L'assassinat de Louis XVI vu par Albert Camus et l'Action française

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

En ce deux cent vingt-deuxième anniversaire de l'exécution par les révolutionnaires du roi Louis XVI, l'Action française-Bordeaux & Basse-Guyenne évoque son noble souvenir en proposant à ses amis les réflexions que ce tragique évènement de l'histoire de France a inspiré à un de nos grands écrivains, Albert Camus. On notera la convergence de ses vues avec celles de l'Action française sur l'importance et la gravité du régicide dans la décadence de notre Pays.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

"Le 21 janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s’achève ce qu’on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Certes, c’est un répugnant scandale d’avoir présenté, comme un grand moment de notre histoire, l’assassinat public d’un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’histoire par les Rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes.

"Les révolutionnaires peuvent se réclamer de l’Evangile. En fait, ils portent au Christianisme un coup terrible, dont il ne s’est pas encore relevé. Il semble vraiment que l’exécution du Roi, suivie, on le sait, de scènes convulsives, de suicides ou de folie, s’est déroulée tout entière dans la conscience de ce qui s’accomplissait. Louis XVI semble avoir, parfois, douté de son droit divin, quoiqu’il ait refusé systématiquement tous les projets de loi qui portaient atteinte à sa foi. Mais à partir du moment où il soupçonne ou connaît son sort, il semble s’identifier, son langage le montre, à sa mission divine, pour qu’il soit bien dit que l’attentat contre sa personne vise le Roi-Christ, l’incarnation divine, et non la chair effrayée de l’homme. Son livre de chevet, au Temple, est l’Imitation de Jésus-Christ. La douceur, la perfection que cet homme, de sensibilité pourtant moyenne, apporte à ses derniers moments, ses remarques indifférentes sur tout ce qui est du monde extérieur et, pour finir, sa brève défaillance sur l’échafaud solitaire, devant ce terrible tambour qui couvrait sa voix, si loin de ce peuple dont il espérait se faire entendre, tout cela laisse imaginer que ce n’est pas Capet qui meurt mais Louis de droit divin, et avec lui, d’une certaine manière, la Chrétienté temporelle. Pour mieux affirmer encore ce lien sacré, son confesseur le soutient dans sa défaillance, en lui rappelant sa « ressemblance » avec le Dieu de douleur. Et Louis XVI alors se reprend, en reprenant le langage de ce Dieu : « Je boirai, dit-il, le calice jusqu’à la lie ». Puis il se laisse aller, frémissant, aux mains ignobles du bourreau."

Albert Camus, L’Homme révolté, La Pléiade.

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La politique pour l'Education nationale de l'Action française? Mais la voilà!

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

On lira ci-après une passionnante interviouve de l'enseignant et essayiste de Gauche bien connu Jean-Paul Brighelli, auteur de La Fabrique du crétin et autres ouvrages, qui n'a pas vieilli. Dans le respect absolu de nos différences, la section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française se déclare entièrement d'accord avec son analyse réaliste des maux dont souffre l'enseignement actuel et avec ses propositions concrètes pour ressusciter une élitisme scolaire profitant pleinement au peuple de France.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

"Jean-Paul Brighelli est professeur en classes préparatoires. Il a publié plusieurs ouvrages pédagogiques à destination des lycéens et étudiants en lettres. Le grand public l'a découvert en 2005 grâce à la parution de l'ouvrage intitulé La fabrique du crétin, suivi ces dernières années par les livres A bonne école, Une école sous influence et Fin de récré. Dans ses ouvrages et sur son blog (bonnetdane.midiblogs.com), il cherche à déterminer "les dysfonctionnements de l'Education nationale", et tente de "donner des solutions pour une école de demain".

Voici les réponses qu'il a bien voulu nous faire parvenir par mail au questionnaire que nous lui avons adressé en août 2008 :

1) Jean-Paul Brighelli, qu'est-ce qui motive votre engagement contre l'état actuel du système éducatif ?

R: Le sentiment d’avoir été, et avec moi tous ceux de ma génération, un favorisé : favorisé par un système (celui des années 50-60) qui avait fait de l’élitisme républicain le moteur de l’ascenseur social (je sortais d’un milieu fort peu favorisé, comme je l’ai raconté dans la Fabrique du crétin, je vivais dans de grands ensembles – dans le XIIème arrondissement de Marseille – qu’on appellerait aujourd’hui criminogènes, nous étions très nombreux dans ma génération (et tant pis pour ceux qui croient que la massification est un concept moderne), mais l’Ecole – et rien d’autre – nous offrait une chance. La même chance qu’elle avait offerte dans les années 20-30 au petit Camus, enfant sans père, pauvre parmi les pauvres d’Alger. La méritocratie se combinait alors avec un enseignement de masse.

"Et j’ai réalisé, quand j’ai été nommé en ZEP vers la fin des années 80, que l’Ecole qui m’avait formé était sciemment détruite.

"Dans un premier temps, j’ai fait comme trop souvent les enseignants : j’ai travaillé dans mon coin, de mon mieux, pour former les élèves qui m’étaient confiés. Puis j’ai réalisé qu’il fallait se battre à une plus grande échelle.

2) Quelles sont les trois réformes concrètes que vous aimeriez voir mises en place dans l'Education Nationale ?

R: - La fin du collège unique : il est évident que l’égalitarisme qui le sous-tend a généré plus d’inégalités que l’élitisme le plus strict. Le fait que ces deux grands gauchistes qui avaient nom René Haby et Valéry Giscard d’Estaing en aient lancé l’idée et la réalisation aurait pu mettre la puce à l’oreille de toutes les belles âmes de gauche qui aujourd’hui en font l’alpha et l’oméga du système. Surtout, la fin du collège unique, combinée à une orientation intelligente, permettrait la revalorisation des sections techniques, trop souvent voies d’orientation par défaut. Je n’aurais rien eu contre l’actuelle réforme des Bacs pro, si en même temps le ministère avait eu le courage de créer, en amont, des préparations au BEP dès la fin cinquième, et, en aval, une sélection sérieuse qui permettrait effectivement aux meilleurs des bac-pro de s’inscrire et de suivre en BTS, jadis créés pour eux, et aujourd’hui trustés par les sections « classiques ».

- La suppression de la Seconde indifférenciée : il faut bien voir qu’on a pensé cette fausse solution quand on a fait – au début des années 80 – le bilan du collège unique : pour que tout le monde suive, on a baissé le seuil d’exigence au collège, on a donc imaginé une Troisième-bis pour opérer un tri qui se faisait autrefois au Brevet. Un tronc unique, avec des options sérieuses, en petit nombre : voilà le lycée le plus rationnel, à l’opposé de ce qui se prépare.

- Admettre une fois pour toutes que le Bac est un examen de fin d’études, et non le premier degré du Supérieur, et laisser en conséquence les facs opérer le tri qu’elles veulent – en fonction des résultats, et non du montant des droits d’entrée. De même, je ne conçois pas l’obtention de bourses sur un autre critère que le mérite – d’où ma proposition, dès A bonne école (et réitérée dans Fin de récré) d’une restauration de l’IPES, ce concours qui permettait aux meilleurs étudiants d’être payés à hauteur du SMIC durant leurs études, en échange d’un engagement à servir l’Etat dix ans.

3) Quels conseils adresseriez-vous aux jeunes professeurs qui effectueront leur première rentrée en septembre 2008 ?

R: Du passé faites table rase : oubliez les bons conseils des IUFM, et comptez essentiellement sur vos savoirs : ils sont très souvent la garantie du respect des élèves. Bien sûr qu’il y a des trucs pour se faire obéir d’une classe dans la première heure (et, conséquemment, dans les semaines et les mois à venir). Mais ne vous affolez pas, ça viendra (et, en cas, n’hésitez pas à demander à vos aînés : les profs restent trop souvent trop seuls). Il en est du métier de prof comme du permis de conduire : vous ne savez rien, ou pas grand-chose, quand vous venez de passer le CAPES ou l’Agreg. Il faut du temps pour faire un enseignant. Inutile donc de désespérer tout de suite. Nous avons tous fait des erreurs – et pendant plusieurs années. Et il est vrai aussi que certains se débrouilleront plus vite et mieux que d’autres : l’autorité naturelle, ça existe, je l’ai rencontrée…

4) Conseilleriez-vous aujourd'hui à un adolescent de devenir professeur ?

R: Certainement : quels que soient les rêves de restrictions budgétaires (donc, de postes) des imbéciles de Bercy (où se situe aujourd’hui le vrai ministère de l’Education – là et dans le bureau de quelques conseillers obscurs et idéologiquement suspects à l’Elysée), des dizaines de milliers de postes seront créés dans les cinq à dix ans à venir, du fait des départs à la retraite des profs du baby-boom. Evidemment, c’est un métier fatigant, peu considéré, et mal payé : mais nous l’avons cherché en acceptant dans les années 80 une dégradation massive. A nous d’arracher aux nouveaux édiles une revalorisation significative. Et il ne s’agit pas de travailler plus pour gagner plus : il s’agit de travailler mieux, et d’être payé en conséquence.

5) Selon vous, qu'est-ce que la "culture générale" ?

R: C’est l’addition d’une culture spécialisée et d’une connaissance honnête de tout le reste. Je dis « honnête » en ayant en tête le concept ancien d’honnête homme : ça n’a pas pris une ride, contrairement à ce que prétendent tous ceux qui affirment qu’une culture spécialisée suffit.

"Le résultat, c’est qu’un honnête homme oit avoir une conscience aiguë de ses ignorances : plus sa culture sera étendue, plus le point de contact avec ses manques sera multiple. Socrate et Pascal ont expliqué tout cela bien avant moi.

6) Vous tenez un blog depuis plusieurs années. Les dialogues que vous y entretenez vous ont-ils apporté des éléments de réflexion enrichissants ?

R: Certainement : mes livres doivent beaucoup aux propositions des uns et des autres. Il passe sur bonnetdane près de 40 000 visiteurs par mois : tous ne laissent pas une trace de leurs réflexions, mais les 10% qui postent leurs réflexions enrichissent le débat général. D’autant que mon blog est lu par des responsables gouvernementaux ou syndicaux : je ne dis pas qu’il a le pouvoir d’infléchir la politique en cours, mais il a au moins le mérite de donner le pouls de l’opinion enseignante. Que le ministère ne vienne pas me dire, en octobre, qu’il ne se doutait pas que la rentrée serait chaude : c’est écrit en toutes lettres dans tous les messages.

"Il est d’ailleurs significatif qu’un blog a priori professionnel soit, très souvent, un blog politique. Je tente de rester sur un fil fragile, entre l’horreur de la gauche « libérale » des Hollande, Royal ou Delanoë, et la répulsion de la droite ultra-libérale et religieuse : tous les conservatismes m’exaspèrent. J’espère que je ne suis pas le seul.

7) Ne pensez-vous pas que si les cours en fac sont moins exigeants qu'en prépa, c'est en partie à cause du nombre d'heures allouées? comment faire un cours vraiment fouillé en 14h de séminaire tandis que les profs de prépa voient leurs étudiants au moins 4 ou 5 fois par semaine et donnent des devoirs réguliers?

R: C’est un vieux rêve des facs de chapeauter les classes prépas – ou, pire, de les intégrer dans leurs propres structures. Question d’argent, essentiellement : un étudiant de fac coûte en moyenne 6000 € par an, un étudiant de prépas 12000 - mais un étudiant d’IUFM, 16000 : le rapport investissement / rendement ne me paraît pas bien évident, et il serait peut-être d’abord indispensable que les facs se débarrassent de tous les enseignements inutiles, voire nocifs. Est-il bien utile qu’une fac de Lettres enseigne autre chose que ce qui est enseigné en prépas littéraires ? Est-il indispensable que les notes de français soient compensées par les résultats de tam-tam (Avignon) ? Les facs disposent désormais, depuis la loi Pécresse, d’une grande autonomie financière. Qu’elles fassent leur examen de conscience, et investissent en conséquence. Les étudiants seront toujours libres d’aller dans une autre université.

"Les profs de fac ne cessent de clamer qu’ils sont là pour faire de la recherche. Fort bien : qu’ils cherchent (et, si possible, qu’ils trouvent) de leur côté, et que l’on confie à des enseignants spécialistes la formation des étudiants qui se destinent aux métiers de l’éducation.

"Par ailleurs, les étudiants eux-mêmes sont-ils bien disposés à travailler selon les critères des khâgnes ? Le (très) peu qu’on leur a demandé dans les années antérieures les prépare-t-il à un boulot de chaque instant ? Et ont-ils les bases nécessaires pour ne pas être largués ? On en revient toujours au même problème : la formation d’un niveau précis ne peut se définir que par rapport au niveau antérieur. Le collège d’aujourd’hui est le fruit du Primaire d’aujourd’hui, et ainsi de suite.

8) Ne craignez-vous pas, même s'il est vrai que l'exigence est importante, que le discours type "l'école publique est mauvaise, le niveau baisse" donne des arguments à des gouvernements de droite comme de gauche, pour dire que le service public est inefficace et donc favoriser le privé ? Si on dit que le niveau baisse, n'est-ce pas parce qu'on a enlevé beaucoup d'heures ? Et aujourd'hui on continue sur la lancée, il est question d'enlever des heures de cours en lycée, et mettre plus d'heures de soutien...? N'avez-vous pas peur de donner du grain à moudre aux adversaires du système éducatif public ?

R: C’est le risque. D’autant que l’on entrevoit, en ce moment, ce que je dénonce depuis toujours : la collusion de fait entre libéraux de droite et bonnes consciences de la gauche pédagogiste. J’expliquais dans la Fabrique du crétin que l’on pouvait lire, dans la baisse orchestrée du niveau, la réalisation du vieux rêve libéral : former le moins possible des employés qui n’auraient pas les moyens intellectuels de perdre leurs chaînes – ni même de les connaître. Dans les pires errances du pédagogisme, on voit à l’œuvre l’idéologie de l’ététement, de l’égalitarisme par le bas. Sous prétexte de rendre les élèves heureux (et ce que nous prépare Gaudemar va ostensiblement dans ce sens), on les prive des moyens d’accéder à la conscience. C’est d’autant plus paradoxal que l’Ecole de la république a été pour l’essentiel l’instrument de l’ascension sociale des classes moyennes. Une Ecole dévalorisée provoque une prolétarisation (évidente, en ce moment) des classes pour lesquelles elle travaillait. Bien entendu, les plus conscients, ou les plus riches, n’ont garde de mettre leurs enfants à l’école publique (voir Meirieu, qui a inscrit ses enfants dans le privé, alors même qu’il a écrit « Et nous mettrons nos enfants à l’école publique »). Faites ce que je vous dis… Et la réduction drastique des horaires va dans le même sens : les plus fortunés sauront toujours inscrire leurs enfants dans des cours particuliers, des séjours linguistiques, des écoles hors contrat (aujourd’hui en développement géométrique, et ce n’est pas un hasard).

"Il n’est pas indifférent que mes livres aient été célébrés par une extrême-droite nauséabonde (et par une droite qui souvent ne l’est pas moins). Mais après tout, Nietzsche a été revendiqué par les Nazis à son corps défendant. Et si nombre de gens de gauche m’ont assuré de leur soutien, il faut bien réaliser que la politique éducative du PS, depuis cette apocalypse molle que fut la loi Jospin en 89, a été contrôlée par ce que le pédagogisme a conçu de pire (Pierre Frackowiack, par exemple). Il y a certainement dans les faits une collusion entre les plus bêtes des socialistes et les plus retors des libéraux, exaltant, les uns et les autres, un usage de la démocratie qui marque, en fait, la fin de la République.

"Il est non moins évident que les problèmes de l’Education sont au premier chef des problèmes politiques. L’une des pires manœuvres réactionnaires, à droite comme à gauche, est de faire croire à une spécificité de la réflexion sur l’Education : l’Ecole n’est jamais que la métaphore de ce que l’on veut nous faire..."

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Source: http://www.neoprofs.org/t496-education-entretien-avec-jean-paul-brighelli

Pour en savoir plus:

1/ Sa réaction dure à la nomination du nouveau ministre de l'éducation nationale (septembre 2014):

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/09/01/31003-20140901ARTFIG00052-jean-paul-brighelli-on-a-fabrique-des-ghettos-scolaires-dans-des-ghettos-sociaux.php

2/ Son avis tranché sur le fond des réformes à mettre en œuvre (janvier 2015):

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/01/15/31003-20150115ARTFIG00410-brighelli-transformer-les-ecoles-supermarches-en-forteresses-de-l-intelligence.php

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Prochain cercle de formation d'Action française le 15 janvier 2014 à Bordeaux: Notre projet pour l'éducation nationale

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Année politique 2014-2015

Cycle « Petit cours d’Action française »

sous la direction de

M. Vincent Gaillère

Délégué régional de l’Action française dans le Grand Sud-Ouest

Dans ce cycle de formation aux idées de l’Action française, ouvert à tous, jeunes gens réactionnaires, jeunes filles royalistes ou gens plus âgés désireux de se rendre utile à leur Pays, l’on se posera quelques questions simples sur les motivations et les buts d’un engagement militant au service de la Cause nationale et royale. Y répondre précisément, – et non par à-peu-près, – est indispensable pour éviter pièges et impasses, nombreux en temps de crise.

I. – Programme :

Jeudi 15 janvier 2015. – Notre projet pour l’éducation nationale, entre massification inexorable, élitisme républicain dépassé et sécession illusoire, ou la politique éducative de l’Action française

II. – Informations pratiques : Les cercles ont lieu à Bordeaux le 15 de chaque mois, ou, si ce jour est un dimanche, le samedi précédent. Pour les autres villes universitaires de la région (Toulouse, Pau, Bayonne), se renseigner par courriel auprès du secrétariat régional des cercles de formation, via la rubrique « Contact » des sites officiels de la fédération Grand Sud-Ouest de l’Action française : http://af-aquitaine.over-blog.com/ ou http://actionfrancaiseaquitaine.over-blog.com/ . Participation aux frais : 4 € ; inscription préalable obligatoire.

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L'élitisme de la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française expliqué

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

On reproche parfois, de façon intéressée, à la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française et à ses sections locales de Bordeaux & Basse-Guyenne, de Toulouse & Haut-Languedoc, de Pau & Pyrénées et de Bayonne & pays basque leur refus total de l'activisme stérile, - fût-il d'extrême-Droite, - des manifestations de masse ou des coups fumants qui ne mènent à rien. Ce qu'on feint de ne pas comprendre est que ce refus, loin d'être purement négatif, est le fruit de la longue expérience du terrain et des réalités politiques nationales de nos cadres.

Dans les circonstances actuelles de déréliction de notre Pays, en l'absence de toute alternative viable dans le paysage politique, pour peser sur "l'avenir que tout esprit bien né souhaite à sa Nation" (Maurras), seule importe l'action de formation de fond de l'opinion publique, "par tous les moyens" à notre disposition, et la détection des (rares) militants qui sont capables de faire vivre dans la durée l'Action française. Sans doute, cette tâche stratégique est extrêmement lente et difficile, elle ne convient pas à tous, elle ne s'opère certes pas en jouant à don Quichotte contre les moulins; mais le bilan de l'Action française-Grand Sud-Ouest dans la dernière décennie est éloquent: quatre sections locales créées ou recréées et rayonnant sur une quinzaine de départements, une centaine de réunions organisées, des dizaines d'orateurs prestigieux invités, une Fédération forte, unie, active et résolue, fidèle aux leçons politiques de Pierre Pujo et luttant contre toutes les dissidences. Le temps joue décidément pour la Fédération.

Pour se convaincre de la justesse de cette position, on lira ci-dessous avec intérêt une citation du célèbre critique littéraire de la fin du XIXème siècle, Rémy de Gourmont:

"Réunis en foule, les hommes deviennent particulièrement automatiques, et d'abord leur instinct de se réunir, de faire à un moment donné tous la même chose témoigne bien de la nature de leur intelligence. Comment supposer une conscience et une volonté aux membres de ces cohues qui, aux jours de fête ou de troubles, se pressent tous vers le même point, avec les mêmes gestes et les mêmes cris ? [....] L'homme conscient qui se mêle naïvement à la foule, qui agit dans le sens de la foule, perd sa personnalité ; il n'est plus qu'un des suçoirs de la grande pieuvre factice, et presque toutes ses sensations vont mourir vainement dans le cerveau collectif de l'hypothétique animal ; de ce contact, il ne rapportera à peu près rien ; l'homme qui sort de la foule n'a qu'un souvenir, comme le noyé qui émerge, celui d'être tombé dans l'eau."

Rémy de Gourmont, La Culture des Idées.

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