Tout ce qui 
est national 
est nôtre.

Le Duc d'Orléans.

Liens divers

Lundi 15 juin 2009

Comme chaque année à pareille époque, la fédération Aquitaine-Grand Sud-Ouest a honoré, sous la présidence de ses dynamiques responsables, la Sainte de la Patrie dans les pôles principaux de ses activités. La grande nouveauté était que Toulouse a renoué avec cette honorable habitude.

 

Le 10 mai, malgré la pluie battante, une Jeune Fille royaliste de Bordeaux a offert à Jeanne la superbe gerbe de lys de la Fédération. Le délégué régional de l’A.F. dans le Grand Sud-Ouest, Vincent Gaillère, a ensuite prononcé un discours politique rempli de l’espérance qui animait nos Maîtres. La présence de jeunes réjouissait les cœurs transis des aînés. A la fin, La Royale et la Marseillaise ont été entonnées avec enthousiasme par l’assistance.


A Bayonne, le dépôt d'une gerbe par une Jeune Fille royaliste (photo D.R.)
 

Pendant ce temps, à Bayonne, la section Béarn-Bigorre-pays basque-Landes de l’A.F., conduite par son délégué méritant, Philippe Fortabat-Labatut, avait réuni nos amis au pied de la statue de Jeanne au bûcher, due à Maxime Réal del Sarte, patron des camelots du Roi. Fervent témoignage de foi en l’avenir, c’est là aussi une Jeune Fille royaliste qui effectua le dépôt de la gerbe. Dans son allocution, Philippe Fortabat-Labatut a souligné le caractère symbolique de la manifestation devant une statue, dans la défense de laquelle la section, en union avec Pierre Pujo et L’A.F. 2000, a été en pointe, voici six ans. Contre les séparatistes et les ambitieux de tous poils, l’A.F. continuera donc d’agir où elle veut et comme elle veut !

 

Pour une raison indépendante de la volonté de la section de Toulouse & départements limitrophes, ce n’est que le 27 mai qu’a eu lieu, pour la première fois depuis plus de dix ans, la fête traditionnelle de Jeanne-d’Arc à Toulouse. Elle sera rétablie à sa date légale l’an prochain. Le délégué régional a présenté une gerbe tricolore à la belle statue équestre et a prononcé un discours très attendu par nos amis toulousains sur la position d’« abstention antidémocratique » de la Fédération aux élections européennes. L’A.F. n’a aucun intérêt à accentuer les divisions des patriotes. Il a mis en garde l’auditoire contre la conception raciste de la Nation des identitaristes, qui se diffuse actuellement dans les milieux catholiques, une impasse dangereuse qu’il convient d’éviter. Défendre les racines chrétiennes de la France, d’ailleurs plurielle comme aux Antilles ou à Mayotte, ne doit pas aboutir à l’inhumaine Europe blanche.



 

Le bilan de l’année politique 2008-2009 est donc cette fois encore positif et fait de la Fédération l’ensemble militant le plus vaste et le plus actif de France. 

Par Fédération Aquitaine-Grand Sud-Ouest - Publié dans : Vie de la fédération
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Dimanche 7 juin 2009

On trouvera plus bas le message que, le 25 mai 1941, le maréchal Pétain, Chef de l'Etat français, adressait aux mères de France. Modèle d'une politique sociale réaliste, il parait tout à fait approprié de le reproduire en ce jour:

"Mères de famille françaises, la France célèbre aujourd'hui la famille. Elle se doit d'honorer d'abord les mères.

"Depuis dix mois, je convie les Français à s'arracher aux mirages d'une civilisation matérialiste. Je leur ai montré les dangers de l'individualisme. Je les ai invités à prendre leur point d'appui sur les institutions naturelles et morales auxquelles est lié notre destin d'hommes et de Français.

"La famille, cellule initiale de la société, nous offre la meilleure garantie de relèvement. Un pays stérile est un pays mortellement atteint dans son existence. Pour que la France vive, il lui faut d'abord des foyers.

"Le foyer, c'est la maison où l'on se réunit, c'est le refuge où les affections se fortifient. C'est cette communauté spirituelle qui sauve l'homme de l'égoïsme et lui apprend à s'oublier pour se donner à ceux qui l'entourent.

"Maîtresse du foyer, la mère, par son affection, par son tact, par sa patience, confère à la vie de chaque jour sa quiétude et sa douceur. Par la générosité de son coeur, elle fait rayonner autour d'elle l'amour qui permet d'accepter les plus rudes épreuves avec un courage inébranlable.

"Mères de notre pays de France, votre tâche est la plus rude, elle est aussi la plus belle.

"Vous êtes, avant l'Etat, les dispensatrices de l'éducation. Vous seules savez donner à tous ce goût du travail, ce sens de la discipline, de la modestie, du respect, qui fait les hommes sains et les peuples forts. Vous êtes les inspiratrices de notre civilisation chrétienne.

"Et voici qu'aujourd'hui, dans nos deuils, dans nos misères, vous portez la plus lourde croix.

"Mères de France, entendez ce long cri d'amour qui monte vers vous. Mères de nos tués, mères de nos prisonniers, mères de nos cités, qui donneriez votre vie pour arracher vos enfants à la faim, mères de nos campagnes qui, seules à la ferme, faites germer les moissons, mères glorieuses, mères angoissées, je vous exprime, aujourd'hui, toute la reconnaissance de la France."

Affiche de propagande pour la journée des Mères 1944 (D.R.)

Voilà bien le langage d'un Chef d'Etat! La comparaison avec le silence d'un Sarközy prouve son actualité ! Que ceux qui le trouveraient convenu reconnaissent que les vérités premières que Philippe Pétain exprimait ont été beaucoup perdues de vue, principalement sous notre dernière République. Avortement, contraception ont décimé les générations depuis quarante ans. La "révolution sexuelle" a affaibli les consciences en les asservissant aux passions le plus basses.

Mais il ne faudrait pas croire que ce sont des protestations verbales des associations familialistes, des manifestations ou autres opérations-choc qui influenceront le moins du monde dans le bon sens les politiciens: manifester, protester c'est se faire plaisir à bon compte pour le pays légal! Ce serait surtout méconnaitre la nature profonde de la République antifrançaise et s'exposer à de cruelles désillusions.  "La démocratie, c'est le mal, la démocratie c'est la mort", et d'abord celle des Français, nés ou à naître!

Seul, un changement de régime peut permettre à la famille de refleurir à nouveau. Un Pouvoir royal, sans heurter de front l'opinion publique, ce qui serait impolitique, s'efforcerait, par l'exemple d'une famille-chef au sommet de l'Etat et par des mesures d'encouragement adaptées à l'état social actuel (allocations aux mères de famille demeurant au foyer, par exemple), de restaurer les valeurs et les solidarités traditionnelles. Hors de cela, on ne peut nourrir que rêveries inconsistantes et démobilisatrices pour le combat en faveur de la Cause nationale! Si vous voulez défendre efficacement la famille, venez à l'Action française!

Par Rémy Perrin - Publié dans : Doctrine politique contre-révolutionnaire
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Mercredi 3 juin 2009


La fédération Aquitaine-Grand Sud-Ouest de l'Action française rappelle à ses adhérents et sympathisants la position prémonitoire d' "abstention antidémocratique" qu'elle avait pris, dès le 23 mars dernier, au sujet des élections européennes et qui est plus que jamais d'actualité: en effet, l'abstention, qui promet d'être massive, sera, pour les Français qui ont dit Non à tout projet de constitution européenne, le prolongement du 29-Mai 2005 par d'autres moyens. La majorité non-votante donnera, aux institutions européennes et à la République dite française qui les soutient, un coup de boutoir infiniment plus retentissant encore que ne le ferait un vote protestataire, quel qu'il soit. Le 7 juin, faisons donc trembler le Gueuse européenne sur ses bases!

"Alors qu'une certaine fébrilité puérile touche les milieux dits "nationaux" à l'occasion de la constitution de listes pour les élections de juin prochain, la fédération Aquitaine-Grand Sud-Ouest de l'Action française saisit l'occasion de préciser qu'elle n'apporte aucun soutien direct ou indirect à aucune liste aux élections européennes.

"Elle considère que, loin d'exprimer la voix du pays réel, qui réclame la solidarité nationale entre la métropole et l'outre-mer, le retour de l'Etat fort et de son Chef naturel et national, Mgr le Comte de Paris, Duc de France, ce scrutin n'est qu'un leurre auquel les adeptes du nationalisme intégral n'attacheront aucune espèce d'importance. L'A.F.-Grand Sud-Ouest laisse donc à l'appréciation de ses amis le choix d'y participer ou non.

"Il n'en peut rien sortir de bon pour la France qui est et doit demeurer le seul objet de notre action politique et de nos préoccupations, en-dehors de tout communautarisme. Les circonscriptions électorales, comme celle où nous vivons, ont été charcutées de façon à permettre aux partis politiques en place de s'en tirer avec le moins de casse possible, et d'éliminer les autres. Plus généralement, l'Europe supranationale, quel que soit l'esprit dans lequel elle est conçue, n'est pas et ne peut pas, faute d'une conscience commune, devenir une réalité politique. Au surplus, l'A.F. n'a pas à se soucier des plans de carrière et des rentes de situation de politiciens aux dents longues, fussent-ils "patriotes". (1)

"Certains vantent les bienfaits qu'une Internationale blanche, à la fois raciste et contre-révolutionnaire, défendant en même temps les "racines païennes et chrétiennes" de l'Europe, apporterait à notre patrie. Nous mettons en garde les catholiques sérieux contre ce genre d'expériences, souvent avortées. Gardons un état d'esprit politique, ne tombons pas dans ce romantisme de cagoulards!

"D'autres, sur tous les tons, parlent d'une autre Europe, d'anticapitalisme, d'Europe des nations ou des peuples (2), d'Europe à géométrie variable, autant de termes pas ou mal définis. Ils prétendent "gagner avec leurs idées", mais sans rompre avec le Système républicain: comment seraient-ils libres de défendre sans arrière-pensées notre Bien commun? Les patriotes conséquents se demanderont plutôt si un régime en faillite qui met aux voix notre indépendance et se couche devant l'Oncle Sam est encore français.

"Dès lors, il convient que les Français conscients et organisés refusent de prêter l'oreille à tous ces faux prophètes. "La France, la France seule" doit être notre règle. A terme, seul un changement de régime, la restauration de la Monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée pourra assurer sur des bases stables notre indépendance et nos libertés. N'oublions pas que "ce n'est pas Européens, c'est Français que nous sommes!" (MAURRAS.)"

(1) Ajoutons qu'elle n'a aucun intérêt à prendre part aux déchirements de la Droite nationale ou souverainiste, pour un enjeu nul pour la France.
(2) Ou de la vie.

Par Fédération Aquitaine-Grand Sud-Ouest - Publié dans : La Politique
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Dimanche 31 mai 2009



Pour nos amis qui n'auraient pu se rendre à Senlis et à Chantilly, nous donnons un extrait de l'article de Pascal Salciarini à l’Est Républicain du 8 mai 2009 :
 

"La maison Marcotullio était le traiteur très discret, du mariage de Jean de France, l’héritier de la couronne et de ses 800 invités.


"La crème de l’aristocratie européenne à Chantilly et Senlis, une cinquantaine de cousins, Bernadette Chirac, Rachida Dati et… la famille Marcotullio. Il fallait montrer patte blanche et soie lamée pour avoir sa place le 2 mai au mariage de Jean de France l’héritier de la couronne, avec Philomena d’Alfonso de Tornos. "Nous avons été contactés en mars. Un grand traiteur parisien était sur les rangs. Notre proposition était un peu imaginative. Nous avons essayé de faire autre chose qu’un repas classique. C’était quitte ou double, a fortiori en venant de Nancy" explique modestement Alain Marcotullio, à qui il faut arracher les quelques petits secrets de ce mariage princier, dont la presse spécialisée s’est largement fait l’écho. En découvrant hier le numéro de Point de Vue sorti jeudi, Alain, Sylvie ou Hervé étaient surpris. Les poulettes de Bresse à la crème de morilles en feuilleté fin à briser, accompagnées de tuiles à l’espagnole, la forêt blanche autrichienne et sa chantilly au kirsch sont quelques-uns des plats pensés à Maxeville dans les cuisines du traiteur et proposés ensuite aux invités de la famille d’Orléans : "Nous voulions une référence permanente, un hommage aux origines française et espagnoles du marié et de la mariée. La Bresse pour la France, les tuiles de chorizo d’Espagne, une décoration à base de piments, de poivrons et de produits du Sud pour la mariée, la chantilly pour le domaine magnifique où nous avons travaillé". Pour relever le challenge du plus beau mariage aristocratique de la saison, Alain Marcotullio a mis tout son staff sur le pont. "Nous avons déplacé deux semi-remorques, six camions, 70 personnes, 400 poulardes, 30 kg de foie gras, 17.600 canapés ; rien que pour la pièce montée, il a fallu assembler 2.400 macarons à la dernière minute. Elle faisait 2,5 m de haut" explique Alain, qui a tenu de bout en bout, à ce que le cocktail rende hommage aux racines familiales des mariés. "Nous avons fait notre job le mieux possible, en sachant que la pression était importante. Ce qui est sympa, c’est que ce soit un traiteur lorrain qui l’ait fait. Jean de France et son épouse nous ont dit que c’était parfait. C’est notre seule véritable fierté légitime" explique Alain Marcotullio, qui feuillette sur son ordinateur, l’album photo de la journée du 2 mai : "Ce sont des moments uniques qui fédèrent une équipe !"

Sources: http://www.estrepublicain.fr






"Garden Party" précisait le carton. En fait, c’était un déjeuner, délicieux, pour 800 invités. L’occasion de faire le tour de la famille de France" écrit un autre journaliste, Vincent Meylan, de Point de Vue-Images du Monde.


"…Une immense marquise s’élève au cœur de la pelouse. Vitrée par trois côtés, elle ouvre sur les grandes écuries des princes de Condé, le château de Chantilly et le château d’Enghien. La vue est unique. Historique. Somptueuse.


"800 invités s’égayent allègrement sur les pelouses en buvant du champagne et en dégustant d’exquis canapés au foie gras et à la mangue, des brochettes de poulet à la citronnelle, et des cannelés à la tomate… Les plus grands noms de la France sont représentés, notamment les ducs de Luynes, de Gramont et de Brissac. En fond sonore, des trompes de chasse, suffisamment lointaines pour qu’on puisse en apprécier la musique sans gâcher les conversations, sonnent en permanence. Il est quinze heures lorsque le duc et la duchesse de Vendôme convient leurs invités à passer à table. Le menu rend hommage à leurs racines familiales. Les poulettes de Bresse à la crème de morilles en feuilleté fin à briser, accompagnées de tuiles à l’espagnoles sont suivies d’une forêt blanche autrichienne revisitée aux fruits frais de saison et chantilly au kirsch. Et pour finir, une pièce montée en macarons servie avec le café. Verdict unanime des convives : le tout est parfait."

Par Fédération Aquitaine-Grand Sud-Ouest - Publié dans : Notre mémoire
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Jeudi 21 mai 2009

Q. –  Pierre Hillard, vous êtes professeur de relations internationales dans une grande école de Paris. Historien de formation, diplômé de sciences politiques et d’études stratégiques, spécialiste de l’Allemagne, des affaires européennes et de la question des minorités, vous centrez votre étude sur le partenariat transatlantique et la gouvernance mondiale. Pouvez-vous nous préciser le fil directeur de vos recherches ?

 

R. – A l’origine, dans mon premier livre, Minorités et régionalisme dans l’Europe fédérale des régions, j’ai voulu exprimer la conception des Allemagnes envers les pays d’Europe  centrale et orientale. J’ai décrit comment les mêmes principes d’autonomie ont pu protéger des collectivités politiques, économiques, culturelles, tandis que les groupes de populations allemandes perduraient sans se fondre dans les peuples magyars et slaves. Et j’ai constaté que l’Allemagne d’aujourd’hui était à l’origine de tous les textes de l’Union européenne : régionalisation, autonomie locale,  promotion des déplacements de frontières, ethnorégionalisme, favorisant un éclatement des nations.

 

  Un des projets d'éclatement des nations: celui des écologistes (D.R.)

 

Dans mon deuxième livre, La Décomposition des nations européennes, j’ai voulu montrer que la construction européenne n’était qu’une étape vers la construction mondiale.



Dans mon troisième livre,  La Marche irrésistible du Nouvel Ordre mondial, mais dans lequel je souligne l’échec de Babel, j’ai voulu montrer les étapes qui composent le futur Etat mondial et la standardisation des grands blocs européen, nord-américain, sud-américain et asiatique ; mais aussi le remodelage générique des  références de la pensée d’un homme nouveau qui le couperait de ses racines historiques et de la diversité de ses identités.

 

 

La plus récente illustration de cette volonté à l’échelle de la construction européenne, c’est la mission Balladur qui, sans l’avis des populations, redessine la carte régionale au mépris des références historiques aboutissant ainsi à un calque administratif aléatoire et interchangeable. Il faut que vous sachiez que ce redécoupage ne vise qu’au transfert des pouvoirs et au rattachement des régions à Bruxelles ainsi qu’à la suppression des prérogatives des Etats nations. Les députés européens ne sont d’ailleurs plus des représentants nationaux, mais des élus de circonscriptions régionales : Grand Ouest, Grand Est, Sud-Ouest, Centre, Massif central, etc…

 


Le projet Balladur (D.R.)

 

Voyez-vous, nous assistons à des regroupements artificiels sans considération d’entités historiques, socioculturelles, mais à vision administrative. Un exemple : le regroupement de l’Alsace avec les pays de Bade, la création d’une région des Pyrénées méditerranéennes traitant directement avec Bruxelles depuis 2007. Il s’agit bien d’uniformiser la représentation régionale sur le modèle des Länder allemands.

 

Louis XIV, s’adressant à ses provinces, employait l’expression « à mes peuples ». La Révolution avait créé l’entité administrative départementale qui fragmentait les régions. La doctrine européenne substitue un découpage d’opportunité dont la perversité est de faire croire aux régions qu’elles vont avoir une autonomie alors qu’on leur enlève la légitimité de leur identité : exemple la Picardie.

 

Uniformisation des cultures, des religions, des modes de pensées, c’est la déshumanisation.

 

 

Q. – Monsieur Barroso parle d’« Europe impériale ». Au regard des expériences antérieures, pensez-vous que la construction européenne reprenne cette notion historique déjà observée avec le Pangermanisme ?

 

R. – Alors, effectivement, la référence d’« Europe impériale » ou d’« Empire démocratique », ainsi qu’a pu le qualifier Monsieur Strauss-Kahn est inquiétante au regard de ce que purent subir les peuples dans les tentatives de regroupement. Ainsi, ce n’est qu’au prix d’une autorité dictatoriale que les Romains réussirent à garder la cohésion de leur empire, jusqu’à ce que le relâchement de son emprise ne le redécompose en identités. Mais plus près de nous, voyez comment les Etats-Unis, par une  politique de restrictions de libertés, prennent des mesures de surveillance sur internet. C’est que, depuis le 17 octobre 2006, le NDAA07 (paragraphe 1076) du John Warner National Defense Autorisation Act s’harmonise avec le NSPD51 et le HSPD20 pour qu’un pouvoir quasi dictatorial soit confié, en cas d’urgence (ou à la suite d’une catastrophe) au président de l’Exécutif.

 

Eh bien, dans le cadre de standardisation des pouvoirs « exceptionnels », lors de sa visite à Paris, Monsieur John Roberts demandait à Monsieur Sarkozy de prendre des mesures identiques afin d’appliquer cette procédure déjà à l’étude en Grande-Bretagne et en Allemagne.

 

En fait nous assistons au développement d’une idéologie, le mondialisme, qui, sous couvert d’unifier l’humanité dans un cadre planétaire, exerce déjà une pression liberticide sur le droit au sol historique des peuples, et sur la spiritualité.  En cela nous retrouvons la construction autoritaire d’un empire.

 

Q. –  Mais, cependant, ne pensez-vous pas que la construction européenne actuelle soit le moyen d’éviter la prise de contrôle progressive de nos économies et de nos intérêts étatiques par le système américain ?

 

R. – L’argument qu’une Europe forte ferait équilibre à la puissance américaine est un mythe entretenant l’illusion fondée sur le mensonge. Le mondialisme vise à créer des blocs continentaux unifiés. L’Europe est actuellement la plus avancée mais la construction de l’Union d’une communauté nord américaine s’est fixé l’échéance de 2015 pour créer un bloc euratlantique. Cette allégeance est annoncée dans le livre d’Edouard Balladur Pour une union occidentale entre l’Europe et l’Amérique et dans le livre d’Hervé de Carmoy L’Euramérique.  

 

Mais vous savez, «  il y a l’histoire officielle, et derrière l’histoire officielle il y a l’histoire officieuse » disait Balzac. Derrière tout cela l’oligarchie financière règne.

 

Affiche de propagande européiste des années 1950 (D.R.)
 

Je cite dans mon livre La Marche irrésistible du Nouvel Ordre mondial l’Atlantikbrücke créé en 1952 par les banquiers allemands Eric Blumenfeld et Eric Warburg dont une partie de la famille émigra aux Etats-Unis. Son président actuel n’est autre que Thomas Enders, patron d’Airbus, concurrent de Boeing…Cet institut prône le resserrement des liens atlantiques dans les domaines polititiques, économiques et militaires.

 

Mais il y a également la French-American Foundation (FAF) créée en 1976 par le CFR américain et, côté français, Jean-Louis Gergorin impliqué dans l’affaire Clearstream.

     

Cette fondation est financée par l’ancien directeur adjoint de la CIA sous Carter, Franck Carlucci, ancien directeur également de Carlyle. Nous trouvons également EADS, la Société Générale, etc….

 

A la tête de la FAF on trouve John Negroponte, coordonnateur d’une quinzaine de services civils et militaires, dont la CIA jusqu’au 4 janvier 2007.

 

Ce qui est intéressant, c’est que la FAF recrute sur dossiers de candidature et après sélection des youngs leaders dont la finalité « est de créer des liens durables dans le cadre de leur accession à des postes clés… ».

 

Parmi ces youngs leaders nous trouvons entre autres du côté américain la famille Clinton, hommes et femmes, Brzezinski.

 

Mais parmi les youngs leaders français, nous trouvons François Hollande admis en 1996, Alain Juppé (1981), Madame Kosciusko-Morizet (2005), l’ancien directeur du cabinet Sarkozy, Emmanuelle Mignon (2005), Arnaud Montebourg (2000), Pierre Moscovici (1996), Valérie Pécresse (2002), et tant d’autres dont Dupont-Aignan, faux souverainiste (2001), mais aussi Christine Ockrent (1983), Jean-Marie Colombani (1983), Jérome Clément, président d’ARTE (1982), Alain Minc (1981).

 

Vers un nouvel Axe? (Photo D.R.)
 

Or, c’est devant la French-American Foundation qu’en 2007 le nouveau président Sarkozy prononça son premier discours d’allégeance à une politique commune euratlantique. Qui pourrait croire que le choix d’un tel auditoire fut anodin ?

 

Q. –  Votre quatrième livre, à paraître fin mars, porte sur la fondation Bertelsmann, pouvez-vous nous en dire quelques  mots ?

 

R. – En fait, je me suis intéressé au groupe Bertelsmann car il représente aujourd’hui un empire des médias mais, il est lié aussi à une fondation au service du mondialisme.

 

Fondé en 1835 par Carl Bertelsmann, il est aujourd’hui le premier groupe média européen : RTL, M6, Direct Groupe, Gruner & Jahr, et son empire joue un rôle énorme sur l’Europe.

 

Parallèlement, en 1977, Reihnard Mohn crée la fondation Bertelsmann. Il se trouve que cette fondation joue un rôle important dans la construction européenne, dans le partenariat transatlantique ; mais aussi dans la politique européenne de voisinage (PEV) qui vise à associer le pourtour méditerranéen. Cette politique avait fait l’objet d’un accord entre le chancelier Schröder et le président Bush le 27 février 2004.

 

Pierre Hillard en pleine démonstration, lors d'une récente conférence organisée par la Fédération (Photo: D.R. fédération Aquitaine-Grand Sud-Ouest.)
 

On voit donc que nous allons vers une redistribution du monde sans les peuples selon l’expression d’Oscar Wilde « l’opinion publique n’existe que là où il n’y a pas d’idée ».

 

Mais, ce qui est encore plus grave, c’est que le Pouvoir politique n’est que le pâle figurant d’oligarchies financières pour lesquelles, mondialisme et altermondialisme sont les deux jambes d’un même Minotaure.

(Propos recueillis par Agathon, pour l'A.F.-Manche. Tous droits de reproduction réservés.)

 

Dernier ouvrage paru : Pierre Hillard, Bertelsmann, un empire des médias et une fondation au service du mondialisme, éd. François-Xavier-de-Guibert, 2009.

 

Par Fédération Aquitaine-Grand Sud-Ouest - Publié dans : Actualité politique, économique et sociale
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