Débordements anticléricaux à la fête de San Pantzar à Saint-Jean-de-Luz: l'Action française-Bayonne & pays basque interpelle le préfet!

Publié le par Section de Bayonne & pays basque de l'Action française

L'Action française-Bayonne & pays basque est informée que l'effigie de l'évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, actuellement en déplacement à Rome, a été brûlée en place publique à Saint-Jean-de-Luz, lors du traditionnel carnaval de San Pantzar, devant une population basque d'abord ébahie, puis indignée et blessée dans ses sentiments religieux profonds.

Ces débordements intolérables, tacitement cautionnés par la municipalité et ouvertement par le Pouvoir socialiste, représenté par un de ses apparatchiks, n'ont pas été aussitôt réprimés par la Police, pourtant présente sur les lieux.

De tels faits sont abjects, tant en période d'état d'urgence qu'en temps normal, alors qu'il faudrait plutôt unir nos concitoyens autour du Drapeau français, qui ne demandent d'ailleurs que cela. Voilà un bien mauvais coup porté au Pays! Il rappelle les plus méprisables épisodes de la Séparation de l'Eglise et de l'Etat, il y a un siècle, qui avaient donné lieu à des incidents au pays basque: il n'y a pas lieu de s'en féliciter comme d'un progrès!

L'anticléricalisme maçonnisant, opium dispensé par les politiciens parvenus au Peuple à qui ils refusaient des lois sociales, était très à la mode sous la IIIème République; il n'est plus de saison aujourd'hui. Le premier ministre Valls, qui se veut disciple de Clemenceau, n'a pas médité la leçon que ce laïcard impénitent avait retenu de la Séparation: "On ne déclenche pas une guerre civile pour quelques chandeliers d'autel!" Quand on se choisit un aussi grand ancêtre, il vaut mieux se montrer à sa hauteur! Mais il est vrai qu'au moment où on détricote la législation du travail, il faut trouver, coûte que coûte, des épouvantails! Il est seulement un peu facile que l'on attaque systématiquement l'Eglise catholique (qui, avec nos Rois, a fait de la France ce qu'elle est), plutôt que, par exemple, la loge locale à laquelle appartiennent des gens en vue!

Indépendamment de l'opinion que chacun peut porter sur l'ecclésiastique en question, sur ses options et ses combats, qu'il n'est pas du rôle de l'Action française de juger, il y a là une atteinte grave à la paix religieuse de la France qui mérite d'être notée. Ces attaques anticléricales d'un autre âge donnent aussi à penser que les prises de position des évêques vigoureusement catholiques gênent considérablement, par leur indépendance, le Pouvoir républicain, ou alors que notre situation générale est si calamiteuse, à l'intérieur comme à l'extérieur, qu'il faille une aussi grossière diversion pour tromper les citoyens. En tout cas, la section de Bayonne & pays basque, en accord avec les autres sections de la Fédération, met en garde les pouvoirs publics contre la répétition de ces faits ici ou ailleurs dans le Grand Sud-Ouest. Elle ne les laissera pas passer.

Le rôle du Gouvernement est d'unir les citoyens, pas de les opposer entre eux pour des raisons idéologiques ou religieuses. Evidemment, il est commode de jeter en pâture à l'opinion publique un homme d'Eglise, plutôt que les princes impuissants qui nous gouvernent! Cette solution de facilité ne trompe personne sur la fragilité du Régime démocratique. Une fois de plus, la Démocratie montre son incompatibilité foncière avec la France, comme avec la Religion. Entre les deux, il faudra bien choisir un jour.

La section de Bayonne & pays basque de l'Action française, à laquelle s'associent la section de Pau & Pyrénées, celles de Bordeaux & Basse-Guyenne, de Toulouse & Haut-Languedoc et la fédération Grand Sud-Ouest, exige du préfet des Pyrénées-Atlantiques:

1° La dissolution immédiate de l'association responsable de l'organisation de cette mascarade, pour cause de trouble à l'ordre public;

2° La dissolution immédiate du conseil municipal, pour manquement grave à ses devoirs;

3° Le remplacement immédiat du commissaire de police, pour cause d'incompétence.

Telles sont les mesures rigoureuses qu'un gouvernement normal et des fonctionnaires patriotes prendraient sans tarder, pour préserver la paix publique en période d'état d'urgence, et même en temps normal. Cela ôterait l'envie à d'autres anticléricaux de village, de bureaux ou de robe d'imiter ce déplorable exemple retardataire donné en spectacle au monde!

A.F.-Bayonne & pays basque

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/02/22/01016-20160222ARTFIG00124-l-effigie-de-l-eveque-de-bayonne-brulee-en-place-publique-lors-d-un-carnaval.php

http://www.sudouest.fr/2016/02/22/saint-jean-de-luz-une-caricature-de-l-eveque-de-bayonne-brulee-lors-du-carnaval-2280103-4383.php

Ici, Sud-Ouest essaie de désamorcer maladroitement la polémique qui enfle!

http://www.sudouest.fr/2016/02/23/la-fausse-polemique-du-carnaval-luzien-2281513-4099.php

Faible mobilisation de part et d'autre pour la manifestation du 8 mars:

http://www.sudouest.fr/2016/03/08/pro-et-anti-eveque-de-bayonne-face-a-face-2294772-4018.php

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"Penser clair et marcher droit" avec l'Action française et Jacques Sapir

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

On lira ci-dessous une interviouve extrêmement stimulante de l'économiste souverainiste Jacques Sapir. Son démocratisme exacerbé et son refus de penser la souveraineté en-dehors de la voie électorale montrent en fait, plus qu'un fossé avec le nationalisme d'A.F., l'importance de la conception de la Nation dans le combat souverainiste.

Pour aboutir, les trois termes très généraux - Souveraineté, démocratie, laïcité - qui constituent le coeur de sa thèse, demandent des précisions préalables. L'Action française-Grand Sud-Ouest propose de rendre à la souveraineté son caractère de synonyme de l'Indépendance française, de substituer à démocratie celui d'un Pouvoir exercé dans l'intérêt général (qui n'est qu'un autre nom du Bien commun thomiste), et de conférer à laïcité celui de la non-interférence des sphères spirituelle et temporelle (et non de l'absorption de la première par la seconde), afin de permettre à chacune de ces Sociétés complètes et autonomes de réaliser son but propre.

En ce qui concerne la Nation, il nous semble que Sapir la considère à travers l'individu, à la différence de l'A.F., qui la considère surtout à travers les communautés légitimes dans lesquels il s'inscrit naturellement. Mais l'un et l'autre peuvent se compléter sans heurts: on peut être sujet de Droit dans un Etat fondé sur le respect de la Loi, tout en étant partie prenante de communautés plus proches, vivantes, moins impersonnelles (familiales, locales, professionnelles, associatives, spirituelles), jouissant à ces titres de droits particuliers supplémentaires, et en étant pleinement acteur dans ces deux ordres.

Le maréchal Pétain, Chef de l'Etat français, voyait la citoyenneté comme un amoncellement de droits différenciés: quoi de plus réaliste, car où existe l'égalité parfaite? Il ne viendrait pas à l'idée de Sapir de juger que, parce que les Français n'ont pas tous les mêmes parcours de vie, d'étude et de métier, donc des titres (et des diplômes), des statuts (célibataires, concubins, époux ou parents), des niveaux de revenus et des régimes de retraite différents (quoique garantis par l'Etat), cette inégalité est intolérable et porte atteinte à l'Unité de la Nation! Or, elle est bien réelle. Et bienfaisante, puisqu'il serait injuste de faire passer sous la même toise, indépendamment de leurs mérites, tous les individus, intelligents et imbéciles, bosseurs et tire-au-flanc, ambitieux et partisans du moindre effort, fils-à-papa et self-made-men! C'est cela aussi, la méritocratie, dont l'invention remonte non à la Troisième République, mais à la Monarchie d'Ancien Régime. Elle doit s'appliquer sous tout Régime national. Oui ou non, un élitisme peut-il être équitable? voilà la question d'avenir qui se pose à notre Société!

Civique pour lui, - pluricontinentale, pluriraciale, pluriculturelle et pluriconfessionnelle pour l'Action française, - ces conceptions de la Nation se rejoignent par le refus de la nation racialiste à l'allemande prônée par les racisto-identitaristes, rêverie qui se combine parfaitement, comme le note justement Sapir, avec la construction européenne. Vouloir une "autre Europe", qu'elle soit de Gauche, démocrate-chrétienne, des Nations, ou des Cent-Drapeaux, c'est toujours nier en pratique la France!

Il rappelle opportunément que la Monarchie, selon le propre auteur de La République, Bodin au XVIème siècle, est tout sauf la confusion du religieux et du politique. Elle sauvegarde au contraire l'indépendance du domaine temporel, assurant ainsi aux consciences la liberté de choix indispensable aux vraies conversions. L'Action française-Grand Sud-Ouest, fidèle en cela comme en tout le reste à Pierre Pujo, son Fondateur, a toujours, pour sa part, été sur cette ligne. Point n'est besoin d'un prince clérical, mais d'un politique habile qui en veuille et qui en ait! On réclame un pilote dans l'avion!

A.F.-Grand Sud-Ouest

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/01/29/31001-20160129ARTFIG00137-jacques-sapir-l-europe-federale-est-une-illusion-propagee-par-des-elites-retranchees-a-bruxelles.php

Dans le même ordre d'idées souverainiste, un avis sur le "Franxit":

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/02/22/31002-20160222ARTFIG00318-apres-le-brexit-le-franxit.php

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Hommage de l'Action française-Grand Sud-Ouest à Boutros-Ghali

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

La fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française et son Délégué régional, - qui avait eu le privilège de causer avec lui, - apprennent avec regret la disparition de S.E. Pierre Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l'Organisation des Nations-Unies, puis premier secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie voulue par Jacques Chirac.

Ce diplomate accompli, lettré ami de la culture française, était un partisan acharné du dialogue des civilisations; il savait que celui-ci ne pouvait avancer que dans l'Ordre et le Progrès, en combattant tout fanatisme, d'où qu'il vienne. Forte des mêmes convictions, la Fédération, à son niveau, poursuivra dans ce sillon.

A l'égal de notre Fondateur Pierre Pujo, nous en garderons le souvenir d'un gentilhomme, - un vrai, - égaré dans un monde qui, des bas-fonds aux classes nanties, méprise toute forme de supériorité émanant de l'intelligence et de l'honnêteté. Ils ont subi sans faiblir le même genre de trahisons et d'humiliations. Honorant leur noble exemple, défendant leur mémoire et gardant leur leçon, cela nous encourage à faire triompher la Vérité politique sur l'obscurantisme réactionnaire, fondamentaliste et démocratique!

Pour la Fédération:

Le Délégué régional,

Signé: Vincent GAILLERE

On lira ci-après l'une de ses dernières interviouves:

http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/boutros-boutros-ghali-une-histoire-egyptienne,0994

...et sa biographie officielle:

http://www.un.org/fr/sg/formersgs/boutrosghali.shtml

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L'oecuménisme constructif du pape François, un Yalta spirituel: la déclaration commune avec les orthodoxes de La Havane analysée par l'Action française

Publié le par Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française

L'oecuménisme, priorité du Vatican depuis la déclaration Unitatis Redintegratio, s'est souvent limité à l'affichage de baisers Lamourette spectaculaires (accolade entre Paul VI et Athénagoras), mais sans guère de résultats concrets (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C5%92cum%C3%A9nisme). Les progrès, mineurs, ont été dus plus à la défaillance des Eglises séparées, provoquant des départs, qu'à un mouvement initié de Rome.

En prélude à Son voyage historique au Mexique, terre anticléricale s'il en est, le Souverain Pontife a tenu à s'arrêter à La Havane, Cuba, où, entre deux portes des salons de l'aéroport international, il a rencontré le patriarche Cyril de Moscou. Les deux patriarches d'Orient et d'Occident ont signé la déclaration pastorale commune suivante, centrée sur le martyre des chrétiens du Proche-Orient, dont nous proposons, en ce premier dimanche de Carême, les 30 points à la méditation de nos lecteurs. Si son caractère historique ne fait aucun doute (1), son but constructif et pratique (10, 11) ne peut qu'accélérer le règlement, maintenant tout proche, de la crise syrienne, que souhaitent tous les hommes d'Etat responsables.

De même, la critique fondée de la Démocratie religieuse (Maurras) régnant à l'Ouest (16), dont le dogme laïciste est inspiré par les sociétés secrètes, est d'une grande clarté (15). On peut dire que le ton offensif en est très antilibéral, pour ne pas dire contre-révolutionnaire! Peut-on y voir un changement de direction par rapport à l'optimisme démo-chrétien béat qui régnait jusqu'ici, quand il était question d' "Europe", au Vatican? En tout cas, s'il n'est pas (encore) question de souverainisme, l'importance accordée au retour aux "racines chrétiennes" est manifestement davantage "politique" que constitutionnel ou légaliste.

La critique non moins indispensable de la Société de consommation (17, 18), du gaspillage des ressources naturelles, tous thèmes anticapitalistes qui résonnent défavorablement aux oreilles anglo-saxonnes, mais qui ne sont pas une surprise pour un catholique latin (ou un homme d'Action française), coïncident avec les préoccupations constantes du Pape (encyclique Laudato Si), sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement sur ce même blogue.

La défense de la famille traditionnelle contre l'homosexualité, la promotion de la vie contre l'avortement et la méfiance à l'égard des manipulations génétiques (19, 20, 21) ne sauraient non plus surprendre, comme points de convergence forts entre catholiques et orthodoxes. Le triomphe de ces thèmes bienfaisants justifie sans aucun doute, sur le terrain, des alliances tactiques, qui, dans le respect des croyances de chacun, n'en sont pas moins positives pour l'Eglise et la Société. C'est ce que, sur un autre plan, politique, l'Action française-Grand Sud-Ouest, dans la ligne du compromis nationaliste illustrée par Pierre Pujo, a toujours fait pour d'autres sujets, qu'elle juge tout aussi essentiels à la survie d'une Société nationale à l'échelle humaine digne de ce nom. Il est toujours bon de voir que cette méthode réaliste d'action commune sans inféodation doctrinale est approuvée par de hautes autorités spirituelles.

Partant du principe que le mouvement se prouve en marchant, l'accent général du document est habilement mis sur les actions caritatives et autres qui peuvent être fédératrices, plutôt que sur les points de théologie qui divisent (4, 5, 7, 14, 16, 18, 19, 22, 26, 28). L'apocalyptisme justifiant la déclaration (11, 29) n'est malheureusement que trop vraisemblant.

A vue humaine, le caractère, étonnant, de ce document est d'être un accord a minima et hybride, tenant à la fois du Yalta spirituel et du Pacte de Varsovie (24): pacte de non-agression avec ce rejet inédit du prosélytisme, partage géographique complémentaire des tâches apostoliques, coopération pour la défense civilisationnelle commune. On se trouve indéniablement devant une offensive de grand style destinée à prendre en tenailles le relativisme occidental. Son sens laisse toutefois un peu sceptique sur la marge de manoeuvre du Saint-Siège, même si Rome est habituée à mélanger savamment relations diplomatiques, illusions politiques et pastorale...

Naturellement, le désir de l'Eglise catholique de se réconcilier avec les frères séparés est compréhensible, mais les églises orthodoxes, du moins à l'Est, ne sont souvent que le faux-nez du Pouvoir en place... La question que nous imaginons que l'on s'est posée au Vatican est: Accord à quel prix et pour quel résultat? Sachant en particulier le peu d'indépendance vis-à-vis du Kremlin du patriarcat de Moscou, de Pierre le Grand à Poutine en passant par Staline, il n'est pas interdit d'y trouver les germes d'une alliance géopolitique et spipolitique sans précédent entre celui-ci et le Vatican. Dans ce cas - ce qu'à Dieu ne plaise, - sur quoi ce mariage irénique de la carpe idéaliste et du lapin de la volonté de puissance peut-il bien déboucher? Il pose plus d'interrogations qu'il n'offre de solutions.

En voulant lutter contre la "IIIème Guerre mondiale", ne va-t-on pas déboucher sur un nouveau césaro-papisme (un tsaro-papisme) totalitaire et déséquilibré? Se rend-on compte du risque d'alignement du Vatican, puissance purement spirituelle, sur le Kremlin et son eurasisme fantasmagorique, que permet cet accord? Rome, ainsi alignée, entend-elle être réduite à jouer le rôle de "mouvement d'animation spirituelle" des B.R.I.C.S.? La Russie tiendrait-elle désormais le rôle de fille aînée de l'Eglise et de l'orthodoxie? Ce serait un monopole inquiétant pour la France et le monde... Quoi qu'il en soit, pour ne pas être éternellement à la ramasse, il serait grand temps que notre Patrie se resaisisse, réaffirme sa place originale dans le concert des nations et instaure un gouvernement de salut public!

A.F.-Grand Sud-Ouest

(Les titres et les soulignements sont de la rédaction de L'Action Française-Aquitaine.)

Texte de la déclaration commune entre le pape François et le patriarche Cyril de Moscou

«La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous» (2 Co 13, 13).

1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l'Esprit Saint Consolateur, nous, Pape François et Kirill, Patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd'hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l'histoire. Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se «parler de vive voix» (2 Jn 12), de coeur à coeur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

2. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l'Est et l'Ouest. De cette île, symbole des espoirs du «Nouveau Monde» et des événements dramatiques de l'histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d'Amérique latine et des autres continents. Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l'Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l'expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d'un grand avenir pour cette région.

3. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l'«Ancien Monde», nous sentons avec une force particulière la nécessité d'un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l'espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).

L'esprit de la déclaration de La Havane

4. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d'innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus «semence de chrétiens».

5. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l'Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d'un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l'explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes - Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l'unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s'est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur: «Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous» (Jn 17, 21).

6. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d'espérance pour tous les hommes de bonne volonté!

Un objectif pour le XXIème siècle: lutter contre le relativisme

7. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l'Evangile du Christ et du patrimoine commun de l'Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d'époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.

Le test du Proche-Orient

8. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d'Afrique du Nord, nos frères et soeurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d'autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l'exode massif des chrétiens de la terre d'où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d'autres communautés religieuses. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l'éviction des chrétiens du Proche Orient.

9. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d'autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.

10. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins. Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d'Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

11. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est «le fruit de la justice» (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s'y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l'âme des innocents tués. Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu'elles fassent preuve de bonne volonté et s'asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l'aide d'actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu'ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu'il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l'Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

12. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l'Evangile, préférant la mort à l'apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l'unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s'adresse la parole de l'apôtre: «Très chers!… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l'allégresse» (1 P 4, 12-13).

La nécessité du dialogue interreligieux face aux Sociétés sécularisées

13. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d'autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d'actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, «car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix» (1 Co 14, 33).

La difficile liberté religieuse

14. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d'Europe de l'Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd'hui les fers de l'athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d'établissements d'enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques oeuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.

15. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l'idéologie d'un sécularisme si souvent agressif, s'efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.

16. Le processus d'intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l'Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d'Orient et d'Occident à s'unir pour témoigner ensemble du Christ et de l'Evangile, pour que l'Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne. La consommation sans limite, que l'on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète.

La promotion de la justice sociale et la défense de la famille traditionnelle

17. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d'extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l'humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l'on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L'inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d'injustice à l'égard du système des relations internationales qui s'est institué.

18. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que «ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s'enorgueillir devant Dieu» (1 Co 1, 27-29).

19. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l'éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.

20. La famille est fondée sur le mariage, acte d'amour libre et fidèle d'un homme et d'une femme. L'amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l'un l'autre comme don. Le mariage est une école d'amour et de fidélité. Nous regrettons que d'autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l'homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.

21. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d'enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu (cf. Gn 4, 10). Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général. Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l'existence de l'homme, créé à l'image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l'immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l'homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

Appel aux générations futures

22. Nous voulons adresser aujourd'hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d'utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l'amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d'aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

23. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez la lumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N'oubliez pas que vous «avez été rachetés à un cher prix» (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l'Homme-Dieu Jésus Christ.

Un Yalta spirituel

24. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l'Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l'Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme. Nous ne sommes pas concurrents, mais frères: de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l'amour et à avoir «les uns pour les autres la même aspiration» (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d'utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d'une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l'apôtre Paul: «Je me suis fait un honneur d'annoncer l'Évangile là où Christ n'avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d'autrui» (Rm 15, 20).

Le but d'une réconciliation entre chrétiens en Ukraine

25. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd'hui que la méthode de l'«uniatisme» du passé, comprise comme la réunion d'une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n'est pas un moyen pour recouvrir l'unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d'exister et d'entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.

26. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d'innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s'abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.

27. Nous exprimons l'espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d'Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d'Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.

Un avenir catastrophique?

28. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d'annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, «pour que le monde croie» (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l'existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l'Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l'avenir de l'humanité.

29. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l'Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible: «Sois sans crainte, petit troupeau: votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume» (Lc 12, 32)! Le Christ est la source de la joie et de l'espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l'homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s'appliquer les paroles de l'apôtre Pierre: «Vous qui jadis n'étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n'obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde» (1 P 2, 10).

30. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l'invoquant par les paroles de l'antique prière: «Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu'ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité!

Le 12 février 2016, à La Havane (Cuba)

Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/02/12/01016-20160212ARTFIG00449-tete-a-tete-historique-entre-le-patriarche-russe-et-le-pape.php?redirect_premium

P.S. A lire, sur un site traditionaliste catholique anglais, l'importante interviouve sans concessions suivante de l'évêque auxiliaire d'Astana au Kazakhstan (ex-U.R.S.S.), Mgr Athanase Schneider, l'un des rares bons évêques catholiques, qui nous donne raison sur l'interprétation politique que nous faisons de l'accord de La Havane, laquelle avait été formellement démentie par le Pape lors d'un point-Presse; il ne pense pas qu'il puisse donner de bons fruits:

http://www.onepeterfive.com/exclusive-interview-bishop-athanasius-schneider-on-evangelization-zika-freemasonry-the-orthodox-more/

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L'Action française-Bordeaux met les pieds dans le plat: Tolkien et le mariage

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

En cette Saint-Valentin 2016, l'Action française-Bordeaux propose à la réflexion de ses jeunes (et moins jeunes) amis les idées du célébre romancier d'heroic-fantasy Tolkien sur le mariage. Dans la Société comme chez les catholiques, parait-il, un mariage sur trois échoue... De quoi donner à réfléchir aux candidats à cet engagement à long terme.

Comme la politique au sein de l'Action française, spécialement au sein de la section de Bordeaux & Basse-Guyenne, il demande à être mûrement réfléchi et exige, de la part du candidat qui souvent ne connait rien à la vie, sacrifice et engagement total. On est loin de cet engouement passager et romantique, parfois inspiré par des raisons vulgaires, qui, trop souvent, motive les hobbys des hommes... Aussi bien, les idées de bon sens de ce catholique anglais du siècle dernier sont-elles valables, toutes choses égales, pour tout mariage sérieux. Beaucoup de jeunes feraient bien de s'en inspirer, même dans les milieux privilégiés.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

http://fr.aleteia.org/2015/08/20/tolkien-nous-revele-le-secret-dun-mariage-heureux/

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Deux ou trois choses que je sais de la Contre-Révolution

Publié le par Section de Bordeaux & Basse-Guyenne de l'Action française

Voici, au hasard de nos lectures dans la bibliothèque de la section, trois occurrences du terme Contre-Révolution sur lesquelles nous sommes tombés, qui en montrent toute la richesse sémantique et la profondeur.

A.F.-Bordeaux & Basse-Guyenne

La première donne dans l'humour: Catastrophé, le poète Lamartine, dont la politique romantique dix-huit ans plus tard, comme ministre du gouvernement provisoire de la IIème République allait se montrer si utopique, lie à la fin du règne de Charles X, l'ébauche de politique contre-révolutionnaire, dans les strictes limites de la Charte fondant la Monarchie constitutionnelle, du ministre Polignac, un aristo bien-pensant qui tentait de barrer maladroitement le chemin du Pouvoir aux "nationaux" (la Gauche de l'époque):

"Ne t'ai-je pas toujours dit qu'un système de contre-révolution pouvait seul rendre la vie à la révolution? La voilà à nos portes!" (Lamartine, Correspondance,1830, p. 55.)

Hélas, c'était vrai! On ne fait pas la Contre-Révolution à moitié! On la fait sur tous les plans (politique, social, culturel, religieux), ou on ne la fait pas!

La seconde donne la parole à la libérale Germaine Necker, fille du célèbre financier protestant suisse qui causa la chute de Louis XVI après que celui-ci l'eût pris comme ministre, et qui limitait sa politique à se faire de la publicité, au lieu de faire une véritable Contre-Révolution fiscale:

"Quant aux moyens, il me semble impossible qu'en ne négligeant pas tes amis en Suède, en continuant à te bien tirer des affaires du Roi, en l'entretenant toujours dans tes dépêches de l'impossibilité d'une contre-révolution, non en démocrate mais en homme qui juge bien les caractères et les choses, tu ne parviennes à conserver ce qui t'est solennellement promis." (Mme de Staël, Lettres de jeunesse,1790, p. 393.)

Alors que le gouffre s'ouvrait sous les pas de la Nation, seule l'ambition gouvernait ces métèques pressés d'arriver à n'importe quel prix. Bonald, sous la Restauration, devait corriger comme il se devait cette falsificatrice de l'Histoire. Grande leçon pour les nationaux d'aujourd'hui: Il ne faut jamais faire confiance aux charlatans politiques, même habillés à la mode, portant une particule ou un nom composé et "sachant faire leur noeud de cravate" (Maurras)!

Enfin, un extrait ironique du Journal du romancier Julien Green, datant de l'Entre-Deux-Guerres sur l'inconséquence des conservateurs quand ils se mettent à faire de la politique:

"Et, mis en confiance par mon air attentif, il me livre ses rêves : porter un coup au bolchevisme, faire quelque chose pour que s'unissent, en France, toutes les forces contre-révolutionnaires éparses. Déjà des bailleurs de fonds ont été pressentis, et il cite le nom d'un israélite richissime. L'inconvénient est qu'une contre-révolution n'irait pas sans un grand massacre de juifs, et comme les bailleurs de fonds se recrutent généralement parmi les juifs..." (J. Green, Journal, 1931, p. 50.)

Loin des rêveries du XVIIIème siècle, un siècle et demi d'épreuves ont précisé la menace. Le communisme va engloutir la Civilisation et les intellectuels s'inquiètent. De là les projets mirifiques qu'évoque Green. Mais ils négligent les leçons de l'Action française.

"Réunir les nationaux", c'est très bien, mais pour quoi faire? De bonnes élections? Leur résultat sera toujours précaire, à la merci d'autres élections. Un coup d'Etat? Même chose. La seule alternative est d'apprendre à penser clair pour marcher droit et être en mesure, le jour d'une grande crise nationale venu, d'influer de manière décisive, sur l'opinion ballotée en permanence d'un parti à l'autre, sans boussole politique pour naviguer au milieu des idées et des faits, et ainsi de ressaisir le Pouvoir.

C'est ce que la section de Bordeaux & Basse-Guyenne, tout comme les autres sections actives (Toulouse & Haut-Languedoc, Pau & Pyrénées, et Bayonne & pays basque) de la fédération Grand Sud-Ouest de l'Action française, s'efforce inlassablement de faire, à l'image de Pierre Pujo, depuis déjà trois lustres, sous la direction persévérante et perspicace du Délégué régional Gaillère.

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