Claire Mazeron: Il faut défendre l'école!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

On lira ci-après l'intervention  passionnante et argumentée de Claire Mazeron, professeur agrégé et vice-présidente du Syndicat national autonome des lycées et collèges (S.N.A.L.C.), lors de l'université d'été 2010 du Mouvement républicain et citoyen (chevènementiste), à Valence, le 5 septembre 2010. La fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française se déclare complètement d'accord avec le constat général, l'analyse de la situation et les réfomes proposées. L'"opportunité républicaine", dont parle Mme Mazeron en conclusion, nous la reprenons également sans peine à notre compte, car le souci de la chose publique (res publica) est l'apanage de tous les Français, et pas seulement des membres du vieux parti républicain!
  
A.F.
   

 

Mazeron au micro

Claire Mazeron, un professeur qui aime son métier (Photo D.R.)
 
1. Le paradoxe

Je voudrais commencer par donner quelques chiffres qui pourraient laisser penser que l'école a relevé le défi de la démocratisation :

− en 1970, 20% d’une génération avait le baccalauréat. En 2005, le chiffre est passé à 62,5%.
− le taux de réussite bac était de 60% en 1960, il est de 82% aujourd'hui.
− en 1985 : 50% des élèves d’âge théorique en seconde contre 67,5% en 2005.

Pour autant, la massification n'a mené ni à la démocratisation, ni à l'élévation du niveau de compétences.

 

Si on considère le dernier chiffre que je viens de citer, on doit savoir que le redoublement en 5ème, par exemple, est passé de 10,8% en 1996 à 3,6% aujourd'hui...

a. Massification sans démocratisation

En 2004, les cadres représentaient 11% de la population française mais 47% des étudiants des grandes écoles étaient des enfants de cadres. Les enfants d'ouvriers, eux, représentaient 3% de ces mêmes étudiants, alors que les ouvriers comptaient pour presque un quart de la population française.

En 2005, on notait 15 points d’écart aux évaluations de 6ème entre enfants de cadres et d’ouvriers.

Les chiffres se sont dégradés depuis 40 ans.


b. Diplômation sans qualification

Rapport H.C.E. 2007 : 40% d’élèves sortant de C.M. 2 ne seraient pas en mesure de suivre une scolarité au collège dans de bonnes conditions.

Rapport D.E.P.P. - janvier 2009 : en lecture, deux fois plus d’élèves de C.M. 2 (21%) se situent au niveau des 10% les plus faibles en 1987.
 
Pour la même dictée effectuée, 26% des élèves comptabilisaient plus de 15 erreurs en 1987, contre 46% en 2007.

Classement P.I.S.A. 2003 :


Égalité des chances et École républicaine : la fin d’une utopie française ?
c. Davantage de « citoyenneté », toujours plus de violences

Troisième paradoxe : alors qu'on parle sans arrêt de « valeurs citoyennes » à l'école, il n'y a jamais eu autant d'actes violents.


2. C’est la faute à…

a. ...pas assez de moyens ?

C'est ce dont le P.S. a fait son cheval de bataille depuis des années. Or, entre 1973 et aujourd'hui, les moyens ont été multipliés par 2. La France dépense bien davantage pour les élèves du primaire et du secondaire que la majorité des pays de l'O.C.D.E.


Égalité des chances et École républicaine : la fin d’une utopie française ?


Égalité des chances et École républicaine : la fin d’une utopie française ?
Pas assez de moyens pour ceux qui en ont le plus besoin ? Sans doute, mais les moyens investis dans les Z.E.P. - dont le nombre ne cesse d'augmenter au point que l'on compte aujourd'hui presque 45% d'élèves en Z.E.P. par académie - ne produisent pas les résultats escomptés.


Égalité des chances et École républicaine : la fin d’une utopie française ?
Pourcentages de réussite aux items de français et de mathématiques à l'entrée en sixième selon le type d’établissement fréquenté - France métropolitaine, septembre 2005 (M.E.N., 2005).


b. ...l’évolution de la société ?

On invoque souvent la responsabilité des jeux vidéos, de la télé, du chômage, des parents, ou même une « incompatibilité culturelle »...

c. ...aux « pesanteurs scolaires » : élitisme républicain et professeurs d’un autre âge ?

L'échec scolaire serait dû à plusieurs facteurs : des programmes trop chargés, des horaires trop lourds, les redoublements, la sélection, les méthodes trop directives des professeurs ou encore leur obstination à enseigner leur discipline...
 
On a même recours à l'idée d'une « constante macabre » selon laquelle les professeurs réserveraient inconsciemment un certain pourcentage de mauvaises notes à leurs élèves, poussés par la pression sociale...
 
Enfin, les enseignants seraient trop attachés à leur statut et à leurs horaires, donc responsables de l'échec des élèves.


3. Vrais problèmes, fausses solutions : de l’égalité à l’égalitarisme

a. Céder à la société

On peut noter plusieurs dérives, qu'il s'agisse de

− succomber aux modes : les T.I.C.E. (technologies de l'information et de la communication dans l'éducation) sont servies à toutes les sauces. Certes, elles sont un outil intéressant, mais pas une fin ni un objectif en soi.
− s’adapter aux comportements violents voire les tolérer, au point que certains établissements sont devenus des zones de non droit.
− faire entrer les parents à l’école, ce qui fait entrer la société à l'école et éclater son cadre. Les établissements n'ont pas à s'adapter localement et à répondre aux demandes des parents.
− faire éclater le cadre national de l’enseignement.

b. Repenser les exigences

Un certain nombre de réformes et de mesures contribuent à casser l'école :

− la révision à la baisse des programmes et des contenus d’examen. Par exemple, la grammaire et l'orthographe ne donnent plus lieu à aucune évaluation ni sanction.
− les quotas de réussite fixés à l’avance et l'institutionnalisation du «passe-dégage », tout comme la « remédiation perpétuelle », qui ne font qu'abaisser le niveau d'exigence et font en sorte que plus aucun élève ou presque ne redouble quel que soit son niveau.
− la révision des « rythmes scolaires ». On cherche systématiquement d'autres modèles jugés moins harassants ou plus propres à l'épanouissement. Le système allemand fait aujourd'hui figure de modèle, alors même que l'Allemagne est précisément en train de le remettre en question.
− le type d'évaluation préconisé : on n'évalue plus les connaissances mais les « compétences ». Le socle commun défini par le ministère demande d'évaluer non plus des savoirs ou des savoir-faire mais des « savoir-être ». Désormais, ce qui compte est de faire preuve d'esprit d'initiative ou de savoir travailler en groupe, concepts qui nous viennent droit du monde de l'entreprise.


c. Changer le métier de professeur

Il est grand temps de redonner au professeur le rôle qui lui revient, à savoir d'instruire, de transmettre des savoirs et des savoir-faire.

− la promotion des « méthodes actives » et des pédagogies constructivistes fait de l'élève l'artisan de sa propre éducation : on lui demande de construire le cours tout seul.
− le développement de l’inter/pluri/trans-disciplinarité casse les compétences propres aux professeurs : ces derniers se voient sommés de faire des « projets » fourre-tout, où il s'agit d'enseigner tout en même temps, la géographie et les sciences par exemple.
− l'enseignant a été transformé en animateur socio-culturel sans compétence disciplinaire particulière – avec horaire et salaire en conséquence...
− le professeur est mis au pas via l’autonomie de l’établissement et le conseil pédagogique, qui accordent davantage de place et de crédit aux chefs d'établissement, aux personnels de l'éducation et aux parents quand il s'agit de juger de l'acquisition des savoirs.

Conclusion : fin de l’Ecole républicaine, hasard ou complot ?

• Une alliance contre-nature
 
Ce système regroupe des gens de droite et de gauche. A droite, les ultra-libéraux, pour qui l'école coûte trop cher et selon qui la mise en concurrence des établissements permettrait de faire le tri. A gauche, l'élève est mis au centre et l'école doit être ludique et plaisante. L'enfer est pavé de bonnes intentions, et on confond ici l'objectif, à savoir la construction de citoyens et la liberté, et le moyen : les pédagogistes de gauche souhaitent que la liberté soit, d'emblée, un moyen.
 
Cette alliance droite-gauche doit être contrée.

• Le risque libéral, la charité contre l’égalité
 
Si l'école vise l'égalité des chances, ce n'est certainement pas en faisant la charité aux élèves issus des milieux les moins favorisés qu'elle accomplira sa mission. La charité telle que la pratique Descoings à Sciences Po, où les boursiers se voient admis sans passer le concours d'entrée, doit être combattue.

L’opportunité républicaine, le choix de la transmission et de l’exigence, demeure la seule issue. Contrairement à ce que préconisent des associations telles qu'S.O.S. Education ou Créer son école, l'école républicaine fonctionne et le salut ne viendra pas de son démantèlement.


N.D.L.R.: Claire Mazeron est professeur agrégé de géographie et Vice-Présidente du S.N.A.L.C. (Syndicat national des lycées et collèges). Membre du jury du C.A.P.E.S., elle siège également au conseil supérieur de l'éducation. Elle est l'auteur d'une Autopsie du Mammouth - L'éducation nationale respire-t-elle encore ?, Paris, Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2010.
 

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Le nationalisme contre le racisme

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Nous reproduisons ci-après, à titre documentaire, une étude impartiale et décisive de Jacques Cognerais, parue dans Le Choc du Mois, en février 2009. Elle montre implicitement toute la différence qu'il y a du nationalisme évolué de l'Action française au racisme sommaire des identitaristes: de l'A.F. au B.I., l'homme français ne monte pas, il descend.

 

A.F.

 

Insigne Ligue 3 

 

 

Le nationalisme français traditionnel, tel qu'il fut notamment théorisé par Charles Maurras, a tout au long du XXe siècle rejeté vigoureusement le racisme. Parce que celui-ci est perçu, dans ce courant ce pensée, comme totalement étranger à ce qui a fait la France.

«Si le racialisme de Gobineau n'a pas fait école en France », écrit Pierre-André Taguieff, c'est notamment du fait « de l'incompatibilité du nationalisme français, incarné par l'Action française (fondée en juin 1899), avec toute forme de matérialisme biologique »(1). Charles Maurras, en effet, traitait volontiers le comte de Gobineau, père du racialisme, de «Rousseau gentillâtre» ou de «stupide et indigne Français», selon l'humeur mais avec une belle constance. Selon le défenseur du nationalisme intégral, la pensée de Gobineau était en ce domaine pénétrée de germanisme et d'esprit allemand. Comme il l'écrira le 10 octobre 1926 dans son journal L'Action Française : «Nous sommes des nationalistes français. Nous ne sommes pas des nationalistes allemands. Nous n'avons aucune doctrine qui nous soit commune avec eux. Toutes les falsifications, tous les abus de textes peuvent êtres tentés : on ne fera pas de nous des racistes ou des gobinistes.»(2)

 

 
« Le racisme répugne à l'esprit français »

(J.-P. Maxence) 
 

En 1937, se félicitant de l'encyclique du pape Pie XI Mit brennender SorgeAvec une vive inquiétude») condamnant le national-socialisme, Maurras parlera du racisme comme de son «vieil ennemi», rappelant que «dès 1900, ses maîtres français et anglais, Gobineau, Vacher de Lapouge, Houston Chamberlain, avaient été fortement signalés par nous à la défiance des esprits sérieux et de nationalistes sincères».

Effectivement, quand, en juin 1900, Jacques Bainville (qui n'a que vingt-et-un ans) avait recensé avec un peu trop de complaisance le livre de Vacher de Lapouge, L'Aryen, son rôle social, dans la Revue grise d'Action française, Maurras avait tancé son jeune compagnon, le mettant en garde contre les « rêveries de race pure».

 

Bainville 1936  Jacques Bainville: c'est autre chose

que Guillaume Faye (photo D.R.)

 

Cette condamnation radicale du racisme par le chef du néo-royalisme français fera des émules chez les nationalistes français. Notamment dans la génération des non-conformistes des années 1930. En mai 1933, au lendemain de la victoire électorale d'Hitler en Allemagne, Thierry Maulnier écrit dans L'Action Française: « Le racisme et l'étatisme ne peuvent correspondre qu'à des sociétés imparfaites. Une société dans laquelle la civilisation a atteint ses sommets les plus rares ne peut se contenter de telles significations, l'édifice des valeurs les plus aristocratiques ne saurait abriter ces religions grossières, dont la pauvreté spirituelle n'a d'égale que la malfaisance et la stérilité.»(3) Dans le même temps, son ami Jean-Pierre Maxence pousse un cri du cœur : « Le racisme, écrit-il dans La Revue du Siècle, répugne à l'esprit français. Il y a dans le nationalisme français des valeurs universelles et assurées qui se refusent à toute attitude agressive ou impérialiste.»(4) On ne peut pas faire plus clair.

« Vacher de Lapouge ne me semble

devoir intéresser

que les éleveurs»

(P. Boutang) 

 

Exilé volontaire au Brésil, l'ancien camelot du Roi Georges Bernanos écrit en décembre 1940 dans un article repris dans Le Chemin de la Croix-des-Ames: «Je ne méprise nullement l'idée de race, je me garderais plus encore de la nier. Le tort du racisme n'est pas d'affirmer l'inégalité des races, aussi évidente que celle des individus, c'est de donner à cette inégalité un caractère absolu, de lui subordonner la morale elle-même, au point de prétendre opposer celle des maîtres à celle des esclaves.»(5) Et le romancier catholique d'opposer la richesse des nations à l'archaïsme des races. Maurras allait encore plus loin : ne disait-il pas volontiers qu' «aucune origine n'est belle»? Il ajoutait: «La beauté véritable est au terme des choses.»(6)

L'un des principaux héritiers intellectuels de Maurras, le métaphysicien Pierre Boutang, n'est pas en reste quand il affirme en 1949 dans son pamphlet La République de Joinovici : « Je ne suis pas raciste. Le comte de Gobineau m'ennuie quand il n'est pas romancier. Vacher de Lapouge ne me semble devoir intéresser que les éleveurs ; j'ai une autre idée que Rosenberg de l'homme, cet être étonnant entre tous, qui qui vit dans les cités, mais dans sa solitude, modèle son rapport à Dieu.»

Au racialisme pessimiste d'un Gobineau, à l'eugénisme d'un Georges Vacher de Lapouge, le nationalisme français a opposé une conception de la nation forgée par l'histoire, affirmant que la lutte des races ne valait pas mieux que la lutte des classes. N'en déplaise aux antiracistes falsificateurs qui voudraient inscrire Maurras dans la généalogie intellectuelle du racisme, ou à quelques autres qui voudraient annexer la pensée du Martégal.
 

 

J.C.

 

Notes:

 

 

 

1. Pierre-André Taguieff, La Couleur et le Sang, Mille et Une Nuits, 2002.
2. Charles Maurras, Dictionnaire politique et critique, tome III.
3. Thierry Maulnier, in L'Action Française du 30 mai 1933.
4. Jean-Pierre Maxence, in La Revue du Siècle, mai 1933.
5. Georges Bernanos, « Race contre nation », in Essais et écrits de combats Il, Gallimard, 1995.
6. in Anthinéa : d'Athènes à Florence, 1901.

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Maurras, "Assise" et l'oecuménisme

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

A propos de l’"esprit d’Assise", de l’Islam et de l’œcuménisme, sur lesquels on a lu ces temps-ci tout et n'importe quoi, on se reportera avec profit à ce que Charles Maurras écrivait il y a quatre-vingt-un ans sur une manifestation "oecuménique" d'importance en terre africaine. Cette analyse sereine pose les fondements permanents de ce que doit être, pour le commun profit des Français, la politique du nationalisme intégral en matière d'harmonie spirituelle entre confessions différentes. Cela rejoint d'ailleurs ce que N.S.P. le pape Benoît XVI essaie, sur un plan supérieur, de faire :

 

Benoit-XVI-election.jpg "Gaudium et spes": N.S.P. le pape Benoît XVI,

le jour de son élection au trône de saint Pierre

(Photo D.R.)

 

« L’alarme de l’esprit religieux chez les musulmans et les israélites fidèles à leur traditions est le grand fait moral du jour et de l’heure que nous vivons. Il serait fou de ne pas le comprendre, plus fou de ne pas l’utiliser. Il y avait longtemps qu’il ne s’était produit dans le monde un évènement plus favorable à la civilisation occidentale tout entière, et plus longtemps peut-être qu’un tel évènement ne s’était produit dans des conditions aussi parfaites.

 

« L’expérience de l’histoire conduit, en effet, à se méfier des alliances religieuses (ou politiques) faites sur le plan de l’égalité, et je n’ai pas besoin de dire combien sont précaires, ou même dangereuses, celles où l’élément le plus noble se trouve, par malchance, subordonné au moins digne. Or, ici, il y a un élément organisateur et fédérateur, et c’est l’élément catholique, ce qui n’ôte rien, ce qui ajoute même à l’atmosphère de concorde et de haute sympathie mentale dans laquelle se produit et se développe une entente si précieuse.

 

« L’Action française n’a jamais confondu un fait et une idée, une rencontre d’heureuses conjonctures et une doctrine. Elle sait, par exemple, quelles profondes différences d’ordre politique et social éloignent et séparent le judaïsme du catholicisme, ou Rome de l’Islam, mais la paisible confrontation des idées, l’émulation, si désirable, des charités, sont des facteurs précieux dont il convient que tout être raisonnable, tout homme vraiment pacifique, prenne l’entière conscience, non seulement avec satisfaction, mais avec une fierté joyeuse doublée d’une espérance que la claire vue des causes en travail devrait même fortifier et consolider. »

 

(Action Française, 9 mai 1930.)

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Un prince de France à Limoges: Charles-Philippe d'Orléans, duc d'Anjou!

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F.

Jamais, de mémoire de Limougeaud, on n’avait vu depuis Henri IV d’aussi « Joyeuse entrée » d’un prince de la Famille de France dans cette cité moyenâgeuse, issue du patrimoine de la maison d’Albret. Représentant Mgr le Comte de Paris, Duc de France, Chef de la Maison de France, empêché, S.A.R. le prince Charles-Philippe d’Orléans, duc d’Anjou, a effectué les 21 et 22 octobre derniers une visite quasi-officielle dans la capitale du Limousin et ses environs. Après avoir rencontré les principales autorités civiles et religieuses, et visité les entreprises de pointe de la technopole E.S.T.E.R. au Nord de Limoges, le prince, accompagné d’un service d’honneur réduit, a inauguré dans la liesse populaire la « frairie des petits ventres » (fête corporative traditionnelle des bouchers).

 

87000 Saint-Pierre-du-Queyroix Limoges L'église Saint-Pierre-du-Queyroix (Photo D.R.)

 

Le lendemain matin, avec l’accord généreux de l’ordinaire du lieu et du curé de la paroisse, une messe selon la forme extraordinaire du rite romain a été célébrée, hors la présence du prince, en l’église Saint-Pierre-du-Queyroix par le chanoine Jean du Viennay, de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre. A l’extérieur, une vente à la criée de L’Action Française 2000 interpellait des passants rarement hostiles, parfois intéressés, du fait de l’absence de Presse indépendante en Limousin. Pendant ce temps-là, le duc d’Anjou, répondant à l’invitation du maire d’Oradour-sur-Glane, M. Frugier, visitait  le village-martyr et son nouveau Centre de la mémoire fondé pour ne jamais oublier la barbarie allemande.

 

Le plan média couvrant le voyage, remarquablement orchestré par l’Institut de la Maison royale de France (www.maisonroyaledefrance.com) en la personne de M. Delhoume, comprenait une interviouve à France-Bleu Limousin, un passage remarqué de vingt-cinq minutes à l’émission « La Voix est libre » sur France-3, enfin une interviouve plus intime donnée à l’atelier audiovisuel de la fédération Grand Sud-Ouest de l’Action française qui sera bientôt mise en ligne.

 

Au banquet, véritablement pantagruélique, organisé en fin de matinée en son honneur à la meilleure table de Limoges, Chez Alphonse, qui regroupait des royalistes de toutes tendances, le duc d’Anjou a pris la parole pour un discours politique très attendu, le plus marquant depuis celui qu’il avait prononcé au banquet de l’A.F. il y a huit ans. Avec l’indépendance d’esprit, la simplicité et le ton direct qui le caractérisent, le prince « robertien » le plus politique de sa génération a bousculé un certain nombre de préjugés. Réaffirmant sa fidélité absolue de cadet au Chef de la Maison de France et à l’ordre normal de Sa succession, il a convié les royalistes présents et au-delà à faire connaître aux nombreux Français qui l’ignorent l’existence de la Famille-chef qui peut, seule, sauver notre Pays.

 

Déplorant les divisions actuelles des royalistes, – qui n’ont pas de doctrine, ni parfois de Prince communs, – le duc d’Anjou les invite à s’unir, dans une certaine mesure, dans cette action positive pour faire connaître et aimer du public la Famille royale : pour le prince, les nouveaux moyens de communication (fesse-bouc, touiteur) permettent cette propagande. Même si, dans son optique, la Restauration n’est pas pour demain et si, dans son langage, la Monarchie future pourrait être compatible avec la « modernité » politique, son volontarisme et son charisme sont les principaux atouts médiatiques du royalisme français.

 

Toutefois, on nous permettra de remarquer respectueusement que, poussé trop loin, le regroupement tactique, souhaité par le duc d’Anjou, de royalistes pourvus d’une doctrine (l’Action française) avec la poussière de ceux qui, royalistes de sentiment, ne le sont pas, serait un marché de dupes. Selon nous, cette unification, excellente pour des groupes sans idées politiques fermes, ne remplace nullement l’objet propre du nationalisme intégral, qui est « l’acte d’instituer la Monarchie » (Maurras). En cela, notre Action française est complémentaire de la politique de la Maison de France : comme le disait Pierre Pujo, nous sommes les « franc-tireurs de la Monarchie ». De la même manière que nous respectons l’indépendance de la Famille royale et que nous entendons La servir loyalement et intelligemment, notre marge de manœuvre politique doit demeurer entière pour défendre efficacement le pays réel, sur le terrain de la lutte des partis. Sans doute, cela n’exclut-il pas dans l’immédiat une meilleure information réciproque des uns et des autres sur leurs activités, à réaliser sous l’égide de l’I.M.R.F.

 

Le duc d'Anjou élégantUn prince "robertien", le plus politique de sa génération:

Charles-Philippe d'Orléans, duc d'Anjou

(Photo D.R.)

 

Au total, cette première et trop courte visite en province du duc d’Anjou, très appréciée de l’ensemble de nos amis, a remobilisé les royalistes locaux et fait naître des vocations militantes. Elle donne beaucoup à penser et des raisons nouvelles d’espérer. L’Action française était représentée par une délégation de la fédération Grand Sud-Ouest, sous la présidence du délégué régional Vincent Gaillère, ainsi évidemment que par notre vieil ami, le Dr André Charles, ancien membre du Comité directeur, et Mme ; cette délégation représentait le quart de l’assistance au banquet. Il faut aussi saluer une excellente organisation logistique de l’I.M.R.F., qui s’affirme depuis plusieurs années, sous la direction de M. Finell, son secrétaire général, comme le principal organe politique de la Famille royale. Il y a à gager que ce n’est là qu’un début de reconquête de l’opinion par la Maison de France, sous la conduite de Son Chef, Mgr le Comte de Paris, Duc de France.

 

A.F.-Grand Sud-Ouest.

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