aujourd’hui, le cas de la Syrie incarne les aspects les plus significatifs de cette politique. En effet, l’Occident contribue lui-même à transformer le mouvement (syrien) de protestation contre l’oppression et la corruption en guerre confessionnelle susceptible de permettre à l’Occident d’intervenir à point nommé pour impartir à la Syrie et à la région du Moyen-Orient ce qui sera leur destinée pour les décennies à venir. Certes, il n’existe pas de manuel décrivant précisément les comportements, les prises de position et les politiques occidentales, mais il existe des dimensions épistémologiques indéniables qui sont notamment sa très grande méfiance quant au risque que les circonstances ne soient favorables à une troisième percée islamique au cœur de l’Occident, et cette dimension est précisément ce qui lève l’ambigüité autour de ce l’on pense être des politiques contradictoires dont l’Occident ferait montre vis-à-vis des événements importants et marquants en cours dans le monde musulman.

Voir les commentaires

Colloque "Jeanne-d'Arc au XXème siècle" le 1er décembre 2012 à Paris

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On nous prie d'annoncer l'importante manifestation suivante, qui sera la dernière du sixième centenaire de la naissance de la Sainte de la Patrie; c'est avec plaisir que nous invitons tous nos amis de passage à Paris le ouiquende du 1er décembre à s'y rendre:

 

 

Colloque « Jeanne-d’Arc au XXème siècle »

 

 

Jeanne-d-Arc_XX_siecle_0.jpg

 

organisé par

 

la Société littéraire et artistique de Paris

du VIIème arrt de Paris

 

« Les amis de Jehanne »

 

et le C.A.E.C.

 

Samedi 1er décembre 2012, Paris.

 

9 h-18 h 

 

 

 

Programme

 

Matinée :

Jeanne-d’Arc, l’Eglise et la politique

Sous la présidence de

M. Didier BEOUTIS,

président de la Société

littéraire et artistique

du VIIème arrondissement de Paris.

 

9 h : Ouverture des portes.

 

9 h 15 : Ouverture du colloque, par M. Didier BEOUTIS.

 

9 h 30 : La politique des canonisations : l’exemple de Jeanne-d’Arc, par M. Philippe PREVOST, docteur es-lettres.

 

10 h : Pause questions.

 

10 h 15 : La difficile pénétration du culte johannique en Belgique, par M. le Professeur Francis BALACE, professeur émérite de l’université de Liège (Belgique).

 

11 h : Pause questions.

 

11 h 15 : Jeanne-d’Arc et l’Action française, par Mme Dominique PAOLI, historien.

 

 Carte Jeanne M.R.-D.-S 

La célébrissime "Jeanne au bûcher "

par le sculpteur d'Action française

Maxime Réal del Sarte

(Photo D.R.)

 

11 h 45 : Pause questions.

 

12 h : Jeanne-d’Arc, François Mitterrand et l’Action française, par M. Didier BEOUTIS.

 

12 h 30 : Pause questions.

 

12 h 45 : Pause déjeuner (buffet campagnard, jusqu’à 14 h).

 

 

Après-midi :

Jeanne-d’Arc dans les arts et les lettres

Reprise des travaux sous la présidence

de M. le Professeur BALACE.

 

14h : Jeanne-d’Arc dans la littérature et le théâtre contemporains, par Mme Dominique PAOLI.

 

14 h 30 : Pause questions.

 

14 h 45 : Jeanne-d’Arc au cinéma en France et à l’étranger, par M. Philippe d’HUGUES, critique cinématographique.

 

Procès Jeanne 

Image tirée du film de Bresson

Le Procès de Jeanne

(Photo D.R.) 

 

 

15  h 30 : Pause questions.

 

15 h 45 : Jeanne-d’Arc dans la peinture et la statuaire, par Mme Claude LIBERT, conférencière.

 

17 h 15 : Pause questions.

 

17  h 30 : Conclusion du colloque, par M. Vincent GAILLERE, président du C.A.E.C.

 

18 h 00 : Fermeture des portes.

 

INFORMATIONS PRATIQUES. – Lieu : Maison des associations du VIIème arrt : 4, rue AMELIE 75007 PARIS (à l’angle du 93, rue Saint-DOMINIQUE ; m° : LATOUR-MAUBOURG, ECOLE-MILITAIRE, ALMA ; bus 92, 80, 28 & 69). Stands de livres et objets johanniques. Participation aux frais : 20 € par personne, déjeuner compris (10 € l’après-midi seule). Inscriptions par chèque à l’ordre de : C.E.C. avant le 28 novembre 2012 auprès de : C.E.C. – B.P. 4507 – 75325 PARIS CEDEX 07

 

Voir les commentaires

Morale laïque ou élitisme équitable à l'école: éléments de réponse de l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Nous reproduisons ci-après une analyse bien documentée des idées en matière de "morale laïque" qu'entend imposer le nouveau ministre de l'éducation, M. Vincent Peillon, par M. l'abbé Philippe Bourrat, directeur de l'enseignement du district de France de la fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (F.S.S.-P.-X). Elles ne sont autres que la resucée dépassée de celles de Ferdinand Buisson, fondateur, avec Jules Ferry, de l'enseignement laïc, gratuit et obligatoire en France, qui constituaient une tentative pour remplacer l'influence catholique par celle de la Révolution dite française. Alors que l'école publique aurait besoin d'un renouveau de la qualité de l'enseignement, notamment par l'élévation du niveau et la réhabilitation de la culture humaniste et du travail manuel, c'est-à-dire d'un "élitisme équitable", la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française voit avec méfiance le primarisme le plus totalitaire, gros de guerres civiles, faire son retour dans les programmes. On tente de bourrer le crâne de nos enfants avec des généralités inutiles à la connaissance et dangereuses pour le développement de leur esprit critique. Ce n'est pas ce qu'attendent les pères et mères de famille français. On comprend mieux à cet entêtement que, seule, la Monarchie populaire pourra séparer l'école publique de l'idéologie maçonnique.

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

4 Piliers Fédération

 

Parmi les débats qui agitent le milieu scolaire de cette rentrée 2012, on notera le projet d'une refonte de l'enseignement de la morale laïque à l'école. Vincent Peillon, actuel ministre de l'Éducation nationale, sait de quoi il parle. Disciple intellectuel et spirituel de Ferdinand Buisson qui fut la cheville ouvrière des lois scolaires de Jules Ferry, à la fin du XIXe siècle, mais aussi le rapporteur de la loi de séparation de l'Église et de l'État en 1905, le nouveau ministre a déclaré, dans une interview donnée au Journal du Dimanche (01/09/2012), vouloir mettre en place dans toutes les classes de l'école primaire et secondaire un cours de morale laïque, à partir de la rentrée 2013.

Ce qu'il entend par morale laïque est particulièrement instructif : « Je souhaite pour l'école française un enseignement qui inculquerait aux élèves des notions de morale universelle, fondée sur les idées d'humanité et de raison. » Pour lui, c'est l'autonomie de la raison humaine et non Dieu qui constitue le fondement de l'agir de l'homme. Par ailleurs, le manque d'évaluation (c'est-à-dire d'épreuves de morale laïque aux examens) est pour lui la cause d'une certaine désaffection de la discipline, trop souvent cantonnée à une « instruction civique » qui néglige le coeur de cette morale laïque : une attitude intérieure. « Il existe aussi une laïcité intérieure, c'est-à-dire un rapport à soi qui est un art de l'interrogation et de la liberté. » La morale laïque a pour objectif de transmettre cette attitude de pensée qui relève de la liberté de conscience comprise dans le sens de l'esprit des Lumières et à l'opposé de toute Révélation extérieure. « Le but de la morale laïque, nous dit encore Vincent Peillon, est de permettre à chaque élève de s'émanciper, car le point de départ de la laïcité c'est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d'arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix. »

Auteur d'un essai sur Ferdinand Buisson (1), Vincent Peillon prolonge une idéologie chère aux grands maîtres de l'anticléricalisme dont il explique, dans son ouvrage, les ressorts internes. Ferdinand Buisson fut l'apôtre d'une religion nouvelle, d'une foi laïque qui prend sa source dans la conscience et veut se substituer à l'Église catholique, jugée incompatible avec l'esprit de la démocratie moderne. Il lui faut une religion sans prêtre et sans dogme. Et c'est l'école qui doit forger la moralité et la mentalité républicaines.

Vincent Peillon résume ainsi la pensée de Buisson exposée dans Le Devoir présent de la jeunesse (1899) : « La France a cette singularité qu'élevée dans la religion catholique, n'ayant pas su faire droit à la Réforme, elle n'a pas fait pénétrer dans ses moeurs une religion du libre examen, de l'égalité et de la liberté. Il faut donc à la fois déraciner l'empreinte catholique, qui ne s'accommode pas de la République, et trouver, en dehors des formes religieuses traditionnelles, une religion de substitution qui arrive à inscrire jusque dans les moeurs, les coeurs, la chair, les valeurs et l'esprit républicain sans lesquels les institutions républicaines sont des corps sans âme qui se préparent à tous les dévoiements.» (p. 34)

Et l'actuel ministre de poursuivre son analyse qui nous éclaire sur le sens de la laïcité, fer de lance de la lutte contre l'Église catholique : « La laïcité française, son ancrage premier dans l'école, est l'effet d'un mouvement entamé en 1789, celui de la recherche permanente, incessante, obstinée de la religion qui pourra réaliser la Révolution comme promesse politique, morale, sociale, spirituelle. Il faut, pour cela, une religion universelle : ce sera la laïcité. Il lui faut aussi son temple ou son église : ce sera l'école. Enfin il lui faut son nouveau clergé : ce seront les hussards noirs de la République.» (p. 48)

Il ne s'agit pas d'exclure la religion ou la morale dont les hommes ont besoin. Il faut substituer à la religion révélée une religion de l'homme : « Si elle veut s'inscrire dans la durée et faire son oeuvre démocratique et sociale, la forme républicaine n'est donc pas présentée comme devant proposer une sortie hors de la religion. Elle est le passage d'une religion à une autre : de la religion révélée et théocratique à la religion laïque et libérale.» (p. 50)

Dans cette religion, la foi ne se reçoit pas mais se conquiert. La conversion n'est pas l'effet d'une grâce donnée par Dieu, mais c'est un devenir qui s'accomplit dans les profondeurs de la conscience. (p. 208) « Le salut par la foi est un salut par la volonté», résume V. Peillon.

Ferdinand Buisson ne s'en cache pas : pour réunir tous les amis de la fraternité humaine, cette religion doit s'engager dans l'action, l'histoire, la société. Il l'écrira, le 10 juillet 1869, à Victor Hugo et présentera la future religion comme « une vaste franc-maçonnerie au grand jour

Il suffisait de le dire clairement. Car tel est bien l'enjeu de l'enseignement d'une « morale laïque » à l'école.

(1) Vincent Peillon, Une Religion pour la République, La foi laïque de Ferdinand Buisson, La Librairie du XXIe siècle, SEUIL, 2010

 

Voir les commentaires

Penser la défense nationale avec l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On lira ci-dessous une analyse, parue sur un site de géopolitique, très documentée et accablante pour la Démocratie sur l'état de nos forces armées, quatre-vingt quatorze ans après la Victoire de 1918, acquise au prix de 1.500.000 morts.

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

Insigne de l'E.-M.A.

 

L'insigne de l'état-major des armées (E.-M.A.),

un organisme politico-militaire

qui préside au désarmement de la France

et à sa dissolution dans l'O.T.A.N.

 

"Que reste-il de notre défense nationale après trois décennies de mitterando-chiraco-sarkozysme ? Rien. Et après un quinquennat de liquidation générale et de tape-à-l’œil ? Rien, moins que rien… Les candidats invoquent la « France » avec des trémolos dans la voix, des gestes impérieux, et des « coups de bouc » martiaux 1, mais la Défense nationale, et à travers elle la « Nation », sont à l’évidence le cadet de leurs soucis. Car qui au cours de la campagne a parlé du sort de nos armées, et pas seulement à la marge, face à des cénacles restreints ? L’Armée après tout n’est-elle pas l’épine dorsale de notre souveraineté, de la sauvegarde et de l’intégrité du territoire, partant de nos libertés ? Cependant, personne pour ainsi dire n’a évoqué cette fonction régalienne en perdition sans laquelle il ne saurait y avoir de Maison commune aux multiples peuples de France… Occitans, Bretons, Alsaciens, Basques, Flamands, Bourguignons, Corses et Normands fondus en une seule nation 2.

 

"Grande oubliée des présidentielles de 2012, l’armée n’était-elle pas hier encore conçue et perçue comme « le dernier rempart de la Démocratie » 3 ? Or, que reste-t-il de ce « rempart » en avril 2012 à part quelques pans de muraille délabrée ? Rien ou plus grand chose. L’on doit même pouvoir dire sans grand de risques de se tromper, que l’étiage de nos forces combattantes n’a jamais été aussi bas au cours des sept derniers siècles, depuis la naissance de la Nation en armes 4.

 

"Misère et servitude de la Nation désarmée

 

"À la veille des élections présidentielles, l’armée de terre ne pèse plus guère que moins de cent mille hommes d’armes [un chiffre sans doute fort optimiste] ! Un effectif assez dérisoire qui prêterait à rire si nous ne possédions encore quelques vecteurs nucléaires en principe dissuasifs ? Encore faudrait-il des hommes aptes à brandir la menace d’un recours au feu nucléaire de façon crédible. Or notre classe politique est désespérément pauvre en individualités de la trempe requise. Car les bouffons convertis au monothéisme du Marché - via une eurolâtrie débridée et une américanophilie sans discernement aucun – n’ont désormais que faire de l’arme nucléaire… laquelle n’existait qu’autant qu’elle était un moyen de préserver l’indépendance nationale et de dissuader les velléités d’ingérence invasive.

 

"En un mot, les marionnettes qui nous gouvernent ou prétendent le faire, n’ont plus l’usage de cet « outil de souveraineté », mais hésitent à le dire en raison proportionnelle à la force résiduelle du symbole. En tout état de cause, ne pouvant renoncer trop vite à la « dissuasion », celle-ci sera assurément démantelée pièce par pièce (M. Mélenchon préconise l’abandon immédiat de sa composante aérienne)… ou fondue dans un fourre-tout européen, lui-même intégré aux arsenaux atlantistes.

 

"En vérité, pour défendre un territoire national, encore faut-il que la nation existât. Or qu’est-ce que la France à présent ? Sans frontière, sans âme, submergée par « toute la misère du monde » et couverte de l’écume des peuples en déshérences, déracinés et mondialisés… Gageons que M. Charybde ou M. Scylla – MM. Hollande ou Sarkozy – ne perdront pas une minute pour se débarrasser d’un « préjugé qui leur revient cher » 5 ! Et puis l’utiliser défensivement contre qui ? Un Iran agresseur ? Quelle fable ! Le seul pays de la région détenteur (le doute n’est guère possible) de vecteurs à tête nucléaire voire thermonucléaire, étant l’État hébreu. Et dans l’éventualité où nous leur envisagions un usage offensif, contre qui serait-ce ou au service de quoi 6 ? La réponse se situe évidemment aux antipodes des intérêts élémentaires, et surtout vitaux, de la Nation… mais comme les mobiles déterminant les choix et les actes de notre classe dirigeante, celle-ci étant passée avec « armes et bagages » – c’est le cas de le dire – au « parti de l’Étranger » 7, nous avons a priori tout à craindre.

 

"L’armée a donc atteint un seuil critique. Seuil sous lequel nos forces permanentes ne sont jamais passées depuis leur création par Louis XIV 8. Même sous l’occupation. Par sa défaite, la France s’était vu astreinte à limiter ses effectifs armés à 100 000 soldats. Serions-nous donc à nouveau un pays occupé (comme tendrait d’ailleurs à le faire penser l’interdiction faite aux citoyens, à l’exact contraire de la Suisse, de posséder une arme, sauf procédure administrative lourde, discrétionnaire et rébarbative) ? Et par qui ? À chacun de fournir sa réponse …

 

"Une question au demeurant inutile, tous autant que nous sommes sachant, plus ou moins intuitivement, que nos forces armées, non seulement ne défendent plus la sécurité de la France et des Français dans des aventures fort loin de nos frontières (dans les vallées de l’Hindou Koush par exemple), mais surtout qu’elles ne sont plus – terre, air, mer - qu’une composante parmi d’autres d’une force multinationale nommée Otan, placée d’entrée de jeu sous commandement américain. C’est-à-dire obéissant exactement aux plans et aux buts de guerre concoctés et définis à Londres, New-York, Tel-Aviv et Washington… et fort peu à Paris, Rome ou Berlin.

 

"Organisation transatlantique qui dissimule autant que possible son esprit de conquête et sa soif inextinguible d’or noir sous la peau de blanc mouton des Nations Unies… comme en Afghanistan après l’Irak, en Libye, ou peut-être demain, en Syrie… Théâtres de guerre tout orwellien où la Force internationale d’assistance et de sécurité [FIAS], en janvier 2002 se déployait sous couvert de l‘Organisation du traité de l’Atlantique nord (elle-même mandatée par les NU), en parallèle et en soutien à l’Opération Liberté Immuable, celle-ci proprement américaine luttant spécifiquement contre les « réseaux terroristes »… mais pas contre les champs d’opium dont les dérivés – notamment l’héroïne - inondent l’Europe et particulièrement la Russie où ils causent trente mille morts annuelles.

 

"Des É-U qui, à l’abri d’une opération de « stabilisation » et de maintien de la paix, mènent en réalité une « guerre sans limites »… expérimentant d’atroces techniques de destruction aériennes robotisées (les drones de combat pilotés depuis le territoire des É-U) contre les nouveaux Commanches, Apaches et Sioux de la Nouvelle Frontière asiatique de l’Empire. « Indiens » identifiés ici pour l’essentiel avec l’ethnie majoritaire pachtoune historiquement et viscéralement rétive à l’occidentalisation libératoire à la pointe du fusil d’assaut M16, et pour cette raison plus ou moins criminalisée collectivement et génériquement sous le label de « taliban ».

 

"Comprenons pour finir, que la spécialisation du reliquat de nos forces armées dans certaines missions en tant que « composantes » - en vertu également d’une indispensable inter-opérationnalité - au sein du dispositif d’ensemble Nord-Atlantique, détruit en soi l’idée d’armée nationale, puisque celle-ci a perdu de facto sa capacité à agir seule, de façon autonome et de façon exhaustive sur l’ensemble du champ de bataille. L’armée française a été en quelque sorte cannibalisée par le corps de bataille anglo-américain. Et nul parmi nos grands décideurs ne semble montrer ouvertement qu’il s’en est aperçu.

 

"Les chiffres parlent d’eux-mêmes

 

« En 1914, nous disposions de deux mille bataillons d’infanterie, de quoi mettre un fantassin tous les cinquante centimètres entre Nice et Dunkerque. Aujourd’hui avec nos vingt bataillons, nous avons de quoi en faire autant entre la porte Maillot et celle de la Villette ; 1724 canons français s’opposaient à Verdun à 2200 canons allemands. Il nous en reste aujourd’hui 128, réduction acceptée, je le rappelle, parce qu’elle devait être compensée par la mise en service du LRU [lance-roquettes unitaire, dont l’entrée en service a été repoussée à 2014 et figurant sur la liste des matériels en suspens dans l’hypothèse où de nouvelles coupes budgétaires n’interviendraient pas d’ici là… ce qui dans le contexte actuel d’effondrement économique est éminemment probable dès 2012 ». Ainsi s’exprimait (déjà) en octobre 2010, à l’École d’officiers de Coëtquidan, le général Elrick Irastorza, alors chef d’État-major de l’armée de terre, à propos des réformes prévues en 2011 avec en perspective la réduction du format de nos armées. Entendez ici : « effectuer des coupes claires » !

 

"Voyons cela… Les Forces armées françaises [actuellement composées de personnels militaires professionnels et de personnels civils… la conscription ayant été suspendue - mais non supprimée - depuis 2001] comptaient encore en 2007, quelque 437 000 personnels dont 355 000 militaires… 38 000 officiers, 200 000 sous-officiers, 92 000 hommes du rang et 25 000 volontaires ainsi que 83 000 civils. Les réservistes étaient au nombre de 56 000. Finalement moins de cent mille maintenant, un quinquennat plus tard.

 

"Par comparaison, en 1991, il y a donc vingt ans, l’armée de la République rassemblait alors 300 643 militaires de carrière, 241 716 appelés et 127 778 civils, soit un total de 670 137 hommes… À présent nos capacités aériennes se trouvent réduites à trois cents appareils toutes catégories confondues et la marine à moins de trente grandes unités navales dont un seul porte-avions en révision d’ailleurs la plus grande partie de l’année ! La messe est dite ; les chiffres sont assez éloquents et point n’est besoin d’entrer dans le détail des trains de réductions et de coupes budgétaires…

 

"Un déclin irréversible de l’Armée et de la Nation,

"deux réalités connexes

 

"Pour être tout à fait juste, nous descendons en accéléré la pente du déclin (et de l’indépendance nationale) depuis la fin de la Guerre froide. Reste qu’à l’époque de la grande rivalité Est-Ouest, notre doctrine ne désignait aucun ennemi précis. Un aspect très révélateur de notre position de « non-alignement » stratégique par rapport à la logique des blocs… même si notre engagement dans l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord était l’expression d’une réelle solidarité occidentaliste… et avec tous les devoirs lui étant inhérents, tel le respect automatique, sans dérogation possible, de l’Article V du Pacte de l’Alliance faisant l’obligation de se ranger aussitôt aux côtés de l’un ou l’autre de ses membres en cas d’agression contre icelui.

 

"La Turquie par exemple, si un conflit éclatait demain entre Ankara et Damas... Notons cependant que Washington n’a aucun moment invoqué l’Article V pour écraser sous les bombes l’Émirat afghan en octobre 2001, elle eut été pourtant en droit de le faire… Quant à de Gaulle, celui-ci n’a pas quitté l’Organisation atlantique en 1966 - contrairement à ce qui se dit - mais uniquement son « commandement intégré » qui plaçait de facto nos forces sous commandement suprême américain… comme cela se passe en Afghanistan depuis dix ans ! Ne confondons pas ainsi réalité pratique et réalité formelle : M. Sarkozy ayant choisi de rompre avec la doctrine héritée du fondateur de la Ve République en ramenant la France dans le giron du commandement intégré de l’Alliance, s’est apparemment cru obligé de faire publiquement allégeance aux maîtres de Washington… lesquels pourtant n’en demandaient peut-être pas tant !

 

"En outre et in fine, le concept stratégique français définissait notre défense comme « tous azimuts ». Or, depuis 2007 et le nouveau « Livre blanc », la France a définit, « un ennemi » relativement fantasmatique, le « Terrorisme international », et sorti comme un diable - fort opportunément - du placard à balais le temps d’une campagne ric-rac grâce à l’Affaire Merah ! Un « ennemi » qui permet tout puisque polymorphe, invisible, sans visage et sans localisation géographique précise, un coup au Yémen, un coup en Somalie, au Waziristân où dans les bas-fonds de New-York, Londres, Amsterdam, Paris ou Toulouse. Tout à la carte !

 

"Une « Défense » au profit de qui ?

 

"Il est également vrai que nos forces ne sont plus – c’est un triste constat – au service de la défense des intérêts vitaux et prioritaires, voire exclusifs, de la Nation en ce qu’elles s’agrègent à des coalitions presque toujours, directement ou indirectement, conduites par les É-U, cela au service de piteuses aventures guerrières… Pitoyables certes, mais uniquement si l’on se place du point de vue désuet d’une conception passéiste des relations entre États, celles-ci assorties d’un badigeon moral bienséant destiné à sauver au minimum les apparences et les espérances des hommes.

 

"Une vision classique désormais dépassée ! Une fiction utile comportant tout un appareil moralisateur exaltant les beautés infinies de la « démocratie » universelle et du libre échange, le tout synthétisé dans la Déclaration des droits humains… Texte purement déclaratif mais auquel chacun était censé adhérer et possédait l’avantage d’avoir donné après 1945 un semblant de sens à une Communauté internationale péniblement sortie des décombres de la Guerre. Cela ne dura que le temps que vivent les roses… Les conflits nés de la décolonisation hier, les expéditions humanitariennes aujourd’hui – lesquelles se multiplient depuis vingt ans et la chute de l’Union soviétique - montrent à quel point nous avons été victime d’une rhétorique aussi mensongère que vicieuse, celle-ci s’efforçant, à grand coup de matraquages médiatiques, de nous enfoncer dans le crâne que 2 et 2 font cinq et que « la guerre c’est la paix » !

 

"Bien sûr, si l’on considère le navrant bilan humain de ces expéditions néocoloniales [autant parler d’ailleurs de brigandages idéologico-mercantiles associant - par le fer et le feu - la diffusion de la religion démocratique à la voracité prédatrice des oligarchies pétro-gazières, ce bilan est proprement consternant. Il s’apprécie au vu des innombrables cimetières jalonnant les champs de bataille et leurs périphéries. De ce point de vue le fiasco est patent, mais si l’on se place sous l’angle de la bonne santé des cartels gaziers et pétroliers, ou celle des pétrodollars (outil monopolistique d’échange des énergies fossiles sur le marché mondial), ces guerres sont de francs succès : les Nations qui ont eu la stupide attitude de s’essayer à des politiques d’indépendance, sont maintenant détruites ou en voie de l’être ; leurs communautés se déchirent, l’islam radical revient au galop et s’invite dans la sphère des affaires publiques, le chaos et l’instabilité s’installent durablement…

 

"Or ces derniers - chaos et instabilité - n’ont jamais été incompatibles avec les bonnes affaires, contrairement à ce qu’en disent les imbéciles, les trompeurs et les professeurs des Universités. Chacun d’entre nous est finalement capable d’établir le lien organique de causalité existant entre les guerres d’expansion de l’Empire Nord-Atlantique et la pérennisation du dieu dollar comme monnaie d’échange des hydrocarbures, ou bien avec la permanence de la position hégémonique des É-U en dépit de la violence de l’actuelle Crise systémique.

 

"L’illusion perdure

"mais il faudra bien

"finir par se rendre à l’évidence

 

"Mais l’illusion perdure en Hexagonie d’une Nation forte, présente sur la scène mondiale et encore plus ou moins maîtresse de son destin comme semblerait en témoigner l’engagement de contingents armés relativement importants sur différents fronts chauds de la planète : officiellement 36 000 hommes, soit plus d’un tiers de ses effectifs ! Encore s’agirait-il de ne point se laisser abuser par le mirage des chiffres, les forces combattantes réellement projetées sur les théâtres extérieurs étant en moindre quantité, 25 000 peut-être ? Mais cela ne se saura pas : nos politiques comme certains de nos militaires de haut rang nous trompent, peu ou prou, tout comme ils doivent se mentir à eux-mêmes.

 

"Chacun se rassure comme il peut. En croyant voir la cause du déclin de l’outil militaire dans la seule amputation conjoncturelle des budgets devenus non prioritaires en temps de paix et de crise. L’armée serait ainsi une « variable d’ajustement » permettant aux « acquis sociaux » d’être maintenus… pour la durée du « temps des cerises » et du renouvellement du Parlement.

 

"La vérité est plus amère. Le déclin est bien antérieur à la crise, il s’est amorcé depuis belle lurette, au moins depuis 1981 avec l’abandon idéologiquement voulu de la référence structurante à la Nation matrice des peuples. À partir de là, notre politique étrangère s’est délitée, ballotée qu’elle était entre divers tropismes dont le principal se situait évidemment Outre-Atlantique. C’est dans la destruction de l’idée de Nation, préliminaire à la déconstruction de la Nation elle-même – phénomène sans doute lent aux yeux de nos contemporain, mais vertigineux au regard du déroulement historique - que réside la cause fondamentale de la fusion, à la vitesse de la neige au soleil, et du délitement de nos forces armées. Beaucoup plus certainement que pour des causes économiques, budgétaires ou en raison de cette « paix » en trompe l’œil dont on a fait un argument ultime.

 

"L’Europe de la défense ne s’est pas faite. Mais nous avons trouvé dans ce projet (utopique dans les faits) un prétexte suffisant pour justifier tous nos renoncements. Nous avons surtout trouvé là de bonnes raisons pour nous décharger d’un fardeau devenu superfétatoire dans une nation en voie d’américanisation accélérée… autrement dit communautarisée et tiers-mondisée au nom de l’anarcho-libéralisme, du fétichisme de la libre circulation - érigée en absolu - des biens et des personnes, et de l’impérieuse obligation faite aux sociétés occidentales – cela de façon coercitive, par la force de la Loi - de se multicuturaliser et de s’ouvrir à des vagues d’immigrations aussi diverses que variées !

 

"À ce titre le programme « socialiste », celui de la « Majorité présidentielle », du « Front de gauche » ou du « Parti anticapitaliste », ne sont séparables que par l’épaisseur d’un cheveu : tous visent à l’abolition des frontières, à la dissolution de la nation ethno-historiquement homogène et à l’enchâssement des peuples dans des blocs gigognes… Tous veulent et prônent « l’égalité des Droits » entre l’extérieur et l’intérieur, ce qui signifie la négation même de la citoyenneté : n’importe qui peut revendiquer tous les statuts in et out puis gueuler aussi fort que possible pour bénéficier et jouir dans des frontières que pourtant il récuse en soi, de « tous les droits » du sol, sans contrepartie ni devoirs réciproques.

 

"Que viendrait alors faire une politique de défense dans ce foutoir ? M. Mélenchon voudrait quant à lui, en parfaite cohérence avec son idéologie ultralibérale (eh oui !) placer d’entrée de jeu nos armées au service des Nations Unies. Ce pourquoi il veut sortir de l’Otan. Non pour moins de dépendance mais pour plus d’internalisation mondialiste, autrement dit pour promouvoir la gouvernance mondiale dont lui et ses semblables sont assurés de prendre à terme le contrôle. En tout cas ils s’y emploient.

 

"Aussi faut-il désormais se rendre à l’évidence. La mort, avec ou sans crise, de l’Armée est l’une des étapes de notre disparition programmée dans le vaste chaudron mondialiste. En attendant nos forces ne sont plus qu’une composante de l’une ou l’autre de ces grandes machines à normaliser les peuples au XXIe siècle, que sont l’Otan aujourd’hui, et demain les Nations Unies, si ces dernières ne sont pas dissoutes entre-temps pour mieux adapter l’Institution aux nécessités de la gouvernance planétaire. Le déclin de nos armées constitue ainsi l’un des marqueurs - l’un des symptômes les plus visibles… pour ceux qui acceptent de voir - de la mort de la France en tant que Nation. Après viendra celle, physique, des peuples qui la compose. La tendance semble irréversible. Mais le cours de l’histoire demeure imprévisible. Tout comme celui des fleuves qui, périodiquement, sortent de leur endormissement routinier, quittant brutalement leur lit et leurs mauvaises habitudes.

"Notes

"(1) Coup de menton propre au colonel « scrogneu-scrogneu » et aux conducteurs de peuple façon Benito Mussolini. Attitude proto archaïque de soumission du soldat donnant ses noms et matricule en dégageant largement la gorge.

 

"(2) Rendons cette justice à Mme Le Pen qu’elle est le seul candidat à formuler précisément - dans le dernier point de sa profession de foi envoyée aux électeurs hexagonaux - un engagement en vue d’une « restauration de notre puissance militaire » corrélative de notre émancipation de « la tutelle » où nous nous trouvons vis-à-vis des É-U. M. Bayrou se démarque également quelque peu en concluant la présentation de son projet sur ces mots : « Je garantirai à mon pays une défense à la hauteur de son rang et de ses ambitions [!]. J’agirai pour retisser le lien entre la Nation et son Armée ». Les sept autres candidats se contentent d’annoncer que « demain l’on rase gratis »… Le Front de Gauche « altermondialiste », dans le flou artistique le plus intégral, se contentant d’exprimer pour sa part une volonté de « sortie de l’Otan » !

 

"(3) En 1974, peu avant la disparition du président Pompidou, Robert Galley, ministre de la défense présentait l’Armée en ces termes. En mars 1976, le vice-amiral Sanguinetti, de « sensibilité » de gauche, commentait : « Robert Galley a déclaré, alors qu’il était ministre de la Défense, que les armées étaient le dernier rempart de la société libérale. D’après la loi française, et je ne connais qu’elle (statut des militaires, article 1er), nous sommes au service de la nation et d’elle seule, pour la protéger contre les attaques extérieures. Nous ne sommes au service ni d’une société ni même du gouvernement [dont acte]. Nous lui obéissons dans ce qu’il nous ordonne de légal, pour la défense de la nation, mais nous ne sommes pas au service d’un type de société particulier ». Par cette seule déclaration l’on mesurera le chemin parcourut en près de quarante ans, notamment pour le « peuple de gauche ».

 

"(4) En 1214, la bataille Bouvines serait en quelque sorte l’acte fondateur de la Nation. Le roi de France, Philippe Auguste - ainsi nouvellement nommé, car antérieurement la fonction royale échoyait au roi des Francs - défaisait, le dimanche 27 juillet en Flandres, en adossant les forces royales à des milices populaires (communales), la coalition soutenue par le roi d’Angleterre, Jean sans Terre, laquelle rassemblait Otton IV, empereur des Germains ainsi que les comtes de Flandre et de Boulogne.

 

"(5) Publicité des années 50 vantant les mérites vénéneux de la margarine contre le coût du beurre.

 

"(6) Sans tapage médiatique, le gouvernement français signait à Abou Dabi, le 26 mai 2009 pour une durée de quinze ans, avec les Émirats Arabes Unis, le Qatar et le Koweït, un « partenariat de défense » selon lequel la France en cas de conflit mettrait à la disposition de ses partenaires tous les moyens militaires dont la France dispose... Son article 4 notamment « engage la France à participer à la défense de la sécurité, de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance des Émirats arabes unis ». Est-ce à dire que le cas échéant, la France irait jusqu’à utiliser ses armes nucléaires au service des Émirs du Golfe, ces grands démocrates ? Dans un conflit les opposant à l’Iran par exemple ?

 

"(7) La dénonciation (virulente) du « Parti de l’étranger » revient à jacques Chirac dans son « Appel » dit de Cochin, du 6 décembre 1978 depuis l’établissement hospitalier du même nom où le maire de Paris bénéficiait des avancées de la médecine suite à un accident d’automobile. Appel traversé par un souffle réel et que l’on ne peut que supposer avoir été inspiré par un accès de démence passager.

 

"(8) En 1643, Mazarin confie à Michel Le Tellier le portefeuille de Secrétaire d’État à la Guerre. Il est le géniteur de François-Michel Le Tellier, le futur Louvois, qui succède à son père en 1677. Michel Le Tellier va entreprendre de créer une armée permanente entretenue en temps de paix aux frais du roi. Armée qui devra avoir un effectif suffisant pour ne pas avoir à recourir aux mercenaires, soit environ 55 000 hommes tous volontaires, ce qui est considérable pour un pays de quelques 22 millions d’âmes. Dispositif complété à partir de 1680 par la création des Milices Provinciales."

 

Source: http://www.geopolintel.fr/article492.html

Voir les commentaires

Prochain cercle de formation d'Action française le 15 novembre 2012 à Bordeaux: L'Avenir de l'intelligence

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne

Année politique 2012-2013

 

Cycle « J’apprends à lire et réfléchir avec Maurras »

 J'apprends à lire & réfléchir avec Maurras

sous la direction de

 

M. Vincent Gaillère

Délégué régional de l’Action française

dans le Grand Sud-Ouest

 

Dans ce cycle de formation aux idées de l’Action française, on effectuera une relecture critique des principales œuvres politiques de Charles Maurras, à l’occasion du soixantième anniversaire de sa mort. Leur connaissance exacte, –  et non par ouï-dire, –  est indispensable à tout Français qui désire se rendre utile à son Pays.

 

Prochain cercle de formation

à Bordeaux :

 

Jeudi 15 novembre 2012. – L’Avenir de l’intelligence, ou la critique du romantisme et des puissances d’Argent

   

Informations pratiques :

 

Les cercles ont lieu à Bordeaux le 15 de chaque mois, ou, si ce jour est un dimanche, le samedi précédent. Pour les autres villes universitaires de la région (Toulouse, Pau, Bayonne), se renseigner par courriel auprès du secrétariat régional des cercles de formation, via la rubrique « Contact »  des sites officiels de la fédération Grand Sud-Ouest de l’Action française : http://af-aquitaine.over-blog.com/ ou http://actionfrancaiseaquitaine.over-blog.com/ . Participation aux frais : 4 € ; inscription préalable obligatoire en donnant ses nom, prénom, âge, études suivies ou profession exercée et numéro de téléphone.

Voir les commentaires

Mémoire et Algérie française, l'impossible conciliation? la leçon de l'affaire du 19-Mars

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

 

On sait que le Parlement a récemment légiféré sur la date de la commémoration nationale des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et qu'il l'a fixée arbitrairement au 19-Mars, soit la date du cessez-le-feu imposé de Paris, la date d'une défaite pour la France qui n'était soutenue que par les anciens combattants communistes. D'autres dates étaient envisageables. Malgré la mobilisation tardive des associations de pieds-noirs, on ne pouvait guère s'attendre à ce que le nouveau Pouvoir se passe de cette satisfaction platonique donnée à l'extrême-gauche de son électorat. Dans un registre voisin, il est vraisemblable que nous aurons aussi, en dépit ou à cause de la demi-mobilisation des catholiques, le mariage pédérastique... Tant que les Français en désaccord radical avec la philosophie du Régime se complairont uniquement dans des manifestations "sympas" ou indignées, qui tentent d'empêcher quelques conséquences isolées sans s'attaquer globalement aux causes, celui-ci aura de beaux jours devant lui.

 

A ce sujet brûlant du 19-Mars, un correspondant nous communique l'analyse qu'on lira plus bas, que nous sommes heureux de publier en ce 11-Novembre, fête de l'Armistice de 1918 et jour de commémoration des morts de toutes les guerres contemporaines. L'Action française est en accord total avec elle. Elle nous rappelle que, dans un peuple aussi oublieux que le nôtre des leçons de notre histoire, la Mémoire est une guerre, la Mémoire est un bloc. On n'en abandonne pas une partie, on ne fait pas de compromis en cette délicate matière, sans se renier soi-même, sans renier ses morts. A ceux qui se sentent floués par la nouvelle loi, il n'est pas inutile de rappeler la manière dont les Vendéens, sans s'exclure de la Communauté nationale, ont géré excellement leur rapport au Passé révolutionnaire: "La Vendée pardonne, mais elle n'oublie pas!" C'est une leçon de patriotisme historique.

 

Vitrail de l'église des Lucs, en Vendée 

Un vitrail réaliste

de l'église des Lucs en Vendée:

le soldat bleu perce de sa baïonnette

un enfant dans les bras de sa mère.

"La Vendée pardonne, mais n'oublie pas!"

(Photo D.R.)

 

Dans l'affaire des séquelles de l'expatriation des pieds-noirs et des harkis, il ne s'agit pas pour les Français conscients de rouvrir "les plaies saignantes de nos désaccords nationaux", mais de trouver une solution juste, équitable à un passé qui ne passe pas, celui de l'Algérie française. Cette solution, compatible avec l'honneur national, conditionne l'avenir de nos rapports avec l'Algérie indépendante, avec le Maghreb et l'Afrique noire, et aussi avec ceux de leurs ressortissants qui vivent sur notre sol métropolitain. 

 

En respectant et en faisant connaître aux plus jeunes le sens du sacrifice honorable de leurs pères, en enseignant le patriotisme, l'amour de la terre française à l'école et dans les médias, en imposant silence aux falsificateurs du Passé, nous ferions comprendre au monde que le temps de la repentance, de l'autoflagellation est fini. C'est dire s'il ne s'agit pas d'une question secondaire, d'un combat d'arrière-garde. "Vaste programme", diront les battus d'avance. Il exige certes un effort, mais il est indispensable à notre relèvement. Le tout est de savoir si c'est possible en Démocratie. Un tel combat exige d'être mené de façon cohérente, politique. Il ne faut d'ailleurs pas se faire trop d'illusions sur la possibilité de le voir aboutir à court terme: la Vème République étant fondée sur le mythe gaulliste, du 18-Juin au 19-Mars, aucun de ses dirigeants, présents ou futurs, ne fera quoi que ce soit pour rétablir la Vérité historique. Il faudra changer de Régime, mais cela est difficile à concevoir pour beaucoup de gens qui croient qu'un simple changement de majorité permettra l'économie d'une Réforme intellectuelle et morale

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

Monuments-aux-morts-d-Alger.jpg

 

Le Monuments aux morts d'Alger,

dû au ciseau de M. Landowski,

aujourd'hui recouvert

d'une chape "artistique" de ciment...

ou comment le Pouvoir algérien

essaie vainement d'effacer

toute trace de la présence française.

(Photo D.R.)

 

"Il est curieux de voir aujourd’hui se lamenter certains représentants des Français d’Algérie. Car c’est en 2002 que nous avons perdu la bataille du 19 mars, il a déjà dix ans, quand nos associations ont accepté, avec celles d’Anciens combattants, un compromis unilatéral qui n’était qu’un marché de dupes, tout à fait semblable à la mascarade des accords d’Évian. C’était à la demande d’un président de la République qui se voulait héritier de De Gaulle. Quelques représentants prébendiers, voire simplement avides de reconnaissance personnelle, et beaucoup de gens sincères mais naïfs et peu réfléchis, qu’ils soient Pieds Noirs ou Harkis.

 

"Ils ont abandonné une date qui frappait la Mémoire pour celle d’un petit coup de ciseau. En effet, le 16 octobre est la date lors de laquelle le Soldat inconnu d’Algérie a rejoint ses Camarades de toutes les guerres à Notre Dame de Lorette. Le 5 décembre est celle lors de laquelle un président contestable à coupé un ruban tricolore, lors d’une inauguration. Choix fait sans même travailler sérieusement à rechercher en commun une date symbolique, ce qui certes n’était pas facile. Le jour où les associations ont accepté cette date ridicule, la bataille était perdue. Qui se battrait pour une date qui ne veut rien dire ? Malheureusement, je fus un peu seul à le claironner.

 

"Quand on est en guerre, même mémorielle, on ne fait pas de compromis avec l’ennemi qui vous hait. Avec un parti qui trahit la France telle que nous l’aimons, qui hait, trahit et salit son Armée, qui hait et salit ses compatriotes quand ils sont les enfants de ces coloniaux que la Gauche a pourtant envoyés de par le Monde pour propager ses « Lumières » et sa « paix républicaine », qui hait ceux qui ont fait le choix de la servir qu’ils soient Indochinois ou Harkis, même si le besoin de faire accepter aux Français l’Immigration de masse, par la "dette morale" que nous aurions et la repentance, fait que le discours a changé. Ce parti qui pactisa avec les Allemands tant qu’ils furent les alliés de l’Union soviétique et de Staline, dont les femmes dites « françaises » sabotèrent les armes et grenades des soldats d’Indochine, dont les hommes crachaient sur les grands blessés, dont les membres désertèrent pour se faire Kapo ou livrer à l’ennemi les armes qui allaient permettre d’assassiner des Français.

 

"A plus forte raison, on ne signe pas un compromis avec l’ennemi quand on est le seul à le signer. Car le 5 décembre fut le compromis pour avoir l’apaisement entre ceux qui défendaient le 19 mars et ceux qui défendaient le 16 octobre pour ne pas avoir le 19 mars. Mais l’ennemi n’a rien signé, rien accepté et avant même parution du décret définitif, il fit savoir que jamais il n’accepterait une autre date que le19 mars. Évian 1962, 2002 ! 2012. "Nos" représentants ont eu la mémoire courte !

 

Histoire-de-l-Algerie-lecon-n--2.jpg 

L'histoire comparée de France et d'Algérie

qui était honnêtement enseignée

aux petits Français d'outre-Méditerranée

 dans les années 1950:

sur la page de gauche "nos ancêtres les Gaulois",

et sur celle de droite

"nos ancêtres Berbères et Phéniciens".

Un modèle de pédagogie. 

(Photo D.R.)

 

 

"Il fallait être bien naïf pour penser que la gauche socialiste puisse être un rempart si elle revenait au pouvoir, alors que politicienne et affairiste, elle porte le fardeau de la gauche extrême rouge carmin ou maquillée en vert. Depuis 1981, l’alliance avec le PC lui est indispensable. Or c’est au prix de l’abandon de toutes les valeurs et au prix de toutes les repentances que le gouvernement socialiste paiera l’espoir d’un renvoi de bons procédés (auquel je ne crois pas) de ces gauches les plus extrêmes. Car il va falloir faire passer demain, sans trop d’ennuis au Parlement ou dans la rue et avec les syndicats, les terribles potions que devront avaler les électeurs de gauche : allongement de la durée de travail pour la retraite, abandon du contrat de travail à durée indéterminée, que chacun tait encore, réduction des fonctionnaires, hausse sur chacun des prélèvements sociaux et impôts, réductions des avantages sociaux, diminutions des subventions au Monde associatif dont vivent beaucoup de ses affidés, etc. Et cela même s’il lui faut détruire la famille, casser le mariage, favoriser les adoptions au détriment de l’enfant et la drogue, faire voter des millions d’immigrés, salir l’Histoire de France et son Armée, etc.

 

"Mais faire confiance à l’UMP n’était pas bien meilleur et, en tout cas, pas un rempart beaucoup plus solide, puisqu’après tout le 19 mars est aussi une victoire de De Gaulle. L’on a vu grand nombre de ses élus et les préfets se presser aux cérémonies du 19 mars, avec l’aval des gouvernements Chirac et Sarkozy par notes administratives.

 

"Enfin, le renoncement ou dépôt de nos armes fut consommé quand nous vîmes certains de nos représentants se précipiter aux cérémonies du Quai Branly pour faire la claque aux représentants de ce même état gaullo-UMP, à l’exception de rares associations comme l’ADIMAD ou VERITAS ou l’ami XIMÉNES qui luttèrent avec moi. Je comprends la détresse de nos familles des Victimes du 26 mars et du 5 juillet, dont je crois avoir marqué ma compassion par mes combats. Je pense même qu’un monument aurait pu rassembler la mémoire de toutes les victimes de cette guerre qui ne disait pas son nom, comme a su le faire Franco au Valle de los Caïdos. Mais comment mes compatriotes ont-ils pu accepter que soient honorés avec les Leurs, ces victimes, dites « innocentes » par les ministres et plus hauts fonctionnaires UMP, qu’étaient les porteurs de valises, les barbouzes etc., alors même qu’ils interdisaient le Quai Branly et rejetaient comme des chiens les meilleurs d’entre nous, ceux qui avaient payé de leur Martyr notre défense et celle de l’Honneur de la France ? Mais nous aurons encore quelques couleuvres à avaler de la part de nos amis représentants d’associations. Se dessinent déjà les compromissions à venir avec un parti UMP que certains diront comme « seul recours possible à la suppression du 19 mars, puisque seul pouvant assurer l’alternance ». Par réaction, on va voir grossir les rangs de ceux qui célèbrent le 5 décembre. Mais un Longuet, certainement le plus sincère, un Dupont-Aignan, un Estrosi ou un Lucas ne peuvent pas plus nous rassurer qu’une hirondelle n’assure le printemps.

 

"En conclusion, c’est parce que la FNACA n’a pas accepté le compromis qu’elle gagne aujourd’hui. Quand on est en guerre, on ne fait pas de compromis à plus forte raison à titre unilatéral tant que l’on a pas gagné. Or, c’est bien une guerre que nous font le parti communiste et ses alliés objectifs, gauches extrêmes, FLN et État algérien, même si c’est sur le plan mémoriel.

 

"Je m’étais tu sur ce sujet ces derniers mois, pour ne pas faire apparaitre une note discordante."

 

Jean-Pierre RONDEAU

Président de DÉPATRIÉS

Président d’Honneur d’ALLO

(Anciens du Lycée Lamoricière d’Oran)

Vice-président de l’Amicale

des Anciens du 9ème Régiment

de Chasseurs parachutistes

Délégué VÉRITAS Ile de France

Adhérent ADIMAD

Voir les commentaires

La République et la décentralisation: la réponse de l'Action française: les pays

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On lira ci-dessous le compte-rendu vivant et humoristique d'un intéressant débat organisé il y a dix ans entre un planificateur, un élu de terrain et un géographe idéologue autour de la notion de pays. Devant l'incapacité de la République à décentraliser autrement qu'en paroles, sans mettre à la disposition des collectivités locales les instruments juridiques et budgétaires nécessaires à leur autonomie, on a assisté ces trente dernières années à l'éclosion anarchique et antinaturelle de nouvelles "féodalités" à fondement hybride à la fois technocratique, électoral et partisan: régions, intercommunalités, pays artificiels, le plus souvent créés autour d'une personnalité politique locale pour obtenir des subventions. On a justement appelé ce système le mille-feuilles administratif: émiettement du pouvoir hors du contrôle des citoyens. L'Action française, fidèle à sa politique réaliste, préconise, conformément à sa doctrine fédéraliste, la suppression des collectivités régionales et intercommunales, et une authentique décentralisation de la France en provinces et en pays enracinés dans les habitudes et les besoins des populations. Il est évident qu'une telle révolution, ou plutôt Contre-Révolution antijacobine, destructrice des féodalités électorales et bureaucratiques, ne pourra se faire que dans le cadre d'une Monarchie traditionnelle, indépendante de l'élection et décentralisée par définition. Aux défenseurs des libertés locales de le comprendre et de faire le sacrifice des idoles démagogiques!
 
A.F. Pau & Pyrénées.
 
4 Piliers Fédération
La fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française et ses sections de Pau & Pyrénées, de Toulouse & Haut-Languedoc, de Bayonne & pays basque et de Bordeaux & Basse-Guyenne: sous l'impulsion du Délégué régional de l'A.F., une préfiguration du Sud-Ouest français sous la Monarchie future et un exemple de décentralisation des responsabilités et des pouvoirs. Réaliste, l'Action française met en pratique pour elle-même ses doctrines fédéralistes. 
 
 
"Le Sorbon, 5 février 2002
 
"Les "pays", folklore ou réalité ?
 
"Au Sorbon mardi soir, l’association des étudiants de Paris I avait invité l’auditoire à entendre parler du pays, cet OTMI (objet territorial mal identifié) comme seule la France sait en créer. Le sage public d’étudiants (futurs aménageurs pour la plupart) a pu assister à un remarquable débat entre le conseiller à la Datar (N. Portier), soutenant le pays, et deux farouches (et redoutables) opposants, l’élu local J. Girardon et le géographe J.R. Pitte.

"Yann Richard, qui animait le débat, pose trois questions clé aux intervenants : Le pays est-il une valeur ajoutée ? Quelle est sa visibilité au niveau local ? Est-ce un outil utile pour les politiques ?

 

"Nicolas Portier part de l’extraordinaire succès de la notion de pays, " accommodée à toutes les sauces " ; longtemps, sa définition s’est heurtée à l’opposition entre la géo rurale, qui découpe le pays en fonction d’une homogénéité de paysage et la géo humaine qui la décrit comme une aire de solidarité entre une ville et son territoire sous influence.

 

"Depuis près de 25 ans, on a tenté d’en faire un outil de politique du territoire. L’élan vers l’intercommunalité lancé à cette époque avait été peu à peu abandonné avant un retour en force au début des années 90. La Loi Pasqua sur l’aménagement du territoire réintroduisait le nom de pays ; mais celui-ci était défini de façon très vague ; quelques pays expérimentaux étaient lancés et les régions s’intéressaient de nouveau à ce territoire de projet.

 

"En 1998-99 s’engagea une réflexion pour consolider et préciser les objectifs qui aboutit à la loi Voynet. Le pays se définit alors par le " bassin d’emploi ", composé d’une ville-centre et des communes périurbaines et rurales. Son développement est prévu en deux phases : un périmètre d’étude doit aboutir à un projet de territoire au bout de 10 ans (très lié aux communautés de communes de la loi Chevènement ), et à une " charte de pays ".

 

"300 démarches sont engagées à ce jour. Un pays représente en moyenne 90 communes et 80000 habitants, mais avec des écarts considérables que l’on observe aussi pour les superficies (1300 km2 en moyenne). On trouve des pays à tonalité urbaine (Rennes) pour beaucoup d’autres très ruraux.

 

"Les projets de pays s’élaborent avec une " philosophie " proche de celle des parcs naturels, autour d’une logique contractuelle ; les pays n’ont pas de fiscalité propre, ce sont ses lieux de réflexion, d’impulsion : bref une plate-forme ; l’action, elle, relève d’avantage d’acteurs comme les communautés de communes.

 

"Certes, la définition du pays n’est pas neutre : elle crée des conflits avec les préfets, permet à certains territoires de s’emparer d’une identité historique ou culturelle : ainsi le Pays Basque exclut-il les communes landaises pourtant dans la zone d’attraction de Bayonne. Mais l’intérêt de la loi est qu’elle permet de définir des périmètres. Plus de la moitié des Français interrogés par sondage se déclare très favorable au " pays " ; mais ils n’en comprennent pas le fonctionnement ; il y a un problème de lisibilité citoyenne dans ce projet.

 

"Même si N. Portier a essayé de dresser un portait nuancé du " pays ", J. Girardon juge le tableau trop " idyllique " et entreprend méthodiquement de couler l’enfant de la DATAR. Son expérience de vice-président du conseil général de Saone-et-Loire, l’authenticité de son expérience de terrain validée par le savoureux accent rocailleux sud-bourgignon, lui donnent de puissantes torpilles ; le savoir-faire politique sans-doute ravivé par les prochaines échéances parfait l’arsenal.

 

Pays de France 

Ici, un projet de division de la France en 412 pays

(Photo D.R.).

 

 

"Qu’est-ce qu’un pays ? C’est un enjeux de pouvoir et/ou un piège à subventions. Les pays ne tiennent que lorsque qu’un élu local fort (" un seul pilote ") peut le tailler à son ambition, c’est à dire selon sa circonscription électorale et ainsi la " bétonner " : c’est le cas de Chalon.

 

"Lorsqu’il y a deux personnalités fortes, le pays est paralysé (cas de la Bresse avec l’affrontement Beaumont- Montebourg, le Charolais). C’est parfois un duel de communes qui peut bloquer le processus (Le Creusot, Montceau-les-Mines).

 

"Quant à l’orateur, à la tête d’un petit canton rejeté par Montceau- Le Creusot, il avoue avoir construit un pays rural, sans identité propre, pour attirer le maximum de subventions (il est à cheval sur deux bassins d’étude) !

 

"Jean Girardon croit d’avantage à l’intercommunalité et " à nos bonnes vieilles collectivités territoriales qui ont rendu bien des service et qui continueront à en rendre ". Quant au pays, " il se trouve mal parti car on n’a pas voulu dire ce qu’il voulait faire ".

 

"Jean-Robert Pitte (Paris-IV) va réussir a être plus brutal encore : Le pays est une revanche de l’Etat Jacobin après son recul de 1982 (loi de décentralisation de G. Deferre, décrite comme une victoire posthume des Girondins). Les pays ont été inventés comme une machine de guerre contre les collectivités territoriales, pour redonner la main à Paris ; on essaye d’enlever le pouvoir à ceux qui en ont. J.R. Pitte rappelle alors l’utilité et l’efficacité des circonscriptions territoriales existantes, même les très nombreuses petites communes rurales qui assurent la " microgestion " du territoire ; il défend aussi le canton, capable de monter des opérations spectaculaires comme Ribeauvillé et Bergheim en Alsace, canton essentiellement agricole qui après avoir attiré Sony vit venir 50 entreprises supplémentaires. " Pourquoi alors vouloir casser des structures qui marchent bien " et ou " les gens se sentent chez eux. " ? " Encourageons les structures intercommunales, LE PAYS NE SERT A RIEN ".

 

"N. Portier que l’on aurait attendu assommé par ces coups va se montrer combatif : il vient de comprendre que la meilleure défense, c’est l’attaque et va donc montrer que les structures traditionnelles ne marchent pas si bien et que, responsables de l’élaboration des pays elles sont aussi responsables de ses insuffisances le cas échéant (car en Bretagne par exemple cela va bien, merci) : " la vertu des collectivités territoriale ? Est-ce leurs présidents cumulards ? " ; le pays représente un outil de décloisonnement de certains milieux. Et après tout, ce sont les collectivités territoriales qui délibèrent pour définir le pays.

 

"J. Girardon : il faut toujours se méfier de ceux qui veulent faire le bonheur des gens malgré eux. Qui fait le travail utile, qui va faire déneiger si ce n’est le conseiller municipal, qui entretien les routes ?

 

"Une étudiante tente à son tour de défendre le pays, décrit comme une solution nouvelle à la quelle il faut faire confiance.

 

"J. R Pitte : il faut surtout donner des fonctions particulières à chaque échelon ; pourquoi faire table rase alors que les nouvelles circonscriptions (régions) comment à rentrer dans les esprits ? Quant à l’idée de faire intervenir les différents acteurs (chambres de commerce et chambres agricoles), Vichy l’avait déjà fait avec le corporatisme !

 

"J. Girardon explique alors les difformités de l’enfant de la loi Voynet par les tares des parents : il est le fruit d’une collusion entre des hauts fonctionnaires (sous-entendu forcément coupés de la réalité) et des parlementaires godillots suivant aveuglément les ordres des deux grands partis.

 

"Résumons les arguments des deux opposants : le pays est une structure inutile, encombrante et pervertie par le local, fruit du Machiavélisme Jacobin et rappelant la sombre idéologie maréchaliste.

 

"N. Portier tient bon : Dans l’Orne, les pays ont été taillés de façon incohérente par la faute des conseils généraux, pas par la faute de l’Etat. Quant au projet de loi, il a été profondément remanié par un vrai travail parlementaire avec une autre logique que l’affrontement droite-gauche. Les pays ne font que conforter les logiques de coopération qui existent déjà. Ce n’est pas un acte de décentralisation, mais un outil à la disposition des collectivités locales.

 

"Et comment finit le débat ? Tout le monde se réconcilia sur le dos d’un ennemi commun, Bercy. Ce qui ne va pas, en conviennent à la fois N. Portier et J. Girardon, c’est que les ressources fiscales propres des collectivités locales diminuent (réforme de la taxe professionnelle, suppression de la vignette) ; il y a donc une recentralisation financière qui conduit les collectivités à tendre la main à l’Etat.

 

"En guise de conclusion, Y. Richard évoque ce type particulier de pays, les régions transfrontalières ; le fonctionnement y est lourdement entravé tant les mœurs politiques sont différentes : En Sarre-Lor-Lux, le représentant unique des communautés de communes allemandes (Stadtverband), doit en France visiter un à un les 55 communes françaises..... il aura donc vu du pays !

 

"Compte rendu : Marc Lohez"

 

Voir les commentaires

Présidentielles américaines: Obama ou Romney, bonnet blanc ou blanc bonnet? la position de l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

A l'approche des élections présidentielles américaines, on lira ci-après avec intérêt le billet de politique étrangère, paru sur un site de géopolitique, du journaliste "Léon Camus". Tout en lui laissant la responsabilité de certaines appréciations, notamment sur le caractère va-t-en-guerre de l'actuel président de la République française (ce que, seul, l'avenir nous apprendra), la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française approuve globalement son analyse des mérites respectifs des candidats yankees et de la conduite à suivre. Nous, Français, n'avons à nous mêler de cette affaire étrangère que dans la mesure où elle pourrait entraîner la Démocratie française, toujours à la remorque de plus puissants qu'elle, dans un nouveau conflit, désastreux pour notre influence au Proche-Orient. N'allons pas, avec Romney, nous battre pour le roi de Prusse...ou de Sion!

 

A.F.-Grand Sud-Ouest

 

 

 

"Qu’est-ce que l’on nous tympanise avec ces élections américaines. Comme si elles avaient pour nous le moindre intérêt. Comme si elles avaient la moindre importance, ou la moindre incidence sur nos existences. Certes de Gaulle avait dit que « la politique se fait à la corbeille » ! Une lucidité inutile puisque cela ne l’avait pas empêché de faire entrer les Rothschild à Matignon en la personne de M. Pompidou. Lorsqu’il s’en aperçu en 1968, il était déjà trop tard, bien évidemment. Certes maintenant la corbeille se trouve à la Cité de Londres et à Manhattan. Là-bas, loin, de l’autre côté du monde sensible ! Cependant rien n’a fondamentalement changé. Les guerres mondiales se décideront encore et à nouveau à Brooklyn et nous, nous repartirons comme en Quarante. Enfin nos jeunes gens… Gardons à l’esprit que le Service national n’est pas abrogé, il n’est que suspendu.

 

 

"Alors Obama ou Romney, tout cela est du pareil au même. Ces gens sont choisis comme on sélectionne les présentateurs de journaux télévisés : pour leur capacité à lire un prompteur sans bafouiller un sourire plus ou moins figé sur une figure peu expressive. Certains documentaires montrent Bush interrogé hors des tribunes officielles, c’est-à-dire sans l’assistance de ses spin-doctors, ces vibrions communicants qui transforment en drôleries, en pirouettes, en piquantes saillies, les sujets les plus ardus et les questions les plus embarrassantes. Las, hors du sentier balisé, il n’y a plus personne. Le chef d’État de la nation la plus puissante de la planète – celui qui aussi faillit s’étrangler en mangeant un bretzel ! - se montrait incapable de répondre, d’improviser, de réagir, bref d’avoir la moindre consistance. Un perroquet savant.

 

"Eh bien au détour d’images impromptues, Mister Obama se révèle à peine plus doué. Livrés à eux-mêmes, sans leurs conseillers, ces gens n’existent plus vraiment, cela ne fait pas partie de leur rôle. D’ailleurs le voudraient-ils, le pourraient-ils ? Pris qu’ils sont dans un tourbillon permanent de visites protocolaires, de tournées, de représentations… l’exercice du pouvoir s’assimile de nos jours, se confond largement, avec le show-biz. Il se réduit la plupart du temps à un spectacle mettant en scène des acteurs plus ou moins doués et talentueux, plus ou moins télégéniques, plus ou moins « charismatiques ». Obama est de ceux-là : élevé en serre, formé, couvé, chouchouté, prédestiné en quelque sorte à devenir le premier président nègre-blanc de l’Amérique-monde, un condensé de tous les peuples et de toutes les cultures, un homme caméléon.

 

 

"Pour lequel des deux parier ? Romney ?

 

 

"À l’instar de ces parieurs invétérés et des bookmakers d’outre Manche, pourquoi ne pas parier ? De toute façon nous perdrons à tout coup… Ceux qui ont le cœur à droite, auront envie de croire que le judéo-mormon – comme on parle communément de judéo-chrétien – Romney, défendra mieux les valeurs de la civilisation que son concurrent. Les autres inclineront, par raison pure, pour le sortant.

 

"Reprenons : les Mormons sont certes contre l’avortement et pour la famille, mais quelle famille ? Il ne faudrait en effet pas oublier qu’ils pratiquaient encore assez récemment la polygamie 1 et les épousailles de filles impubères – dès l’âge de neuf ans – pour se conformer au legs spirituel et moral de patriarches. Dispositions que l’on retrouve à l’identique au sein du tout-puissant corpus talmudique. Grands Tartuffe devant l’Éternel, les Mormons – rappelons que ces gens se sont inventés un messie qui aurait abordé les rives de la dive Amérique antérieurement à Colomb ! – sont les vrais fondateurs de Vegas 2 avant que la mafia italo-israélite n’en ait pris sa part de gâteau. Pour des ultra puritains ce n’est pas mal !

 

Casino No One 

La profonde et salutaire leçon du film Casino,

avec Robert De Niro, Joe Pesci et Kim Basinger: 

"No one stays at the top forever"...

Une leçon valable au jeu comme en politique. A méditer. 

(Photo D.R.)

 

 

"Un dernier mot, Romney est un enragé de la guerre contre l’Iran. Heureusement qu’aux États-Unis les états-majors et les Services de Renseignement freinent à mort. Les politiques - surtout lorsqu’ils se sont damnés au service des groupes de pression - sont des gens d’une dangerosité extrême. Et, contrairement à ce qu’en pensait Clémenceau en 1886, dans le cas présent et pour le paraphraser, « la guerre est une chose trop sérieuse, trop lourde de conséquence pour la laisser aux seules mains de politiques qui l’auraient confisquée aux militaires » ! À ce titre les généraux américains - mais non pas le Congrès tout acquis aux lobbies - traînent les pieds et font heureusement obstruction… non par pacifisme aigu, mais parce qu’ils jugent plus expédient de recourir, d’user et d’abuser des nouvelles formes de guerre de basse intensité, voire souterraines, que leur offre une généreuse modernité : guerre télématique via les réseaux sociaux, la diffusion de rumeurs et de fausses nouvelles destinées à induire l’embrasement des masses dans le cadre de « révolutions colorées », guerres médiatiques virtuelles, guerres cybernétiques au moyen de virus informatiques tel Stuxnet qui s’en est pris aux sytèmes informatiques des centrales nucléaires iraniennes, ou des guerres terroristes, de celles qui ravagent la Syrie et maintenant le Liban, guerres dont on ne parle pas, ou si peu, puisque tous les feux de la rampe sont actuellement concentrés sur le « duo de pitres » Romney-Obama.

 

 

"Alors Obama ?

 

 

"De ce dernier point de vue, Obama s’est montré - entendez, son équipe, son Administration et ses conseillers militaires – plus habile en matière d’intervention extérieure, et d’une certaine façon beaucoup plus efficace, que son prédécesseur GW Bush. Obama n’a pas été pris, lui, la main dans le sac aux mensonges. Il s’est contenté de se retirer en silence d’Irak. Honteusement mais silencieusement. Au petit matin, sans tambour ni trompette laissant derrière lui une armée de mercenaires pour veiller au grain et sur les intérêts des Majors pétroliers. En Afghanistan, après avoir claironné le retrait – ou la retraite ? – il a aussitôt envoyé trente mille hommes supplémentaires faisant passer les effectifs américains, de 70 à 100 000 personnels. Un intéressant tour de passe-passe. Nous verrons en 2014, s’il est toujours là, s’il retire – ou a retiré – la totalité de ses troupes, où si Kaboul s’est entre-temps transformé en une sorte de Diên Biên Phu du XXIe siècle… car à l’arrivée, on ne voit pas vraiment pourquoi les Yankees feraient mieux que l’Armée Rouge.

 

"Toute la « doctrine » Obama a donc consisté à réduire sa « signature ». À passer inaperçu, à ne pas mettre en direct les pieds dans le plat. En langue militaire cela ressort de la furtivité : l’art du camouflage. Un appareil furtif est celui qui a la plus petite signature radar, ou qui n’apparaît tout bonnement pas sur les écran. En un mot celui qui fait ses coups en douce. C’est en vertu d’un tel principe, que, de façon assez sournoise, Obama et son staff ont fait liquider le 2 mai 2011, dans leur sommeil, à Abbottābād, banlieue militaro-huppée d’Islamabad, un vieillard indéterminé et son épouse. Pompeusement présenté comme l’ennemi Numéro Un, Ben Laden en personne, le corps du supplicié est jeté à la mer dans les vingt-quatre heures supprimant du même coup toute possibilité ultérieure de confirmation d’identité. Pour ce faire Mister Obama s’est bien gardé d’avertir ses alliés pakistanais, ni avant, ni au cours de l’opération en dépit d’un viol assez manifeste de leur espace aérien souverain. Pékin, allié de la main gauche du Pays des Purs, n’a pas apprécié, mais - chut ! - la presse n’en soufflera jamais mot. Pour un coup de pub, ce fut un coup d’éclat et un coup de maître : d’un geste sûr et précis la honteuse ardoise bushiste était effacée. L’Amérique des rodéos pouvait recommencer à croire en elle-même. Oublié la crise, oubliée la dette, les banksters et le travail devenu denrée rare !

 

 

"L’homme invisible

 

 

"Furtivité et stay behind : Obama ne se met pas en avant. Il entend rester en arrière comme son grand ancêtre – Obama est le chef des armées, n’est-ce pas ? – le général Grant. Aussi chroniquement imprégné d’alcool que le sera son grand suiveur Churchill, le « Boucher » a été sans doute le premier chef militaire de l’âge moderne à diriger ses troupes de l’arrière. Jusqu’à Napoléon III – fait prisonnier à Sedan le 3 sept. 1870 - le commandant en chef était physiquement présent sur le champ de bataille. Avec Hiram Ulysses Grant tout change. Le généralissime ne s’expose plus. Il sacrifie cependant les hommes avec entrain. Vainqueur, Grant sera élu et réélu à la Maison Blanche. Aujourd’hui Obama, reste lui aussi en retrait : MM. Sakozy, Berlusconi et Cameron prirent en charge la guerre de Libye avantageusement troussée des oripeaux de la cause humanitarienne. Russes et Chinois bluffés, blousés jurèrent qu’on ne les y reprendrait plus. Reste que le maître d’ouvrage est resté lointain, faisant mine de se désintéresser d’un champ de bataille dont il s’est d’ailleurs un moment retiré… pour faire le coquet devant le Congrès. Pendant ce temps Sarkozy jouait à la guerre dans le vain espoir de bénéficier d’une tape sur l’épaule, soit l’adoubement de la puissance tutélaire qui dans l’imaginaire rétréci de notre ex-président devait lui valoir réélection. C’était oublier qu’au sommet de l’Olympe occidentaliste, les guerres de factions font rage. Notamment entre ceux qui veulent la gouvernance d’une technostructure mondiale façon Bruxelles et ceux qui, tenants de l’hyperclasse anonyme et vagabonde - autrement appelée « la force des marchés » - en pincent pour Londres, New-York et… Chicago, première place boursière planétaire pour les matières premières. L’endroit exacte où les « Grands bonds en avant » se concoctent et où les émeutes de la faim se programment.

 

"Un dernier mot, Obama le furtif est l’homme des assassinats ciblés sous son seing. Une pratique israélienne[Cf. Victor Ostrovsky « Mossad : Un agent des services secrets israéliens parle » 1990.]] selon laquelle les chefs des Services spéciaux présentent au chef de l’exécutif, le Premier ministre dans l’État hébreu, une liste d’individus à abattre. Le politique avalise et l’opération humide – ou homo - peut être lancée… À partir de là, le Petit Poucet parsème son chemin de cadavres exquis. Obama est à ce propos peut-être l’un de ceux qui auront autorisé le plus d’exécutions extrajudiciaires. Évoquons pour finir la guerre des drones, en plein essor 3 . Une guerre sans nom, inavouée, officieuse, non reconnue par l’Administration des É-U concernant l’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen, la Somalie et la Libye… opérations conduite par des « pilotes » basés à quelque vingt mille kilomètres du théâtre d’opération et coutumiers des « dégâts collatéraux ». Doux euphémisme pour la destruction d’une noce en lieu et place d’un jamboree de taliban ou d’al-qaïdistes.

 

"La cause est entendue, Obama est un tueur aux dents blanches et au sourire Colgate, mais en quatre années il a reçu des coups, a été tiraillé, harcelé, menacé. Il a également rajouté quelques glaçons dans son whisky on the rocks. D’expérience, Obama a déjà été rendu prudent ou à défaut, un peu circonspect. L’autre par contre est un zélé zélote, pressé d’en découdre et de montrer qu’il est à la hauteur. L’un est dans l’attentisme, l’autre dans la surenchère. À tout prendre, mieux vaudrait conserver celui qui a déjà essuyé des plâtres et marque sa préférence pour les coups tordus plutôt que pour les grands affrontements cosmiques à coups de pélots nucléaires. Nous, nous sommes en première ligne. Eux sont loin en arrière du front. On ne change pas le diable que l’on connaît. Devise minimaliste certes, mais avons-nous d’autre choix ? A part la fermer et cracher au bassinet puisque nous avons été de notre côté, assez judicieux pour nous choisir un diable tout neuf, plein d’ardeur et point encore échaudé.

"Notes

"(1) Alors que l’islam limite les épouses légitimes à quatre, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours était moins regardante quant au nombre des épousées. Officiellement la polygamie cesse en 1889 mais est maintenu dans certaines sectes mormones dissidentes telle L’Église fondamentaliste de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

 

"(2) On verra à ce sujet le film très édifiant « Casino », fiction semi ethnographique de Martin Scorsese, 1995. Mais uniquement en version originale VO. Parce que certaines paroles pourraient choquer quelques chastes oreilles communautaristes… Au cours des années soixante-dix, la mafia de Chicago, expédie Sam Rothstein interprété par Robert De Niro, à Las Vegas pour y diriger le casino Tangiers, l’une des « lessiveuses » du syndicat des camionneurs et société écran de la Mafia italo-juive. Terre promise à négocier avec les fondateurs Mormons.

 

"(3) Actuellement l’armée américaine forme plus de pilotes de drones que de pilotes appelés à voler. Un tiers de la flotte aérienne de l’US Air Force serait composée de drones - Rapport du Congressional Research Service – et compterait précisément quelque 7.494 UAV (Unmanned Aerial Vehicles) contre près de 11.000 aéronefs avec pilote embarqué. À titre de comparaison, en 2005 les drones ne représentaient que 5% de la flotte de guerre américaine. D’après The Guardian du 5 juin 2012 le bilan des civils tués durant le mandat du Nobel de la Paix Obama atteindrait 830 civils lors des attaques de drones au Pakistan, 138 au Yémen, et 57 en Somalie."

 

Source:  http://www.geopolintel.fr/article546.html

Voir les commentaires

Au souvenir de Pierre Pujo: l'Outre-mer français n'oublie pas son défenseur!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

"Pierre Pujo, à l’âge de 77 ans,  est mort samedi, le 10 novembre, anniversaire, notamment de la mort du général de Gaulle, dont la politique fut souvent critiquée par lui, mais avec lequel il partageait un même amour, sans failles, de la France, et aussi, toutes choses égales, un de ces caractères, qui se font rares aujourd’hui dans le domaine de la politique, et que l’on désigne d’un mot en voie de déshérence et qui est la « grandeur ».

 

Pierre Pujo le 8 oct. 06

 

Pierre Pujo

(+ 2007)

président du Comité directeur de l'Action française,

directeur de L'Action Française 2000,

chef de l'école d'Action française

(Photo D.R.)

 

"Au cours, d’un voyage en Guadeloupe, en 1980 ou 81, à l’occasion d’un Congrès de l’Association Internationale des Journalistes de Langue Française, qui s’était tenu dans notre département d'outre-mer à l’hôtel Méridien de St-François, il avait pris contact avec moi. C’est ce soir là que, d’ailleurs, je rencontrai pour une unique fois Roland René-Boisneuf, le frère de mon ami le docteur Jean René-Boisneuf, dont parle élogieusement Lénis Blanche dans le dossier sur lui récemment publié.

"Dans les jours qui suivirent je lui fis visiter la Guadeloupe et connaître quelques amis.

"Je devais le revoir par la suite une quinzaine de fois, le plus souvent à Paris, dans son petit bureau du journal de l’Action Française, où dans quelque petit restaurant, tel Le Dauphin qui jouxte la rue Croix-des-Petits-Champs.

"Ou encore, dans ce café, en 1985, face aux locaux de l’AF, où il avait rencontré, -et avec eux passionnément discuté-, une dizaine d’étudiants de cette France d’outre-mer, qu’il avait en haute estime, et à laquelle il vouait une sorte d’amour, je le dis sans rien exagérer.

"Pierre Pujo était royaliste. Il était le fils de Maurice Pujo, l’un des chefs historiques du mouvement de l’Action Française avec Charles Maurras, dont il était le filleul.

"Et surtout, Pierre Pujo, qui interrompit une brillante carrière dans la banque pour poursuivre l’œuvre de ses maîtres, ne croyait pas que la royauté eut quelque chose de commun avec la tyrannie, notamment de celles qui saccagèrent le 20è siècle : le nazisme et le communisme. Il était trop lucide pour croire à la possibilité d’une restauration de la monarchie en France, à court ou moyen terme. Mais il tenait à ce que la tradition royale fut maintenue contre vents et marées, pour servir, le cas échéant quand viendraient des jours difficiles. C’était une conviction discutable, peut-être, mais respectable, qui fut celle, aussi, de Charles de Gaulle.

"Quoiqu’il en soit, il travaillait avec ardeur, à la tâche qu’il s’était assignée, estimé de tous, y compris de ceux qui le combattaient, mais connaissaient l’âme qui était la sienne, pas seulement celle d’un écrivain et militant politique, mais celle d’un homme bon, (tel est mon sentiment personnel intime à son égard) dont les passions et l’ardeur étaient tempérées par son christianisme catholique, vraiment vécu.

"Ce soir là que j’évoquais plus haut, après la conférence avec les jeunes Guadeloupéens et Mahorais, il était tard, et nous nous séparions tous, amicalement. Je vis alors Pierre reprendre le chemin de son bureau tout proche. Le travail l’attendait. La sortie d’un journal ne supporte pas les délais, même engendrés par d’autres activités et soucis estimables. Je pensai à Victor Hugo, poète pas très à l’honneur, pourtant dans sa famille de pensée : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent (….) ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime » !

"Notre dernière rencontre date d’avril 2006. J’étais à Paris, et je donnais, un soir, assez tard, une causerie sur la Guadeloupe aux membres de l’Association des écrivains catholiques de langue française, près de Denfert-Rochereau.

"Malgré l’heure, et les travaux d’une longue journée, Pierre arriva, courbé, douloureux, mais souriant. Sa santé déclinait depuis quelque temps déjà. Il s’était fait accompagner d’un de ses filleuls, jeune homme attentif et déférent. Il avait voulu, malgré les soucis, la douleur, m’honorer de son amitié, et par delà ma personne, ce que je pouvais représenter ce soir là pour les personnes présentes : la France, la vieille France ultra marine. Je (nous) ne saurais l’oublier.

"Une chute dans le métro parisien il y a quelques mois devait accélérer le déclin, sans altérer l’activité journalistique, et amicale de ce « manant du roi ».

"Je me fonde sur notre foi commune pour lui adresser, par delà tous les espaces, le témoignage de mon estime, de mon amitié  fidèle. Fidèle! un mot qui lui va si bien.

 

"Edouard BOULOGNE"

 

Source: http://www.lescrutateur.com/article-13742716.html

Voir les commentaires